Savitri Devi

 

Savitri devi

Savitri Devi, née Maximiani Portas aussi orthographié Maximine Portaz, née le 30 septembre 1905 à Lyon, morte le 22 octobre 1982 à Sible-Hedingham (Essex, Angleterre), est une Française d’origine grecque convertie au paganisme aryen dans les années 1920, partisane de l’indépendance de l’Inde, puis finalement propagandiste après-guerre d'un néonazisme mêlé d’hindouisme.

Maximiani Portas naît en 1905 à Lyon d'un père italo-grec, Maxime Portassi, et d'une mère anglaise, Julia Nash. Née en France, elle a la nationalité française. Depuis l'enfance elle est une végétarienne convaincue, une opposante farouche du tabac et de l'alcool et une militante du droit des animaux. La passion iconoclaste qui est la marque de toute sa vie commence très tôt aussi en ce qui concerne la politique : à l'âge de onze ans, pendant la Première Guerre mondiale, elle trace à la craie des slogans hostiles aux Alliés sur un mur d'une gare de Lyon (« À bas les Alliés, vive l'Allemagne ! ») pour protester contre l'invasion illégale de la Grèce par les troupes Alliées. Elle prend parti contre les Juifs et en faveur des Palestiniens après avoir étudié la Bible et visité Jérusalem en avril 1929 et devient ensuite une sympathisante du nazisme et d'Hitler, en qui elle voit un homme politique travaillant pour son pays avec un programme qui met l'Aryen au-dessus de toutes les races du monde, comme dans l'Inde qu'elle a étudié et appris à aimer au cours de ses visites dominicales pendant dix ans à la succursale lyonnaise du Musée Guimet.
 
À sa majorité elle prend la nationalité grecque de son père et de son grand-père Pavlos et part s'installer en Grèce, où elle reste un ou deux ans, en essayant sans succès de convaincre ses compatriotes d'abandonner le christianisme pour revenir au paganisme de leurs ancêtres. Elle retourne en France et en 1928 elle obtient une licence ès-Lettres, puis passe une licence ès-sciences en physique-chimie en 1930. Elle est l'élève du logicien Edmond Goblot, sous la direction duquel elle prépare son doctorat ès-Lettres, qu'elle obtient avec Étienne Souriau (après la mort de Goblot) le 1er avril 1935, en soutenant une thèse principale intitulée La simplicité mathématique et une thèse complémentaire sur Théophile Kaïris, dédiée à la mémoire du penseur et patriote hellène Íon Dragoúmis. Elle sera plus tard la préceptrice influente du philosophe Cornelius Castoriadis (1922-1997).
 
En 1932, ayant fait un petit héritage à la suite de la mort de son père, elle s'installe en Inde et le 29 septembre 1939 elle se marie au brahmane Asit Krishna Mukherji. Elle prend le nom hindou de Savitri Devi (trad.: déesse du soleil) et milite contre l'influence de l'islam et du christianisme dans ce pays. Elle fréquente des nationalistes hindous comme Subhash Chandra Bose et pendant la Seconde Guerre mondiale elle est une sympathisante de l'Axe Rome-Berlin-Tokyo et elle aide son mari à passer des informations aux Japonais.
 
Après la guerre, à la fin de 1945 elle a voyagé en Europe avec un passeport britannique établi au nom de Savitri Devi Mukherji, qu'elle a obtenu par son mariage. Elle s'est d'abord rendue en Angleterre, puis en février 1946 en France pour voir sa mère. Ensuite en novembre de la même année elle se rend en Islande. Elle y séjourne jusqu'à la fin de 1947 et elle repart pour l'Angleterre. Puis elle se rend de nouveau en France, en Norvège et en Suède, où le 6 juin 1948 elle rencontreSven Hedin. De là en passant par le Danemark, elle se rend en train en Allemagne, où elle a distribué onze mille cinq cent tracts ou affiches de propagande nazie, le plus souvent en les jetant avec des paquets de cigares, cigarettes et nourriture le long de la voie ferrée au cours de son voyage. Le 20 février 1949 elle est arrêtée pour cela et après un procès qui dura 6 semaines, elle fut condamnée le 6 avril 1949 par un tribunal militaire d'occupation à trois ans d'emprisonnement rigoureux. Elle ne fit que quelques mois de prison à la suite de l'intervention du gouvernement indien, qui avait été alerté par son mari. À sa libération, elle a été interdite de séjour en Allemagne pour cinq ans. Mais elle est allée en Grèce, d'où elle est revenue en Allemagne en 1953 avec un passeport grec établi à son nom de jeune fille de Maximiani Portas, afin de faire un pèlerinage sur les « lieux saints » du national-socialisme comme Braunau am Inn, Munich et Berchtesgaden. Elle a été autorisée à rester en Allemagne, où elle a commencé à enseigner et à écrire Pilgrimage. En mai 1957 elle est repartie pour l'Inde, où en 1958 elle publiePilgrimage et The Lightning and the Sun (La Foudre et le Soleil), où elle décrit sa « philosophie de l'histoire ».
 

De 1960 à 1962, elle est professeur auxiliaire à Lyon sous son nom de jeune fille : Portaz. À partir de 1962 et dans les années 1970, avec la petite retraite de ses quelques années d'enseignement, elle peut revenir habiter en Inde et devient active dans les cercles néo-nazis. Elle aide à fonder le WUNS (World Union of National Socialists « Union mondiale des nationaux-socialistes »), avec l'Américain George Lincoln Rockwell et l'Anglais Colin Jordan. Quelques-uns de ses écrits ont été publiés en Amérique par le néo-nazi William Pierce. Elle est amie de l'activiste néo-nazie Françoise Dior et elle rencontre quelques anciens nazis, commeOtto Skorzeny, Hans-Ulrich Rudel et Johannes von Leers.

À sa mort en 1982, ses cendres ont été déposés à Arlington en Virginie aux côtés de celles de George Lincoln Rockwell.

L'idée fondamentale de la pensée de Savitri Devi, qu'elle a arrêté dès 1929 et mise par écrit durant l'été de 1931 et qui est à la base de toute sa vie, est exposée en mars 1934 dans l'avant-propos de sa thèse complémentaire de doctorat :

« Je crois pouvoir actuellement être encore d'accord avec moi-même sur tout ce que cette étude contient de fondamental. L'idée de la nécessité d'exclure toute discussion raisonnée dès qu'on aborde le domaine de la foi et de l'expérience religieuse ; l'idée de l'étroite et souhaitable connexion de l'expression du sentiment religieux avec le passé national ; en d'autres termes, l'idée de la religion comme devant être, avant tout, le rapport avec le Divin d'un groupe humain (ou d'un individu à travers « son » groupe), sont encore fermement miennes. »

Dans The Lightning and the Sun (La Foudre et le Soleil) elle décrit sa « philosophie de l'histoire », elle y définit trois types d'hommes :

  • « L'homme dans le temps » : il utilise les mœurs de son époque pour un profit personnel, comme Genghis Khan ou Staline ;
  • « L'homme au-dessus du temps » : il vit sa vie en accord avec les mœurs d'un âge passé, en général un âge considéré comme étant un âge d'or, mais il n'a pas beaucoup d'influence sur son entourage contemporain, comme Akhénaton ;
  • « L'homme contre le temps » : il utilise la violence afin de provoquer un changement dans la société, pour revenir à une société aux mœurs et valeurs anciennes. L'exemple cité est Adolf Hitler, qu'elle considérait comme l'émanation d'un dieu.

Pour Stéphane François, cette vision de l'Histoire constitue une forme de "néonazisme hétérodoxe", elle serait une « aryo-nazie » faisant d’Adolf Hitler le dixième avatar de Vishnou nommé Kalki, ayant pour mission de mettre fin à l’âge de fer, le XXe, afin de permettre l'avènement d'un nouvel âge d’or.

Un de ses nombreux ouvrages est néanmoins représentatif du courant hindouiste: Impeachment of Man, édité en 1959 (La Mise en accusation de l'Homme), dédié à la cause animale, dans la droite ligne de la philosophie brahmanique : dans cet ouvrage, l'Homme est analysé comme un animal à deux pattes, dans la lignée de ses positions écologistes radicales, païennes, voire panthéistes, antispécistes et darwinistes, à la fois sociales et raciales.

Son livre Akhénaton fils du Soleil, qui décrit le potentiel de l'atonisme à réunir l'Asie et l'Occident, n'a été publié en français qu'après sa mort par les Éditions Rosicruciennes (1er septembre 1991)

(Source Wikipédia)


souvenirs-de-savitri-devi.pdf