Tijl Uilenspiegel

 

Till l'Espiègle est un personnage de fiction, saltimbanque malicieux et farceur de la littérature populaire du Nord de l'Allemagne.

Son nom a la forme Till Eulenspiegel en allemand, 

Dyl Ulenspegel en bas-allemand, 

Tijl Uilenspiegel en néerlandais, sans compter des variantes orthographiques : Thyl, Thijl...

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Ce nom est à l'origine de l'adjectif espiègle : il fut emprunté en français dès le XVIe siècle sous la forme Till Ulespiegle, puis altéré par aphérèse, l'initiale du nom étant prise pour l'article défini.

La version la plus ancienne de son histoire fut publiée anonymement en 1510/1511 sous le titre Ein kurtzweilig Lesen von Dyl Ulenspiegel, geboren uß dem Land zu Brunßwick, wie er sein leben volbracht hat... (Un ouvrage amusant sur Till l'Espiègle, né dans le pays de Brunswick, comment il a mené sa vie). La composition en fut attribuée à Hermann Bote, mais ce point est aujourd'hui très contesté.

D'après cette version, Till Eulenspiegel naquit en 1300 à Kneitlingen am Elm (Saxe) et mourut en 1350 à Mölln (Holstein). Il n'existe toutefois pas de preuve exacte de l'existence historique de ce personnage. Ses farces consistent souvent à prendre une expression figurée au pied de la lettre, afin de moquer les travers de ses contemporains et les abus de son temps. L'histoire d'origine, emblématique de la Basse-Saxe, fut traduite en plusieurs langues dès le XVIe siècle. Plus tard, de nouvelles versions la modifièrent en rendant le bouffon toujours plus sympathique.

Le nom allemand d’Eulenspiegel évoque la chouette et le miroir, objets fétiches du personnage. Par ces symboles il s'inscrit dans une tradition critique fréquente au Moyen Âge, à travers le personnage du fou ou du bouffon détenteurs de sagesse. La chouette est l'animal associé à Athena dans la mythologie grecque. Le thème du miroir renvoie à l'inversion, ainsi qu'à celui du portrait des contemporains. Ainsi, à travers ses aventures ou ses propos, le bouffon révèle une vérité sociale, mais renverse aussi, littérairement, l'ordre établi par la moquerie des puissants.

Till eulenspiegel

L’étymologie est cependant beaucoup plus triviale : le nom vient du moyen bas-allemand ulen « essuyer » et spegel « miroir, derrière », et l'expression ul'n spegel veut dire « je t'emm... ».

Le personnage de Till l'Espiègle a inspiré divers auteurs comme :

- l'écrivain belge Charles De Coster dans La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays des Flandres, où il fait de Till une figure de la résistance flamande contre l'occupation espagnole au XVIe siècle (1867)

- le compositeur allemand Richard Strauss en 1894-1895 dans son poème symphonique Till Eulenspiegels lustige Streiche (1894-1895)

- le réalisateur hollandais Joris Ivens dans le film Les Aventures de Till l'Espiègle, co-réalisé avec Gérard Philippe qui interprète le rôle titre (1956).


Des auteurs comme Carl Gustav Jung dans la création de son concept d'enfant intérieur et Paul Radin dans son étude du trickster furent interpellés par la figure d'Eulenspiegel ou celle du renard dans Le Roman de Renart, entre autres figures, de ce qu'ils nommaient le « fripon divin » un être espiègle, malicieux et facétieux
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