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Seiðr (proche du chamanisme)
Le Seiðr peut être rapproché de ce que l’on appelle aujourd’hui le chamanisme, mais il appartient avant tout à la tradition nordique.
Il ne s’agit pas d’un système universel, mais d’une voie particulière, liée au destin, aux forces invisibles et aux liens entre les mondes.
Transmis par Freyja, puis maîtrisé par Odin, le Seiðr se situe à la frontière du visible et de l’invisible, entre connaissance, transformation et perception du réel.
Oeuvre d'Aurélia Blouet
Le chamanisme, ou shamanisme, est une pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits de la nature ou les âmes du gibier, les morts du clan, les âmes des enfants à naître, les âmes des malades à ramener à la vie, etc. C'est le chamane qui incarne cette fonction, dans le cadre d'une interdépendance étroite avec la communauté qui le reconnaît comme tel.
Le chamanisme, au sens strict (chamane vient étymologiquement de la langue toungouse), prend sa source dans les sociétés traditionnelles sibériennes. Partie de la Sibérie, la pensée chamanique a essaimé de la Baltique à l'Extrême-Orient et a sans doute franchi le détroit de Béring avec les premiers Amérindiens. On observe des pratiques analogues chez de nombreux peuples, à commencer par les Mongols, les Turcs et les Magyars (avant leur christianisation), qui seraient tous originaires de Sibérie, mais aussi au Népal, en Chine, en Corée, au Japon, chez les Amérindiens d'Amérique du Nord, en Afrique, en Australie et chez les Amérindiens d'Amérique latine.
Le chamanisme scandinave
Il y a des exemples très nets de chamanisme dans le monde indo-européen, surtout dans sa mythologie. Ainsi, le dieu Odin des Scandinaves peut quitter son corps, qui gît alors comme endormi, sous une forme animale, et voyager là où il le désire. Il possède un cheval à huit pattes, très rapide (Sleipnir), qui est aussi identifié à un arbre cosmique (Yggdrasil) semblable à celui utilisé par les chamanes lors de leurs voyages. Par ailleurs, Odin est un grand magicien et il peut forcer les morts à livrer les secrets de l'au-delà, ce qui est une prérogative du chamane. Dans la Grèce antique, on connaît le poète Aristée de Proconnèse. Il était transporté au loin lors de « délires apolliniens » (Apollon étant un dieu apparenté à Odin). Il abandonnait son corps, qui gisait comme mort. Sur son île, une statue le représentait à côté d'Apollon (Hérodote, IV, 13-15). Pline l'Ancien rapporte qu'elle représentait son âme quittant son corps sous la forme d'un corbeau.
La cosmologie indo-européenne ressemble au chamanisme néolithique : l'univers est constitué de trois mondes, le Ciel, la Terre et les Enfers, qui sont reliés par un arbre. La voyance, la divination ou la magie sont plus l'affaire des femmes que des hommes (d'où les croyances aux sorcières). Le chamanisme masculin se voit relégué dans la mythologie tandis que les fonctions sacerdotales sont exercées par une classe de prêtres.
Les Scandinaves considéraient leurs voisins Lapons (de langue finno-ougrienne) comme de grands magiciens. Ils appelaient aussi ce peuple les Sameh (singulier Same), comme les Lapons se nomment eux-mêmes. De toute évidence, le chamanisme était très développé chez eux. Les chamanes sameh étaient appelés des noaides. Leurs pratiques ont été décrites au XIIIe siècle dans l'Historia Norwegiae. Ils officiaient grâce à des assistants qui chantaient et ils utilisaient un tambour (comme leurs homologues sibériens) et un marteau de corne. Ils pouvaient prendre une forme animale pour aller se battre contre un confrère, découvrir un voleur ou même le mutiler à distance, attirer le gibier à portée des chasseurs ou le poisson dans le fjord, provoquer des états d'hypnose ou d'illusion des sens. Les Finno-Ougriens sont originaires des forêts du nord de la Russie. D'une manière ou d'un autre, une analyse fine du chamanisme le fait toujours provenir du nord de l'Eurasie...
Ce que j’explore ici n’est pas une croyance, mais une manière de percevoir le monde autrement.
Documents
- Aboriginal Siberia : A Study in Social Anthropology
https://archive.org/stream/aboriginalsiberi00czap#page/n5/mode/2up
- yves-kodratoff.pdf - Chercheur au CNRS (Une vision du chamanisme)
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Les peuples scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. Régis Boyer mentionne que suite à l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et du roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme Forn Siðr (terme signifiant « ancienne coutume » ou « ancienne pratique » en vieux norrois) pour désigner la religion originelle de ces peuples.
La Forn Sidr (
sidh.pdf (409.03 Ko) a été presque éradiquée à partir du XIIe siècle suite au prétendu incendie du temple de Gamla Uppsala en 1087 et à l’établissement de l'archevêché de Suède en 1164 au même endroit.

Ægishjálmur : invincibilité et protection dans la bataille
Le Seiðr, qui signifie littéralement « bouillonnement, effervescence », désigne un ensemble de pratiques shamaniques propres aux religions nordiques. Le Seiðr est, dans la mythologie nordique, l'initiation chamanique que Freyja apprit aux Ases, dont seul Odin serait devenu un maître. Cette forme de chamanisme serait si épuisante qu’il est « honteux pour un homme de la pratiquer parfaitement ». Le Seiðr est mentionné dans la Gylfaginning. Le Seiðr implique la transe et vise à percer les desseins des Nornes afin de connaître le destin (Wyrd ou Örlog), ou pour changer le shaman en animal. Dans la légende, c’est Freyja qui enseigna cette magie aux Ases. Si on en croit la Lokasenna (texte où Loki calomnie les dieux jusqu’à l’intervention de Thor), la Seiðr était une activité magique plutôt réservée aux femmes, mais qu’Odin pratiquait assidûment. La transformation en animal consiste à échanger son Hamr (la substance qui donne sa forme au corps) avec celui d’un animal par la force de concentration.
Les Scandinaves ne donnaient pas de nom à leur culte avant l’arrivée du christianisme. Suite à l’arrivée des missionnaires chrétiens en Scandinavie tels qu’Anschaire de Brême vers 829 et le roi Harald Ier de Danemark qui réussit à imposer le christianisme dans son pays vers 960, les textes médiévaux de Scandinavie mentionnèrent le terme forn siðr pour désigner la religion originelle de ces peuples. L’expression signifie littéralement « ancienne coutume, ancienne pratique » en vieux norrois. Leur langue ne dispose pas de vocable pour « religion », le mot approchant serait « seydr, sejdr ou sidr » : coutume, ensemble de pratiques, magie, médecine... activités principalement féminines. Leurs croyances ne possèdent aucun crédo, pas de prières à proprement parler, « pas de prêtres, ni ordre religieux, ni temples, point de délire imaginatif ou de longues méditations rêveuses », sans foi, sans dogmes.
Gylfaginning
La Gylfaginning (« la mystification de Gylfi » en vieux norrois) est la première des trois parties de l’Edda de Snorri Sturluson. Elle prend la forme d’un dialogue entre le roi Gylfi et trois personnages régnant sur Ásgard. Leur entretien sert de cadre à une présentation cohérente de la mythologie nordique.
Le roi Gylfi régnait en Scandinavie. Il offrit un jour à une vagabonde qui l’avait distrait une partie de son royaume, aussi grande que ce que quatre bœufs pourraient labourer en un jour et une nuit. Mais cette vagabonde était une Ase, Gefjon. Les bêtes de trait qu'elle employa étaient en réalité les enfants qu’elle avait eus avec un géant. Elles labourèrent si bien le sol qu’une portion de territoire se détacha, formant l’île de Seeland. Surpris du pouvoir des Ases, Gylfi se demanda s’il ne provenait pas des dieux qu’ils révéraient. Aussi se mit-il en route pour Ásgard. Quand il arriva, il découvrit une halle gigantesque, la Valhöll. Il fut introduit auprès des maîtres des lieux : Haut, Également-Haut et Troisième. Gylfi les interrogea alors sur leurs dieux. Au terme de ce questionnement, Gylfi entendit un grand bruit. Lorsqu’il regarda autour de lui, la halle avait disparu : il avait été le jouet d’une illusion.
En réponse aux interrogations de Gylfi, ses hôtes racontent d’abord l’origine du monde, la naissance des premiers dieux et l’apparition de l’homme. Il est ensuite question du frêne Yggdrasil, ce qui permet d’évoquer notamment la source deMimir et les Nornes. Vient ensuite une présentation successive des différents dieux, d’Odin à Loki, dont les trois enfants monstrueux (Fenrir, le serpent de Midgard et Hel) sont présentés. Les déesses et les Valkyries sont aussi évoquées. La Valhöll est ensuite décrite, puis les Einherjar. Sont également racontées l’origine du cheval Sleipnir et donc la construction d’Ásgard. Gylfi demande alors à ses interlocuteurs si Thor a jamais rencontré plus fort que lui. Ceux-ci, réticents, sont toutefois contraints de raconter son voyage chez Útgardaloki. Il est ensuite question de la revanche de Thor sur le serpent de Midgard lors de son voyage chez Hymir. Ce sont ensuite la mort de Baldr et le châtiment de Loki qui sont racontés. Survient alors le récit du Ragnarökr, et enfin l’évocation de la naissance d’un monde nouveau.

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Armoiries de l'Islande
Les Landvættir (« esprits de la terre ») sont des esprits de la terre dans la mythologie nordique et dans le néopaganisme germanique. Ils protègent et permettent l'épanouissement des endroits précis où ils vivent, qui peuvent être aussi petit qu'une roche ou un coin d'un champ, ou gros comme une partie d'un pays.
Certains chercheurs ont suggéré que les Landvættir sont connus dans la nature comme les esprits des morts, mais d'autres les ont eux interprétés comme des esprits de la nature, car ils vivent parfois dans des terres qui n'ont jamais été peuplées.
Jörmundur Ingi Hansen, ancien grand prêtre de l'Ásatrúarfélagið, a déclaré que les Landvættir sont des « esprits et que certains contrôlent ainsi la sécurité de la terre, la fertilité de la terre et ainsi de suite ». Pour lui, ils sont « liées à une place dans le paysage, à un énorme rocher, à une montagne ou à un lieu spécialement magnifique » et ce lieu se distingue en étant plus beau que d'autres.
La croyance sur les Landvættir locaux prend place en Islande, avec nombreuses fermes ayant des roches sur lesquelles les enfants ne sont pas autorisés à jouer. Lorsque la construction était sur le point de démarrer sur la base aérienne de Keflavík, le contremaître islandais a rêvé d'une femme qui est venu lui demander de retarder le déplacement d'un rocher, de donner le temps de sa famille à déménager. Il l'a fait pendant deux semaines, en dépit des objections américaines, jusqu'à ce qu'elle vienne à lui dans un autre rêve en lui disant le Landvættir était parti. D'autres termes sont parfois utilisés dans les textes pour les esprits, tels que Bergbúi, Ármaðr et Spámaðr, mais il y a une mention des Islandais pré-chrétiennes apportant des offrandes spécifiquement au Landvættir. Dans un article de Hauksbók, un évêque chrétien demande des punitions contre « les femmes stupides » qui demandent aux roches de la nourriture pour nourrir le Landvættir dans l'espoir d'être dotée d'un ménage prospère.
Une version de l'ouvrage des Islandais, Book of Settlement affirme que l'ancien droit d'Islande interdisait d'avoir une proue en forme de dragon sur son navire, dans le port ou de venir à la terre « avec la bouche béante ou museau béant », car le Landvættir pourrait être effrayé.
L'Islande est protégée par quatre grands gardiens, qui sont connus comme les quatre Landvættir.
Les quatre Landvættir sont aujourd'hui considérés comme les protecteurs des quatre quartiers d'Islande : le dragon (Dreki) dans le Nord-Est, l'aigle ou griffon (Gammur) dans de Nord-Ouest, le taureau(Griðungur) dans le Sud-Ouest, et le géant (Bergrisi) dans le Sud-Est.
Les quatre Landvættir de l'Islande sont représentés sur les Armoiries de l'Islande et sur l'envers des pièces, la Couronne islandaise.
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Freyja, son char et ses chats...
Freyja est généralement considérée comme la déesse de la terre et de la fertilité dans la mythologie nordique. Freyja signifie dame ou « souveraine », en vieux nordique (cf. fru ou Frau en scandinave ou en allemand). Il n’y a pas de source indiquant qu’elle fut appelée pour apporter fertilité aux champs et aux femmes ; elle était la déesse de l’intimité. Elle était également la déesse de l’amour, du sexe, de la guerre, des prophéties et de l’attirance entre personnes ; elle devint donc une des déesses les plus populaires. Elle peut être considérée comme l’équivalent de Vénus et d’Aphrodite. Il est probable qu’elle soit le descendant mythologique le plus direct de Nerthus.
Freyja est une Vane, déesse de l’amour dans la mythologie nordique, elle est belle, possède des yeux bleus et une chevelure dorée. Elle est la fille de Njörd, et la sœur jumelle de Freyr. Sa fille s’appelle Hnoss.
Freyr et Freyja
Odr, le mari de Freyja, « un homme qui voyage loin », est probablement une hypostase d’Odin ou Odin lui-même, car celui-ci disparaît peu après leur mariage. Après la disparition de Odr, Freyja pleura des larmes d’or rouge qui se transformaient en ambre quand elles tombaient dans la mer. On la confond parfois avec Frigg, l’épouse d’Odin, déesse du mariage.

A l’instar d’Odin, elle reçoit dans son manoir Sessrumne à Folkvang la moitié des guerriers morts au combat, qu’elle guidera au combat le jour du Ragnarök. Elle est considérée comme la première parmi les Valkyries.
Pour expliquer ce partage des Einherjar entre Odin et Freyja, certaines transmissions orales (Propriété Óðal ) expliquent que les guerriers dévolus à Odin sont ceux d’entre eux qui vouent leur existence à la guerre et aux batailles que l’on nomme les offensifs. Les guerriers dévolus à Freyja sont ceux d’entre eux qui mènent des combats pour protéger leurs familles leurs clans et leurs biens que l’on nomme les défensifs. L’historienne Else Roesdahl a remarqué que dans les sépultures contenant des armes : dans celles de Norvège les guerriers avaient des boucliers (défensifs), et au Danemark ils avaient uniquement leurs armes d’attaques (offensifs). Cependant une autre théorie avance l’idée que les tertres de Norvège serait ornés de boucliers pour montré que le défunt est mort en défendant sa patrie, son royaume. Tandis que les tertres danois serait eux ornés d’armes pour montrer que le défunt était mort en agrandissant son royaume, mais ces théories spéculatives, comme tant d’autres, sont loin d’élucider totalement ce mystère.
Son char est tiré par deux chats de la taille de lions. Son collier magique, le collier des Brísingar, la rend irrésistible. Elle aime le chant et a beaucoup d’amants.
Contrairement à beaucoup d’autres dieux, elle est appréciée des géants et plusieurs d’entre eux la convoitent.
Pour en savoir encore plus cliquez sur les liens ci-dessous :
freyfrig.pdf (151.34 Ko)
freyja-van.pdf (14.58 Ko)
sidh.pdf (409.03 Ko)
mantodeplumes.pdf (129.94 Ko)
inc.german.scandinave.pdf (37.36 Ko) -
Les anciens Germains appelaient völva, vala ou wala en vieux haut allemand. Les termes seiðkona, spákona en norrois, spaewife ou wicce (terme générique pour sorcière) en vieil anglais sont utilisés pour les femmes pratiquant ou moins l'une des magies nordiques. Elles sont des personnages récurrents de la mythologie germanique.
Le mot « völva » viendrait de vǫlr, quenouille. Ce mot est à rapprocher du proto-germanique *walwōn, qui donnera wand en anglais. La völva (masculin völvo, pluriel völur) serait donc une porteuse de quenouille.
Les völur, entre autres disciplines ésotériques traditionnelles, pratiquaient le seydr (enchantement), le spá (prophétie) et le galdr (magie runique, chamanisme). Dans ce cas, ils/elles étaient appelé(e)s fjölkunnig, ceux dont le savoir (kunne) est entier ou plein (fjol).
Pour ceux qui pratiquent que le spá, on parle de spákona ou spækona, c'est un vocable vieux norrois désignant une femme qui s'adonne à la prophétie ou à la prédiction de l'avenir. En vieil anglais, on parle aussi de spæwīfe.
Ce mot viendrait du proto-germanique *spah- et une racine proto-indo-européenn *(s)peḱ (regarder, observer, voir) et par conséquent lié au latin specio (« (je) vois ») et au sanskrit spáçati et páçyati (« (il/elle) voit », etc.). Les hommes pratiquant cette dernière discipline étaient appelés spámaðr. De même pour le seiðr, on parle de seiðkona (femme) ou seiðmaðr (homme).
Selon la mythologie et les récits historiques, les völur étaient censées posséder des pouvoirs tels qu'Odin lui-même, le père des dieux, faisait appel à leurs services pour connaître l'avenir des dieux : c'est notamment ce que rapporte la Völuspá, dont le titre lui-même, « völv-s-spá », se traduit par « chant de la prophétesse ».
La quenouille est appelé seiðstafr, « bâton de seydr » (baguette magique en somme). C'est l'un des attributs de Freyja et un outil de la völva.
On a tendance à utiliser le féminin völvas quand on parle de völur, car cet art était, depuis l'arrivée du christianisme, essentiellement pratiqué par les femmes, même s'il y avaient des hommes et femmes qui pratiquaient au moins une de ces arts jusqu'au XIe siècle.
En effet avec l'arrivée du christianisme, les hommes qui pratiquaient la sorcellerie ou la magie ne bénéficiaient pas du même respect, parce qu'ils auraient eu un comportement efféminé. La pratique était depuis lors réservée aux femmes. Le spá, en particulier, fut interdit dès le début du christianisme aux hommes car il exigeait en principe l’ergi (la féminité ou plutôt la non-masculinité). Avec l'arrivée des valeurs chrétiennes, même pour les païens le fait de pratiquer le seiðr ou le spá était considéré comme peu viril voire déshonorant. Plusieurs sagas et écrits attestent de ce sexisme.
On peut lire par exemple dans le Vatnsdœla saga :
« Illa bíta þig vopnin Hrolleifur og alls konar er þér illa farið, bæði fjölkunnigur og þó að öðru illa siðaður.
Que les armes te mordent durement Hrolleif, tous tes agissements sont honteux, fjölkunnigur tu es et déchéance. »
— Vatnsdœla saga Chap. 19
En fait, la justification avec l'assimilation à la féminité peut être trouvé dans la Saga des Ynglingar, où Snorri Sturluson explique que la pratique du seiðr rend faible et vulnérable, donc peu viril. Avec l'arrivée du christianisme, on y ajoute même une connotation homosexuelle (voir Ergi).
Les hommes qui s'occupent de la « sorcellerie nordique » ne sont pas punis de la même façon une fois le christianisme installé. La femme est brûlée comme sorcière, mais les hommes sont traités comme des bêtes et souvent torturés à mort car ils s'occupaient du « domaine des femmes ».
Dans la Saga d'Erik le Rouge, le personnage Ragnvaldr Rettilbein, un fils d'Harald à la Belle Chevelure, vit chez la Saami Snöfrid, il est seiðmaðr. Le roi le fit immoler par le feu dans une hutte avec quatre-vingts de ses compagnons à cause de cela.
Dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César, à propos de la lutte contre le chef germain Arioviste (58 av. J.-C.), écrit ceci :
« Lorsque César demanda aux prisonniers pourquoi Arioviste n’avait pas livré un combat à outrance, il apprit que la raison en était la suivante : c’était chez les Germains une coutume que les mères de famille décident, après avoir consulté les signes et rendu les oracles, s’il convenait ou non d'engager un combat ; or elles disaient que le destin ne permettrait pas aux Germains de vaincre, s’ils engageaient le combat avant la nouvelle lune. »
— Commentaires sur la Guerre des Gaules, livre 1, ch. 50
Les écrits de Tacite (Ier et IIe siècles ap. J.-C.) :
Les premières mentions de ces prophétesses germaniques nous viennent des historiens latins évoquant l'exode des Cimbres : sous la plume de Tacite, ces « prêtresses » sont des femmes âgées ; elles sont vêtues de blanc. Elles immolent les prisonniers de guerre et consacrent le sang versé (cérémonie dite Blót), fluide indispensable à la divination.
Tacite décrit également les prophétesses des Germains dans ses Histoires (livre 4, chap. 61), et notamment une certaine Veléda : « […] usage ancien chez eux, les Germains attribuaient le don de prophétie aux femmes, et même, la superstition se développant, un statut divin. »
Jordanès fait au VIe siècle état dans ses Gétiques (XXIV:121) de völvas Gothes appelées Aliorumnas. Elles furent exilées sur ordre du roi Filimer, lorsque les Goths se sédentarisèrent à Ojum (Ukraine). Ce nom est sans doute une corruption du gotique Halju-runnos, c'est-à-dire catabantes ou « celles qui descendent aux Enfers » (allusion aux transes des chamans). Ces völvas trouvèrent refuge chez les Huns.
Paul Diacre décrit au VIIIe siècle comment, pendant une guerre entre Vandales et Lombards, les Vandales s'adressent à Odin (Godan) pour obtenir la victoire. La mère, Gambara, des deux chefs de clan Lombards, Ibor et Aio, s'adresse par contre à Frea (Freyja/Frigg). Alors Frea, grâce aux bonnes relations qu'entretiennent la déesse et sa Völva, aida Gambara à tromper Odin et c'est ainsi que son peuple gagna la guerre.
Une description détaillée d'un sacrifice humain par une völva est due au diplomate arabe Ahmad ibn Fadlan qui raconte une de ses missions auprès des Bulgares de la Volga en 921 : au cours des funérailles d'un chef varègue, une esclave se sacrifie pour être inhumée avec son maître. Après dix jours de festivités, elle est poignardée par une prêtresse (le diplomate arabe l'appelle Ange de la mort) puis son corps est incinéré avec celui de son maître dans un navire.
Dans le Landnámabók, on mentionne une Völva nommée Þuríðr Sundafyllir qui remplit un fjord de poisson pour contrer une famine. Cela est considéré comme un fait historique dans le Landnámabók.
On a retrouvé une quarantaine de tombes contenant des quenouilles. Cela n'indique pas forcément des tombes de Völur, mais certaines de ces tombes méritent d'être mentionnées.
C'est l'une des tombes les plus riches connues dans cette région. C'est une tombe à char contenant un corps féminin. Outre les bijoux d'orteils et la boucle de ceinture de Gotland on a trouvé dans la tombe des objets finnois et russes. À ses pieds se trouvait une boite avec une pelote de réjection d'un hibou, des ossements divers de petits mammifères et d'oiseaux et un sachet de graines de la jusquiame noire. Quand ces graines sont jetées dans un feu elles produisent une fumée hallucinogène qui donne l'impression de voler.
Une amulette d'argent trouvée dans la tombe semble confirmer sa position de völva. L'amulette est en forme de chaise taillée dans un tronc et fait probablement référence à la plate-forme utilisée pour le seiðr sur laquelle la völva faisait ses rituels ou elle peut aussi faire référence au Hlidskjálf ; le trône depuis lequel Odin regardait le monde.
Cette façon somptueuse d'enterrement a été utilisée pour deux tombes. Toutes les deux étaient occupées par des corps féminins. Dans la première tombe, on a trouvé une quenouille en bois. Dans la seconde, 4 graines d'une plante de cannabis, plante qui a probablement été utilisée pour remplir les coussins qui soutenaient le corps, et des graines de chanvre dans une petite pochette en cuir.
On y a trouvé une couteau en os sur lequel on a gravé en écriture runique « linalaujaR », c'est-à-dire lin, alau (alu, « benédiction » ?) auja (aire sacré) et laujar (Laukr, « herbe sacré, liliacée » ?) Le lin et le laukR sont liés à la divination.
Cette tombe date de l'âge du fer. La femme qui y est enterrée ne fut pas seulement ensevelie avec une quenouille, mais aussi avec ses chevaux et son char. Elle fut enterrée sous 6 mètres de feuilles de roses blanches et des bijoux à breloques en or et argent. Une des pendentifs est particulière, il représente une dame avec un grand collier. Ce type de collier fut surtout porté par des dames de haut rang à cette époque. On a tendance a l'interpréter comme Brísingamen. Le personnage représenté pourrait symboliser Freyja, déesse des Völvur.
À Birka, on a trouvé une tombe mixte dont on pense que l'une des corps est une Völva et l'autre celui d'un Chef de Guerre. Par-dessus les deux corps était mise une lance pour dédier les deux corps à Odin. La femme a été enterrée avec sa quenouille et donc dédiée à Freyja.
Dans la société scandinave ancienne, la völva était une femme âgée ayant rompu avec les pesantes attaches familiales qui étaient le lot des femmes dans cette civilisation clanique. Elle errait à travers le pays, suivie traditionnellement d'un aréopage de jeunes gens. On faisait appel à ses services dans les situations graves. Son autorité était absolue et elle était largement rémunérée pour ses services.
Parmi les plus célèbres völvas de la littérature scandinave, il y a lieu de citer la Heidi de la Völuspá et la sorcière Gróa (Croissance) du lai de Svipdag (Svipdagsmál). Dans l’Hyndluljóð, la déesse Freyja (déesse des Völur) rencontre la Völva Hyndla et elles vont ensemble au Walhalla. Néanmoins, d'autres sagas mentionnent des Völvi dont Þórbjörgr dans le Saga d'Eric le Rouge et Huld dans l’Ynglinga saga.
Dans Baldrs draumar, on consulte une Völva (morte) (Hel ou Garmr ?) pour expliquer le rève de Baldr.
Le Galdr et le Spà finiront le jour du Ragnarök.
Dans le roman ancien anglais Beowulf, les femmes sont appelées « tisseuses de paix » (freothuwebbe ou fríÞwebbe), c'est probablement une allusion cette capacité des sorcières d’arrêter les armées déjà mentionnée, mais aussi comme femmes mariés qui tissent les liens entre familles. Le collier appelé Brosinga mene' (une version du Brísingamen, symbole de Freyja) est donné par la reine Wealhþeow à Beowulf pour avoir tué Grendel. La reine est donc celle qui possède le collier et, en tant que tel, agit donc bien comme Völva.
Les tisseuses de paix sont aussi appelées les Normes dans la mythologie scandinave.
Une description très macabre du travail de tisseuses de paix, mais dans leur rôle de tisseuses de guerre, est donnée dans le Darraðarljóð qui se trouve vers la fin de la Saga de Njáll le Brûlé (XIe siècle). Elles préparent la bataille de Clontarf.
Dörrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il vit que c'étaient des femmes qui étaient dedans, auprès d'un métier à tisser. Ce métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux humains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et les navettes, des flèches. Et les femmes chantaient :
« Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber. Nos fils sont comme une nuée d'où il pleut du sang. Nos trames grisâtres sont tendues comme des javelots qu'on lance ; nous, les amies d'Odin le tueur d'hommes, nous y ferons passer un fil rouge.
« Notre trame est faite de boyaux humains, et nos poids sont des têtes d'hommes. Des lances arrosées de sang forment notre métier, nos navettes sont des flèches, et nous tissons avec des épées la toile des combats.
« Voici Hild qui vient pour tisser, et Hjörthrimul, Sangrid et Svipul ; comme leur métier va résonner quand les épées seront tirées ! Les boucliers craqueront, et l'arme qui brise les casques entrera en danse.
« Tissons, tissons la toile des combats. Tissons-la pour le jeune roi. Nous irons de l'avant, et nous entrerons dans la mêlée quand viendront nos amis, pour frapper de grands coups.
« Tissons, tissons la toile des combats. Combattons aux côtés du roi. Les guerriers verront des boucliers sanglants, quand Gunn et Göndul viendront pour le protéger.
« Tissons, tissons la toile des combats, là où flotte la bannière des braves. N'épargnons la vie de personne ; les Valkyries ont le droit de choisir leurs morts.
Dans certains textes, la Völva est supposée descendre directement (comme être humain) des anciennes entités du Jötun, comme les dieux. Par exemple, Heiðr est, selon le Völuspá hin skamma, un enfant du Jötun Hrímnir. On peut y lire aussi dans le Hyndluljóð :
Eru völur allar
frá Viðolfi,
vitkar allir
frá Vilmeiði,
en seiðberendr
frá Svarthöfða,
Sont Tous les Völur
issus de Witolf,
Tous les sachants (magiciens)
issus de Willharm,
Tous ceux qui chantent les seid
sont issus de Svarthöfða (« tête noire »).
Le Völuspá hin skamma est un poème dont on n'a que des fragments cités dans le Hyndluljóð de l'Edda poétique et le Gylfaginning de l'Edda en prose de Snorri Sturluson.
Dans Grógaldr (« L'incantation de Gróa »), on mentionne les conditions d'une initiation comme Volvo. Svipdagr est envoyé pour une tâche impossible par son marâtre Skaði, il doit trouver l'accès à la salle de Menglöd (Menglöd veut dire « celle qui possède un joyau », un kenning pour Freya, propriétaire du Brisingamen). Svípdagr demande alors de l'aide à sa mère décédée Groa, une Völva (« Éveille-toi, Gróa, Éveille-toi, excellente femme, Je t'éveille aux portes de la mort, […] »). Elle se réveille du monde des morts pour incanter neuf formules de protection et dit que même Skuld, l'une des Nornes, sera satisfaite de cela. Les neuf incantations sont chantées du « rocher de la terre ferme ». Elles consistent en :
- la liberté de toute pression, va ton propre chemin sans culpabilité (chant du bonheur que Rane chanta pour Rind) ;
- la maitrise de soi aux coups de tonnerre d'Urd (les vicissitudes de la vie) ;
- l'insensibilité aux courants puissants qui mènent au royaume des morts, les vagues iront à Hel (l'Enfer) ;
- l'aptitude de changer des ennemies en amis et de changer des traits de caractère négatif en positif ;
- l'épée magique qui brise toutes les chaînes ;
- l'aide des éléments de la nature ;
- la résistance au « froid glacé de la haute montagne » ;
- la protection contre l'ombre d'une femme chrétienne (Svipdagr est un homme) ;
- la connaissance des mots d'émotion pour un échange avec « le géant à la lance ».
Dans la saga d'Erik le Rouge, on raconte comment la Völva Þórbjörgr, ou Þorbjörg Lítilvölva, procède à un seiðr. Avant son arrivée, la maison est nettoyée de fond en combles. La grande chaise, habituellement réservée au maître des céans ou sa femme, était agrémentée de coussins. Quand la Völva entre la pièce, elle est saluée avec révérence par la maisonnée et conduite au haut siège. Là on lui présente un repas préparé pour elle uniquement. C'est un porridge de céréales et de lait de chèvre, et un ragoût fait avec le cœur d'un représentant de tous les animaux de la maison. Elle mange les plats avec une cuillère en cuivre et un couteau épointé.
La Völva est hébergée pour la nuit et le lendemain était réservé à sa danse. Pour danser le seiðr, elle a besoin de certains outils. D'abord, on lui a construit une plate-forme spéciale. Un groupe de jeunes femmes se mettent assises autour d'elle. Les jeunes femmes chantent une chanson spéciale pour appeler les pouvoirs avec laquelle la Völva désire communiquer.
Dans une loi islandaise du XIIIe siècle, on parle du seiðr comme útiseta at vekja tröll upp ok fremja heiðni (« útiseta (assis dehors) pour réveiller les trolls et pratiquer des rituels païens »). Cette activité y est punie par la peine de mort. Encore en 1854, on parle d'« une sorcellerie spécifique […] où le mage passe la nuit à l'air libre […] surtout pour prédire l'avenir. »
Dans la saga d'Erik le Rouge, qui a lieu au Groenland, la Völva apparaît dans un manteau bleu ou noir avec des pierreries incrustées sur le bord. Le manteau tombe jusqu'aux pieds. Dans sa main, elle tient le seiðstafr, celui-ci est en cuivre couverts de pierres semi-précieuses sur le haut. Dans le Örvar-Odds saga, la seiðkona porte aussi un manteau bleu ou noir et porte aussi un seiðstafr.
Dans la saga d'Erik le Rouge, on mentionne aussi un collier de perles de verre et un couvre-chef en peau de mouton noir et de chat blanc. Elle porte une ceinture avec un pochette contenants les outils du seiðr.
Elle porte des souliers de cuir de vachette et des lacets aux bouts cuivrés ; Elle porte des gants de peau de chat blanc, fourrure tourné vers l'intérieur.
Le seiðstafr est une quenouille, symbolique ou effective, en cuivre ou en bois. Cette quenouille est le bâton symbole du pouvoir magique du Völva. Celui qui est frappé avec ce bâton trois fois sur la joue perd ses souvenirs.
Des liens invisibles pouvaient être tissés entre le baume du métier à tisser et un être humain (guerrier par exemple). Quand une sorcière défaisait un nœud dans son œuvre, elle pouvait par exemple délier un membre d'un héros-guerrier (bras ou jambe). Cela fait aussi référence au « nouage de l’aiguillette » où l'on immobilise le membre viril. Quand elle faisait un nœud, elle pouvait arrêter l'avancée de l'armée ennemie, car, dans la mythologie nordique, c'est Freyja qui commença la première guerre. Il appartient donc aux völur de décider du début ou fin de la guerre par leur magie. C'est probablement la raison pourquoi Harald Ier de Danemark, en guerre contre l'empereur romain d'orient garde auprès de lui un völva à Fyrkat.
La quenouille fait ici référence aux Nornes et leurs pouvoirs magiques. Dans le Helgakviða Hundingsbana I, des femmes généralement interprétées comme des Nornes arrivent au berceau de Helgi Hundingsbane et lui tissent un avenir de Héros. Il est possible que ces personnages ne soient pas des Nornes, car elles ne sont jamais nommées comme telles, mais des Völur. Beaucoup de quenouilles trouvées dans les tombes ont une espèce de petit panier au sommet qui sert peut-être pour le filage du lin. Si l'on tient compte que le mot seiðr pourrait être traduit par « fil tissé avec une quenouille », pratiquer la magie peut être considéré comme tisser des fils spirituels.
La notion de « coté quenouille » (distaff side) était utilisée en Angleterre jusqu'au XIXe siècle pour indiquer le lignage maternel (fille de X, fille de Y). Pour le coté paternel on parlait de « coté de l'épée » ou « coté de la lance ».
La déesse qui s'occupe de magie est avant tout Freyja. C'est la déesse auquel on fait le plus référence quand on parle de Völur.
Freyja est identifiée ainsi dans la saga des Ynglingar et il y est aussi que c'est elle qui l'enseigna à Oðinn :
"Dóttir Njarðar var Freyja. Hon var blótgyðja. Hon kenndi fyrst með Ásum seið, sem Vǫnum var títt."
« Fille de Njǫrðr était Freyja. Elle présidait les sacrifices. Ce fut elle qui en premier présenta le seiðr aux Æsir car elle était déjà connu par les Vanir. »
Dans le prologue de l'Edda en prose, une Völva explique l'origine de la déesse Sif, femme de Thor. On y explique qu'elle fut une spákona (voir plus haut).
C'est Freyja qui a enseigné le seiðr à Odin. Même en tant que dieu guerrier, il est plus faible que Freyja dans la magie de la guerre. Dans le récit de Paul Diacre (plus haut), les Vandales s'adressent à Odin (Godan) pour obtenir la victoire mais les Lombards qui s'adressent par contre à Frea (Freyja/Frigg), à travers la reine mère, gagnent. Par contre, dans le Rúnatal, une section du poème Hávamál, la découverte des runes (et leur propriétés magiques) est attribuée à Odin. C'est donc un mage à part entière.
La disparition des prophétesses germaniques est liée à la christianisation : l'Église catholique romaine, l'Église d'Angleterre, l'Église luthérienne et l'Église réformée, secondées en cela par les autorités civiles, prirent diverses mesures à leur encontre, comme le montre cet extrait du Droit canon :
« Toute sorcière, toute conjureuse, tout nécroman ou toute prostituée manifestement infectée trouvée sur le territoire sera expulsée. »
« Nous demandons à chaque prêtre d'éradiquer le paganisme et d'interdire la wilweorthunga (culte des sources), la licwiglunga (nécromancie), la hwata (divination), la galdra (magie), l'idolâtrie et toutes les abominations pratiquées par les hommes comme sorcellerie, et frithspottum (culte des bosquets) avec des ormes et autres arbres, des alignements de pierre, et toute sorte de fantômes. »
Elles furent persécutées au cours de la christianisation, qui conduisit d'ailleurs à un confinement extrême du rôle des femmes dans les sociétés germaniques dès le XIe siècle.
Asatru :
Il y aurait une renouveau des traditions liés aux Völva dans les milieux Ásatrú (néopaganiste germaniques). Ces traditions liées aux Völur sont décrites par les écrivains américains Yngona Desmond, Diana Paxon, et Kari Tauring.
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Odin (du vieux norrois Óðinn) est le dieu principal de la mythologie nordique. Il existe dans la mythologie germanique en général, où il est appelé Wōden en vieil anglais, Wodan en vieux saxon des Pays-Bas ou Wotan en vieux haut-allemand ou Gaut. Son nom proto-germanique est *Wōdanaz. L'étymologie de son nom fait référence à Ód, et signifie « fureur », aux côtés d'« esprit » et de « poésie », d'où l'allemand Wut (fureur) et le néerlandais woede de même sens. C'est un dieu polymorphe.
Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu des morts, de la victoire et du savoir. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse. Il est considéré comme étant le principal membre des Ases. Odin partage la fête de Yule, qui est célébrée le 21 décembre, avec le dieu Ull.
Le lieu de résidence d'Odin est le palais de Valaskjálf, situé en Ásgard, où se trouve également son trône, appelé Hlidskjalf, d'où il peut observer les neuf mondes de la cosmologie nordique. Il possède plusieurs objets fabuleux, sa lance Gungnir et son anneau Draupnir, et monte son cheval à huit jambes nommé Sleipnir.
Fils de Bor et de la géante Bestla, il a pour frères Vili et Vé. Son épouse est Frigg ; il a de nombreux enfants, dont les dieux Baldr, Thor et Vidar.
Odin est une évolution de la divinité proto-germanique Wōđinaz ou Wōđanaz, dont le nom a été transformé en « Óðinn » en vieux norrois, puis en « Wōden » en anglo-saxon.
De même que les langues latines reprennent les noms des dieux romains pour les jours de la semaine, les langues germaniques utilisent les noms des dieux germaniques. Comme Odin était assimilé à Mercure (qui a donné son nom au mercredi) par les Romains, le nom du dieu se retrouve dans le nom de ce jour dans plusieurs langues germaniques : Wednesday en anglais, woensdag en néerlandais, onsdag en danois, norvégien et suédois (l'allemand et l'islandais employant en revanche des termes neutres, respectivement Mittwoch et miðvikudagur).
Odin et ses deux messagers
Odin était réputé avoir mille surnoms. Parmi les plus courants, figurent :
- Alfadir (le père de tout) ;
- Farmatyr (dieu des cargaisons) ;
- Bolverk (fauteur de malheur) ;
- Har (très haut) ;
- Harbard (barbe grise) ;
- Jafnhar (également haut) ;
- Thridi (le troisième) ;
- Vegtam (familier des chemins) ;
- Bruno, Brunon, (bouclier, cuirasse).
Pour Kris Kershaw, Odin est le représentant nordique d'un dieu-loup indo-européen, extrêmement ancien, dont la caractéristique principale est originellement d'être le chef mythique et l'incarnation du compagnonnage guerrier dont la chasse sauvage est le parangon. Dans cette perspective, elle rapproche Odin au dieu indien Rudra.
L'Odin scandinave (Óðinn) a émergé du proto-norrois Wōdin pendant les Grandes invasions. Le contexte dans lequel les nouvelles élites émergeaient durant cette période correspond avec la légende de Snorri Sturluson, où les Vanes indigènes sont remplacés par les Ases, qui sont des étrangers venus du Continent.
Plusieurs parallèles ont été établis entre Odin et le dieu celtique Lug. En effet, les deux sont des dieux intellectuels qui commandent la magie et la poésie. Les deux ont des corbeaux et une lance en tant qu'attributs.
Odin est représenté comme un homme âgé, barbu et borgne. Il est une divinité polymorphe. Il se déplace sur un cheval à huit jambes nommé Sleipnir et il est armé de sa lance Gungnir. Lorsqu'il est dans son palais, la Valhöll, les deux corbeaux Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire) lui racontent à l'oreille ce qu'ils ont vu des neuf mondes. De plus, deux loups, Geri et Freki, restent à ses pieds. Son trône, Hlidskjalf, lui permet de voir tout ce qui existe dans les neuf mondes. Il possédait l'anneau Draupnir, un anneau qui se multipliait par neuf tous les neuf jours ; mais il le posa sur le bûcher funéraire de son fils Baldur qui le donnera à Hermodr plus tard.
Les rôles d'Odin sont complexes. Il est entre autres le dieu des morts ayant fonctions de psychopompe et de nécromancien. D'ailleurs, il accueille la moitié des âmes des guerriers tombés au combat au Valhöll (ou Valhalla); Freyja accueillant la seconde moitié. Ceux-ci combattent entre eux le jour pour se préparer au Ragnarök et sont conviés la nuit au « Banquet d'Odin ». De plus, sous le nom de Handagud, Odin est particulièrement le dieu des pendus. Il est aussi le patron des scaldes, poètes scandinaves, auxquels il a apporté l'élixir de poésie. Il possède aussi des caractéristiques des shamans qui se reflètent dans le mythe de sa monture Sleipnir.

Odin sur son trône, illustration tirée du manuel de mythologie d'Alexander Murray publié en 1865
Sans être directement dieu de la guerre, Odin est néanmoins le dieu de la victoire. Il l'offre à ses protégés par quelque moyen que ce soit, qu'il s'agisse de valeur au combat, de chance ou, plus particulièrement, de ruse et de fourberie. Odin conférait la victoire en inspirant l'intelligence et la stratégie, bien plus qu'en activant l'ardeur des guerriers. C'est donc un dieu sage, courageux et généreux, mais craint, et qui possède des traits sombres et peut se montrer fourbe et sévère. Odin possède de nombreuses hypostases dont certaines n'ont peut-être pas encore été identifiées.
Après avoir tué Ymir, le géant originel, et par le fait même mis fin à la guerre, Odin aidé de ses frères décidèrent de créer l'univers. Ils créèrent le monde avec le cadavre d'Ymir puisque c'est tout ce qu'ils avaient. Le sang d'Ymir avait déjà créé les océans. Avec la chair d'Ymir, ils créèrent Midgard entre Jotunheim et Ásgard qui deviendra plus tard le monde des hommes. Jotunheim est le monde des géants de glace au sud fondé par Bergelmir et son épouse lorsque ceux-ci se sauvèrent vivants en bateau de la marée de sang d'Ymir qui tua tous les autres géants. Les trois frères utilisèrent les os d'Ymir afin d'élever certaines parties de sa chair créant ainsi les montagnes et les collines. Les dents d'Ymir furent arrachées et utilisées pour former les falaises du monde. Ses cheveux devinrent la végétation et les restes de son cerveau devinrent les nuages. Finalement, son crâne devint le ciel ou le paradis au-dessus de tout.
Le monde est créé, mais il manque toujours la lumière. C'est pourquoi, les dieux se rendirent au Muspellheim, le monde de feu, afin de recueillir des étincelles lancées par l'épée de feu Surtr, le gardien du Muspellheim, qu'ils lancèrent dans le ciel pour créer les étoiles. Deux étincelles étaient plus brillantes que les autres et devinrent respectivement le Soleil et la Lune. Les trois dieux façonnèrent deux chariots spécialement conçus afin de tirer ces deux astres dans le ciel. En effet, le chariot du Soleil est équipé de poches de glace derrière les chevaux les empêchant de souffrir de la chaleur du Soleil. De plus, ils ont créé un bouclier, le Svalin, pour que le conducteur puisse se défendre et protéger ses chevaux contre les rayons éternels du Soleil. D'un autre côté, le chariot de la Lune n'avait pas besoin des mêmes précautions étant donné que ses rayons étaient beaucoup moins puissants. Les deux chevaux tirant le chariot du Soleil sont Árvak et Alsvid (« tôt levé » et « très rapide » en vieux norrois) où Árvak était responsable que le Soleil se lève tôt dans la journée et Alsvid qu'il ne reste pas trop longtemps au-dessus de Midgard, car il pourrait brûler le sol. Le cheval du chariot de la Lune est Alsvider (« toujours très rapide » en vieux norrois). Odin entendit parler de deux enfants issus d'une relation entre un géant et un Ases, Máni et Sól dont le nom signifie respectivement « lune » et « soleil », et il les choisit pour qu'ils deviennent les conducteurs des deux chariots. En conduisant à chaque jour le chariot du Soleil et celui de la Lune au travers du ciel, non seulement les journées furent créées, mais aussi le temps.
Un jour, Odin et ses deux frères, Vili et Vé, marchaient le long de la mer et remarquèrent deux arbres qui étaient tombés sur le sol, un orme et un frêne. Odin donna aux deux arbres l'étincelle de vie, tandis que Vili leur donna l'esprit et un peu de connaissance, et Vé leur donna les cinq sens. Une fois cela terminé, les arbres n'avaient plus du tout l'allure d'arbres, mais plutôt de versions réduites des dieux eux-mêmes : ils sont le premier homme et la première femme, respectivement issu du frêne et de l'orme et nommés Ask et Embla. Odin leur donna le monde de Midgard. Les trois fils de Bor remarquèrent que, pendant qu'ils étaient occupés à créer l'Univers et les Hommes, plusieurs créatures ont émergé de la chair en décomposition d'Ymir. Bien que ces créatures aient été sombres, malodorantes et laides, Odin a senti qu'il fallait leur venir en aide, puisqu'elles avaient la vie. Odin et ses frères examinèrent les créatures et les changèrent en une forme qui était plus appropriée à leur nature. Les créatures qui avaient une nature plus mauvaise et cupide furent transformées en une forme plutôt recourbée et voûtée, mais elles étaient en bonne santé et pourraient survivre où les autres ne le pourraient pas. Ce sont les nains qui ont été bannis au Svartalfheim, le monde souterrain situé sous la surface de Midgard. En raison de leur nature avide, les nains pourront creuser le sol de la Terre afin de découvrir les métaux précieux qu'ils chérissent. Cependant, les nains ne peuvent pas se rendre à la surface de la Terre durant la journée puisque la lumière du Soleil les pétrifierait instantanément sur place.
Le Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum écrit par Adam de Brême vers 1080 est la plus ancienne source écrite sur les pratiques religieuses pré-chrétiennes en Scandinavie. Adam de Brême déclare avoir accès à des sources de première main sur les pratiques du paganisme en Suède. Sa description du Temple d'Uppsala donne plusieurs détails sur Odin. Il décrit un temple entièrement plaqué d'or où les gens vénèrent trois dieux : Thor, le plus puissant, occupe un trône dans le milieu de la pièce et Wotan (Odin) ainsi que Frikko (Freyr) ont chacun leur place de chaque côté. Il est dit que Wotan, le Furieux, s'occupe de la guerre et donne la force aux hommes à se battre contre leurs ennemis.
Dans le poème Völuspá de l'Edda poétique, une völva révèle à Odin plusieurs événements du passé et du futur incluant sa propre mort. La völva décrit la naissance d'Odin de son père Bur (ou Bor) et de sa mère Bestla et raconte comment, avec ses frères, il a créé Midgard à partir des océans. Plus loin, elle décrit la création des premiers êtres vivants, Ask et Embla, par Hœnir, Lódur et Odin. Entre autres évènements, la völva mentionne l'implication d'Odin dans la Guerre entre les Ases et les Vanes, l'énucléation d'un œil d'Odin à la Fontaine de Mímir et la mort de son fils Baldr. Elle décrit comment Odin est massacré par le loup Fenrir au Ragnarök ainsi que la vengeance subséquente d'Odin et la mort de Fenrir par son fils Vidar; comment le monde disparut dans les flammes et resurgit des océans à nouveau. Finalement, elle relate comment les survivants des Ases se souviennent des actes d'Odin.
Dans le poème Lokasenna, la conversation entre Odin et Loki débute avec Odin qui essaie de défendre Gefjun et se termine par sa femme, Frigg, qui le défend. Dans ce poème, Loki tourne Odin en dérision parce qu'il pratique le Seydr qui est une forme de sorcellerie réservée aux femmes. Une autre occurrence de ce fait est rapportée dans la Saga des Ynglingar de l'Edda de Snorri où ce dernier insinue que les hommes qui pratiquent le Seydr sont des Ergi, des hommes efféminés et lâches.
Dans Rúnatal, une section du poème Hávamál, la découverte des runes est attribuée à Odin. Ce dernier a été suspendu à l'Arbre du Monde, l'Yggdrasil, pendant qu'il était percé par sa propre lance, Gungnir, durant neuf jours et neuf nuits afin qu'il puisse acquérir la sagesse nécessaire à avoir la puissance dans les neuf mondes ainsi que la connaissance des choses cachées dont les runes. Le nombre « neuf » a une signification importante dans la pratique de la magie dans la mythologie nordique. Un des noms d'Odin est Ygg et le nom de l'Arbre Monde est Yggdrasil qui pourrait se traduire du vieux norrois par le « cheval d'Ygg » (ou le cheval d'Odin). Un autre nom d'Odin est Hangatýr qui signifie le « dieu des pendus ».
Dans le poème Hárbarðsljóð, Odin déguisé comme l'opérateur de traversier Hárbarðr engage son fils Thor qui n'est pas au fait du déguisement dans une longue argumentation. Thor tente de contourner un grand lac et Hárbarðr refuse de le faire traverser.
Dans le prologue de l'Edda de Snorri en prose, Snorri Sturluson essaie de donner une explication rationnelle des Ases. Selon lui, Odin et ses pairs étaient originellement des réfugiés de la ville d'Anatolie deTroie et qu'Ases serait un dérivé folklorique du mot Asie.
Dans le Gylfaginning, la première partie de l'Edda de Snorri, il est dit qu'Odin, le premier et le plus puissant des Ases, est le fils de Bestla et de Bur et qu'il a pour frères Vili et Vé. Avec ses frères, il a tué le géant de glace Ymir et a créé Midgard à partir de son corps. Avec sa chair, ils ont créé la terre; avec ses os et ses dents brisés, ils ont formé les rochers et les pierres; avec son sang, ils ont créé les lacs et les rivières; avec son cerveau, ils ont formé les nuages et ses sourcils sont devenus une barrière entre Jötunheim, le monde des géants, et Midgard. Son crâne fut envoyé à quatre endroits dans le ciel gardé par quatre nains nommés Est, Ouest, Nord et Sud. Avec les vers qui mangeaient les restes du géant, ils ont créé les nains.
Toujours dans le Gylfaginning, on apprend que, après avoir créé Midgard, Odin et ses frères ont créé l'être humain. Les trois frères sont passés devant un frêne et orme auxquels Odin donna la vie et la respiration, Vili donna le cerveau et les sentiments, puis, Vé donna l'ouïe et la vue. Les deux premiers humains se nommaient Ask et Embla respectivement le premier homme et la première femme.
Odin a enfanté de nombreux enfants. Avec sa femme, Frigg, il eut deux enfants : le condamné Baldr et l'aveugle Höd. Avec la personnification de la Terre, Fjörgyn, Odin eut son fils le plus célèbre, Thor. Avec la géante Gríðr, Odin devint le père de Vidar. Avec la géante Rind, il eut Vali (ou Áli). Il a aussi pour enfant le messager Hermód. De plus, plusieurs familles royales ont affirmé qu'ils sont les descendants d'Odin par d'autres fils.
Odin a appris le secret du Seydr par une déesse vane et la völva Freyja malgré le caractère non guerrier et efféminé du Seydr et de l'utilisation de la magie. Dans la seconde section du Skáldskaparmál, la quête du savoir d'Odin est vue dans le fait qu'il a travaillé pour un été en tant qu'ouvrier agricole pour Baugi et qu'il a séduit Gunnlöð afin d'obtenir l'Hydromel poétique.
Dans la Saga des Ynglingar des Sagas des Islandais, il est dit qu'Odin a deux frères, Vili et Vé, qui gouvernent le royaume en son absence. Une fois, Odin était parti pour une très longue distance et période, Vili et Vé ont décidé de se diviser sa propriété, mais ils prirent tous deux sa femme, Frigg. Lorsque Odin est revenu, il reprit sa femme. Il est aussi dit qu'Odin est le second roi mythique de la Suède succédant à Gylfi et précédant Njörd. Plus loin dans la même saga, il est écrit qu'Odin s'aventura à la Fontaine de Mímir près de Jötunheim, le monde des géants, en tant que Vegtam le Vagabond habillé avec un manteau bleu foncé et transportant un bâton de voyageur. Pour pouvoir boire dans la fontaine du savoir, Odin a du sacrifier un de ses yeux pour démontrer sa volonté d'acquérir les connaissances du passé, du présent et du futur. Pendant qu'il s'abreuvait à la fontaine il vit les douleurs et les dérangements qui tomberont sur les hommes et sur les dieux ainsi que les raisons de ceux-ci. Mímir accepta l'œil d'Odin et celui-ci repose au fond de la fontaine en signe que le père des dieux a payé le prix pour recevoir le savoir.
Dans la Saga de Njáll le Brûlé des mêmes sagas islandaises, Hjalti Skeggiason un islandais récemment converti au christianisme souhaitait exprimer son mépris pour les dieux natifs. C'est pourquoi il a écrit une chanson blasphématoire à l'endroit notamment d'Odin et de Freyja. Il a été trouvé coupable de blasphème et s'exila en Norvège avec son beau-père, Gizur the White. Plus tard, avec l'aide d'Olaf Tryggvason, Hjalti et Gizur revinrent en Islande pour convaincre les gens rassemblés à l'Althing de se convertir au christianisme; ce qui se produisit en 999.
Par la suite, dans la Saga du roi Olaf Tryggvason écrite vers 1300, il est décrit que les nouveaux convertis au christianisme doivent insulter les divinités païennes tel qu'Odin afin de prouver leur foi et leur piété. D'ailleurs, Hallfreðr vandræðaskáld qui fut converti au christianisme à contrecœur par Olaf dut écrire un poème d'abandon des divinités païennes; ce poème traita d'Odin.
L'importance du dieu Odin chez les germains se reflète dans ses représentations nombreuses en gravures, ou sur des pierres runiques, bractéates ou en statuette. Les représentations les plus célèbres proviennent des pierres runiques vikings, où l'on reconnaît parfois un homme chevauchant un cheval à huit jambes, sans doute Odin chevauchant Sleipnir, comme sur la pierre d'Ardre VIII et la pierre de Tjängvide. On connaît également deux représentations d'Odin se faisant engloutir par le loup Fenrir au Ragnarök ; la croix de Thorwald et la pierre runique de Ledberg, toutes deux découvertes dans les îles Britanniques qui furent fortement colonisées par les vikings. Les statuettes sont rares. Plusieurs bractéates différentes semblent représenter de manière similaire le visage d'Odin et son cheval Sleipnir.
Le sacrifice d'Odin est ainsi raconté par la Gylfaginning (15) :
Sous la racine dirigée vers les géants du givre se trouve Mimisbrunn, qui recèle la sagesse et l'intelligence. Celui qui possède cette source s'appelle Mimir : il est très savant, car il y boit à l'aide de la corne appelée Giallarhorn. Alfadr vint à la source et demanda à en boire une gorgée, mais il ne l'obtint pas avant d'avoir mis en gage l'un de ses yeux.
Si ce motif ne connaît pas d'autres manifestations germaniques ou scandinaves, il apparaît à de nombreuses reprises dans les mythes irlandais, et ce la plupart du temps accompagné de l'apparition d'une source d'eau.
Notamment, dans l'hagiographie de la sainte Brigitte d'Irlande, celle-ci refuse de se marier, ce qui irrite ses frères qui ne veulent pas renoncer à la dot qu'elle est susceptible de rapporter. Ils lui affirment donc que ses yeux, si beaux, ne sauraient rester célibataires. Elle se crève alors brusquement l'œil, afin que personne ne veuille l'épouser. Comme ses frères ne trouvent pas d'eau pour laver la blessure, elle fait jaillir une fontaine du sol. Dans le Talland Etair, texte irlandais datant probablement du xie siècle, le druide Aithirne Ailgesach exige du roi borgne Eochaid Mac Luchta, du Connaught, qu’il lui remette son seul œil valide, ce que celui-ci accepte. Alors que le roi lui demande ensuite de l'amener à une source, le druite fait couler trois flux d'eau sur son visage. Enfin, le motif apparaît également dans le dindshenchas, il a aussi été rajouté dans certains poèmes ayant Sid Nechtain pour héros ou encore dans le Leabhar Breac.
Dans la plupart des occurrences, la mutilation de l'œil est suivie directement ou non du jaillissement du sol d'un flux d'eau. Cela s'explique peut-être parce que l'œil est associé à l'eau : en effet, des larmes peuvent en couler, et ses reflets rappellent l'élément aquatique. Pour ces raisons il est possible que dans une version plus ancienne du sacrifice d'Odin, ce soit le don de l'œil qui entraîne l'apparition des eaux de la connaissance.
(Ressource Wikipédia)
Il a ranimé la flamme de nos ancêtres







