Freyja, Freya

 

Freyja, son char et ses chats...

 

Freyja est généralement considérée comme la déesse de la terre et de la fertilité dans la mythologie nordique. Freyja signifie dame ou « souveraine », en vieux nordique (cf. fru ou Frau en scandinave ou en allemand). Il n’y a pas de source indiquant qu’elle fut appelée pour apporter fertilité aux champs et aux femmes ; elle était la déesse de l’intimité. Elle était également la déesse de l’amour, du sexe, de la guerre, des prophéties et de l’attirance entre personnes ; elle devint donc une des déesses les plus populaires. Elle peut être considérée comme l’équivalent de Vénus et d’Aphrodite. Il est probable qu’elle soit le descendant mythologique le plus direct de Nerthus.

 

Freyja est une Vane, déesse de l’amour dans la mythologie nordique, elle est belle, possède des yeux bleus et une chevelure dorée. Elle est la fille de Njörd, et la sœur jumelle de Freyr. Sa fille s’appelle Hnoss.

Freyr et Freyja

Odr, le mari de Freyja, « un homme qui voyage loin », est probablement une hypostase d’Odin ou Odin lui-même, car celui-ci disparaît peu après leur mariage. Après la disparition de Odr, Freyja pleura des larmes d’or rouge qui se transformaient en ambre quand elles tombaient dans la mer. On la confond parfois avec Frigg, l’épouse d’Odin, déesse du mariage.

Freyja

A l’instar d’Odin, elle reçoit dans son manoir Sessrumne à Folkvang la moitié des guerriers morts au combat, qu’elle guidera au combat le jour du Ragnarök. Elle est considérée comme la première parmi les Valkyries.

Pour expliquer ce partage des Einherjar entre Odin et Freyja, certaines transmissions orales (Propriété Óðal ) expliquent que les guerriers dévolus à Odin sont ceux d’entre eux qui vouent leur existence à la guerre et aux batailles que l’on nomme les offensifs. Les guerriers dévolus à Freyja sont ceux d’entre eux qui mènent des combats pour protéger leurs familles leurs clans et leurs biens que l’on nomme les défensifs. L’historienne Else Roesdahl a remarqué que dans les sépultures contenant des armes : dans celles de Norvège les guerriers avaient des boucliers (défensifs), et au Danemark ils avaient uniquement leurs armes d’attaques (offensifs). Cependant une autre théorie avance l’idée que les tertres de Norvège serait ornés de boucliers pour montré que le défunt est mort en défendant sa patrie, son royaume. Tandis que les tertres danois serait eux ornés d’armes pour montrer que le défunt était mort en agrandissant son royaume, mais ces théories spéculatives, comme tant d’autres, sont loin d’élucider totalement ce mystère.

Son char est tiré par deux chats de la taille de lions. Son collier magique, le collier des Brísingar, la rend irrésistible. Elle aime le chant et a beaucoup d’amants.

Contrairement à beaucoup d’autres dieux, elle est appréciée des géants et plusieurs d’entre eux la convoitent.

 

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Catégories

  • Dame Holle

     

    Dame Holle est un conte de fées germanique figurant parmi les Contes de l'enfance et du foyer des frères Grimm, où il occupe depuis la première édition (1812) la position nº 24.

    Dans son cercle familial, une fillette s'estime à juste titre moins bien traitée par sa marâtre que la propre fille de celle-ci. Si bien que la peur de cette marâtre la pousse finalement à se jeter dans un puits, à la recherche d'un fuseau qu'elle y a laissé tomber. Au fond du puits, elle se retrouve dans un monde qui s'avèrera être situé en fait au-delà des nuages. En chemin, elle rend service successivement à un four à pain et un pommier. Elle fait enfin la rencontre de Madame Holle, une vieille femme aux « grandes dents ». La fillette, belle et appliquée, entre à son service : il lui faut dorénavant et presqu'exclusivement refaire ses nombreux lits, en secouer les édredons, ce qui provoque sur Terre la chute de la neige. Quelque temps plus tard, la fillette, ayant demandé son congé, se voit en guise de récompense recouverte d'une pluie d'or et s'en retourne à la maison. "Cocorico ! Voici de retour notre charmante demoiselle cousue d'or comme tous ses atours !" C'est ainsi qu'elle est accueillie par le chant du coq.

    Sa demi-sœur, laide et paresseuse, ne tarde pas à vouloir emprunter le même chemin qu'elle, mais, comme on s'y attend, elle méprise le four et le pommier, et remplit bien mal son office auprès de Dame Holle ; c'est pourquoi celle-ci la congédie, non sans la châtier, puisque sa vie durant, elle ne pourra se défaire de la poix qui lui est tombée dessus à son départ, alors qu'elle s'attendait à une pluie d'or.

    Ce conte traite d'un conflit intra-familial jadis très fréquent, en des temps où de nombreuses femmes mouraient en couches et où les veufs se remariaient souvent, engendrant ainsi des demi-frères ou demi-sœurs qui entraient en concurrence avec les enfants précédents.

    Le lieu d'origine de ce conte ne saurait être déterminé sans ambiguïté, dans la mesure où les habitants de plusieurs régions affirment que c'est dans l'une de leurs montagnes que réside Dame Holle : par exemple, en Allemagne, entre Kassel et Eschwege pour le Haut Meissner, près de Eisenach pour le Hörselberg, ou la localité de Hollerich.

    Du point de vue mythologique, ce conte semble remanier une matière plus ancienne. Il en va ainsi tout d'abord pour le saut dans le puits immédiatement suivi d'un voyage dans un autre monde. Dans la mythologie germanique, les eaux étaient considérées comme un accès au monde des dieux. En témoignent les cadavres des marais (en allemand Moorleichen) retrouvés au nord de l'Allemagne, qui concernent assez fréquemment des fillettes à peine pubères.

    Le conte est parsemé de symboles de la mort : le puits (comme sortie du monde d'ici-bas), le fuseau tombant dans ce puits (entraînant avec lui le fil de la vie), les dents effroyablement longues de Dame Holle (tête de mort), les innombrables lits (tombes), la neige (linceul) et le chant du coq lorsque chacune des deux fillettes réapparaît en sortant du puits (qu'il convient d'interpréter selon la tradition chrétienne comme un signe de résurrection).

    Il n'est pas impossible que, derrière Dame Holle, se cache la déesse germanique de la mort, Hel (dont le nom est à rapprocher du mot allemand Hölle, désignant l'enfer) ; pour d'autres, il s'agirait de Fricka" (Frigg /Freyja), voire Perchta. Entre le 23 décembre et le 5 janvier, pendant "les Douze Nuits, période où devaient cesser les tâches ménagères, cette divinité remontait à la surface de la terre pour y vérifier qui s'était montré travailleur, et qui s'était révélé fainéant tout au long de l'année. C'est la raison pour laquelle, de nos jours, on la met en parallèle avec la divinité Nerthus.

    Il existe une croyance dans toute l'Europe, très ancienne, relative à la "compagnie des bonnes dames" ou "bonnes gens". Les femmes en particulier visiteraient la nuit, en rêve ou en extase, cette compagnie menée par une Dame dont un des noms locaux est Dame Holle : dame Percht ou Perchta (la lumineuse), dame Abundia (abondance). Les religieux du Moyen Âge l'appelaient Diane ou Hérodiade. Elle est citée en particulier dans les procès de sorcellerie des seizième et dix-septième siècles. Elle visite les maisons qui doivent être tenues propres et bien balayées, et donne l'abondance par son passage; on lui sert un repas, les boissons et les nourritures doivent être découvertes pour qu'elle puisse y toucher et donner l'abondance. D'où l'importance dans le conte du travail domestique de la demoiselle qui va apporter l'abondance et la richesse. Il s'agit d'un culte féminin largement répandu au Moyen Âge, auquel certains hommes disaient avoir assisté. Sont évoqués des repas féminins joyeux à la lueur des torches et des chandelles. Pour Claude Lecouteux, il s'agit des doubles des personnes endormies. Les éléments évoquant la mort sont liés avec les passages rituels des morts bénéfiques qui apportent l'abondance s'ils sont bien traités (culte des ancêtres qui protègent leurs familles).

    On ne peut pas non plus exclure que la dénomination 'Dame Holle' dérive de la déesse germanique Holda ou Hulda, qui selon la légende, vivrait dans le tronc du sureau (en allemand : Holunderstrauch, Holler, Hollerbusch) ou bien dans le grand nord, où elle garde les enfants morts. Selon Natacha Rimasson-Fertin (voir Bibliographie), le nom est « dérivé du moyen-haut-allemand hulde « bienveillant », et le personnage est ambivalent : de même que les génies des eaux, « donateur surnaturel, elle peut également châtier les méchants (...). Ce personnage surnaturel est très répandu dans les légendes allemandes, en particulier dans la tradition orale associée au contexte des travaux de filage (..) Son origine remonte peut-être à un démon accomplissant l'initiation des femmes. »

    À en croire les dires populaires, c'est Dame Holle qui porterait la responsabilité des quantités de neige hivernale, car plus elle s'emploie à secouer les édredons de ses lits, plus il neige ici-bas : "Surtout, tu dois veiller à bien faire mon lit et secouer soigneusement l’édredon pour en faire voler les plumes, parce qu’alors, il neige sur le monde", confie Dame Holle à la belle-fille dans le conte des frères Grimm. Vladimir Propp a d'ailleurs noté des similitudes entre ce conte et le conte russe de Morozko, personnage incarnant lui aussi l'hiver.

    Le thème des dons qu'une magicienne sortie d'un puits offre en récompense se retrouve encore chez les frères Grimm dans le conte intitulé Das blaue Licht, (« La Lumière bleue »). De même, Regentrude, de Theodor Storm, habite le monde d'en-bas, accessible par un saule creux.

    Selon Géza Róheim, la chute dans un puits symbolise l'endormissement, le portail d'or par lequel l'héroïne passe pour rentrer chez elle représentant le réveil. Le fait de rêver symboliquement qu'on s'endort, qui symboliserait le fantasme du retour à l'utérus maternel, constituerait le « rêve fondamental », le réveil symbolisant la naissance. Il considère aussi que les divers objets rencontrés par l'héroïne représentent la mère, le conte évoquant les difficultés à surmonter les traumatismes de la naissance et du sevrage. Sigmund Freud parle de « fantasme de sevrage » à propos de ce conte.

    Eugen Drewermann interprète Dame Holle comme un conte répondant à la question philosophique et religieuse du sens de la souffrance tout en clarifiant l'apparent désordre et en expliquant l'iniquité de l'existence. Tout ce que ce conte transmet sur la façon de concevoir l'existence peut être lu, dans le cadre de la mythologie des phénomènes naturels, comme des figures du soleil, de la lune ou de la terre. La fillette couverte d'or serait un être solaire, la fillette couverte de poix un être lunaire. Madame Holle (Hulda, Berchta) peut être lue comme la grande déesse, la Terre-Mère à laquelle on peut avoir accès en pénétrant dans le monde souterrain après une chute dans le puits des mondes. Quant à la marâtre, elle représente la figure féminine du monde, la mauvaise face du monde extérieur, matériel, le pendant de Madame Holle.

     

     

     

     

     

  • Déesse-Mère

    "Déesse-Mère. Deux mots sublimes et assemblés comme pour affirmer et amplifier la valeur qu'ils incarnent. Quoi de plus sacrée que celle qui vous a mis au Monde, celle qui vous a extirpé des limbes ? Il y a des millénaires, la Mère était vénérée pour le don qu'elle faisait à la communauté. Sa fonction renvoyait à une haute estime de la Vie dont la symbolique se cristallisait en une entité suprême, la Mère de toutes les Mères." 

     

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    "...Les expressions modernes Déesse Mère ou Grande Déesse font référence à divers cultes qui auraient été rendus à une « mère universelle » du paléolithique à aujourd’hui.

    Des dénominations semblables existent dans les autres langues : Mother Goddesse, Magna Mater, Grande Madre...

    Ces expressions renvoient à un supposé culte primitif de la fertilité qui aurait été universellement pratiqué à la fin de lapréhistoire. Ce culte, dans lequel la figure de la femme tenait une grande place et revêtait une dimension sacrée, consistait essentiellement en une vénération de la Terre, de la fertilité et de la fécondité.

    Certains mouvements panthéistes, néopaganistes, féministes, présentent la Déesse Mère comme une divinité précédant historiquement les dieux masculins des religions abrahamiques.

    Les premiers colons néolithiques, arrivés sur le continent de l’Europe occidentale, étaient déjà familiarisés avec le culte de la Déesse. Mais selon Edwin Olivier James, « avec la connaissance de l’élevage et de la domestication des animaux, le rôle du mâle dans le processus de la génération apparut plus clairement et fut considéré comme vital lorsque furent mieux connus les faits physiologiques concernant la paternité. À ce moment, on assigna à la Déesse-Mère un partenaire mâle qui était son fils ou son amant, son frère ou son époux. Toutefois, bien qu’il ait été le procréateur, il occupa vis-à-vis de la Déesse une position subordonnée, n’étant en réalité dans le culte qu’une figure secondaire ».

    Marija Gimbutas, à la suite de fouilles archéologiques effectuées dans le sud–est de l’Europe méditerranéenne au milieu du xxe siècle, présente sa théorie de l’existence d’une civilisation pré-indo-européenne qu'elle appelle « culture préhistorique de la déesse », et qui aurait existé de l'aurignacien (début du paléolithique supérieur) jusque vers 3000 av. J.-C., quand le patriarcat se serait peu à peu institué. Marija Gimbutas appelle cette culture « matrilocale ». Elle fonde ses recherches sur les campagnes archéologiques qu'elle a dirigées quinze années durant en Europe, principalement dans les Balkans et le long du Danube..." 

    Les fouilles archéologiques ont révélé la présence de figures féminines aux caractères sexuels hypertrophiés appelées Vénus paléolithiques, la plus connue étant la Vénus de Willendorf. Des archéologues ont interprété ces statues comme des déesses, mais plusieurs dizaines de milliers d'années séparent ces statues des cultes connus livrés aux déesses sumériennes, grecques, celtiques, nordiques ou hindoues.

    Ces figures féminines recouvrent divers aspects : terrestre, aquatique, tellurique, agricole, éolien et ce, à travers le monde. Astarté-Ishtar (déesse sémitique), Isis (déesse funéraire de l'Égypte antique), Mari (déesse basque), Atargatis (déesse syrienne), Cybèle ou Magna Mater (divinité d'origine anatolienne et hourrite), Marica (déesse latine, région de Garigliano), Anaïtis (Anahit) (déesse adorée jadis par les Lydiens, les Arméniens et les Perses), Aphrodite, Rhéa, Gê ou Gaïa (grecque), ou encore Déméter (déesse grecque de l'agriculture et des moissons), Myriam ou Shing-Moo (sainte Mère des Chinois).

    L'iconographie de la déesse-mère celte est à la hauteur de la place qu'elle occupe dans le panthéon celtique. En effet, cette figure théologique matriarcale est représentée sur de nombreux artéfacts d'origine celtique avec des traits récurrents mais également d'autres caractéristiques plus rares. L'une de ses représentations les plus étudiées se trouve sur le pourtour extérieur du chaudron de Gundestrup : elle y apparaît en buste et à plus grande échelle que les autres figures. Ses yeux sont mis-clos, sa chevelure est opulente et un bandeau lui entoure le front. Les proportions ne sont pas respectées entre le visage, les bras et les mains. Ces dernières masquent ses attributs féminins, et sembleraient les maintenir. Elle porte un torque.

    Représentation de la Déesse-Mère ouvragée en bronze sise sur au centre du char de Strettwegg, elle se tient debout et supporte une coupelle également en bronze.

    Une autre de ses représentations figure sur le char de Strettweg où elle apparaît également de manière démesurée en regard des autres figurines du groupe. Sous la forme d'une statuette féminine de bronze, elle se tient debout au centre du char, portant une ceinture et maintenant une coupelle au-dessus de sa tête.

    La chevelure, la poitrine sur laquelle s'appuient ses mains, ainsi que l'élément du collier (souvent un torque), sont des caractères qui resurgissent très fréquemment au sein de l'iconographie de la déesse-mère celtique. Un autre trait distinctif et assez récurrent concerne l'environnement immédiat de la déesse matriarcale. On remarque qu'elle se tient souvent aux côtés d'une autre grande figure panthéonique celte, en la personne de Cernunnos. Ces deux divinités sont associées sur le chaudron de Gundestrup, sur le char de Strettwegg, où l'on discerne la figurine d'un cerf, placé à l'avant et à l'arrière du char et sur le Pilier des Nautes. Sur l'une des faces de l'arc de Germanicus — monument gallo-romain qui se situe dans la ville de Saintes — la déesse-mère est représentée enserrant une corne d'abondance entre ses mains.

    D'autre part, on peut également noter la résurgence assez fréquente d'une figure bovine aux côtés de la Déesse-Mère ou plus globalement d'un animal à corne. Les exemples attestant cette observation sont multiples et essentiellement concentrés dans Ouest de la France : c'est ainsi le cas du tumulus de Saint-Michel, de l'édifice religieux de Carnac, à Plouhinec dans le Morbihan et sur le site de la Chapelle-des-Marais en Loire-Atlantique.

    Plus rarement, la Grande Déesse est seulement stylisée. Elle n'a alors ni tête ni bras, ni collier ni pagne lui ceignant les hanches, on ne distingue alors que des détails se rapportant à ses attributs sexuels et maternels : son pubis, ses seins (seulement imagés par deux ronds), ses hanches larges surmontant ses jambes et encadrant son nombril, également sculptés. Il en est ainsi sur la sculpture ouvragée sur le Dolmen de Luffang, à Crac'h dans le Morbihan. Cette icône suggérerait l'incarnation de la maternité relative à la déesse-mère. En outre, en extrapolant de manière significative, on pourrait vaguement y observer un visage les seins et le nombril faisant respectivement office d'une paire d'yeux et d'une bouche.

    La statue-menhir de Saint-Sernin dans l'Aveyron est exemplaire d'un style épuré : la Déesse-Mère s'y résume à un nez et deux yeux au-dessus de demi-cercles concentriques et de deux disques sculptés pouvant figurer la poitrine. On peut noter la présence sur l'île de Guernesey, d'une statue-menhir similaire mais plus détaillée.

    En dehors des représentations de la Déesse-Mère, il existe des symboles qui pourraient être des indices de son culte : gravures de hache sur plusieurs dolmens et tumulus, des sculptures de serpent — sur le Menhir du Manio à Carnac, ou encore sur une stèle cultuelle exposée au musée de Toulouse, laquelle montre un serpent s'introduisant dans la vulve de la déesse-mère afin de s'accoupler —. Incidemment, sur maints mégalithes ouvragés et appartenant à une culture de typologie celtique, les signes de hache et de serpent sont régulièrement associés à la Grande Déesse. Selon Yann Brekilien, l'ensemble de ces observations indique une corrélation concrète entre le culte celtique dévolu à la Déesse-Mère et l'élaboration ouvragée des dolmens.

    Incarnation de la fécondité, de la féminité, de l'abondance, de la spiritualité, de la maternité, du pouvoir sacrificiel mais aussi de l'épouse: les attributions de la déesse-mère celte sont multiples.

    • Fécondité et maternité

    Ainsi que nous avons pu le relever précédemment, il existe un lien étroit entre l'entre l’érection et la mise en œuvre artistique des dolmens d'une part, et le culte de la déesse-mère d'autre part. En effet, le dolmen incarnerait la fécondité, celui-ci faisant office de matrice, d'organe de gestation. Par ailleurs, les nombreuses apparitions d'un serpent au sein de l'environnement direct de la déesse-mère, suggère le caractère procréateur de celle-ci. De même, une représentation telle que l'on peut observer par le biais de la gravure sise sur l'un des dolmens de l'allée de Luffang, révèle de manière évidente le pouvoir d'engendrement détenu par la figure panthéonique celte. Ces indices traduisent implicitement l'importance que revêt la symbolique de fécondité dans le culte celte voué à la Déesse-Mère. On peut en outre remarquer la place de premier plan et/ou centrale consacrée à la déesse-mère au sein du panthéon celte, en regard des disproportions attribuées à cette dernière dont on a pu faire le constat sur le char de Strettweg, mais également sur le chaudron de Gundestrup. La déesse-mère se présente comme étant la mère originelle de l'ensemble des dieux celtes.

    • Pouvoir sacrificiel et sacerdotal

    L'apparition récurrente de la hache côtoyant la déesse-mère, met en relief la charge de rituel du sacrifice sur le règne animal dévolue à la déesse-mère. Dans une moindre mesure, la présence d'un bovidé, et plus généralement d'un animal pourvu de corne, abonde également dans ce sens. En outre la Grande Déesse est l'autorité spirituelle par excellence ; elle est investie du pouvoir sacerdotale. Ainsi, celle-ci est pourvue de l'autorité suprême de rendre justice auprès des hommes.

    • Féminité

    La mise en évidence des attributs féminins sur les différentes et nombreuses gravures, les sculptures et façonnages artisanales celtes identifiés, nous renseigne sur la prééminence de la symbolique de la féminité qui échoit à la déesse matriarcale. Factuellement, des représentations de seins, de cheveux d'une longueur notable, de hanches larges et parfois d'un pubis, corroborent cette incarnation de la femme.

    • Image de l'épouse

    La mise en équation de la déesse-mère ainsi que le dieu celte Cernunnos sise sur une même stèle de culte ou un même artefact, induirait l’hypothèse d'une probable relation étroite entre ces deux personnages emblématiques. Ce point d'observation suggère un rapport de couple et assignerait à la Grande Déesse la fonction et l'incarnation non-moindres de l'épouse. En outre, cette association notablement fréquente souligne la prééminence du culte marital dans le contexte culturel celte.

    • Abondance et fertilité

    On a pu quelquefois identifier la déesse-mère soutenant une corne d'abondance entre ses mains et/ou sur son épaule. Ce n'est pas sans rappeler que la divinité celte est également représentative de la richesse matérielle, de la fertilité des sols. Il est par ailleurs significatif que les principales périodes de rites cultuels en hommage à déesse matriarcale s'effectuent simultanément aux semailles et aux récoltes.

    • Grotte des Korrigans

    Il s'agit d'un récit de filiation mythologique bretonne, dans lequel la déesse-mère apparaît sous les traits d'un avatar dénommé Katell, une incarnation de la figure divine bretonne Gwarc'h, c'est-à-dire la Vieille Femme. Cette dernière se présente comme la détentrice du pouvoir absolu auprès des fées ; elle incarne également la souveraineté sur le peuple korrigan. Un soir de tempête, Katell, une vieille et miséreuse femme vint frapper à la porte de Saïg Le Quéré, un cordonnier père de cinq enfants, afin de requérir son hospitalité. Katell, après maints essais infructueux auprès des divers foyers alentour, la vieille femme en guenille est enfin accueillie. Ce dernier et sa femme lui offrent le gîte et le couvert pour la nuit ; et le lendemain, en guise de remerciement, Katell fait don à Saïg d'une clé et d'un anneau. La clé afin de pénétrer dans un dolmen dénommé le Trou des Korrigans, lequel abrite un fabuleux trésor ; l'anneau quant à lui dotant son possesseur du pouvoir d'invisibilité. Ce faisant, Saïg s'en va quérir cette manne. Suivant les instructions de la vieille femme, ce dernier parvient à s'approprier le plus possible de richesses à l'insu des Korrigans et de leur roi. Cependant, de retour au sein de son foyer, Saïg décide de retourner une seconde fois dans le lieu de légende. À nouveau muni de sa bougie, celui-ci entreprend lors de cette nouvelle occasion d'effectuer un tri exhaustif dans le trésor Korrigan. La bougie s'éteint et le cordonnier, demeuré trop longtemps absorbé redevient visible. Le roi Korrigan prononce son châtiment pour cet outrage fait à son peuple : Saïg sera noyé sous un monceau d'or. Katell, soudainement apparue sous sa forme de jeune femme le sauve néanmoins de la sentence de son époux royal en récompense de l'hospitalité reçue ; celui-ci repart sans richesse mais sauf. Au travers de conte traditionnel, la Déesse-Mère, incarnée par son avatar Katell — jeune et séduisante ou chenue et ingrate —, apparaît omnipotente et dominante en regard de son peuple et de son propre époux ; elle demeure le personnage qui prononce le jugement final. En outre, celle-ci se révèle partiale vis-à-vis des hommes; il s'agit de l'expression de son pouvoir sacerdotal, ainsi les méfaits tels que l'avidité sont châtiés et les bienfaits tels que l'hospitalité sont récompensés.

    • Gwrac'h de l'île de Loch

    Il s'agit d'un autre récit breton, originellement oral, au cours duquel apparaît l'avatar de la déesse-mère Gwrac'h. Un jeune homme factuellement pauvre, Houarn Pogamm, est épris de la belle Bellah Postic. Houarn projette d'épouser cette dernière, en dépit de son extrême dénuement matériel. Pour ce faire, il se met en quête du fameux trésor des fées. Parti dans son embarcation, il parvient aux alentours d'une île au centre d'un lac. Au milieu de l'île gît une barque dans laquelle il pénètre ; dès lors, la barque se mua en cygne et emporte le jeune homme dans l'Au-Delà. Il y fait connaissance de Gwrac'h, une femme dotée d'une inégalable apparence physique, qui l’accueille dans sa vaste demeure de cristal — le Tir na-n-Og irlandais, ou Tir O Thuin —. Celle-ci offre à Houarn toutes richesses matérielles dont il est dépourvu en échange d'une union maritale. Enivré par cette perspective, par la beauté de son hôtesse et par les diverses coupes de vin, ce dernier oublie sa promise Bellah, accepte la proposition Gwarc'h et, tenu emprisonné dans un filet, fut transformé dès lors en poisson. Cependant, Bellah franchissant à son tour le monde souterrain, extrait son prétendant de sa geôle, grâce au couteau de fer de celui-ci. On peut relever dans ce conte oral celtique, trois points significatifs. Tout d'abord, l'indéniable autorité matriarcale en regard du quasi-pouvoir absolu de Gwrac'h, l'avatar de la déesse-mère. Par ailleurs, il est remarquable de souligner la mise en lumière du culte marital celte, et ce par l'entremise de la relation étroite liant Houarn à Bellah. Enfin, la présence du fer sous la forme d'un couteau permettant de délivrer Houarn de ses entraves pourrait être notable. Factuellement, le fer est l'objet d'une large attention chez les peuples celtes. Il s'agit du matériau qui leur a permis de s'extraire de l'Age du Bronze et de s'octroyer ainsi une prééminence sur une bonne part de l'Europe continentale durant plusieurs siècles. Notons, en outre, que Houarn signifie fer, en celte.

    • Trinité celte

    La Grande Déesse est fréquemment par ce que l'on nomme les trois Matrones celtes, ces dernières faisant office de sainte trinité au sein de la culture homonyme. Incidemment, la divinité matriarcale s'incarne sous la forme de Epona, la Déesse-jument, dont le culte est notamment pratiqué chez les Gaulois. Dans la culture bretonne insulaire, on évoque souvent Rigantona, qui devient Rhiannon en gallois ; une déesse/avatar pourvue de nombreuses représentations iconographiques. Celle-ci apparaît au premier plan de l'un des trois Mabinogi celtes, aux côtés du jeune héros Pwyll. On peut également citer la non moins renommée Brigit, qui se présente également dotée d'une abondante iconographie de sculptures, de stèles cultuelles, mais aussi d'une pléthore de récits et de contes littéraires et/ou oraux lui étant dédiés.

    • Héritage de l'ère paléolithique

    La corrélation existant entre les ouvrages votifs du paléolithique ayant trait à la déesse-mère et ceux de l'époque de l'hégémonie des celtes en Europe occidentale insulaire et continentale, recouvre une indéniable forme d'appropriation mythologique de la part de ces derniers. Les nombreuses constructions stylisées de dolmens suggèrent en tout points une égale conception artisanale et ornementale que les mégalithes précédemment mis en œuvre des millénaires plus tôt. Il en est de même de la forme cultuelle dévolue à la déesse-mère. Outre la prééminence matriarcale cultuelle et sociologique, les celtes ont, de facto, recré une divinité se dotant des attributs sacerdotaux, de fécondité et de féminité, à l'instar de ceux appartenant à la déesse-mère qui occurrait au paléolithique. On peut ainsi supposer une sorte « d'héritage » mégalithique au bénéfice des celtes.

    • Pérennité la Grande Déesse dans la religion chrétienne

    À contrario de la société et de la mythologie celtes de typologie matriarcale, les pendants chrétiens se présentent de manière indubitablement patriarcale. Il faut néanmoins nuancer ce constat. En effet, en regard de nombreuses de nombreuses survivances des différents avatars celtes de la Grande Déesse par le biais de saintes chrétiennes populaires — et ce, notamment en Bretagne continentale et en insulaire —, marquent une forme de legs celtique. Pour exemple remarquable de Ana, la déesse-mère ayant enfanté l'ensemble des dieux du panthéon armoricain, la fameuse mamm-goz (se traduisant littéralement par Grand-mère), a significativement perduré en sainte Anne, aïeule de Dieu et mère de la Vierge Marie. On peut également évoquer sainte Brigitte, réminiscence et/ou résurgence avérée(s) de la Brigitt celto-irlandaise. Factuellement, il est notable que, si les celtes ont hérité de l'ère mégalithique, ils auraient à leur tour, transmis à l'ère chrétienne une partie conséquente du culte de la Grande Déesse.

    Mari est la déesse principale de la mythologie basque et une divinité féminine, qui représente la « nature ». Parmi les primitives Déesse-Mères européennes, Mari est la seule qui soit arrivée jusqu'à nous. Christianisés très tardivement, vers le xvie siècle, les Basques adoraient les forces naturelles comme le soleil, la lune, l'air, l'eau, les montagnes, les forêts, ceux-ci prenant des formes humaines. Certaines croyances actuelles pourraient remonter au Paléolithique.

    Elle est le personnage mythique le plus significatif des traditions basques, étant la Dame de tous les génies telluriques. Cette déesse est par conséquent neutre, symbolisant l'équilibre des adversaires propre de la mère terre ou Amalur.

    La plupart des êtres mythiques au Pays basque sont de types « chthoniens » ou « telluriques » (du latin tellus, « la terre ») parce qu'elles se réfèrent à la terre, au monde souterrain ou aux enfers, par opposition aux divinités célestes, dites « ouraniennes » ou « éoliennes ». Pour Jacques Blot : « L’imaginaire et les structures psychiques sont les mêmes chez tous les humains quels qu’ils soient. La terre est identifiée à la féminité dans toutes les cultures du monde. Et le ventre de la terre, dans les Pyrénées, les populations pré-indo-européennes vasconnes n’avaient même pas à l’inventer : nous sommes ici dans le royaume du calcaire et les cavités, grottes et gouffres, sont là par milliers. Il n’y avait qu’à les peupler. »

    Une divinité féminine est représentée entre deux lionnes dans les peintures les plus anciennes de la culture de Nagada dans la période prédynastique égyptienne.

    Isis, nourrissant son fils au sein, a été vénérée jusqu'au vie siècle et plus récemment réintroduite dans les cultes des mouvements de la déesse.

    Le site néolithique de Çatal Höyük (7500 av. J.-C.) a livré de nombreux éléments interprétés par certains chercheurs comme les preuves du culte d'une Déesse Mère. Les fouilles ont révélé que les figurines féminines étaient très largement majoritaires par rapport aux figurines masculines.

    Durant l'antiquité dans le bassin méditerranéen, diverses déesses ont été vénérées de manière plus prononcée que les autres, notamment via les cultes à mystères voués à Isis, Cybèle (ou Magna Mater), Déméter, Perséphone, celui plus « rural » de Diane, ou encore la Gaïa grecque. Vénus, dans la mythologie romaine, était ainsi mère du peuple romain. Elle était appelée Venus Gemetrix, « la mère Vénus », sous le règne de Jules César. Magna Dea, « la Grande Déesse », était l'expression latine désignant les déesses de l'Empire romain.

    La civilisation minoenne avait une déesse que les grecs appelaient Potnia Theron, « la maîtresse des animaux », dont la plupart des attributs furent plus tard transférés à Artémis.

    Au ier siècle av. J.-C., Tacite rapporte l'existence chez les peuples germaniques de rituels centrés sur une divinité féminine, Nerthus, qu'il appelle Terra Mater.

    Il existait également une incantation chrétienne connue sous le nom de Æcerbót et durant laquelle, tout en invoquant le Dieu chrétien, les participants à la procession invoquaient également eorþan modor (la Terre-Mère) et folde, fira modor (la Terre, mère de tous les hommes) qui fut identifiée comme une ancienne divinité païenne.

    Frigg a été désignée comme la femme d'Odin. Dans la poésie islandaise, l'expression « femme d'Odin » désigne la Terre. Frigg apparaît clairement comme une Grande Déesse dans le mythe de Baldur.

    Régis Boyer étudie dans La grande déesse du Nord (1996) trois figures de cette déesse mère : Freyja, Frigg et Skadi.

    Freyja

    Freyja

    Dans l'hindouisme, la vénération des grandes déesses remonte à la période védique. Notamment dans le Rig-Véda qui nomme la puissance féminine Mahimata (Rig-Véda 1.164.33), un terme qui se traduit par « Terre Mère ». Dans certains textes, la Grande Déesse est appelée Viraj, la mère universelle, ou Aditi, la mère des dieux ou encore Ambhrini, celle qui est née de l'océan primordial. Dourgâ représente la nature protectrice de la maternité. Yaganmatri est un autre nom qui signifie « Mère de l'univers » en sanskrit. De nos jours, Devî a de multiples formes. Les multiples divinités indiennes sont toutes considérées comme des facettes de la Mère universelle (Mahadevi).

    L'énergie féminine, la Shakti, est considérée dans certaines écoles philosophiques (comme dans le Devi Mahamatya) comme la force motrice de l'univers.

    Rig VeDa, 10.72.3-4: «  Au premier âge des divinités, l’existence naquit de la non-existence. Les quartiers du firmament naquirent de Celle qui s’accroupit, les jambes écartées. La terre est née de Celle qui s’accroupit, les jambes écartées. Et de la terre, les quartiers du firmament sont nés. » Il s'agit de Lajja Gauri.

    Dans le chant relatif au mythe de la création (Vari Ma te Takere) il est dit: La Déesse-Mère « Vari nous a créé toute seule (...) Nous n'avons pas de père »

    Umai (en) (l'utérus ou la matrice en mongol), qui s'appelle également Ymai ou Mai, est la Déesse-Mère. Elle est décrite comme portant 60 tresses en or qui représentent les rayons du soleil.

    Marie est proclamée « Mère de Dieu » (Théotokos) par le concile d'Éphèse : selon cette définition, Marie est la femme par qui le Fils de Dieu comme Verbe fut engendré en elle par le Saint-Esprit : elle n'est donc pas une déesse.

    Dans L’'évangile des Hébreux on peut lire: “Le sauveur a dit : Il y a un instant, ma Mère qui est l'Esprit Saint, m'a enlevé par un de mes cheveux et m'a transporté sur la grande montagne du Thabor” . Jacques Lacan, psychiatre et psychanalyste français, dans L’éveil au printemps, a écrit: « Comment savoir si, comme le formule Robert Graves, le Père lui-même, notre père éternel à tous, n’est que Nom entre autres de la Déesse blanche. » L'érudit Robert Graves, dans son livre "La Déesse blanche" (Les mythes Celtes) démontre que les peuples proto-européens et les proto-hébreux vénéraient une Déesse-Mère dans le cadre d'une organisation sociale matriarcale. L'érudit Cheikh Anta Diop arrive à la même conclusion concernant les proto-Africains.

    Dans l'Evangile selon Thomas on peut lire: « Ma mère a engendré mon corps terrestre, mais ma véritable Mère m’a donné la Vie.»

    Jean 19:26-27 est parfois cité comme rapportant une des paroles du Christ qui la présente comme la mère de tous les chrétiens par l'expression « voici ta mère ». Elle ne doit cependant pas être confondue, par conséquent, avec la vision païenne de la Déesse Mère.

    Le culte de la Déesse Mère est revenu sur le devant de la scène au xxe siècle, dans le cadre du mouvement néopaganiste institué par Gerald Gardner, qui en a fait un des piliers de la nouvelle religion qu'il élabora et présenta comme la continuation de ce qu'il dénomme l'« Ancienne Religion » : la Wicca.

    Elle représente alors la Terre et le principe de vie et d'amour entre toutes les formes de vie. Ce culte soutient généralement des revendications écologistes et féministes. La résurgence contemporaine de ce culte a principalement eu lieu en Amérique du Nord, avec l'objectif de restaurer l'aspect féminin du divin.

    Les théories Gaïa provenant de l'hypothèse Gaïa proposée par James Lovelock proposent l'idée que la planète est une conscience non pensante qui a su se réguler à travers les âges géologiques, afin de permettre l'apparition puis le maintien de la vie.

    La Déesse Mère est une des 1 038 femmes représentées dans l'œuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago exposée au Brooklyn Museum. Cette œuvre se présente sous la forme d'une table triangulaire de 39 convives (13 par côté). Chaque convive étant une femme, figure historique ou mythique. Sur le socle de cette œuvre figurent les noms de 999 autres femmes associées aux 39 convives de la table. La Déesse Mère est la deuxième convive de l'aile I de l'œuvre.

    L'anthropologue Alain Testart remet totalement en cause l'hypothèse de la Déesse Mère. Selon lui, cette dernière ne repose sur aucun indice sérieux. En premier lieu, la présence de représentations féminines (statuettes, peintures, etc.) ne signifie en rien l'existence d'un culte dédié à des divinités féminines. Les contre-exemples sont en effet très nombreux. Dans les arts d'Afrique et d'Océanie, ou même dans les sociétés industrialisées, les représentations de femmes plus ou moins dénudées abondent et ne sont le plus souvent pas liées à un tel culte. Alain Testart rappelle en outre que ce qui est symbolique n'est pas forcément religieux. Il prend l'exemple des statues de femmes nues en bronze de l'opéra Garnier, totalement dépourvues de signification religieuse, mais ayant une signification symbolique. En outre, dans les sites archéologiques, les figurines féminines font rarement l'objet d'un traitement particulier. Ainsi, la dame aux léopards de Çatal Höyük ne mesure que 7,5 cm et provient d'une réserve à grain et non d'un sanctuaire. Plus généralement, rien n'empêche d'affirmer que ces statuettes ont pu servir d'amulettes, d'ex-voto, de supports pédagogiques, d'instruments divinatoires ou encore de signes de richesse dans les sociétés dans lesquelles elles apparaissent.

    Le second aspect de la critique d'Alain Testart concerne l'analyse des mythes. Dans de nombreuses régions du globe, on constate que dans les mythes de groupes patriarcaux les femmes avaient à l'origine un rôle prépondérant. Les tenants de l'hypothèse de la Déesse Mère, dont Marija Gimbutas, y ont vu un argument essentiel pour affirmer que durant la Préhistoire le matriarcat était prédominant, voire généralisé. Cependant, cette idée ne tient pas compte de la nature et du rôle des mythes dans chaque société. Ces derniers, avant de décrire le passé, servent avant tout à justifier l'organisation sociale présente. Or, ces mythes ont pour point commun d'évoquer non seulement une domination féminine originelle, mais aussi de montrer que cette domination était désastreuse. Ils permettent donc de justifier la domination actuelle des hommes dans ces sociétés.

     

    E. O. James, Le culte de la Déesse-Mère dans l'histoire des religions, trad. de l'anglais par S. M. Guillemin.

     

     

    Ôde de Freyr à Freyja

    J'ai pour passion, la beauté,

    Elle a plusieurs corps,

    Celui de la Femme d'abord,

    La Femme, cette Oeuvre magnifiée

    D'une éternité travailleuse.

    Il est une image que j'aime auréolée de Fleurs,

    C'est celle de la Dame et de la Demoiselle,

    Pleines de charmes, qui, 

    De leurs seins généreux, 

    Enivrent et apaisent les âmes.

    Tout en elles invite à la contemplation, 

    A la dévotion, à la vénération et,

    Impunément au voyeurisme.

    Ce rapport, de cet être avec sa mère,

    Veut être pour moi, une sorte de recueillement,

    De retour aux sources, puis à la Source,

    Que je ne peux ni veux oublier.

    Mon âme est enluminée de Féminité,

    Et auréolée de Maternité. 

    La laitance maternelle se compare

    Aux plus suaves élixirs.

    Ce breuvage originel exhale un divin parfum,

    Et exulte des sensations

    Que le temps à sournoisement recouvert de ses limbes. 

    La poitrine de la Mère Sacrée

    Est une Rose double, d'où s'écoulent

    Et se rejoignent, deux sources de néctar délicat,

    Qui excite mon âme

    Au point de me procurer tressaillements.

    Je suis un être-enfant,

    Qui ouvre les yeux sur un paradis charnel

    Et réconfortant à souhait. 

    J'offre mon corps à qui le veut,

    Pourvu que l'on m'abreuve,

    Sur les Monts des Aréoles,

    A la Chapelle des deux seins.

     

    La Racine de Seydr - 9 décembre 2001

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  • Erda, Herta, Nerthus...

     

    Herta ou Hertha, dite également Hertus ou HerteHerthe, mais aussi nommée Erda, Ertha, Nertha, Nerthus, voire Njörd ou Njördr spécifiquement nordique, est une divinité de la mythologie germanique. Cette divinité au sexe variable, tantôt féminine, tantôt masculine, tantôt ambivalente, symbolise la "Terre Mère", elle apparaît sous des formes mineures ou marginales dans le monde gaulois. Suivant différentes légendes germaniques tardives, cette première créature, sous sa forme féminine, aurait épousé Tuisto, le fils de Tis ou Tuis, considéré comme le premier être. Ce couple s'apparente à l'Ève et l'Adam biblique.

    Ce dieu et/ou déesse illustre animant les cycles des saisons et de la vie, éternellement recommencés, semble exister dès les temps néolithiques. Cette divinité ambivalente fêtée au printemps et en automne est connue des peuplades celtes. Elle s'associe aux Dieux vanes ou vanir des peuplades nordiques. Elle est parfois associée aux grands espaces terrestres, mais aussi à la mer ou à l'océan, où se déroulent les cycles fondamentaux de la vie, selon les croyances anciennes. Elle préside aux transports et aux migrations.

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    Le culte semble d'ordre mineur, mais très commun. Le cycle de l'eau est souvent pris en référence. Ses petits temples solitaires se situent au voisinage de fontaines ou de sources remarquables, par exemple une source insolite, au milieu de l'eau (courante, marécageuse), dans une île, ou encore au milieu d'un milieu sec. Le premier christianisme l'a ici associée à des figures chrétiennes plutôt féminines. Par exemple, le nom Claire, Clara, Chiara ou Kiara apparaît dans les toponymes Clairefontaine ou Clarafontana. La plupart des saints chrétiens féminins ou masculins associés à la découverte de l'eau ou à une fontaine emprunte un aspect de cette divinité commune. N'oublions pas non plus les fontaines de jouvence des légendes.

    Mais aussi, tous les saints chrétiens aux fonctions influencées par des génies protecteurs des grains et des récoltes peuvent être rapprochés de cette divinité. Les enfants de la divinité, à l'instar des jumeaux nordiques, Freyr et Freya, représentent plus volontiers les cycles de génération et d'abondance animale, par exemple l'élevage porcin. Ces divinités de seconde génération présentent une nette connotation sexuelle de lubricité et de luxure, qui a été éliminée par les strates successives de la christianisation.

    Herta entretient un rapport singulier avec la nature végétale et animale. À l'instar de Njördr, elle symbolise le cycle de migration des saumons et leur fin dans les frayères des petites rivières ou ruisseaux qui les ont vus naître.

    Elle faisait l'objet d'un culte notamment de la part des Semnons, des Neudinges en Thuringes, des Avions, des Angles, des Eudons, des Varins, des Suardons, des Nuitons ainsi que des Lombards, Goths, Sarmates et Scythes.

    Une île appelée Chaste lui est consacrée au milieu de la mer des Suèves". La statue de cette divinité était placée sur un char, au milieu d'une forêt appelé Castum nemus, toujours couvert d'un voile; ce char, traîné par deux génisses blanches, se promène, à des temps marqués, au milieu des nations germaniques. Il n'était permis qu'au seul prêtre de le toucher, car celui-ci savait le temps que la déesse qu'on y adorait, venait en ce lieu. Il suivait le char. "Les inimitiés (étaient) suspendues, et pour un moment les forêts du nord (cessaient) de retentir du bruit des armes, Le char était reçu avec beaucoup de solennités, les hommes pensant que la déesse interviendrait dans leurs affaires. Une fois la déesse rassasiée de la conversation des hommes, le char repartait vers le temple, en compagnie du prêtre. Alors on lavait le char dans un lieu secret, et les étoffes et la déesse elle-même; on se servait pour cela d'esclaves, qui étaient aussitôt après jetés et engloutis dans un lac voisin.

    D'un point de vue agro-pastorale, la divinité préside à l'irrigation des prairies, à l'amendement des terres, aux migrations saisonnières et à la transhumance des éleveurs et de leur bétail. Dans les mythologies nordiques tardives, Herta et ses émanations ou sa descendance se fondent dans les entités vanes qui animent les cycles réguliers de la vie.

    Herta sous ces formes variées ne peut être anthropisée, humanisée ou assimilée adéquatement à un dieu du panthéon gréco-romain. Demeter est une puissance influencée par l'événement, par exemple la perte régulière de sa fille adorée Proserpine. Herta correspond, elle, à la description des multiples cycles de la vie. Comment représenter pêle-mêle l'apport d'alluvions par les crues régulières de fleuves, l'aller et retour des grandes espèces migratrices, l'éveil printanier de la végétation ou la coloration fanée autumnale des herbes et des feuillages ? 

    La signification d'Herta est bien plus à corréler aux cycles temporels, aux mouvements généraux des êtres dans l'espace, aux calendriers anciens ou à la terre géographique et écologique actuelle qu'à la terre ou glèbe paysanne. Les maîtres des domaines christianisés de l'ancienne Gaule à partir du Ve siècle ont fait perdurer sous une forme rituelle admissible ou adaptée les modestes hiérophanies impliquant des aspects traditionnels associés à Herta. 

    Vossius, conjecture que cette déesse Hertus, doit être la Cybèle romaine dont le culte est importé d'Asie mineure; mais il est plus vraisemblable qu'il s'agisse de la Terre.

    Herta, Herte ou aussi Herthe, herth, signifiant dans les langues anglaise, allemande, suédoise, runique, arabe et hébraïque ( faux eretz en hébreu mais ce nom n'a aucun lien avec Herta) le mot: terre.

    Il existe dans la plaine anglaise du comté de Salisbury, des amas de pierres circulaires, que plusieurs savants croient avoir été un temple de la déesse Herte; on nomme ces pierres : Stone-henges, c'est-à-dire : pierres pendues, parce qu'elles sont mises les unes sur les autres, de manière qu'elle paraissaient être en l'air. Aucune preuve ne vient appuyer cette interprétation qui n'est que le fruit de l'imagination. Les anciens appelaient cette espèce de monument du nom de Chorea gigantum

    Le culte de cette déesse se propagea jusqu'en Celto-Lygie.

    (Sources Wikipédia)

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