Peuples germaniques

 

(En bas de page, liste non exhaustive de peuples germaniques)

 

Pre migration age germanic

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Les peuples germaniques ou Germains (du latin germanus, d'étymologie incertaine) sont des ethnies indo-européennes originellement établies en Europe septentrionale.

Voir aussi cet excellent fichier de Christian Mandon germanique.pdf

Leur protohistoire se situe dans les territoires connus sous le nom de Germanie (latin Germania), de Thulé (terme grec désignant probablement la Scandinavie ou le nord de l'Allemagne), ou encore sur les rives de la mer Noire (voir notamment l'article Goths).

Mieux connus dans le monde latin à partir du Ier siècle, principalement à travers l'œuvre de l'historien Tacite, l'expansion originelle des Germains est attestée à l'âge du bronze danois. C'est à cette période que la linguistique fait remonter la différenciation linguistique en trois grands groupes : Germains orientaux, Germains occidentaux et Germains septentrionaux. Cette communauté linguistique est constitutive du paradigme de « Germains ».

Tirant d'abord leur origine de la culture de la céramique cordée, c'est à partir de l'âge du bronze danois, d'après l'archéologie allemande et scandinave, que des cultures du sud de la Scandinavie se diffusent progressivement vers le sud, vers l'Allemagne et les rives méridionales de la mer Baltique. Elles se répandent dans la grande plaine européenne, pour gagner au début du second âge du fer (v. 500 av. J.-C.) les franges du monde celtique (civilisation de La Tène) : le Rhin inférieur, la Thuringe et la basse Silésie. À ce phénomène correspondraient probablement le bon accès au fer en Scandinavie et un climat refroidissant. Il est possible qu'une expansion démographique y contribua également, engendrant un peuplement nouveau de régions jusque-là presque vides d'hommes. Les Grecs ou les Romains n'en ont laissé aucun témoignage écrit. En effet, ils n'avaient aucun contact direct avec les Germains, puisqu'ils en étaient séparés par les Celtes. Les Germains sont cependant souvent confondus avec les Celtes par les historiens de l'Antiquité, ce qui fait dire que l'ancien nom des Germains pouvait être celui des Celtes, les Germains n'ayant été mentionnés que tardivement. En tous cas, à partir du IIIe siècle av. J.-C., a lieu une période de formation de peuples qui s'achève quand les Germains entrent dans l'Histoire. L'esclavage n'est pas étranger aux sociétés germaniques. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves.

L'agriculture : les Germains sont des pasteurs nomades.

Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite. Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains. Le chamanisme et les pratiques divinatoires étaient le fait de certaines femmes, les völvas.

D’après Régis Boyer, les Germains ont un alphabet en partie fondé sur le latin, souvent utilisé pour des offices religieux ou sur les armes.

Alors que la tradition historiographique française confine les peuples germaniques à des tribus inconnues réfugiées dans des forêts humides au-delà du Limes en Germanie (jusqu'à l'Antiquité tardive), puis à l'emploi systématisé du terme barbare lors du Haut Moyen Âge, il est possible de décrire une civilisation germanique unifiant les traits des anciens peuples d’Europe du Nord précédant leur christianisation.

Cette description n'a donc de sens que dans la situation de l'âge du fer germanique, antérieur à l'âge des Vikings selon les découpes de l'historiographie anglo-saxonne. Compte tenu des trajets des peuples, les Germains de la mer du Nord émanent d'une culture scandinave à compter du IIe siècle, identique à celle des futurs conquérants Vikings.

Des découvertes récentes réalisées depuis les cinquante dernières années et prises en charge par des universités allemandes dans les sections archéologiques permettent d'en révéler les traits, ce qui bouscule la manière dont cette civilisation était présentée jusqu'alors à partir des chroniques rédigées par ceux que ces peuples avaient envahis.

Le contexte de ce paragraphe est donc chronologiquement du IIe au Ve siècle apr. J.-C. ; il commence par l'arrivée de peuples en Germanie provenant de Scandinavie ou d'îles hypothétiquement originelles (Bornholm, Gotland) situées en mer Baltique. Géographiquement, il comprend la Germanie connue des Romains étendue jusqu'à la Pologne et les limites primitives de la Russie historique (Novgorod était connue des Svears, voire fut développée par eux).

Leurs emplacements en Germanie sont aujourd'hui reconstitués par le relevé des cultures archéologiques, travail plutôt ardu attendu que les traces d'une hutte en bois et pierres ne permettent pas de distinguer si elle fut bâtie par des Burgondes ou des Alamans. On peut éventuellement parler de protohistoire pour décrire leurs implantations précédant leur contact avec la civilisation romaine, dans la mesure où après 325 les annalistes de Rome n'ont plus d'éléments pour les relater dans leurs écrits.

La dynamique d'expansion du monde latin sous l'égide de l'Empire n'a pas fonctionné pour ces peuples, là où elle avait marché pour les Celtibères et les Gaulois, pour ne citer qu'eux ; les provinces taillées au-delà des frontières naturelles que forment le Rhin et le Danube telles que la Rhétie ne se sont pas stabilisées et ont été régulièrement ravagées.

L'origine du nom des Germains a toujours divisé les spécialistes, et la question n'est pas résolue à ce jour. Une seule chose semble sûre : c'est en latin que le mot apparaît pour la première fois, sous le stylet de César, lorsque ce dernier évoque, au tout début de ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, les différents peuples d'Europe occidentale en 58 avant J.-C. : Belgæ […] proximi […] sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, « les Belges […] sont proches des Germains, qui habitent au-delà du Rhin ». Ce nom est repris sous la même forme dans le traité que Tacite consacra aux Germains vers l'an 98, De Origine et Situ Germanorum (La Germanie).

Comme le font justement remarquer les auteurs du Chambers Dictionary of Etymology, les peuples germaniques eux-mêmes n’ont jamais employé à date ancienne le nom de Germani pour s’auto-désigner (ce terme, avant d’être emprunté par d’autres langues, ne se rencontre qu’en latin) : ils ont généralement utilisé pour ce faire le produit du germanique commun *ϸeudiskaz « du peuple », adjectif formé sur *ϸeudō « peuple », lui-même issu de l’indo-européen *teutā- « tribu » : de ce terme procèdent, par exemple, l’allemand Deutsch, le néerlandais Duits et le suédois Tyska « Allemand », ou encore l’anglais Dutch « Hollandais ». Il est aussi indirectement à l’origine de l’ancien français tieistiois (féminin tiesche), qui a désigné de manière générale toute personne ou tout peuple de langue germanique, ainsi que du français tudesque et de l'italien tedesco « allemand », par l’intermédiaire du latin médiéval theudiscus. Le germanique commun *ϸeudō « peuple » est par ailleurs apparenté au dérivé *ϸeudanōz (de l’indo-européen *teutonōs « ceux de la tribu »), nom tribal passé en celtique puis latinisé enTeutoni. Le français en a tiré le nom des Teutons et l’adjectif teutonique, souvent employé par le passé (comme en anglais, d’ailleurs) au sens de « germanique ». La forme singulière de ce mot en indo-européen, *teutonos, « celui de la tribu », est en outre à l'origine du mot gotique *ϸiudans « roi », littéralement « (chef) de la tribu », par l'intermédiaire du germanique commun *ϸeudanaz.

La plupart des spécialistes actuels rejettent implicitement une étymologie germanique du mot latin Germanus. Ils font état, selon les cas, soit d'une origine inconnue ou du moins très controversée, soit d'une étymologie celtique ou latine (voir ci-dessous). Néanmoins, il a été fait par le passé diverses tentatives dans ce sens, en dépit du fait que le nom ait été inconnu des langues germaniques à date ancienne.

La plus fréquente consiste à y voir un composé des éléments germaniques gair- > gēr- « lance » et man « homme », qui fait du Germain un « homme à la lance ». Cette étymologie populaire est au mieux qualifiée de « traditionnelle » dans les ouvrages de référence. Elle est formellement infirmée par la phonétique : en effet, la première attestation connue du nom des Germani datant du ier siècle av. J.-C., sa création se situerait nécessairement à l'époque du germanique commun, où le mot pour « lance », *gaizaz, a encore sa diphtongue ai qui n'évoluera en ē que bien plus tard. Il ne peut en aucun cas être transcrit par Ger- à cette date. André Cherpillod rapporte également diverses interprétations hautement fantaisistes telles que ger-man « main avide » ou encore « chef des hommes », mentionnées ici pour mémoire seulement.

L'idée que César, en citant les Germani, ne fait que reprendre un terme employé par les Gaulois pour désigner leurs voisins (terme ensuite appliqué à l'ensemble des peuples de langue germanique) a séduit plusieurs auteurs. C'est l'explication que l'on voit le plus régulièrement évoquée, parfois en alternance avec la suivante, dans bon nombre de dictionnaires étymologiques. Il est à noter cependant qu'elle n'est pas envisagée par la majorité des spécialistes du gaulois.

Dans la plupart des cas, le mot est rapproché avec prudence de l'ancien irlandais gair « voisin » + maonman « peuple » : avec prudence, car l'équivalent de ces mots n'est pas attesté en gaulois. Dans cette hypothèse, les Gaulois auraient nommé leurs voisins de l'Est de la manière la plus simple qui soit : « les hommes voisins, le peuple voisin ». Le nom des Germani a également été interprété, toujours de manière hypothétique, par « ceux qui crient », « les hurleurs », étymologie suggérée par l'ancien irlandais gāirm et le gallois garm « crier, hurler ». Dans ce second cas, le terme est bien attesté en gaulois par le radical garo- et le substantif garman « cri ». Cependant, ces deux explications sont réfutées de manière assez convaincante par le Chambers Dictionary of Etymology pour des raisons phonétiques (quantité des voyelles; évolution des groupes consonantiques). Les auteurs de cet ouvrage considèrent plus prudent de laisser Germani inexpliqué.

La solution alternative consiste à penser que Jules César, en parlant des Germani, a tout simplement employé le mot latin germanus, dont les sens sont multiples : « naturel, vrai, authentique; de la (même) race », et aussi « germain, de frère germain », puis « frère ». Dans cette optique, César décide d'appeler Gallia et Germania deux régions qu'il sépare plus ou moins arbitrairement par le Rhin, ainsi que l'a présenté par exemple. Étant donné qu'aux yeux du proconsul, il n'y avait pas de différence fondamentale entre Germani et Galli (sinon, pour ces derniers, un contact plus poussé avec la civilisation romaine), certains auteurs ont choisi d'interpréter le nom des Germains par « (le peuple) frère ».

Une analyse différente, proposée entre autres par Louis Deroy et Marianne Mulon, s'appuie sur le fait que ces derniers, plus belliqueux et réfractaires, étaient restés davantage à l'écart de la civilisation méditerranéenne, et donc fidèles à leurs propres origines : de ce point de vue, les Germains étaient « les vrais », « les authentiques », « les naturels », par opposition aux Gaulois déjà partiellement colonisés et romanisés. Les auteurs mettent ce sens de l'adjectif germanus en parallèle avec son emploi chez divers écrivains latins, tels que Plaute évoquant les femmes ex germana Græcia, « de la Grèce propre » (et non de l'une de ses colonies), ou encore Cicéron parlant de illi veteres germanique Campani, « ces anciens et authentiques Campaniens ». Si cette dernière explication ne fait pas plus l'unanimité que les autres, elle a l'avantage de ne poser aucun problème phonétique.

Les peuples germaniques sont divisés en deux ou trois branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :

- le rameau nordique ou Scandinaves

- le rameau westique ou Germains occidentaux

- le rameau ostique ou Germains orientaux

Leur population est estimée de 1 à 4 millions d'individus. Les tribus sont indépendantes les unes des autres et il n'y a pas d'unité politique.

Voici une liste de ces principaux peuples, ainsi que les dates auxquelles leur existence est connue par les sources historiques.

Dans l'état actuel des connaissances, il est admis que des populations habituellement qualifiées de « germaniques » formèrent le premier peuplement du sud de la Scandinavie à l'âge du bronze, tandis que le nord de celle-ci (majeure partie de la Suède, de la Norvège et la Finlande) était peuplé de Finnois (voir Lapons). Toutefois, le rattachement des premiers Scandinaves aux « Germains », terme qui ne les engloba jamais, doit beaucoup a posteriori aux historiographies nationales à caractère mythologique du haut Moyen Âge et à l'historiographie allemande du XIXe siècle. Aussi, le qualificatif de « scandinaves », plus précis et moins connoté, est plus adapté pour ces populations : Danois, Goths (Scandinavie), Suédois 

Paradoxalement, ce sont ceux dont la préhistoire et la protohistoire sont les moins bien connues à cause des mouvements de populations dont il a été question précédemment et des brassages de populations que ces mouvements entraînèrent à la lisière du monde romain. En raison de leur diversité, les Germains occidentaux sont subdivisés en trois sous-groupes par les linguistes : les Germains de Rhénanie (établis entre le Rhin et le Weser), les Germains de l'Elbe et les Germains de la mer du Nord. Les principales sources dont nous disposons sur ces peuples sont les sources romaines, notamment l'œuvre à caractère ethnographique de Tacite (La Germanie) et les écrits de Pline l'Ancien.
 

Germains de Rhénanie : 

Chérusques, Bataves, Bructères, Chamaves, Hattuaires, Chattes, Ubiens, Sicambres... 

Certains de ces Germains formèrent au début de l'ère chrétienne une confédération de peuples importante pour l'histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes libres »). Les Saliens, une partie de ceux-ci, servirent comme auxiliaires de Rome sans être réellement soumis à l'Empire au Ve siècle. Depuis les provinces de Belgique première et seconde, où certains de leurs « rois » avaient un commandement militaire (dux), ils constituèrent ensuite un royaume qui s'étendit au VIe siècle sur la majeure partie des Gaules. D'autres, les Marcomans, alors établis en Bohême, prirent le nom de Bavarois (Baio-warii : les soi-disant légataires des Celtes Boïens), à une date indéterminée. Ils franchirent le Danube sur son cours moyen vers la fin du Ve siècle et furent successivement soumis aux Alamans, aux Ostrogoths, puis aux Francs avant de gagner leur indépendance à la fin du VIIe siècle.

Germains de l'Elbe : 

Marcomans, Quades, Hermundures ou Hermondures, Semmons et Lombards. 

Certains de ces Germains, notamment des Quades et des Marcomans désignés sous le nom de Suèves (« Souabes »), prirent part à l'invasion de la Gaule aux côtés des Vandales et des Alains, en 406–409, avant de gagner la péninsule Ibérique et de s'établir en Galice. D'autres, demeurés au-delà de la frontière romaine dans les Champs Décumates, entre Danube et Rhin supérieurs, formèrent la ligue des Alamans (Allmannen : « tous les hommes »), mentionnée pour la première fois au début du IIIe siècle. Cette ligue étendit considérablement son territoire au Ve siècle, après la destruction de l'empire des Huns ; les Alamans se heurtèrent ensuite aux Francs et furent vaincus à plusieurs reprises, notamment lors de la bataille de Tolbiac, en 496. Placés sous protectorat franc, ils se révoltèrent en vain avant de disparaître en tant que nation à la suite d'une dernière défaite en 746 et au massacre de Cannstatt.

Germains de la mer du Nord : 

Chauques, Angles, Jutes, Warnes, Frisons et Saxons. Certaines de ces tribus, notamment des Angles et des Warnes se regroupèrent au IVe siècle pour former la ligue des Thuringes. Établis entre l'Elbe et le Main au début du Ve siècle, ils furent soumis au protectorat des Huns avant de créer un éphémère royaume en Germanie intérieure, une fois émancipés de la domination de ces derniers (ap. 453) ; se heurtant aux Francs au début du VIe siècle, ils disparurent en tant que nation avant la fin du VIIe siècle. D'autres s'établirent dans l'île de Bretagne à partir du premier tiers du Ve siècle ; ils y fondèrent les royaumes anglo-saxons durant le haut Moyen Âge avant de donner naissance à la nation anglaise, principalement au contact des autres peuples de l'île, entre le VIIe siècle et le Xe siècle (voir Anglo-Saxons).

 

Germains orientaux :

Il s'agit du groupe le plus homogène qui réunit les peuples qui conservèrent le mieux leur culture, leur langue et leur unicité durant le Moyen Âge. Des histoires ou Historiae à caractère ethnique rédigées durant cette période nous renseignent sur les origines de certains d'entre eux, tandis que d'autres disparurent précocement. Il est communément admis que ces Germains, ou du moins une partie d'entre eux, sont originaires de Scandinavie. Goths ; ces derniers s'établirent dans la région de la mer Noire où ils se scindèrent en deux groupes :

les Greuthunges, d'où seraient issus les Ostrogoths

les Thervinges d'où seraient issus les Wisigoths

Rus de Ruthénie, Bastarnes, Burgondes, Gépides, Hérules, Ruges, Skires, Vandales

Gouvernement : Il est propre à chaque peuple. Il n'y a pas d'administration, éventuellement un conseil des sages sur le mode scandinave, mais cette assertion provient plus d'une déduction propre à l'origine de certains des peuples.

La manière d'élire les chefs des tribus et peuples est très différente de celle issue de l'Empire romain, et forme la base des futures structures monarchiques et de l'aristocratie en expérience lors du Haut Moyen Âge qui va s'ouvrir. La transmission héréditaire d'un titre n'est absolument pas un trait identifié à ce moment, ceci relevant vraisemblablement d'une construction ultérieure par dévoiement des titres de l'administration romaine.

Il n'y a pas à proprement parler de roi avant l'existence des premiers royaumes sédentaires, hors contexte de cet article.

Les chefs conduisent leur peuple (lire dux) parce qu'ils sont les plus aptes (Braves) pour le faire, et reconnus par l'aristocratie dominante de ce peuple.

 

Droit germanique : C'est un droit de tradition orale sur le mode scandinave, propre à l'identité de chaque peuple. Forcément, les Germains ne savent pas écrire latin ou grec, hormis les enfants des peuples fédérés (lètes) élevés par des précepteurs byzantins ou romains. Dans les royaumes sédentarisés du Ve siècle, il fusionne graduellement avec certains concepts du droit romain en passant par des édits rédigés : lire droit des royaumes barbares.

 

Structures sociales : Les sociétés germaniques, jusqu'à la période des Grandes Invasions, ont une structure sociale assez souple. Les rois, les chefs de guerre, les prêtres n'ont qu'un pouvoir de circonstance fondé sur le consensus. L'instance supérieure est l'assemblée des hommes libres, autour d'un sanctuaire commun, où les décisions se prennent à l'unanimité par acclamations. Le groupe familial est très solidaire et collectivement responsable, notamment pour l'exercice de la vengeance et le paiement du wergeld (prix du sang).

La coutume reconnaît une stratification hiérarchique fondée sur la liberté : les nobles (vx.sax. aðali) (ceux qui, probablement, fournissent les rois et les chefs de guerre), les simples hommes libres (baro), les lètes (m.nl. laet, anc.fr. culvert) (affranchis ou demi-affranchis) et les serfs (vx.h.all. dio). Le tarif du wergeld et les autres pénalités sont déterminés en fonction du rang social. Les esclaves n'ont aucune personnalité juridique, ils n'ont ni biens ni liens familiaux et sont une simple propriété de leurs maîtres. Dans les royaumes germaniques du Haut Moyen Âge, les rois s'efforcent de maintenir l'identité légale du peuple conquérant, considéré comme la classe guerrière qui élit le roi et l'accompagne au combat. En fait, il y a une fusion sociale progressive entre les descendants des Goths, Burgondes,Lombards, etc., et ceux des peuples conquis.

Les Germains sont des sédentaires, à bien distinguer des nomades des steppes avec qui ils sont en contact. Ils pratiquent une agriculture extensive avec de longues jachères, qui leur permettent d'entretenir un bétail nombreux. L'archéologie révèle qu'une partie de la population, sans doute les classes inférieures, souffrait souvent de la faim.

Tacite nous apprend que chaque tribu faisait autour d'elle de vastes espaces déserts, afin d'assurer sa propre sécurité.

Cependant, les Germains réalisent certains progrès techniques comme la culture du seigle, mieux adapté que le blé aux climats frais.

Jules César réduit la religion des Germains au culte des éléments naturels, mais c'est plutôt une vision philosophique. Tacite a une information plus précise, et certains éléments, comme les sacrifices humains dans les marécages, sont confirmés par l'archéologie. Comme dans d'autres religions indo-européennes, elle est polythéiste, avec une complémentarité entre les divinités chtoniennes (Nerthus/Erda, la Terre) et les divinités célestes. Celles-ci sont connues par les jours de la semaine, usage romain adopté probablement vers le IVe siècle :

Lundi (jour de la lune) = Monday, Montag (même sens)

Mardi (jour de Mars) = Dienstag, Tuesday (jour de Tyr/Tuiston, dieu des assemblées)

Mercredi (jour de Mercure) = Wednesday (jour de Wotan/Woden/Odin, dieu suprême)

Jeudi (jour de Jupiter) = Donnerstag, Thursday (jour de Donner/Thor, dieu de la foudre)

Vendredi (jour de Vénus) = Freitag, Friday (jour de Freya, déesse de l'amour)

Samedi de *sambati dies (hébreu sabbat), anciennement dies Saturni (jour de Saturne) sans équivalent germanique : l'allemand Samstag présente la même mutation phonétique /b/ > /m/ à partir du mot sabbat que le français et l'anglais Saturday est un calque du latin saturni (dies)

Dimanche de dies domenicus, anciennement dies solis (jour du soleil) = Sonntag, Sunday (même sens)

Certaines dynasties royales des Grandes Invasions font remonter leur lignée à Wotan.

Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Le chamanisme et les pratiques divinatoires étaient l'apanage de certaines femmes, les Völvas. Éventuellement à distinguer de la mythologie nordique par la figure de Nerthus (fertilité).

Peuples non-germaniques ayant participé aux invasions barbares au contact des Germains :

- Peuples des steppes : Alains, Taïfales, Avars, Huns, Sarmates

- Peuples celtes dans les îles britanniques (voir Colonisation de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons) : Bretons, Scots

Vikings et Varègues sont des noms donnés tardivement à des groupes de pillards scandinaves qui participèrent à une deuxième vague d'invasions dans les îles Britanniques, le nord-ouest de l'Europe carolingienne et la grande plaine européenne, aux IXe siècle et XIe siècle.

Conquérants de l'Empire romain au Ve siècle, les Germains sont « conquis par leur conquête ». Ils adoptent progressivement la religion des vaincus, le christianisme et leur langue écrite, le latin (sauf en Bretagne romaine où les peuples anglo-saxons conserveront leurs langues germaniques). Leurs structures politiques et leur droit sont profondément modifiées au contact du modèle romain. L'expansion de l'Empire carolingien vers la Saxe, l'action des missionnaires chrétiens dans les royaumes anglo-saxons puis en Scandinavie, feront tomber dans l'oubli une grande partie de la civilisation germanique primitive, sans l'effacer tout à fait.

 

(Sources Wikipédia)

 

Catégories

  • Ampsivariens, Ansivariens...

     

    Les Ampsivariens, Ansivariens, Ansibariens ou parfois Ambivariens sont un peuple germain, rattachés aux Francs à partir du IIIe siècle.

    Europa germanen

    Ils sont établis dans le nord-ouest de la Germanie, à l’ouest de l’Ems, fleuve qui se jette dans la mer du Nord. D’après ce que nous savons de l’emplacement des autres tribus germaniques, ils étaient plutôt placés sur le cours inférieur du fleuve. Deux villes portent actuellement leur nom : Emden (en Allemagne) et Emmen (aux Pays-Bas).

    Ils apparaissent à l’époque de César.

    Ils sont encore mentionnés par Tacite. À ce moment-là, ils refusent de soutenir Arminius dans son attaque surprise contre les trois légions romaines (voir bataille de Teutobourg), en 9 ap. J.-C. lorsqu’ils tentent de s’installer dans l’Empire romain au milieu du Ier siècle ap. J.-C. L’alliance des peuples conduite par Arminius a par la suite formé la puissante confédération des Francs.

    Par la suite, les Chauques les attaquent (vers 58) et les chassent de leurs terres du bas-Ems. Obligés de fuir, ils sont accueillis par diverses tribus de l'ouest de la Germanie. À cette époque, l’armée romaine faisait le vide sur le bas-Rhin, qui devenait un no man's land entre la Germanie et la province romaine de Belgique. Les empereurs avaient décidé de stopper l’expansion impériale, et de protéger l’acquis.

    Les Frisons croient que l’inaction romaine cache une future campagne, ils occupent une partie des terres le long du Rhin. Rome leur demande de les évacuer : devant leur refus, la cavalerie romaine les en chasse.

    Les Ampsivariens se proposent alors pour ces terres. Leur chef Boiocalus a déjà servi Rome en refusant d’aider Arminius, et était considéré amicalement par Rome. Leur demande est rejetée, sans que Tacite en donne de raison explicite.

    Cependant, Rome indique officieusement à Boiocalus que ces terres leur seraient finalement concédées. La contrepartie n’est pas claire : une paix séparée, ou une soumission à Rome. Dans les deux cas, Boiocalus rejette l’offre, Rome le considère alors comme un traître. Les Ampsivariens concluent alors une alliance défensive avec les Tenctères et les Bructères, deux autres tribus qui deviendraient franques par la suite, mais cette alliance est trop faible et arrive trop tard. Les Romains pénètrent sur les terres des Tenctères et tentent de les exterminer. Les Ampsivariens ne soutiennent aucun de leurs alliés au moment critique, et pendant que les Romains se retirent, eux restent seuls, n’ayant pas su prendre parti au moment décisif.

    Ils remontent alors le Rhin, parfois bien accueillis, parfois repoussés, jusqu’à ce que tous les guerriers soient tués. Les survivants sont distribués comme du butin, c’est-à-dire réduits en esclavage. Ils disparaissent à peu près, Ptolémée ne les cite pas parmi les peuples germains.

    Leur nom apparaît cependant dans un ouvrage d’un historien des peuples germains, Sulpice Alexandre, dont rien ne nous est parvenu à part quelques citations dans Grégoire de Tours. Dans celles-ci, les Ampsivariens apparaissent quelques siècles après leur dernière évocation dans Tacite, à moins que les citations soient incorrectes, ou que Sulpice se soit trompé. Dans les citations, un général romain de famille franque, Arbogast (mort en 394), franchit le Rhin pour attaquer les Francs et ravage les possessions des Bructères et des Chamaves. Une armée de Chattes et d’Ampsivariens commandée par Marcomer apparaît soudainement sur une colline, ce qui effraie les Romains. Ces circonstances particulières évoquent un groupe accueilli par les Chattes qui aurait conservé son identité durant plusieurs siècles.

    Peu de temps après la mort d’Arbogast, l’empereur Honorius consacre peu de temps aux Francs, l’Italie étant envahie par les Goths. C’est l’empereur qui répond aux Bretons qui lui demandent de l’aide contre les invasions des Angles et des Saxons de se défendre eux-mêmes, de leur mieux. Dans la Notitia dignitatum, qui liste les unités romaines et leurs symboles, toute une liste de peuples Francs sont indiqués comme troupes auxiliaires. Des Ampsivariens y apparaissent.

  • Angles

     

    Le peuple des Angles (en latin gens anglorum), qui donne son nom aux Anglais et à l’Angleterre, est une peuplade germanique probablement originaire de la péninsule d’Angeln dans l’actuel Schleswig, en Allemagne. Durant les années 449-455, Vortigern invita les Angles à se battre à ses côtés contre les Pictes. Les écrits des Chroniques anglo-saxonnes décrivent comment les Angles couronnés de succès décrivaient leur ancienne terre natale : « From Anglia, which has ever since remained waste between the Jutes and the Saxons, came the East Angles, the Middle Angles, the Mercians, and all of those north of the Humber. » (« Les Angles de l'est, les Moyens-Angles, les Merciens et tous ceux de la Northumbrie vinrent d'Anglie, qui est depuis laissée abandonnée entre les Jutes et les Saxons. »)

    Les historiens disposent de deux sources majeures mais postérieures sur les ancêtres protohistoriques des Angles :

    - l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable, achevée vers 733.

    - la Chronique anglo-saxonne, plus tardive et rendant surtout compte de la succession des rois et des calamités de la période anglo-saxonne dans les royaumes du Sud de l'île.

    À ces sources, il faut ajouter l’Histoire rédigée par un Breton au VIe siècle, qui dépeint les Angles comme des envahisseurs sanguinaires et qui n’épargne pas non plus, d’ailleurs, les rois de son peuple, qualifiés de « tyrans » :

    De la ruine et de la conquête de la Bretagne (De excidio et conquestu Britanniæ), écrite dans les années 540 par saint Gildas.

    Enfin, bien que tardive et n’étant pas une source historique à proprement parler, l’épopée du Beowulf, qui s’appuie sur la tradition orale pour décrire les succès d'un Angle de l’Est (?) au service d’un roi danois, Hrothgar, rend compte de l’imaginaire païen et héroïque de l’aristocratie anglaise au VIIe siècle.

    Sources archéologiques

    Les sources archéologiques de la période anglo-saxonne nous renseignent surtout sur les premiers établissements germaniques dans l’île de Bretagne.

    Près de Mucking, aux bouches de la Tamise, ont été découverts des ensembles de plusieurs centaines de huttes à demi souterraines, caractéristiques des Ve-VIe siècles. Ces dernières auraient servi vers 400 à loger des mercenaires chargés par Rome de protéger Londres.

    De nombreuses sépultures de cette période montrent une parenté incontestable avec celles découvertes dans le nord de l'Allemagne et au sud de la péninsule danoise. Notamment, des urnes d'incinération est-angliennes du Ve siècle auraient été fabriquées en Saxe.

    Histoire

    Selon Bède le Vénérable, les Angles vinrent avec des contingents de Jutes et de Saxons pour répondre à l'appel du roi breton Vortigern en 449 : les territoires sur lesquels régnait ce dernier étaient menacés par les Scots, des envahisseurs venus d'Irlande. Au contraire, selon l'historien byzantin Procope, les premiers Angles étaient surtout accompagnés de Frisons. La présence de ces derniers est effectivement attestée par l'archéologie.

    Les origines des Angles selon la tradition

    Selon la tradition rapportée par les légendes, ils auraient été menés au combat par deux frères Jutes : Hengist et Horsa. Ces premiers rois des Angles sont présentés comme les descendants d'un certain Woden selon l'historiographie médiévale anglo-saxonne et selon la tradition germanique. Pour Bède et selon la tradition chrétienne, ils seraient venus d'un « angle » (latin angulus) du monde et auraient servi d'instruments du châtiment divin contre les Bretons hérétiques dans l'« angle » opposé : la future Angleterre (dans cette perspective eschatologique, le monde est alors vu symboliquement comme un carré, dont les angles sont les quatre points cardinaux, et dont Rome, c'est-à-dire l'Église romaine, occupe le centre).

    En rattachant ainsi les Angles à la tradition chrétienne (du Deutéronome, un livre de l'Ancien Testament), Bède n'agit pas différemment des autres historiens nationaux du Moyen Âge (Grégoire de Tours, Paul Diacre...) : il cherche à légitimer par la religion chrétienne l'existence des royaumes germaniques des Angles, alors même que les origines de ceux-ci sont païennes. Les Angles sont alors dépeints comme un nouveau peuple élu.

    L'installation sur l'île de Bretagne

    Quoi qu'il en soit, l'origine géographique exacte des Angles a laissé peu de traces. Leur territoire ancestral le plus probable serait cependant situé selon lesChroniques Anglo-Saxonnes dans l'actuelle baie de Kiel entre le Schlei au sud et le fjord de Flensbourg au nord.

    Ces mercenaires ou ces envahisseurs païens s'établirent dans l'île de Bretagne, et bâtirent leurs royaumes par la force au détriment des royaumes bretons. Le retrait des troupes romaines avait laissé ces derniers sans défense, ce qui fut probablement la cause première de l'arrivée des Angles. Dès 410, en effet, les sources latines mentionnent la présence de pirates frisons en mer du Nord et dans la Manche, mais il semble que leur immigration massive n'ait débuté que dans les années 430.

    Les royaumes des VIIe-VIIIe siècles

    Au tout début du VIIe siècle, alors que ces peuples germaniques étaient encore païens, il existait une douzaine de royaumes anglo-saxons dans l'île. Parmi ceux-ci, trois se détachèrent :

    - le royaume de Northumbrie, dont le peuple est qualifié de peuple des Angles par Bède. Il se situe au nord de la rivière Humber qui constitue une formidable frontière naturelle par sa largeur.

    - le royaume de Mercie, au centre, qui demeura longtemps païen sous le roi Penda et pour lequel on ignore quelle était la peuplade dominante.

    - le royaume de Wessex (qui tire son nom des Saxons de l'ouest) au sud-ouest

    En réalité, à cette époque et plus encore par la suite, un roi dominant s'imposait dans l'île : c'est le cas du roi northumbrien Edwin au VIIe siècle, des rois merciens Æthelbald puis Offa au VIIIe siècle, et enfin du roi du Wessex Egbert au début du IXe siècle. Aussi, vers 731, Bède a déjà conscience de l'unité anglo-saxonne et il est tout naturel – par sa nationalité et en raison de la renommée de l'Église northumbrienne – qu'il mette surtout en avant le peuple « anglais », par opposition aux Bretons mais aussi probablement aux Saxons et aux Jutes. L'unité du peuple anglais s'entend ainsi comme spirituelle et culturelle, par-delà des différences politiques qu'elle ne remet pas en question.

    La fin des royaumes des Angles

    Néanmoins, dès la fin du VIIIe siècle, des envahisseurs nordiques viennent menacer les côtes anglaises et pillent les monastères de Lindisfarne (793), Jarrow (le monastère de Bède, en 794) et Iona (en 795). Ceux-ci accomplissent des progrès militaires tout au long du IXe siècle. En 879, les Danois de Guthrum, lequel vient de recevoir le baptême, s'installent définitivement dans l'Anglie orientale (Est-Anglia), alors que les Vikings norvégiens atteignent York. C'est la fin, à proprement parler, des « royaumes des Angles ».

    - Les royaumes des Angles

    - Selon Bède, les royaumes peuplés par les Angles étaient :

    - l'Est-Anglie ou « royaume des Angles de l'Est »

    - la Mercie ou « royaume des Angles du milieu »

    - la Northumbrie, réunissant les royaumes de Deira et de Bernicie.

    En réalité, il est quasiment certain que les populations de ces royaumes étaient très mélangées. Sans doute se considéraient-ils comme des Angles en raison de la dynastie régnante, compte tenu de l'importance qu'avaient les liens personnels pour les Saxons. Les cadres du pouvoir, plus qu'une quelconque homogénéité ethnique, peuvent expliquer cette notion d'identité. De plus, chez Bède, le latin natio (qui désigne une ethnie) est rarement employé, en tous cas non pour désigner les habitants des royaumes des Angles.

    Parmi ces « royaumes des Angles », deux méritent une attention particulière :

    la Northumbrie : le terme désigne les terres au nord du fleuve Humber. Elle se distingue à travers le rayonnement culturel de sa capitale, York, dès le synode de Whitby, en 664 et plus encore à l'époque de Bède. L'école archi-épiscopale de York est fondée par l'archevêque Egbert d'York, pupille du précédent, et devient une pépinière de missionnaires anglais. Par la suite, la renommée de l'école atteint le continent sous la direction d'Alcuin. Ce dernier, à l'invitation deCharlemagne qu'il rencontre à Rome, devient le responsable de l'école du Palais et participe ainsi à la renaissance carolingienne.

    le royaume des Angles de l'est ou Est-Anglie est surtout connu pour la découverte d'une tombe royale à Sutton Hoo. Celle-ci a été attribuée à Redwald, de la dynastie des Wuffingas. C'est à cette dynastie qu'appartiendrait le héros du poème épique Beowulf. Si l'attribution de la nécropole de Sutton Hoo à l'un des rois angles dont le règne est attesté par Bède demeure une hypothèse, il n'en demeure pas moins que cette tombe a livré quelques magnifiques œuvres d'art germaniques très proches du style suédois. Ce témoignage archéologique exceptionnel ferait donc pencher la balance en faveur d'une origine danoise des Angles. En même temps, la présence d'une pièce d'orfèvrerie gauloise montre les rapports qu'il y avait dès cette époque entre les Anglo-Saxons et les Francs.

    Autres Angles

    Comme nombre de peuples, les Angles n'étaient pas un peuple monolithique. On en retrouve des rameaux ailleurs qu'en Angleterre. Ainsi une petite tribu s'est établie au Haut Moyen Âge dans le Haut-Poitou, à Angles-sur-l'Anglin, donnant son nom à un village et à une rivière.

  • Bataves

     

    Les Bataves sont un peuple gaulois implanté à l'embouchure du Rhin. Ils sont désignés comme des Germains par les auteurs de l'Antiquité romaine classique. Avant et après la conquête romaine, ils peuvent être aussi décrits en tant que Belges des bords du Rhin, ainsi que le suggèrent leurs liens avec les Trévires lors de la révolte dite des Bataves conduite par Gaius Julius Civilis ou leurs constantes implications dans le maintien de l'ordre en Bretagne romaine.

    Leur germanisation culturelle est indéniable après le IIIe siècle.

    Ils étaient établis sur les deux bras et îles de l’embouchure du Rhin, en particulier sur l'insula Batavorum (actuellement l'île de Betuwe). Selon Tacite, ils étaient établis là depuis longtemps et faisaient anciennement partie du peuple des Chattes. Des fouilles ont révélé un petit village de 6 à 12 maisons qui vivait probablement de cueillette (ramassage de coquillages) et agriculture et maîtrisaient l'usage du cheval. Le village comptait des écuries.

    Un centre batave a aussi été trouvé sur la rive sud du Waal, qui semble avoir été rasé lors de la « révolte batave ».

    Ce peuple établi sur la rive droite du Rhin a été déplacé vers l'actuelle Belgique et nord de la France par les Romains et aurait été chassé de la rive droite du Rhin par les Francs vers 300 ap. J.-C.

    La Notitia Dignitatum signale encore une garnison romaine composée de Batavi à Bayeux.

    Les Bataves ont été des auxiliaires des Romains. Ils leur ont notamment fourni un contingent de cavaliers. Ils se révoltent cependant contre Rome en 69-70 (insurrection demeurée dans l'historiographie comme la Révolte des Bataves), sous la conduite de Gaius Julius Civilis, pour être finalement soumis sous le règne de l'empereur Vespasien.

    La découverte d'écritures sur des tablettes en bois montre que certains d'entre eux maîtrisaient le latin.

    Envahis par les Francs à la fin du IIIe siècle, ils se mélangent à eux.

    Le peuple des « Bataves », Batāvi en latin, a engendré Batāvia, soit la Batavie nom du territoire que les Romains donnaient à la région de l'estuaire du Rhin dont ils contrôlaient les meilleures passes. Leur nom pourrait s'expliquer par le superlatif bata, meilleur (beter en néerlandais) appliqué, soit à l'eau ou aux voies d'eaux de l'estuaire qu'ils habitent, soit à eux-mêmes en tant que navigateurs.

    Les Bataves sont vus à tort comme les ancêtres des Néerlandais.

    Au XVIIIe siècle, l'adjectif « batave » tend à supplanter le terme « néerlandais » chez les partisans des Lumières, en souvenir de ces lointains ancêtres. Après la chute de Guillaume V d'Orange-Nassau, les Provinces-Unies deviennent la République batave.

    Lorsque l'Indonésie était une colonie des Pays-Bas, l'actuelle capitale, Jakarta, s'appelait « Batavia ».

    Quand il est utilisé en référence aux Néerlandais actuels, ce mot est considéré comme familier.

  • Bructères

     

    Les Bructères sont un peuple germanique. Ils s'établirent au début de notre ère à Hanovre et en Westphalie. Leur territoire,l'actuel district allemand de Berg, était compris entre la Lippe et les sources de l'Ems et autour de la ville de Soest(anciennement Soester Boerde).

    À partir de -12, ils furent soumis ainsi que les Sicambres et les Usipètes par le général romain Drusus, qui pénétra le pays par la rivière Lippe, avec fondation du camp d'Aliso sur la Lippe. Les Chauques, les Chattes et les Chérusques furent aussi soumis jusqu'à l'Elbe.

    Tibère continua la conquête après le décès de Drusus en -8. Les Ubiens, alliés des Romains, furent transférés sur la rive gauche du Rhin près de Cologne.

    Mais en l'an 1, les Germains se soulevèrent. En l'an 4, Tibère franchit à nouveau le Rhin et soumit à nouveau les Bructères, les Chérusques, les Chattuaires. Les territoires des Sicambres et des Bructères étaient totalement soumis au joug de Rome et commençaient à se transformer sous la présence romaine.

    Puis Quinctilius Varus fut nommé commandant en chef des troupes de Germanie et tout se dégrada. Il voulut à toute force imposer le droit romain et sa notion de la propriété privée (inconnue chez les Germains) et supprimer les coutumes locales, notamment le Thing, assemblée où le compagnon était jugé par ses pairs.

    Ce fut la révolte générale, animée par le chérusque Arminius, à laquelle se joignirent les Bructères. Ils participèrent à la lutte contre les Romains jusqu'à la défaite de Varus au Teutoburg.

    En 58, le chef des Ampsivariens Boiocalus demande leur aide ainsi que celle des Tenctères pour un conflit de terre sur le Rhin inférieur avec les Romains. Mais sous la menace de Rome, ni eux ni les Tenctères ne bougeront.

    En 69, en Germains libres, ils soutiennent la révolte des Bataves pour soutenir Vespasien. Ils y sont poussés par leur fameuse vierge prophétesse Velléda qui leur prédisait la victoire et qui joua un rôle diplomatique entre eux et les Romains. Lors de leur défaite en 77 ou 78 par C. Rutilius Rufus elle fut menée à Rome en triomphe.

    Ils furent envoyés plusieurs fois aux jeux du cirque.

    Tacite affirme qu'ils furent alors détruits (comme les Ampsivariens). Mais ils vont réapparaître plus tard, peut-être avec des liens plus forts avec les autres Francs.

    Ils envahirent plusieurs fois la rive gauche du Rhin en effectuant des razzias, notamment en 250, etc.

    En 306, des bandes franques pillent la région du Rhin. Parmi elles se trouvent Ascaric et Mérogaise (ou Ragaise), qualifiés de "rois francs". Ils ne sont probablement que de simples chefs de guerre élus ou proclamés rois par leurs guerriers, le peuple qu'ils gouvernent est probablement celui des Bructères (Settipani, Kurth, Rouche).

    En 310, Constantin remporte des campagnes victorieuses contre les Francs et les Alamans unis aux Bructères, aux Chamaves, aux Chérusques et aux Tubantes.Ascaric et Mérogaise seront capturés par Constantin qui les fait jeter aux fauves a Trèves.

    En 388, avec les Chattes et les Ampsivariens, ils ravagèrent la rive gauche du Rhin et Cologne. Durant l'hiver 389, le général romain Arbogast se rendit à Cologne et, traversant le Rhin, ravagea en représailles le pays des Bructères, qui est le plus près de la rive, et un village chamave, sans que personne se présentât, si ce n'est quelques Ampsuares ou Chattes (Sulpice Alexandre, d'après Grégoire de Tours).

    Mais le 31 décembre 406, comme les autres Francs chargés de soutenir Rome, ils ne participèrent pas aux grandes invasions (Vandales, Suèves, Alains) qui débutèrent à Mayence sur le Rhin gelé et défendirent le limes romain.

    D'après Ferdinand Lot, ils constitueraient l'essentiel des Francs ripuaires (le terme n'apparait qu'en 727), avec des Ampsivariens et des Tenctères (peut-être se sont-ils regroupés à la suite des différentes défaites contre Rome et des assauts des Alamans et des grandes invasions). Après 410, ils auraient envahi toute la rive ouest du Rhin jusqu'à la forêt Charbonnière, de Cologne à Mayence en prenant Trèves. En 428, Aetius leur reprend Trèves et les installe comme fédérés pour Cologne et Mayence. Ils n'auraient repris le cours moyen de la Moselle et Trèves qu'après 454 à la mort d'Aetius. Leur capitale sera Cologne. Ce sera le noyau de l'Austrasie.

    La langue de Charlemagne était le francique ripuaire ou bructère.

  • Chattes, Cattes

     

    Les Chattes (latin chatti) ou Cattes sont un peuple germanique ancien, qui s'était établi au début de l'ère chrétienne dans la région du cours supérieur de la Weseret de l'Eder.

    Redoutables fantassins, ils ont donné naissance à l'actuelle Hesse (Hattes ou Hesse) et à la Franconie au-dessus du Main. Les Bataves seraient un rameau issu des Chattes.

    Les Chattes sont cités par Pline l'Ancien, vers 75, comme membres d'une fédération ethnique commune avec les Suèves et Chérusques. Excepté le nom de celle-ci – les Herminones – on ignore à peu près tout ce qui la concerne : la nature même de cette alliance reste obscure. On sait aussi que les Bataves faisaient originellement partie des Chattes, comme les Mattiaques (Tacite, Germania), mais ces derniers se tournèrent assez vite vers Rome plutôt que vers les peuples demeurés « libres » de la Germanie intérieure.

    Peu après le début de notre ère, les Chattes participèrent à l'insurrection menée par Arminius qui conduisit à la perte des légions romaines de Varus, lors de la bataille de Teutoburg : les Chattes comptent ainsi parmi les acteurs principaux de la fin de l'expansion romaine au-delà du Rhin.

    À la suite de cet épisode et au cours du ier siècle de notre ère, le limes rhénan fut établi au sud de leurs territoires, non sans que plusieurs heurts aient eu lieu auparavant.

    Leur capitale, Mattium, dans la Hesse, fut incendiée lors de la campagne transrhénane de Germanicus († en 19).

    Vers 37, les Chattes, qui accomplissaient leurs pillages jusqu'au territoire des Ubiens, d'où était originaire Agrippine, firent l'objet d'une campagne punitive romaine menée par Lucius Pomponius : lors de celle-ci, le général libéra des Romains qui avaient été capturés et mis en esclavage à l'époque de Varus (Tacite, Annales). Les Chattes furent contraints de négocier la paix et durent envoyer des otages à Rome : parmi ces derniers devait se trouver la fille du chef des Chattes, Catumerus, dont le fils devint à son tour roi des Chérusques (Tacite, op. cit. XI, 16).

    En 70, une révolte fut menée, au départ pour soutenir un autre candidat à la dignité impériale, par le Batave Civilis, qui était officier et citoyen romain. Cette révolte prit ensuite un tour anti-romain lorsque le candidat originellement soutenu fut tué (Vitellius).

    Établi dans l'Empire, Civilis n'hésita pas alors à aller chercher de l'aide pour l'occasion chez les Chattes, de l'autre côté du Rhin. Il fut finalement vaincu par les troupes demeurées fidèles au nouvel Empereur.

    L'empereur Domitien (81 – 96 ap. J.–C.) affronta encore les Chattes parmi d'autres peuples de Germanie intérieure (Suétone).

    D'après Ferdinand Lot, il est probable qu'au Ve siècle ils se soient établis sur le cours inférieur de la Moselle et qu'ils aient colonisés l'est du département de la Moselle. (La vallée de la Moselle est occupée par les tribus franques en 454).

    La région d'origine des Chattes commença à se convertir au Christianisme au début du viiie siècle de notre ère, sous l'action du missionnaire Saint Boniface. Ce dernier fit abattre un chêne sacré leur appartenant en 723, près de Fritzlar.

    Le nom de la Hesse trouve son étymologie dans le nom des Chattes.

    Tacite, dans ses Annales, nous informe sur un affrontement survenu entre les Chattes et les Hermundures : il mentionne alors que les premiers prêtaient un caractère sacré aux rivières et aux forêts où l'on produit du sel et qu'ils pouvaient dédier leurs guerriers à Mars avant le combat, ce qui entraînait la mise-à-mort dans le cas où ils étaient les perdants de la bataille.

    Enfin, dans la Germanie, il nous apprend que les Chattes se laissaient pousser la barbe et les cheveux et portaient un anneau de fer en guise de marque d'infamie jusqu'à ce qu'ils aient tué leur premier adversaire au combat.

     

    (Ressources Wikipédia)

  • Chauques

     

    Les Chauques (latin Chauci) se présentent comme étant une tribu germano-celte, issue des tribus dites "du Rhin", et appartenant à la culture de Jastorf. Les principales traces que l'on possède sur les chauques se révèlent au cours de la période de la Rome antique, notamment par le biais de textes antiques tels que la Germanie de Tacite ou encore des rapports de généraux de légions romaines. Cependant, on a récemment pu relever des indices archéologiques et toponymiques marquant leur ethnogénèse aux environs de 400 av. J.-C.

    Le territoire des chauques

    À l'instar de nombreuses autres tribus celtes ou germaniques, les chauques ont souvent migré au cours de leur histoire; soit pour des raisons économiques (pénuries de denrées alimentaires, pillages des biens et des richesses matériels de tribus voisines ou distantes par la mer) soit pour des raisons militaires (guerres frontalières). Incidemment, le territoire qu'ils occupaient est difficilement cernable et précis.
    Néanmoins, on peut retenir par le biais de preuves archéologiques que les chauques se localisaient globalement sur le nord-est de l'actuel Pays-Bas et le Nord-ouest de l'Allemagne. Dans le détail, dans un premier temps leur territoire s'étendait essentiellement de la Frise à l'ouest jusqu'à l'Elbe à l'est; ayant ainsi la Mer du Nord pour façade maritime.
    Dans un deuxième temps, au cours de la période romaine, Tacite nous rapporte qu'ils se sont installés plus au sud, à l'embouchure de la Weser ainsi que le long de la vallée de l'Elbe.
    Les chauques étaient également décrits comme les "peuples des fleuves"; ils étaient considérés et décrits comme les seuls maîtres des fleuves de la Weser, de l'Ems et de l'Elbe; ce qui nous indique une donnée supplémentaire sur leur territoire. Enfin, il ressort à travers des écrits de Tacite, que leur territoire les plaçaient en voisins directs des frisons à l'ouest; ainsi qu'au nord des chattes et des chérusques, dont les territoires étaient essentiellement localisés sur les rives de la vallée de la Weser, proches de la forêt de Teutberg pour les premiers, non-loin des rives de l'Elbe pour les seconds.

    Les chauques sous l'antiquité romaine

    Ce que l'on connaît des chauques dans leur dimension historique, reste ponctuelle, parfois floue et peu représentée en termes de matériel écrit. Toutefois, il est possible d'établir une chronologie s'étalant sur approximativement 300 ans et essentiellement concentrée sur la période de l'Antiquité Romaine. Souvent associés aux Angles, aux Frisons et aux Saxons, ils œuvraient au sein de conglomérats militaires efficaces s'opposant aux légions romaines; les chauques étaient l'une des tribus faisant partie de ce qu'il convient d'appeler la "ligue des trente".

    En l'an 12 av. J.-C., ils mirent hors d'état les légions de Nero Claudius Drusus, pourtant alliées aux armées frisonnes et bataves. Les confrontations eurent essentiellement lieu sur les mers et dans la vallée de l'Ems.

    En l'an 9 ap. J.-C., les chauques prirent part au soulèvement de Arminius face à Varus aux côtés des chattes et des charusques.

    En 41, ils appuient les frisons dans la révolte de ces derniers contre le règne de Caligula. En outre, les chauques eux-mêmes se soulèvent face au gouverneur administrant la province romaine des chauques, Publius Gabinius Secundus.
    Ils furent confronté aux opérations militaires de Corbulon en 47.
    Au sein des légions placées sous l'égide de Domitius Corbulo, un jeune romain effectue alors son service militaire ; il s'agit de Pline l'Ancien, qui beaucoup plus tard, nous rapportera à travers ses écrits et mémoires, le déroulement de cette bataille à laquelle il avait participé. Assaillis, les chauques répliquent néanmoins peu de temps après; réplique qui prend la forme d'attaque de piraterie sous le commandement de leur chef Ganiascus.

    En 58, les chauques se confrontent aux Ampsivariens sur les rives et les eaux du fleuve Ems.
    Les ampsivariens doivent battent en retraite face à la puissance militaire et maritime chauque et prennent refuge sur les territoires voisins.

    En 69 et 70 ; les chauques prennent part à la rebellion de Civilis (lequel appartenait à la tribu des bataves, qui cependant possédait une citoyenneté romaine, mais également un statut et un grade important au sein de l'empire romain. Outre les bataves, les chauques guerroient aux côtés de nombreuses autres tribus dont les frisons, les chattes et les chérusques. Cet événement fut plus tardivement cité sous le nom de "Révolte des Bataves".

    En 174, ils dirigent des attaques sur la Gaule en déployant leur armada de navires sur les côtes gauloises bordant la Mer du Nord et la Manche, avant de lancer une offensive terrestre. Puis en 175, le consul romain Didius Julianus parvient à contrecarrer les invasions des chauques en Gaule et met en déroute ces derniers. L'empire romain était alors à son apogée, mené sous l'égide de Marc Aurèle, lequel multiplia sous son règne des guerres principalement frontalières, dans le but de résorber les fissures du vaste territoire romain.

    En 288, les chauques s'associent aux Frisons afin de déjouer l'attaque romaine menée par Carausius, lequel, débordé de toutes parts, se voit dans l'obligation d'opérer une retraite avec lui et ses hommes. Dès lors, ces derniers prennent pied en Grande-Bretagne, où Carausius se fait nommer empereur par ses propres légions.

    Mode de vie et économie

    Leur habitat se regroupait sur des éminences proches du littoral, les terpen; par ailleurs les chauques pratiquaient essentiellement l'élevage; leur cheptel était majoritairement constitué d'ovins (moutons) et dans une moindre mesure de bovins et d'équidés.
    Leur façade maritime, ouverte sur la Mer du Nord induisait une économie également basée sur la pèche. De plus, ils possédaient une flotte militaire non-négligeable (cette dernière était constituée de plus de 1000 navires) qui leur permettaient, la plupart du temps, de prendre le dessus sur les mers vis à vis de leurs adversaires. Cette même compétence maritime leur donnait également un ascendant évident pour des projets de conquêtes via les côtes de littoral, par exemple au cours des invasions du IIIe siècle sur les côtes nord de la Gaule, notamment.

    L'éventuelle présence des Chauques dans le poème épique de "Beowulf"

    On a parfois considéré que le terme vieil anglais Hugas présent dans Beowulf désignait les Chauques, cette hypothèse est toutefois controversée et incertaine et d'autres interprétations du terme Hugas ont été proposées.

    En revanche, il est possible d'envisager "hugas" tel un terme générique désignant la noblesse d'un peuple ou plus directement "le peuple noble". Hugas désigna effectivement les chauques, mais aussi, plus tardivement, les Francs; ces deux peuples se distinguaient, l'un comme l'autre par leur noblesse d'esprit. Le terme hugas est derivé de "hugues", en langue franque. Il faut également par ailleurs souligner que Tacite fait des chauques une description positive et remarquablement flateuse; selon lui, ces derniers seraient " le plus noble des peuples"; ils seraient également ordonnés et valeureux sur les mers.
    En outre, il a souvent été évoqué "hugas" dans différents textes antiques et haut-moyenâgeux, pour désigner les peuples vivant en bordure de la mer du Nord - tel que les chauques, les frisons, les francs...
    Enfin le terme hugas pourrait également découler du haut-allemand eigenossen, signifiant "confédérés"; exactement ce qu'était les chauques vis-à-vis de la confédération saxonne; mais cela demeure une hypothèse qui manque d'éléments déterminants.

  • Chérusques

     

    Les Chérusques (latin Cherusci) sont une puissante nation germanique au temps de la Rome antique, établie dans la région de la Weser (entre l'Elbe et la forêt de Teutoburg).

    Mentionnés par César en 54 av. J.-C. qui les situe au delà des Suèves, séparés d'eux par la foret de Bacenis, et soumis aux Romains en l'an 12 av. J.-C., ils se soulevèrent à l'appel d'Arminius, ils anéantirent trois légions romaines, ils prirent une part importante dans la lutte contre la domination romaine, participèrent au soulèvement contre Varus en l'an 9 et contre Germanicus en 15 et 16 ap. J.-C. Ils reconquirent leur indépendance avant d'émigrer vers la Saxe. Un haut degré de civilisation est attesté par des fouilles.

    Avec Arminius et la bataille de Teutoburg en 9 ap. J.-C., ils sont à l'origine de la formation de la confédération des Francs(Chérusques, Bructères, Chattes, Marses).

    Ils furent sans doute par la suite absorbés par la puissante tribu des Chattes.

    Johann Jakob Bodmer a écrit une pièce inspirée de l'histoire de ce peuple qui fut à l'origine de la pièce Les Chérusques (1773) de Jean-Grégoire Bauvin.

    On peut noter également au niveau de l'histoire du costume, l'utilisation du terme "la chérusque" pour désigner la collerette dressée, en dentelle ou en gaze, réapparue dès le Consulat et mise à la mode pendant la période du Premier Empire sur les robes de cour des dames de haut rang.

     

    Europa germanen

  • Francs

     

    Mérovée

    Les Francs constituent un peuple germanique apparaissant sous la forme d'une confédération de tribus au moment des grandes invasions. Une partie d'entre eux joue un rôle central dans l'histoire de France, des Pays-Bas, Belgique et Allemagne à compter de leur sédentarisation en Gaule romaine. Ils ont donné leur nom à la France et aux Français ainsi à nombreuses places et regions en Allemagne, les plus connus étant la ville Francfort-sur-le-Main et la région nord de Bavière, Franken, Franconie en français.

    Les Francs partageaient le paganisme polythéiste des Ases, fixant le destin des hommes, avec les autres peuples germaniques et scandinaves. Le dieu Wuodan était le père des dieux, il présidait à la guerre, à la poésie et à l'éloquence. Il eut pour épouse Frikka, déesse de la fécondité et de la victoire, avec qui il eut un fils, Donar, dieu du tonnerre, du vent, des saisons, de la fertilité. Les Germains vus comme héros étaient également déifiés. Le chef des Chérusques, Hermann ou Irmin (latinisé en Arminius), qui avait été élevé à Rome et avait servi dans les armées d'Auguste, retourna en Germanie et organisa une résistance contre l'empire. En 9, il tendit un piège à Varus dans le forêt de Teutobourg, où ses légions composées de près de vingt mille soldats furent massacrées. Hermann mena des escarmouches contre les Romains, et s'employa à détruire les fortifications romaines de l'Elbe, de la Weser et du Rhin. Voulant apaiser les conflits entre rois germains, il fut accusé de dictature et finalement empoisonné. Il fut alors érigé en héros et célébré par des chansons populaires. Les Saxons lui dédièrent un temple à Ehresbourg (Stadberg) en Westphalie, faisant face à un arbre nommée Irminsul. Les Germains lui vouèrent un culte en se réunissant autour d'Irminsul, jusqu'à ce que Charlemagne fasse abattre l'arbre en 772 pour abolir le culte païen. Ils vénéraient également la nature comme les sources, les arbres et les rochers, mais aussi les astres, notamment la Lune et le Soleil. Leurs rites se déroulaient autour d'un arbre sacré, au sommet d'un rocher, ou au fond d'une caverne. Ils croyaient à la résurrection des corps et, les Germains occidentaux, enterraient les morts avec leurs objets précieux et leurs armes, afin de continuer à guerroyer outre-tombe et à festoyer après que Wotan les ait envoyés dans le Walhalla (Valhöll). Les Germains orientaux (Burgondes, Goths...) purent pratiquer des rites funéraires différents, à cause de divergence en cette croyance.

    Hermann, Arminius

    Ainsi, Childéric Ier se fit inhumer avec des vêtements brodés d'or et était revêtu d'un manteau en brocart de soie pourpre revêtu d'abeilles d'or cousues avec grenats, le paludamentum des généraux romains. Il s'agissait peut-être d'abeilles naissant dans une peau de taureau et fournissant à l'humanité le miel de l'abondance. Il portait également une cuirasse et une fibule cruciforme en or, insigne des hauts fonctionnaires impériaux. Sa bourse était remplie de plus d'une centaine de pièces d'or frappées entre les règnes de Théodose II et Zénon. À cela s'ajoutaient plus de deux cents monnaies d'argent datant de la république romaine jusqu'à Constance II et un anneau sigillaire. Ces éléments témoignent de sa romanisation très poussée. Son épée longue (spatha) possédait une garde composée de deux animaux dos à dos, sa bouterolle décorée d'une plaque à deux têtes d'oiseaux symétriques, ainsi que la hache d'un seul tranchant. Les cramasaxe était rangé dans un fourreau décoré d'or cloisonné avec des grenats. À son épée était suspendu un talisman fait en boule de cristal de roche. Ses chevaux de guerre ayant été sacrifiés pour être enterrés avec lui, devaient lui venir en aide pour combattre au Walhalla, à l'image de Wotan chevauchant Sleipnir. Une imitation de tête de taureau, symbole de force et du renouvellement de la vie, était accrochée sur la tête de l'un d'entre eux. Le titre de chef était décerné à celui dont la famille descendait d'un dieu. Les familles royales cherchaient donc à se rattacher aux dieux en revendiquant une ascendance semi-mythique et en l'inscrivant dans la mémoire collective : ainsi, selon Frédégaire, la mère de Mérovée aurait été violée par un monstre marin en forme de serpent appelé Neptune Quinotaure (cinq fois taureau), ou d'un monstre anguipède (au pied de serpent), peut-être un dieu indo-européen. Il en était de même chez les autres peuples germaniques comme les Amales ou les Anglo-saxons : en 450-455, selon Bède le Vénérable, des chefs anglo-saxons nommés Hengist (étalon) et Horsa (cheval) débarquèrent sur l'île de Britannia et prétendaient avoir Voden (Wotan) comme arrière-grand-père. Ce sont des mythes de fondation classiques chez les peuples de l'Antiquité occidentale.

    Au combat, le roi-prêtre s'exposait à la vue des adversaires, action vue comme preuve d'une grande hardiesse. Seul cavalier de la troupe, il chevauche une monture blanche afin de se rendre mieux visible de ses ennemis. Souverain sur le plan temporel et spirituel, il est sacré par la diffusion du charisme (heil) du chef de guerre (heerkönig, littéralement « roi d'armée ») : véritable incarnation de Wotan chevauchant Sleipnir, il est possédé par le heil qui lui procure vie, santé, victoire (devenant ainsi heilag), puissance sacrée déclenchant la violence destructrice. Il devient ainsi le descendant des dieux possédé par les puissances de l'au-delà. S'il est tué au combat, c'est que les dieux l'ont abandonné ou choisi pour le Walhalla. La mort du roi signifiait la retraite pour les adorateurs de ce chef de guerre possédé, dont la fureur guerrière était divine. Wotan étant fourbe, inconstant et rusé, il inspirait un tel comportement à ceux qu'il possédait. Le pouvoir des guerriers pouvait être renforcé par Thor, et par Freya dont les prêtresses sacrifiaient des hommes pour équilibrer les morts et obtenir la victoire, ou pour obtenir des enfants. Le paganisme déclina à partir de l'adoption du catholicisme après le baptême de Clovis Ier vers 500. Le choix catholique permit aux Francs d'avoir l'appui du clergé gallo-romain qui luttait contre l'arianisme, une hérésie condamnée aux conciles de Nicée (325) et Constantinople (381) mais à laquelle les autres peuples germaniques avaient été gagnés. Pour les Germains, l'arianisme se rapprochait plus de leur ancienne religion, car le roi-prêtre païen conservait toute sa sacralité et restait détenteur de pouvoirs temporels et spirituels, concentrant ainsi entre ses mains pouvoirs spirituel et politique.

    La langue ou peut-être les dialectes originellement parlés par les Francs se rattachent aux langues du groupe germanique occidental (ou westique). Les peuples germaniques au nord du Rhin et des Alpes, qui acquirent une culture écrite en dehors de l'empire gardèrent leur propre langue, les peuples qui s'établirent dans l'empire abandonnèrent leur langue pour le latin vulgaire. Cependant, les Francs installés en Gaule du nord donnèrent une coloration spécifique au latin vulgaire parlé en ces contrées, qui aboutit plus tard aux langues d'oïl, et notamment aux dialectes septentrionaux (picard, wallon, normand, champenois et bas-lorrain).

    Historiquement, les Francs du début du Ier millénaire parlaient des dialectes du groupe linguistique dit bas-francique, groupe dans lequel on classe le néerlandais, entre autres. On ne connaît pas de forme écrite du vieux bas-francique, c'est essentiellement une langue reconstituée par les spécialistes. Il existe bien l'inscription runique de Bergakker, mais sa provenance exacte reste à éclairer. Le vieux bas-francique est souvent appelé improprement francique, alors que les langues franciques proprement dites, comprennent aussi des dialectes du moyen allemand et du haut allemand dans la taxinomie actuelle des langues.

    Envermeu : On a retrouvé de nombreux vestiges datant du Haut Moyen Âge dans le champ de la Tombe (à 500 m au nord-est de l’église) : 800 sépultures ont été mises au jour et l'on a dénombré 460 squelettes de guerriers avec leurs armes (scramasaxes, angons, spatha, francisques, framée) et de femmes ornées de leurs bijoux et parures. De plus, on dénombre plusieurs tombes de chevaux, selon la coutume typiquement germanique de les enterrer auprès de leur propriétaire, déjà décrite par Tacite dans Germania. Ces tombeaux attestent d’une présence de l'armée franque du nouveau pouvoir.

    Avesnes-en-Bray : En 1866, au lieu-dit Camp Vaquier, l'abbé Cochet a fait des fouilles archéologiques à la suite de la découverte accidentelle d'un sarcophage en pierre et a mis au jour une nécropole entière du haut Moyen Âge d'au moins 12 fosses placées sur 3 rangs et orientées est-ouest. Elles ont fourni un mobilier important: 5 vases, 1 scramasaxe, 1 couteau, 5 agrafes de ceinturon avec plaques dont plusieurs étaient damasquinées, une belle plaque damasquinée, une chainette en fer, 4 perles en pâte de verre, 2 fibules dont une en bronze ansée, une bague en bronze, une paire de boucles d'oreille (franques) et un petit bronze romain du Haut Empire. Ces objets se trouvent maintenant au Musée départemental des antiquités (Rouen).

    Douvrend : Au hameau de Beauvert, dans le Champ de l'Arbre ont été exhumés 150 à 200 cadavres placés dans des fosses de craie et accompagnés d'un mobilier funéraire du Haut Moyen Âge. Les objets recueillis furent déposés à la bibliothèque de Dieppe ou au Musée départemental des antiquités (Rouen). En 1865, l'abbé Cochet, assisté de P. H. Cahingt, entreprit une fouille sur une portion de cette ancienne nécropole qu'il data du VIe et du VIIe. Il découvrit 140 sépultures disposées en 25 rangées nord-sud et orientées est-ouest comme par exemple à Londinières, ce que les archéologues allemands nomment Reihengräberfriedhof. Aucun plan précis de ce cimetière ne nous est parvenu. Parmi le mobilier, on distingue :

    Une paire de grandes fibules ansées en argent doré, une épingle en argent doré, une paire de fibules ansées en bronze doré, une applique en bronze estampé, des boucles d'oreille en argent, un argenteus (monnaie en argent) de Justinien du vie siècle et un antoninien de Claude le Gothique, percé, il devait servir d'ornement, une aiguille en argent, une bague en or

    Vingt-quatre vases de terre, dont certains étaient remplis de coquillages.

    Un vase de verre à ocelles de couleur verdâtre, un bol verdâtre bullé de forme évasée, un collier de perles de verres, une boule de cristal

    Un fauchard (32 cm), une petite hache (11 cm) dissymétrique à tranchant incliné vers le bas, une hache en fer (11,2 cm), un Langsax (un « scramasaxe long », de 45,5 cm), une pointe de lance à flamme triangulaire, 11 autres fers de lance, quatre saxes courts (poignard), un bouclier rond (de type germanique) avec son umbo et son manipule, un « sabre », cinq francisques et vingt-et-une autres scramasaxes, etc.

    On a repéré les restes d'un cheval dans une fosse, selon la coutume déjà évoquée par Tacite au ier siècle dans La Germanie, mais cette pratique se développe surtout aux VIe-VIIe siècles. Cependant, rares sont les découvertes de ce type en Gaule mérovingienne, mais on peut citer l'exemple de la nécropole d'Envermeu où plusieurs squelettes de chevaux ont été identifiés avec leurs mors à côté ou des tombes mérovingiennes de Saint-Dizier. En revanche, cette pratique d'enterrer des chevaux entiers ou des quartiers du même animal est répandue en Europe du nord.

    Londinières : P. H. Cahingt, accompagné de l'abbé Cochet a découvert environ 400 fosses taillées dans la craie et qui renfermaient parfois plusieurs corps. Les sépultures étaient orientées ouest-est et disposées en rangées nord-sud. Comparativement aux nécropoles mérovingiennes analogues de Douvrend ou d'Envermeu, le mobilier exhumé est relativement peu luxueux (aucune pièce d'or ou dorée). Dans ce mobilier se trouve : des plaques boucles en bronze datées du VIIe siècle, des fibules, une abondante céramique (150 pots, des vases, des assiettes) et un peu de verrerie. Le grand nombre d'armes découvertes sur le site et leur type montrent qu'il s'agissait de guerriers francs (avec femmes et enfants) : on dénombre pas moins de 130 scramasaxes, une vingtaine de breitsaxes, 3 spatha (épées), une quinzaine de haches dont une francisque, des fers de flèches, 75 lances, un umbo de bouclier en fer, une etc.

    Une fouille préventive menée par l'INRAP sur le site de la Tuilerie à Saint-Dizier a mis au jour un petit groupe de sépultures, celles de deux hommes, une femme et un cheval, datant du VIe siècle.

    La femme est décédée jeune et portait de nombreux bijoux, dont quatre fibules, deux petites au cou et deux ansées plus bas sur le corps, selon une mode qui se répand de la Grande-Bretagne à la Hongrie à cette époque, principalement chez les femmes d'un rang social élevé. Les deux hommes étaient de haute stature et inhumés dans des tombes luxueuses, comparativement à celle de la jeune femme. Ils portaient également des bijoux et, comme de coutume, le scramasaxe, l'épée et une ceinture à boucle en matière précieuse. Boucliers et haches, ainsi qu'angons et lances se trouvaient à l'extérieur des cercueils, dans la chambre funéraire.

    Les caractéristiques de ces sépultures les rattachent au faciès archéologique des tombes de « chefs francs » du début du VIe siècle. On les retrouve avec une remarquable homogéneité entre Seine et Rhin, jusqu'au Danube, et elles se distinguent par la présence d'armes de prestige, de bijoux et d'objets datant de la même époque et d'aspect analogue.

    Les tombes de ce type les plus précoces, se trouvent au centre du royaume Franc, alors que celles un peu plus tardives, comme Saint-Dizier, se situent à la périphérie.

    Plusieurs légendes et théories ont été proposées pour expliquer l'origine des Francs.

    Vers 580, le chroniqueur Grégoire de Tours parle d'un peuple de Pannonie qui aurait remonté le Danube puis se serait installé sur les bords du Rhin, pour ensuite envahir la Gaule.

    Vers 660, La chronique de Frédégaire, suivie par le Liber Historiae Francorum vers 725, affirme que les Francs sont issus de rescapés de la ville de Troie, prise par les Grecs.
    Contestée dès le XVIIe siècle, cette théorie est maintenant totalement abandonnée.

    En 1714, l'historien Nicolas Fréret est le premier à énoncer la thèse selon laquelle les Francs sont issus d'une ligue de peuples germaniques, mais cette thèse jugée « attentatoire à la dignité de la monarchie » vaut à son auteur six mois d'emprisonnement à la Bastille.

    S'appuyant sur l'aptitude maritime des premiers Francs et sur des pratiques guerrières et économiques différentes de leurs voisins les Germains, l'historien Roger Grand propose en 1965 de voir dans les Francs des émigrés scandinaves qui seraient venus sur les bords du Rhin au cours du IIIe siècle. Cette thèse n'a cependant pas résisté à la critique.

    Durant les premiers siècles de notre ère, les peuples germains sont en constante migration, sous la pression d'autres peuples migrants. Les peuples situés entre le Rhin et la Weser, ne pouvant franchir le limes rhénan, migrent vers la Hesse et la Thuringe, mais se heurtent à d'autres peuples.

    Pour résister à cette pression, une première ligue de peuples germaniques se constitue au début du IIIe siècle. Ses membres la nomment la ligue de tous les hommes (alle man en langue germanique). Cette ligue, qui apparaît pour la première fois en 213 dans les textes romains sous la forme Allamannicus qui a donné Alamans, avait pour but de résister aux peuples germains voisins et de conquérir de nouveaux territoires, d'abord sur d'autres peuples germains, puis en tentant de franchir le limes germanique.

    À la même époque, une autre ligue, non plus assujettie à l'Empire, se forme plus au nord, le long du Rhin et en Germanie inférieure. Il s'agit de la Ligue franque, d'abord constituée des peuples Chamaves, Chattuaires, Bructères et Saliens, la ligue comprend aussi les Tongres déjà installés en Belgique, auxquels contribuent les Sicambres. Ils sont rejoints par la suite par les Ampsivariens, les Tenctères, les Tubantes et les Usipètes.

    Francia est d'ailleurs une adaptation latine du IIIe siècle du terme Franko(n), nom que donnaient les Francs à leur domaine. Des monnaies d'or de l'empereur Constantin Ier émises en 306 après des victoires contre les Francs et les Alamans portent à l'exergue Francia et Alamannia, ce qui semble démontrer à cette époque l'existence d'un pays des Francs que les Romains appellent Francie, et qu'ils distinguent nettement du pays voisin des Alamans. Francia n’a alors pas une connotation politique, mais plutôt géographique ou sociologique, comme Maghreb ou Balkans au XXIe siècle. Aux IIe siècle et IIIe siècle, Franci désignait alors une ligue ou confédération de peuples germaniques installés sur la rive inférieure droite du Rhin (c'est-à-dire au nord-est du Rhin), au-delà des frontières de l'Empire romain.

    Franc (latinisé en francus) désigne plus tard l'homme libre (fin du VIe siècle), mais ce n'est que par un glissement de sens postérieur, un adjectif tiré du nom propre. Ce nom pourrait remonter au germanique commun *frankō « javelot, lance », attesté dans le vieil anglais franca et le vieux norrois frakka, ce qui supposerait que la ligue franque aurait tiré son nom d'une arme totémique à l'instar des Saxons et leur saxe « épée courte ». D'autres y voient un allomorphenasalisé de l'adjectif *frakaz « audacieux, effronté, hardi », continué par le m. néerl. vrak, le v. angl. frǣc, le frison occ. frak, le vx. norvégien frakkr et le suédois régional frak. Une série à e (cf. néerl. vrek, all. frech, vx. norr. frekkr) s'explique par l'apophonie. Pourtant, sur le plan phonétique, une nasalisation spontanée de /ak/ à /ank/ ferait difficulté.

    Le peuple franc est avant tout un peuple de guerriers qui élisaient et se plaçaient librement pour les affaires militaires sous l'autorité d'un chef de guerre, nommé rex francorum, « roi des Francs », qui exerçait son autorité dans son *gawi (cf. néerl. gouw, all. Gau), ou pagus « canton administratif ».

    C'est en 254 que les Francs débutent leurs incursions sur le sol romain. Au même moment, les Alamans attaquent une nouvelle fois le limes qu'ils franchissent et ravagent la Gaule belgique. Durant le début du IIIe siècle, l'élévation du niveau de la mer provoque la progression de la mer du Nord sur la plaine de Flandre et la Frise, transforme le lac Flevo en golfe marin, le futur Zuiderzee. Il s'ensuit un appauvrissement des populations locales, les Frisons, les Francs et les Saxons, qui incite ces derniers à se lancer dans la piraterie et le pillage de l'Empire romain. Ils commencent par le pillage de la Germanie inférieure avant d'être repoussés par Gallien en 257. Profitant du départ de Gallien vers la Pannonie, les Francs reprennent leurs incursions, mais sont provisoirement battus par Postumus. Il se proclame empereur des Gaules et doit lutter contre Gallien, ce qui laisse le champ libre aux incursions terrestres des Francs, qui se lancent également dans des expéditions maritimes, ravageant la baie de Somme, le Cotentin, le Morbihan, les basses vallées de la Seine et de la Loire et même les côtes de la Lusitanie. Ce n'est qu'en 264 que Postumus réussit à mettre fin à ces raids, tant terrestres que maritimes.

    La mort de Postumus et les luttes de ses successeurs contre les empereurs légitimes laissent le champ libre aux Francs et aux Alamans qui reprennent leurs pillages en 269. Probus soumet les Alamans en 277, mais ne parvient pas à réduire ni les Francs occidentaux qui occupent la Batavie, ni les Francs transrhénans qui occupent la Toxandrie et les environs de Trèves. En 286, Carausius, un général romain envoyé en Bretagne par l'empereur Maximien et craignant une disgrâce, se proclame empereur. Afin d'empêcher Maximien de réagir, il s'empare de Portus Itius, s'allie aux Francs et les installe sur les embouchures du Rhin afin de contrôler les deux points qui pourraient permettre à Maximien d'envahir la Bretagne. En 287 ou en 288, Maximien écrase le roi salien Gennobaud qui choisit de se soumettre sans combat, avec tout son peuple. Maximien accepte sa reddition et installe les Saliens en Toxandrie, à l'embouchure du Rhin derrière le limes en Gaule belgique, d'abord sous le statut de Lètes (soumis à l’autorité impériale), mais ce succès ne lui permet pas de reconquérir la Bretagne, la flotte romaine ayant probablement été malmenée par une tempête. Constance Chlore termine la reconquête de la Bretagne et, ayant eu des problèmes avec quelques Francs, déporte des Chamaves et des Frisons en Gaule dans les pays des Ambiens et des Bellovaques.

    En 306, Ascaric et Mérogaise, deux rois francs, probablement bructères envahissent la Gaule, mais Constantin les vainc, les capture et les fait jeter aux fauves à Trèves. Sans doute à la suite de cette victoire, l'empereur romain émet des aurei frappés à Trèves montrant au revers une allégorie de la Francie, effondrée aux pieds d'un trophée d'armes, avec la légende Francia à l'exergue.

    Durant le IVe siècle, les invasions continuent mais sont toutes repoussées par l'armée romaine. Un nouveau phénomène apparaît au sein de cette dernière. En effet, les citoyens romains rechignent à s'engager dans l'armée ou simplement à faire leur service militaire, et pour compenser la baisse des effectifs, les empereurs romains engagent des soldats germains qui intègrent l'armée romaine. Nombreux sont les Francs qui s'engagent et certains parviennent aux plus hautes fonctions militaires et politiques :

    Bonitus, chef franc transrhénan, maître de la milice en 324 qui rendit plusieurs services à Constantin le Grand contre Licinius.

    Silvanus, fils du précédent, ce qui montre une intégration dans l'empire, est un général qui, accusé de trahison par une faction de la cour, prend peur et se proclame empereur en 355. Deux autres officiers francs, Mallobaud, tribun des Scholes, et Malaric, avaient pris sa défense.

    Charietto, chef salien installé à Trèves en 355, organise la défense de la Germanie supérieure contre les incursions des Chamaves, autre peuplade franque.

    Mérobaud, général franc de 363 à 383, fidèle de l'empereur Julien, puis de Valentinien Ier, consul en 377 et en 383, mort la même année et enterré à Trêves.

    Teutomer, officier franc de Julien vers 363

    Mallobaud, comte des domestiques, puis roi des Francs en 373 et en 378.

    Richomer, comte des domestiques, maître de la milice, consul en 384, mort en 393.

    Bauto, d'origine rhénane, maître de la milice et consul en 385.

    Arbogast, fils de Bauto et neveu de Richomer. Maître de la milice en 385, il repousse en 393 l'invasion des trois chefs francs rhénans Genobaud, Marcomir et Sunon, mais il fait proclamer empereur Eugène, est battu par Théodose Ier en 394 et se donne la mort. Sa fille Eudoxia Aelia épouse en 395 l'empereur Arcadius.

    Le Ve siècle commence par une période d'accalmie entre les Romains et les Francs. Mais la pression des Huns qui viennent d'Asie pousse les Vandales, les Wisigoths et les Burgondes vers l'ouest. Avec les hivers particulièrement rigoureux de 405 et 406, le Rhin et le Danube sont pris par les glaces, et les Barbares peuvent franchir facilement ces fleuves. Tandis que les Francs rhénans pillent une première fois Trèves, les Francs saliens protègent les provinces romaines de Belgique et de Germanie. Un de leurs chefs, Edobich, se rallie à l'usurpateur Constantin III qui organise la défense contre les envahisseurs.

    Les Francs saliens se regroupent ensuite en un seul royaume et sont gouvernés par Théodomir, tué vers 420 par les Romains, puis par Clodion le Chevelu. Profitant du retrait des troupes romaines de Gaule, il conduit son peuple vers le sud et s'empare de Tournai et de sa région. Ils sont cependant arrêtés et battus par Aetius, qui leur accorde un fœdus autour de Tournai. Plusieurs rois s'y succèdent, jusqu'à Clovis qui devient roi en 481.

    La migration des Francs saliens, puis le fœdus qui leur est accordé, a pour conséquence d'isoler les Francs rhénans qui, coupés de leurs alliés saliens, se retrouvent seuls face aux Alamans. Entre 431 et 469, ils se regroupent en un seul royaume et négocient une alliance avec le royaume burgonde. Comme Gondioc, roi des Burgondes est également maître de la milice, les Francs rhénans obtiennent le droit de s'implanter sur la rive gauche du Rhin et occupent Cologne, Mayence et Trèves. Plus tard, en 496, ils écrasent les Alamans à Tolbiac avec l'aide de Clovis. Sigebert le Boiteux et Chlodéric, les derniers rois de Cologne, meurent en 508, et les Francs rhénans choisissent le salien Clovis pour leur succéder.

    Les Francs entre 400 et 440. Les zones colorées et pâles indiquent les tentatives d'extension des deux peuples francs

    Parmi les Francs servant l'Empire depuis la fin du IIIe siècle, se trouvent les Francs saliens. Mérovée, ancêtre légendaire et quasi-divin est selon la tradition germanique la principale source de légitimité de leurs souverains qui en descendraient.

    Toutefois, au Ve siècle leur roi est aussi devenu proconsul des Gaules, c'est-à-dire un fonctionnaire romain d'origine germanique mais très bien assimilé. Les Francs saliens sont alors solidement établis dans l'ancienne province romaine de Belgique seconde et leurs fonctions militaires leur confèrent un pouvoir important en ces temps troublés : le jeune Clovis (germ. Hlodowec, qui donne par la suite les prénoms Ludovic ou Ludwig en Allemagne et Louis en France) devient leur roi à Tournai, probablement en 481. Mais il lui faut plus que le pouvoir d'essence divine que lui confère la mythologie germanique, pour s'imposer face aux évêques, aux patrices ou à la population gallo-romaine en partie christianisée.

    Les « domaines francs » en 511 issus de Clovis, roi des Francs.

    Installé à Soissons, où il a renversé un général romain nommé Syagrius, Clovis est sans doute d'abord sensible aux conseils de sa deuxième épouse, une princesse burgonde nommée Clotilde, convertie au christianisme, et à ceux de l'évêque de Reims, Remi.

    Si l'on veut bien croire Grégoire de Tours, c'est au cours d'une bataille importante contre les Alamans, la bataille de Tolbiac, qu'il promet de se convertir à la religion chrétienne s'il est victorieux. Il tient parole et reçoit le baptême à Reims entre 496 et 500 avec, selon Grégoire, plus de 3 000 de ses guerriers et deux de ses sœurs, Alboflède et Lantechilde. Par la suite, il soutient l'homogénéisation religieuse du territoire qu'il domine, en réunissant notamment le premier concile d'Orléans en 511.

    Après une suite de victoires sur ses rivaux barbares, notamment sur les Burgondes lors de la bataille d'Autun, Clovis apparaît donc comme l'un des premiers rois germaniques d'Occident à avoir adopté la foi nicéenne, le christianisme romain, contrairement aux Wisigoths ou aux Lombards ariens et aux Alamans païens.

    Le territoire de la Belgique actuelle avec les sièges épiscopaux et les abbayes au VIIe siècle. Les abbayes sont à l'origine de certains villages et même de quelques villes.

    Il parvient ainsi à gagner le soutien des élites gallo-romaines et à fonder une dynastie durable (laquelle prend le nom de son ascendant) : les Mérovingiens.

    À la suite des conquêtes de Clovis (royaume de Syagrius, Aquitaine) et de ses fils (Bourgogne, Provence), les Mérovingiens règnent sur la grande majorité de l'ancienne Gaule jusqu'au milieu du VIIIe siècle. Dès la seconde moitié du VIe siècle, les habitants de la moitié nord de la Gaule se reconnaissent comme Francs, témoignage de l'accomplissement de la fusion progressive entre Gallo-Romains et Francs qui s'achèvera au VIIe siècle de la naissance, selon l'expression de Ferdinand Lot d'un « patriotisme gallo-franc ».

    Leurs souverains les plus connus sont : Brunehilde (ou Brunehaut), reine entre 566 et 613, et Dagobert Ier, roi de 629 à 639. À cette époque, comme sous la dynastie suivante, il n'est pas question de « France », mais bien d'un « royaume des Francs » : les rois germains, en effet, ne règnent pas sur un territoire, mais sur des sujets.

    Dès le début du VIIe siècle, la politique est marquée par des querelles sanglantes entre les Francs neustriens (au nord-ouest) et austrasiens (au nord-est). Les derniers rois mérovingiens parviennent difficilement à s'imposer à leur aristocratie, la puissance foncière de certaines grandes familles leur assurant en effet une influence grandissante sur leurs pairs. La culture latine a progressivement régressé au cours des deux siècles précédents. Une crise économique sans précédent a mis à mal l'ensemble des repères de l'Occident antique : elle est notamment due à la fermeture des routes commerciales avec le monde méditerranéen à cause des conquêtes arabes.

    L'empire franc, de 481 à 814

    C'est dans ce contexte que commence l'ascension d'une nouvelle famille : les Pippinides. Dès le deuxième quart du viie siècle, un certain Pépin de Landen s'empare de la mairie du palais d'Austrasie. Son petit-fils Pépin de Herstal et surtout son arrière-petit-fils Charles Martel exercent la réalité du pouvoir, respectivement de 690 à 714 et de 717 à 741. Charles Martel va même jusqu'à se passer de roi de 737 à sa mort en 741 et son fils Pépin le Bref ne rappellera un roi mérovingien (Childéric III) en 743 que pour le détrôner publiquement huit ans plus tard, avec l'aval du pape Zacharie. Cette dynastie devient celle des Carolingiens, du nom de Charlemagne, le fils de Pépin le Bref. Soucieux de légitimer leur coup d'État, les Pippinides prétendent descendre de Francus, un Troyen légendaire, se rattachant par là à l'histoire de Rome. Dans le même but, Eginhard, conseiller et biographe de Charlemagne, s'attellera à discréditer la dynastie mérovingienne en créant la légende des rois fainéants.

    Le pouvoir des Carolingiens marque l'entrée réelle dans le Moyen Âge: le centre du pouvoir se déplace vers l'est, des cités épiscopales antiques vers les domaines ruraux des comtes carolingiens. Il est remarquable que dans le même temps, les hommes de lettres, conscients de la désagrégation de la culture classique antique, tentent de la faire renaître : c'est la Renaissance carolingienne. Charlemagne, le deuxième et plus prestigieux souverain carolingien est lui-même couronné Empereur des Francs et des Romains en l'an 800 à Rome. Mais il est difficile de voir dans son Empire, une véritable "renaissance de l'Empire romain" (renovatio imperii).

    En 842, les serments de Strasbourg, prêtés entre deux des petits-fils de Charlemagne, héritiers de l'Empire qui se déchirent, témoignent de l'usage de langues qui sont totalement différentes à l'ouest et à l'est. Ils sont suivis du traité de Verdun en 843, qui consacre de fait la division de l'Empire carolingien en trois royaumes, parfois qualifiés par les historiens de Francie occidentale, Francie orientale et Francie médiane.

    À partir de 911, sous Charles III le Simple, le plus occidental des royaumes francs issu du partage de Verdun en 843, que certains historiens qualifient de Francie occidentale, revendiquera seul de façon continue l'héritage du royaume des Francs de Clovis et Charlemagne par la titulature permanente de ses rois se proclamant tous rois des Francs. Ce royaume des Francs, où la notion de Franc a perdu, du fait des mariages mixtes entre Gallo-romains et Francs toute connotation ethnique dès le VIIe siècle, conservera ainsi seul le nom de Francia ou France (officiellement, dès le règne de Louis IV).

    Au Xe siècle, l'arrivée au pouvoir d'une dynastie saxonne, les Ottoniens, en Germanie, et celle des Capétiens en Francie occidentale marquent la fin de la dynastie des Carolingiens. Les Capétiens revendiqueront comme les derniers Carolingiens le titre de roi des Francs. Le terme Francs reste en usage pour distinguer les habitants de la France durant le Moyen Âge et c'est par le nom de franj que les chroniqueurs arabes décrivent au XIIIe siècle les croisés, venu en majorité du royaume de France, directement issu du royaume des Francs.

    Différents auteurs décrivent l'aspect et les caractéristiques physiques des Francs tel leur contemporain Sidoine Apollinaire « Ils ont la taille haute, la peau blanche, les yeux bleus, ils se rasent entièrement le visage, sauf la lèvre supérieure où ils laissent pousser deux petites moustaches ; leurs cheveux, courts derrière et longs devant, sont d'une blondeur admirable ; leur vêtement est si court qu'ils ne leur couvre même pas le genou, et si serré qu'il laisse voir la forme de leur corps ; ils portent une large ceinture où pend une lourde épée, très tranchante ».

    Au XIXe siècle, Chateaubriand dans son sixième chant des Martyrs se plaît à imaginer leur aspect : « Parés de la dépouille des ours, des veaux marins, des aurochs et des sangliers, les Francs se montraient au loin comme un troupeau de bêtes féroces. Une tunique courte et serrée laissait entrevoir toute la hauteur de leur taille, et ne leur cachait pas les genoux. Les yeux de ces Barbares ont la couleur d'une mer orageuse ; leur chevelure blonde, ramenée en avant sur leur poitrine, et teinte d'une liqueur rouge, est semblable à du sang et à du feu. La plupart ne laisse croître leur barbe qu'au-dessus de leur bouche, afin de donner à leurs lèvres plus de ressemblance avec le mufle des phoques et des loups ».

    Les peuples qui constituaient la ligue des Francs sont supposés être :

    les Chamaves,

    les Chattuaires ou Hattuaires,

    les Bructères,

    les Ansivariens ou Ampsivariens,

    les Saliens. Ce peuple, cité plus tardivement que les autres, pourrait être une nouvelle dénomination d'un autre peuple, comme les Chamaves ou les Chauques.

    À ce noyau initial de peuples francs se sont rajoutés plus tardivement trois autres peuples :

    les Tubantes,

    les Tenctères,

    les Usipètes.

    L'historien belge Godefroid Kurth mentionne d'autres peuples, mais qui sont des peuples de la Germanie inférieure qui n'ont pu se fondre parmi les Francs qu'à la fin du iiie siècle, après l'occupation de cette province (devenue la Toxandrie) par les Francs : ce sont les Tongres et les Ubiens.

    Les peuples francs au IIIe siècle.
    En orange, l'Empire romain ; en vert les peuples francs.

    Kurth et Werner comptent également les Sicambres ou Sugambres parmi les peuples francs. Ce peuple, combattu par César et ses successeurs, n'est plus mentionné après le ier siècle. Il est probable qu'il se soit fondu dans les peuples germains voisins (Saliens, Ubiens, et Tongres), réminiscence d'où serait venu l'apostrophe de saint Remi en baptisant Clovis : « Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou. Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré ».

    Les Chérusques sont parfois rattachés aux Francs alors que certains les mentionnent comme faisant partie des Saxons.

    Les Chauques, établis au nord-est des Frisons, sont plus souvent rattachés aux Saxons qu'aux Francs. Cependant, l'historien Jean-Pierre Poly a proposé de voir en les Saliens une tribu chauque qui a quitté son peuple pour rejoindre les Francs. L'historien allemand, Karl Ferdinand Werner, estime que les Chauques ont constitué l'élément central de la Ligue des Francs, au point que les deux termes sont confondus par les Romains, avec pour conséquence que leur chroniques ne parlent plus des Chauques.

    Les Chattes et les Bataves comptent éventuellement parmi les Francs.

    Plus tard une partie des Francs, déplacée vers l'ouest, se fondra avec les saliens des rivages du nord de la Gaule ; on parlera des Francs Saliens à l'ouest et des Francs rhénans un peu plus à l'est, sur les rives du Rhin et de la Meuse. Le terme de Francs Ripuaires (de ripa = rive) n'apparaît qu'au VIIe siècle et représente les Francs rhénans.

    L'historien romain Tacite ne mentionne pas les Francs dans son ouvrage Germania, daté de en l'an 98 après J.-C. . Il se contente d'énumérer les différents peuples qui composeront plus tard la confédération franque, sans mentionner de liens particuliers entre elles. À l'inverse, en 306 après J.-C., les pièces de monnaies de Constantin implique l'existence d'une association pérenne entre ces peuples. La plupart des peuples cités plus haut auraient donc fusionné dans un temps relativement bref.

     

    (Ressources Wikipédia)

     

  • Hattuaires

     

    Les Hattuaires (Chattuaires, vieil anglais Hetware) étaient un peuple du groupe des Francs ripuaires, sans doute d'origine chatte.

    Au terme de sa campagne contre les Francs de 293-295, Constance Chlore installa des Lètes Hattuaires sur une partie du territoire des Lingons dépeuplée par les ravages des Alamans et une épidémie de peste. Établie sur le Plateau de Langreset ses vallées ainsi que dans la plaine de la Vingeanne (notamment à Heuilley-sur-Saône) et la partie lingonne de celle de la Saône, la colonie de peuplement hattuaire est à l'origine du Pagus Attoariensis, l'Attouar, qui devint l'Atuyer de la Bourgogne carolingienne.Sous la menace des Saxons, les Chattuaires s'établirent au IVe siècle entre les cours inférieurs du Rhin et de la Meuse près de Nijmegen sur un territoire auquel ils donnèrent leur nom : le pagus Attoarii (dans le Liber historiae francorum).

  • Hermundures

     

    Les Hermundures ou Hermondures (Hermunduri en latin) étaient un ancien peuple germanique qui occupèrent l'espace qui est actuellement aux environs de la Thuringe, de la Saxe et du nord de la Bavière, du Ier au IIIe siècle.

    L’Encyclopédie de Diderot en fait un des peuples englobés sous le nom d’Hermions :

    « HERMIONS, s. m. (Géog. anc.) peuples de l'ancienne Germanie. Pline donne ce mot comme un nom collectif, qui était commun à quatre grandes nations; savoir, les Sueves, les Hermundures, les Cattes & les Chérusques; ils occupaient, selon Cluvier, les pays où sont maintenant la Silésie, la Moravie, la Bohême, les parties septentrionales de l'Autriche & de la Bavière, le Nortgow, une partie de la Franconie, la Hesse & la Thuringe; mais Cluvier s'est ici donné bien des peines inutiles; les noms d'Hermions & de Germains ne sont que différentes prononciations de noms du même peuple. (D. J.) »

  • Jutes

     

    Les Jutes sont un peuple germanique de la mer du Nord localisé aux premiers siècles de l'ère chrétienne dans la partie méridionale de la péninsule du Jutland au Danemark, à laquelle ils ont donné leur nom.

    À partir du milieu du Ve siècle, certains d’entre eux s’enrôlent comme mercenaires au service des chefs bretons de (Grande-)Bretagne. Ils s’installent surtout dans le Kent, où selon la tradition, leurs chefs les frères Hengist et Horsa, d’abord au service du roi breton Vortigern, se révoltent et fondent un royaume englobant également l’île de Wight, peuplé de Jutes. Leur capitale est l'actuelle Cantorbéry. Ils sont touchés par le christianisme dès la fin du VIe siècle avec la conversion en 597 de leur roi Æthelbert (mort vers 616/8). Certains d'entre eux se seraient aussi installés dans le Boulonnais durant la même période tel que révélé par la toponymie et les fouilles archéologiques.

    Les Jutes restés au Jutland se confondent ensuite avec les Danois, dans la mouvance des Vikings.

    Les Jutes du Kent sont assez vite absorbés par leurs voisins saxons et frisons, probablement plus nombreux, et ils cessent de former un peuple distinct après le milieu du VIIe siècle.

  • Lombards

     

    Les Lombards (Langobardi en latin puis Lombard par déformation après le VIIIe siècle sauf en Italie méridionale qui conserve le nom de Langobardi jusqu'au XIIe siècle) étaient un peuple germanique venu de la Baltique, appartenant plus précisément au groupe des Germains de l'Elbe mais originaire de Scandinavie méridionale selon leur propre tradition orale rapportée par leur historien Paul Diacre à la fin du VIIIe siècle. Ce peuple, sous la conduite de leur roi Alboïn, envahit l'Italie à partir du début de l'an 568.

    Lombard migration

    Les principales étapes de la migration des Lombards, de la Scandinavie (Scania) à l'Italie (Italia).

     

    Origines

    Les Lombards (ou plus exactement, Langobards) sont connus depuis bien longtemps par les Romains : en effet, en 98, l'historien Tacite les mentionne déjà dans son ouvrage sur les Germains, Germania. Pourtant, les Lombards restent plusieurs siècles dans l'ombre et leur histoire antérieure au Ve siècle est très mal connue. Le peuple lombard ne participe pas aux invasions et migrations barbares des IVe et Ve siècles.

    Leur propre tradition orale tardive (l’Origo Gentis Langobardorum) décrit comment les Lombards quittèrent leur Scandinavie, dirigés par deux chefs frères, Ibor et Agio, et comment ils s’établirent en Europe centrale. Elle explique aussi l'étymologie de leur nom, les « Longues-Barbes » : ce dernier aurait été donné par le dieu Wotan à la petite tribu des Winilli (signifiant tout simplement les « Guerriers »), après que les femmes de cette tribu eurent coupé leurs cheveux et qu'elles les eurent utilisés comme barbes postiches ; le stratagème, soufflé par Freia, visait à renforcer le nombre des guerriers de la tribu confrontée à une invasion de guerriers Vandales, plus nombreux. Les Lombards se considéraient comme les préférés du dieu Odin.

    Pourtant cette étymologie, qui est due à Paul Diacre, semblerait erronée et, comme cela a été évoqué par Cyrus, le mot Lombard pourrait avoir une autre origine : Citation de Régis Boyer

    [...] les Lombards (un surnom sans doute, ils s'appellent probablement Uinniles, seraient venus de Norvège et devraient leur nom, non pas à ce qu'ils auraient eu de longues barbes comme on l'a longtemps cru, mais au fait qu'ils possédaient des hallebardes à longs fers, longobardi) [...].

    Le mot Lombard viendrait plutôt de « longues bardes » - en ger., barte, signifie « hache », dont dérive en français le mot hallebarde, littéralement, « hache à poignée » 4 -, car ce peuple devait porter des armes d'hast lors de ses raids.

    L'œuvre a pour modèle le récit de la migration des Goths (fait quant à lui par l'historien de ce peuple, Jordanès) et peut être également rapprochée du récit de la migration des Angles, des Jutes et des Saxons dans l'île de Bretagne tel qu'il est fait dans la Chronique anglo-saxonne. Aussi, le caractère mythologique de la tradition lombarde impose de considérer l'hypothèse de l'origine scandinave et de l'étymologie des Lombards avec la plus grande circonspection.

    Migration

    Au Ier siècle, les Lombards sont établis sur le cours supérieur de l'Elbe où ils affrontent l'empereur Tibère. Au siècle suivant, ils gagnent le cours moyen du Danube. Ainsi, en 167, ils sont présents en Pannonie où ils demeurent ensuite plusieurs siècles. Vers la fin du Ve siècle, en effet, ils obtiennent dans cette région un traité de l'empereur Justinien, devenant des fédérés de Rome. De nombreux guerriers lombards servent, à partir de l'an 551, comme mercenaires dans la péninsule italienne contre les Ostrogoths.

    De Pannonie, ils détruisent le petit royaume hérule vers 505 puis occupent la province romaine de Pannonie première (peut-être en 527) enfin la Pannonie seconde à partir de 547. S'alliant aux redoutables cavaliers avars, un peuple de la steppe nouveau venu dans la région, ils battent sévèrement les Gépides qui tentent d'étendre leur royaume (v. 567). Une partie des Gépides s'unit aux Lombards et les suit en Italie où ils conservent durant un certain temps leurs propres lois. À partir du milieu du vie siècle, il semble que certains Lombards se convertissent au christianisme tandis que, parallèlement, ils sont touchés par l'arianisme (issus d'Ostrogoths d'Italie ?). En tout cas, l'immense majorité des Lombards est encore païenne.

    Selon les sources, leur roi Alboïn passe ensuite un accord avec le khagan avar : durant 200 ans, les Lombards peuvent retourner en Pannonie et retrouver leur territoire. L'ensemble des Lombards, accompagnés de Gépides, mais également de bandes saxonnes, hérules et même avares, se mettent alors en route pour l'Italie où la destruction du royaume du grand Théodoric avait surtout créé un véritable vide politique, militaire et même administratif : près de 25 années de lutte acharnée entre Byzantins et Ostrogoths avaient mis la riche Italie en ruine et la reconquête justinienne s'avérait fragile.

    Les Lombards en Italie

    Au début de l'année 568, ayant franchi la frontière du Frioul, plus de 200 000 Lombards et leurs alliés envahissent la plaine du Pô mais, une fois dans la péninsule, ils se heurtent bientôt aux ouvrages défensifs qui entourent les villes ainsi qu'aux nombreuses forteresses romano-byzantines. Aussi, comme tout peuple barbare, les Lombards préfèrent la campagne aux villes et constituent des résidences rurales dans la fertile plaine du Pô (les salae), placées sous la coupe d'une farae (du germanique fara : bande). Vivre en communauté loin des villes devait certainement empêcher une assimilation rapide parmi la nombreuse population romaine et préserver la cohésion nationale lombarde ainsi que les qualités guerrières de leurs hommes.

    De nombreux sièges, longs et difficiles autant pour les assiégés que pour les assiégeants, ont lieu tandis qu'une partie de la population italienne reflue vers le nord-est, en Vénétie et vers la côte ligure (région de Gênes). Finalement, les Lombards s'emparent de la ville de Pavie (572) mais l'Exarchat de Ravenne, alors byzantin, leur résiste toujours. Certaines bandes armées lombardes combattant plus ou moins pour leur propre compte, s'infiltrent également dans les Apennins, dans le Bénévent et jusqu'en Provence, d'où elles sont chassées par les Francs.

    Après les assassinats d'Alboïn (572) et de son successeur Cleph en 574, les Lombards suppriment la royauté — fait unique pour cette époque — et restent sans roi pendant dix années, errant en bandes (composées de quelques milliers d'individus tout au plus), plus ou moins rivales à travers toute la péninsule qu'ils mettent à feu et à sang, dirigées par trente-cinq chefs militaires, les « Ducs ». L'organisation de la royauté lombarde en Italie, qui allait durer jusqu'à la conquête franque de Charlemagne, se mit probablement en place durant cette période d'anarchie : la couronne fut dévolue par les ducs à l'un d'entre eux, élu. En 584, ils choisissent de rétablir la royauté en faveur d'Authari auquel succède Agilulf (590-616). Celui-ci met en place un État digne de ce nom, reprenant la politique des Ostrogoths et de Théodoric le Grand, sur la base d'une collaboration entre Romains et Lombards, aux premiers étant dévolu l'administration civile, aux seconds la sécurité militaire. Le centre du pouvoir se situe à Monza. Agilulf consolide son pouvoir et la domination lombarde dans son royaume. La monarchie reste néanmoins élective et les ducs régionaux bénéficient d'une autonomie de fait. En 626, la capitale est transférée à Pavie. Le règne du roi Aripert (653-661) est caractérisé par la conversion des Lombards aux catholicisme, même si un nombre important d'entre eux restent longtemps encore ariens ou païens. L'adoption du catholicisme favorisa les rapports avec le pape et les Romains. Le roi Grimoald (661-671) marque une étape supplémentaire dans le contrôle des ducs, des monnaies étant frappées à son effigie. Se mettent en place des rapports pré-féodaux qui correspondent à l'entrée progressive du pays dans le Moyen Âge.

     

  • Saliens

     

    Les Saliens sont les membres d'un des peuples germaniques qui constituent la ligue des Francs. Ce peuple vivait à l'origine sur la rive droite du Rhin, comme tous les autres peuples francs, à proximité de son embouchure quant à eux. Ils étaient voisins des Chamaves et des Bataves, autres peuples francs, mais aussi de deux autres peuples non francs, les Frisons et les Chauques.

    640px les francs entre 400 et 440 svg

    Les Francs saliens (en jaune) et rhénans (orangé) dans la première moitié du Ve siècle. Les zones grises correspondent à l'Empire romain.

    Par la suite, le roi Clodion le Chevelu conduit une partie des Francs, dénommés Francs Saliens déjà établis en Gaule Belgique, autour de Cambrai, où il fonde un royaume dont hérite le roi Clovis Ier. On ne sait si ce groupe de Francs saliens est uniquement composé du peuple salien ou plus vraisemblablement s'il regroupe les peuples francs voisins, dont l'histoire devient silencieuse à partir du moment où l'on parle des Francs saliens.

    Étymologie :

    Plusieurs hypothèses, dont aucune ne semble pouvoir aujourd'hui être confirmée avec certitude, ont été formulées ou discutées pour expliquer leur nom :

    Saliens pourrait être apparenté à la rivière IJssel (forme ancienne Isala, comme d'autres cours d'eau Isère, Yser, Isar), au germanique see, « la mer », ou au germanique sal qui désigne le licou. Dans ce cas, c'est le nom Saliens qui aurait donné naissance au toponyme évoqué.

    Saliens pour d'autres évoquerait, comme dans le Pacte de la loi salique le mot salique qui pourrait lui-même provenir de la ville de Sala, aujourd'hui Overijse, en Belgique, terre des Francs saliens. Overijse se trouve sur la rivière Ijse, qui s'appelait Isca au début du Moyen Âge, un mot celtique qui signifie eau.


    L'origine du peuple salien est inconnue. Ils sont cités pour la première fois par les auteurs romains en 358 avec l'aventure de Charietto, un chef salien installé à Trèves qui organise la défense de la province contre les incursions chamaves. Cette apparition tardive des Saliens vers 360 a incité plusieurs historiens à émettre l'hypothèse que les Saliens sont en fait une nouvelle dénomination d'un autre peuple : soit des Chamaves, soit une tribu Chauque ayant quitté son peuple pour rejoindre les Francs.Saliens pourrait avoir un lien avec le sel marin ; le nord de leur territoire s'appelle encore Salland aux Pays-Bas. Et les communautés littorales gauloises qui vivaient sur le littoral de l'actuelle Belgique et nord de la France produisaient du sel de 400 av. J.-C. à 400 ap. J.-C.au moins, avec un monopole de la part de Rome après la conquête de Rome via les salinatores romains.

    Selon l'ancienne Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, « D'autres enfin croient que les François Saliens du nom desquels fut surnommée la loi salique, étoient une milice ou faction de Francs qui furent appelés Saliens à Saliendo, parce que cette milice ou nation faisoit des courses imprevûes hors de l'ancienne France sur la Gaule. Et en effet, les François Saliens étoient cités par excellence, comme les peuples les plus legers à la course, suivant ce que dit Sidon Apollinaire, "sauromata clypeo, salius pede, falce gelonus"  »

    Selon une autre hypothèse, ils seraient originaires de l'île de Betuwe, qu'ils auraient quittée devant les Saxons au milieu du IVe siècle.

    Ils occupaient le sud du lac Flevo (lac qui devint le Zuyderzee après les inondations du XIIIe siècle, poldérisé en Flevoland au XXe siècle), un territoire lacustre et estuarien au confluent du Vecht et de l'Ijssel, la Veluwe et le Sallzee, qui devint au Moyen Âge le Salland (aujourd'hui en province de Gueldre, aux Pays-Bas). Un territoire à la frontière de la terre, de l'eau douce, et de l'eau salée. La légende de Mérovée dont la mère aurait été fécondée par un monstre issu de la mer évoque un peuple lié à l'eau et à la mer. Cette légende pourrait s'appliquer non pas au grand-père de Clovis, mais à un Mérovée plus ancien.

    On sait par les chroniques et documents romains qu'au IIIe ou au IVe siècle, ils se joignent à d'autres Germains et forment une confédération de peuples qui fut importante pour l'histoire du haut Moyen Âge : les Francs (franci, à l'étymologie, incertaine : les « hardis, vaillants » ou « hommes-lances » ).

    Au Ve siècle, leur roi Clodion le Chevelu, profite du départ de légions vers l'Orient pour conduire les Francs saliens en Belgique inférieure entre Arras et Cambrai, avec comme capitale Tournai, mais il est battu par Aetius, qui reprend Courtrai mais accorde le foedusdans la région de Tournai, qui devient le centre de leur puissance et le demeure jusqu'à l'époque de Clovis. D'autres royaumes saliens se constituent après la mort de Clodion, celui de Ragnacaire, qui règne à Cambrai, et celui de Cararic, dont on ne connait pas la capitale. Ces deux royaumes sont ensuite unis à celui de Tournai par Clovis.Avant cette première apparition de 358, des Francs situés sur le cours inférieur du Rhin sont cités par les textes latins, sans qu'il soit précisé si ces Francs étaient des Saliens ou non. Ainsi Carausius, qui s'est proclamé empereur en Bretagne, s'allie en 286 aux Francs afin qu'ils gardent l'embouchure du Rhin et qu'ils empêchent l'empereur légitime,Dioclétien, de lancer une flotte contre la Bretagne. Maximien, général nommé par Dioclétien, lance une campagne contre les Francs et oblige Gennobaud, « roi des Francs sur les rives de l'Océan », à se soumettre et à lui faire allégeance. Maximien installe ces Francs en Toxandrie, à l'embouchure du Rhin derrière le limes, sous le statut de Lètes. Très rapidement, les Saliens sont donc soumis à l’autorité impériale. Il semble que les Francs saliens aient exceptionnellement bien accepté leur statut pourtant peu glorieux du point de vue romain. Protégés par la paix romaine, ils vont s'y multiplier et glisser à l'ouest le long de la mer du Nord dans les Flandres où ils produiront du sel, par évaporation de l'eau de mer (salinatores, d'où peut-être l'origine de leur nom « Saliens »).

    Liste des rois francs saliens :

    - Clodion 428 - 447

    - Mérovée 448 – 458

    - Childéric Ier 458 – 481

    - Ragnacaire Fin du ve siècle

    - Cararic Fin du ve siècle

  • Semnons

     

    Les Semnons (en latin: Semnones) étaient un peuple germanique qui s’était établi entre l’Elbe et l'Oder au Ier siècle quand ils furent décrits par Tacite. Strabon signale qu’au temps d'Auguste ils étaient soumis au roi marcoman Marobod et qu’ils se rallièrent à Arminius en 17.

    Selon Dion Cassius, leur roi Masyus fut reçu à la cour de Domitien en 91 de notre ère. Au IIIe siècle, les Semnons se déplacèrent vers le sud et finirent dans une partie de l'Alémanie. La stèle d’Augsbourg, un mémorial romain du IIIe siècle, précise que les Semnons étaient aussi appelés Juthunges.

  • Sicambres, Sicambers...

     

    Les Sicambres ou Sugambres (var. Sicambri, Sicambers, Sicambriens...) constituaient un peuple germanique ou celtique établi, au Ier siècle av. J.-C., sur la rive droite du Rhin (entre les rivières Ruhr et Sieg, de cette dernière est tirée leur nom), selon Jules César. Séparés par le Rhin, ils étaient voisins des Atuatuques avant la conquête romaine. Leur nom pourrait provenir des Cimbres, d'où l'origine des noms peut-être celtisés de leurs chefs tels Deudorix et Baetorix.                                                                                                                          

    Europa germanen

    Après le transfert des Ubiens (alliés des Romains) du côté de l'Empire, causé par le harcèlement des Sicambres, ces derniers occupent les territoires délaissés par la tribu ubienne. César, lors de la guerre des Gaules, ravage leurs terres lors de sa première traversée du Rhin car ils ont recueilli ses ennemis, mais ne peut combattre leur armée. Le peuple germanique, deux ans plus tard, traverse le Rhin lors de l'extermination des Éburons et surprend le camp de Quintus Cicero, qui s'en sort à grande perte. L'arrivée de César fait se replier les Sicambres sur leurs terres outre-Rhin.

    En 8 ap. J.-C., Tibère déporte une grande partie des Sicambres, vaincus, en Gaule, sur la rive gauloise du Rhin. Suétone affirme qu'ils s'étaient donnés aux Romains, en tant que dediticii, ce qui leur avaient permis d'obtenir des terres. L'historien romain parle de 40 000 Sicambres déportés, chiffre invérifiable.

    « Dépose tes colliers, fier Sicambre ! » (Depone colla, Sicamber !), aussi souvent traduit « Courbe la tête, fier Sicambre, abaisse humblement ton cou. » est, selon l'Histoire des Francs, de Grégoire de Tours, la phrase prononcée par Remi, alors évêque de Reims, lors du baptême de Clovis en 496 dans cette même ville. Le terme de « Sicambre » désignait alors les Francs, puisque les premiers avaient rejoint la Germanie inférieure (Toxandrie) et s'étaient peu à peu confondus avec des tribus belges pour former les Tongres. Ils deviennent plus tard les Francs saliens en compagnie d'autres peuples germaniques ayant envahi le territoire au cours des IIIe et IVe siècles.

  • Suèves

     

    Les Suèves (Suevi ou Suebi en latin) sont un vaste groupe de peuples germaniques et celtes mentionnés pour la première fois par César dans le cadre de la guerre contre Arioviste en 58 av. J.-C. Ils participent aux Grandes invasions de la fin de l'Empire romain et laissent de nombreuses empreintes géohistoriques. Suivant les Vandales, une partie d'entre eux traverse la Gaule jusqu'en Espagne et fonde un royaume dans l'actuelle Galice qui perdure de 410 à 584. Ils ont laissé leur nom générique à la Souabe.

    Les études toponymiques, hydronymiques, et ethnonymique nous permettent aujourd'hui d'établir aujourd'hui une présence vaste et diffuse au cœur de l'Europe centrale, de l'Europe de l'est et dans une moindre mesure de l'Europe de l'ouest, de l'ensemble du groupe de tribus des Suèves au cours de la période antique.

    Le terme Suèves (latin Suebi, Suabi ou Suevi) fait référence à un groupe germanique, peuple qui vivait jadis dans le nord-est de la Magna Germania sur la mer Baltique. Dans les sources romaines, la mer Baltique est désignée comme Mare Suebicum d'après les Suèves. Le géographe Claude Ptolémée (vers 100, † environ 175) dans sa Géographie. localise à l'emplacement des rivières actuelles Swine et Oder le fleuve Συήβος (Suebos, lat.: Suevus). Ainsi, le nom tribal des Suebi peut se laisser interpréter comme provenant de la zone de peuplement d'origine en tant que «peuple de l'Oder» ou encore le nom de la rivière Suevus comme le nom du fleuve des Suèves.

    Comme l'historien Reinhard Wenskus l'a expliqué, l'apparence et la tradition des Suèves a marqué la perception ethnographique et la description de nombreuses tribus germaniques dans le monde antique avant que cette empreinte ne passe aux tribus gothiques. Beaucoup de tribus germaniques ont fait en sorte de se présenter comme suèves.

    Étymologiquement, le nom des Souabes dérive directement du terme suève. De nombreuses tribus d'ascendance celte et/ou germanique ont été désignées de façon arbitraire par les romains (probablement pour des raisons géostratégiques et politiques), comme étant des tribus suèves à l'époque de Tacite: ainsi, les Marcomans, les Semnons les Hermundures, les Quades et les Lombards, et parfois les Angles. Sur le plan archéologique, ils se laissent identifier, au plus tôt, dans les Germains de l'Elbe. L'archéologie les désigne comme appartenant à la fois à la culture de Jastorf et à la culture d'Harpstedt.
    Les sources antiques perdent leur trace au IIe siècle avant notre ère avant que ne réapparaisse leur nom dans des sources plus tardives. Ils ont participé auxgrandes migrations et pour certains d'entre eux sont parvenus jusqu'à la péninsule Ibérique.

    Tacite, dans la Germanie, 39, témoigne que les Semnons passaient pour le fondement du peuple suève, vetustissimi Sueborum.

    Les Suèves selon César

    En 58 av. J.-C., dans une bataille sur le Rhin, César défait les Suèves qui avaient pénétré en Gaule conduits par Arioviste. Dans ses rapports, il conçoit comme Suèves les peuples germaniques habitant à l'est des Ubiens et des Sicambres et indique qu'ils comptaient 100 groupes avec 1 000 hommes capables de combattre, mais qui se seraient retirés, lors de sa traversée du Rhin, vers la forêt de Bacenis (le massif d'Allemagne centrale, qui, selon César sépare les Suèves des Chérusques). Cette localisation est néanmoins considérée comme incertaine. Ils n'auraient pas connu de résidence fixe, mais se seraient déplacés chaque année dans le cadre des campagnes armées. La taille de l'alliance tribale suève est probablement due, dans la majorité des cas, à l'intégration d'autres tribus attirées par la gloire des Suèves à la guerre. Dion Cassius signale dans tous les cas, que « beaucoup d'autres manifestent la prétention d'être Suèves».

    Selon les sources archéologiques, on observe des colonies tout à fait permanentes au nord du Main et le long de celui-ci. De même, les oppida celtiques ont été occupées dans la région peu de temps après l'immigration germanique. Ces soi-disant Suèves du Main qui furent en 9/10 av. J.-C. soumis par Drusus, sont d'après les fouilles archéologiques un mélange de peuples germaniques du Rhin-Weser et de peuples germaniques de l'Elbe.

    Les Suèves du Neckar

    Selon des inscriptions trouvées, auraient vécu, sous la domination romaine, dans la région de Lopodunum (aujourd'hui Ladenburg) au Ier et IIe siècles ap. J.-C., les Suèves Nicrenses (Suèves du Neckar). D'après ces peuples suèves, est nommée la Civitas Ulpia Sueborum Nicretum qui se trouve près de Ladenburg. Il s'agit probablement de restes, qui étaient demeurés après l'expulsion de 58 av. J.-C. ou encore de volontaires ou même de réinstallations forcées. Dans une carte routière romaine de l'Antiquité tardive, la Tabula Peutingeriana, on trouve également, entre Alamannia et les Burcturi (= Bructères), le nom Suevia, qui est probablement lié aux peuplements des Suèves du Neckar.

    Romanisation et germanisation

    Il ne resterait rien du peuple suève si un des acteurs majeurs, les légions d'occupation, ne l'avait par intérêt à long terme, protégé de déportation massive ou d'une mise en esclavage. L'armée romaine a besoin d'auxiliaires, de serviteurs connaissant bien le terrain de manière à faciliter son implantation au nord du Danube et de la Forêt-Noire ( dans l'actuel région du Bade-Wurtemberg). Mieux, l'embryon de cadastres et les voies que l'armée élabore, permettent de fixer les toponymes suèves. Les Suèves éleveurs sont tolérés dans les réserves forestières des vastes domaines romanisés. La culture suève ne conserve sur leur territoire d'origine qu'une dimension agropastorale, ce qui explique la profonde continuité de la délimitation de l'espace souabe.

    La germanisation des abords du limes se renforce brusquement au début du IIIe siècle. Les infiltrations se multiplient, et en particulier des bandes de Suèves nordiques visitent leurs anciennes terres ou parfois s'infiltrent plus loin vers le Sud et l'Ouest. Le pouvoir romain doit composer, il prend les meilleurs éléments à son service et achète la paix par l'argent et les biens matériels divers ( vaissellerie en bronze ou en or; objets cultuels d'importation), la promotion hiérarchique et le prestige militaire, ainsi que la promesse de recrutement massif auprès des pouvoirs d'assemblée germanique. Les troupes indisciplinées de Suèves doivent se plier à un recrutement militaire, sinon, les bandes désobéissantes sont isolées et vaincues, les survivants casés dans des contrées dépeuplées à l'état de lètes ou lœti. Des inscriptions épigraphiques Loeti gentiles Suevi en Belgica prima et secunda, mais aussi au Mans et à Clermont en Auvergne témoignent de cette dispersion.

    L'Allemagne du Sud devient la terre des Alamans au moment où les cités bien vivantes se réinventent un passé suève ou celte pour affirmer une identité originale.

    Migrations germaniques et royaume suève

    Un fort contingent de Suèves suit le parti politique des Vandales qui franchissent le Rhin gelé en 406 pour traverser la Gaule de part en part vers les terres méditerranéennes. Les armées itinérantes sont refoulées dans la péninsule Ibérique. Elles se querellent pour la suprématie ; le parti Suève est écrasé par les Vandales à Mérida en 428-429.

    Les Suèves indésirables sont pourchassés et s'enfuient vers le nord-ouest de l'Espagne, trouvant des hôtes amicaux dans la forêt de Galice. Il semble que les Suèves pourtant germanisés n'aient pas perdus la langue et les rituels celtiques, facilitant leurs assimilations aux populations celtibères autochtones. Mieux, ils en deviennent indélogeables et lancent des expéditions guerrières réussies en Lusitanie et en Bétique. Le roi suève Réchiaire adopte la religion chrétienne du peuple galicien vers 448. Son royaume stable est toléré par les souverains wisigoths avant d'être annexé en 585. Il constitue le premier jalon lointain du royaume de Vieille-Galice, à l'origine du Portugal.

    À l'origine de la Souabe médiévale

    La Souabe, en allemand Schwaben, désigne une région arrosée par le haut Danube et surtout un duché puis un cercle médiéval du Saint-Empire romain germanique ou Kreise, situés entre Thuringe au nord et Suisse alémanique au sud, entre Forêt-Noire à l'ouest et Bavière à l'est. Le toponyme dérive du moyen-haut-allemand swãben, datif locatif pluriel du nom ethnique.

    Le monde alémanique s'assimile au monde franc au début du VIe siècle. Pendant plus de deux siècle, le duché d'Alémanie mérovingien s'étend puis se divise et s'émancipe, il se place de l'Alsace aux confins de la Bavière naissante, contrée véritablement marginale touchée par un vigoureux processus de slavisation au VIIe siècle. Pendant ce temps naît une culture paysanne sédentaire au sein des petits pays souabes. Ces pagi (singulier pagus) en latin ou Gaue(n) (singulier Gau) en langue germanique sont localisés à l'aide les principaux noms de rivières et de relief accolés au génitif. En 746, Pépin reprend en main ferme l'Alémanie. Si quelques familles de dignitaires carolingiens exhument précocement le nom générique de Souabe, l'accolant à leur nom dynastique ou de responsable officiel de partie du duché, la Souabe n'émerge qu'au Xe siècle pour désigner une entité ducal quasi-autonome, au sein d'une Alémanie plus vaste, plus floue et surtout sans cohésion. La croissance démographique paysanne de l'ancienne Alémanie est vigoureuse. La mer souabe est synonyme dorénavant du lac de Constance.

    Territoire originel et ethnogenèse selon les versions de la littérature antique

    Dans La Germanie, Tacite place le territoire originel des Suèves entre Elbe et Oder : «... Les Suèves sont divisés en plusieurs nations dont chacune a conservé son nom, quoiqu'elles reçoivent toutes le nom commun de Suèves... Les Semnones se disent les plus anciens et les plus nobles... Les Lombards trouvent leur sûreté dans les combats et l'audace. Viennent ensuite les Reudignes, les Aviones, les Angles, les Marins, les Eudoses, les Suardones et les Nuithones, tous protégés par des fleuves ou des forêts. Leur usage commun à tous, c'est l'adoration d'Ertha, c'est-à-dire la Terre Mère...»

    Pour Strabon: « Il s'en faut bien pourtant que ces montagnes de la Germanie atteignent à l'immense altitude des Alpes. C'est dans cette partie de la Germanie que s'étend la forêt hercynienne, et que se trouve répandue la nation des Suèves...».

    César décrit les Suèves comme un peuple de pasteurs guerriers se déplaçant dans de vastes forêts et possédant des forteresses, il écrit notamment que «...ce peuple se divisait en cent cantons dont chacun pouvait armer 40 000 combattants...».

    Ptolémée ne regroupe sous la dénomination de Suèves que les Lombards, Semnones et Angles.

    Différentes hypothèses ont été formulées pour tenter de concilier les informations collectées, telle que celle faisant porter l'ethnonyme sur l'ensemble des tribus germaniques non sédentarisées ou sur des Germains mêlés de Celtes et Slaves... Le texte de Strabon a proposé des rapprochements toponymiques faisant du Harz le territoire originel des Suèves.

    La problématique concernant l'origine ethnique des tribus suèves se pose également par le biais de l'archéologie.
    On peut ainsi désigner certaines tribus suèves comme étant germaniques, d'autres celtes ou encore celto-germaniques. Il est notable que des fouilles archéologiques sur le territoire supposé suève, ont détecté et démontré que les rites funéraires (incinération et urne funéraire pour les germains; mise en terre pour les celtes) et les faciès archéologiques des Suèves sont indubitablement hétérogènes et divergents. De même concernant l'armement et boucliers (ovales pour les peuples celtes, rond pour les peuples germains).
    Il en résulte une grande zone d'ombre concernant l'étude de l'ethnogénèse des Suèves. Néanmoins on peut conclure avec certitude qu'ils n'étaient ni entièrement celte, ni entièrement germains.

    Migrations antiques des Suèves selon deux modèles historiques

    Poussés sans doute par d'autres peuples migrants, les Suèves quittent la rive orientale de l'Elbe au Ier siècle av. J.-C. Menés par Arioviste, leur migration les conduit aux abords de la Gaule dont Jules César les éloigne en -58. Dès lors, c'est sur la rive orientale du Rhin qu'ils se fixent provisoirement, dans une région dont le toponyme est issu de leur ethnonyme, la Souabe.

    Thèse « gauloise » :

    Depuis le début du Ier siècle av. J.-C., l'important peuple gaulois des Séquanes dont le territoire se situait sur l'actuelle Franche-Comté et le Sud de l'Alsace, s'opposait de plus en plus au peuple éduen. Ce peuple était devenu le plus puissant de Gaule grâce à son alliance avec Rome qu'il avait aidé à abaisser le peuple arverne. Les Éduens contrôlaient la navigation sur la Saône et imposaient aux autres Gaulois (dont les Séquanes) de lourds péages. Contraints par les Éduens à l'ouest, les Séquanes allaient l'être aussi par les Germains à l'est. Depuis l'an 72 av. J.-C. des Germains suèves (tribus triboques et némètes) avaient franchi le Rhin vers Mogontiacum (Mayence) et continuaient leur migration vers le nord de l'Alsace. Leur chef était le roi Arioviste. Dans un premier temps, les Séquanes imaginèrent utiliser ces guerriers germains pour mater leurs adversaires éduens. Pendant les années 65-61, cette coalition suève-séquane (soutenue par les Arvernes) infligea plusieurs défaites aux Éduens qui perdirent une grande partie de leur cavalerie. Mais comme prix de cette aide, les Suèves exigèrent d'abord le sud de l'Alsace puis un tiers du territoire séquane. Ils firent aussi venir d'autres Suèves en Gaule (tribu des Harudes…) et on estime à environ 120 000 le nombre des Germains installés dans l'Est de la Gaule en 60 av. J.-C. Devant les exigences de plus en plus oppressantes d'Arioviste, les Séquanes décidèrent de renverser leurs alliances et de s'unir aux Éduens pour contrer la poussée germanique. Mais l'armée coalisée gauloise fut écrasée à la bataille de Magetobriga. Après cette très nette victoire, Arioviste exigea un second tiers du pays séquane, la remise d'otages et le paiement de tributs importants. Il se considérait désormais comme le suzerain des peuples éduen et séquane. Désespérés, les Gaulois envoyèrent un émissaire à Rome, l'Éduen Diviciacos, pour implorer l'aide du Sénat romain. La réponse fut longue à venir.

    Il faudra attendre la nomination de Jules César proconsul en Illyrie et en Gaule transalpine, en 58 av. J.-C., pour que six légions romaines (30 000 hommes) viennent repousser les Germains d'Arioviste. Ceux-ci seront finalement écrasés et rejetés outre-Rhin à la bataille de l'Ochsenfeld à l'automne 58.

    Thèse proposée par Raymond Schmittlein :

    Les Suèves entreprennent leur migration vers le sud-ouest consécutivement à celle des Cimbres et Teutons dont la mise en mouvement a modifié la répartition territoriale des populations germaniques du bassin de l'Elbe. Devant la poussée des Suèves, les celtes Boïens, Rauraques, Usipètes, Tenctères et Helvètes n'ayant pas suivi les Cimbres dans leur migration se coalisent vers -72. Cette coalition s'interpose devant les Suèves menés par Arioviste à Magdebourg (Magetobriga), bataille au terme de laquelle les Celtes sont défaits.

    À l'issue de leur défaite, les coalisés celtes se replient vers le sud et le sud-ouest : les Helvètes du Wurtemberg s'installent en Suisse vers -70, les Rauraques de la Ruhr dans le Sundgau… Les Suèves poursuivent leur avancée en Franconie puis en Souabe et atteignent le Rhin en Pays de Bade vers -67/-65. Vers le nord, ils atteignent la région de Cologne où ils soumettent les Ubiens. En Rhénanie-Palatinat, ils doivent faire face à la résistance des Usipètes et Tenctères qui vaincus vers -60, franchissent le Rhin dans les environs de Mayence. Vers -58, les Suèves sont solidement établis à l'ouest du Rhin.
    Dans le même temps se déroule en Gaule la guerre entre Éduens et Séquanes. Alliés aux Arvernes, les Séquanes pactisent avec Arioviste pendant que Rome doit mater la révolte des Allobroges en Narbonnaise.

    Grandes migrations et royaume suève

    Aux alentours de 400, la Notitia Dignitatum mentionne la présence de lètes suèves en Gaule, c'est-à-dire des prisonniers de guerre réinstallés comme colons sur les terres de l'empire.

    Les Suèves participent aux grandes migrations européennes de 406. Après un périple en Gaule, les Suèves franchissent les Pyrénées en 409 et s'établissent dans l'actuelle Galice évacuée par les Vandales. Une fois sédentarisés et devenus peuple fédéré, leur royaume est reconnu par Rome au travers d'un foedus. Le roi Herméric fait de Bracara Augusta (Braga) sa capitale et le royaume perdure de 410 à 584, année de son effondrement devant l'armée du roi wisigoth Léovigild.

  • Ubiens

     

    Les Ubiens sont un des peuples germaniques de l'Antiquité gréco-romaine.

    Ubiens

    Chaussées romaines, Limes et des Ubiens 

    Proximité des Tongres et des Trévires 

    Au delà du Rhin, en Germanie: les Sigambres

    Ils vivaient sur la rive droite du Rhin. Jules César forma une alliance avec eux en 55 av. J.-C.. En 19 av. J.-C., ils furent déplacés par les Romains sur la rive gauche, sous l'autorité de Marcus Vipsanius Agrippa. Dix ans plus tard, Agrippa fonda sur leur ancien territoire la ville de Cologne qui devint leur capitale.

    Les Ubiens ont été des informateurs de Jules César lors de sa guerre des Gaules. Ils furent de loyaux alliés envers les Romains et aidèrent ces derniers à réprimer la révolte des Bataves en 70. Ils ont été très sensibles à la culture romaine et ont ensuite changé leur nom en Agrippenses en l'honneur d'Agrippa. Ils soutiennent les troupes romaines dans leur guerre contre les Marcomans en Pannonie en 166-167. En 306, les Lètes Francs Saliens combattent avec les Ubiens contre les Alamans. Leur identité se perd ensuite avec les Francs dans le nord de la Gaule.

  • Warnes, Varnes

     

    Les Warnes ou Varnes étaient un peuple germanique qui vivait dans le delta du Rhin. Il y a eu une guerre entre les Angles et les Warnes environ vers l'an 540.

    Selon Frédégaire, ils furent presque exterminés par le roi franc Childebert II dans les années 590.


     

    La Ligue des Thuringes

    La ligue des Thuringes est formée parmi les « Germains de la mer du Nord ». Comme la ligue reste en dehors de l'Empire romain, aucun chroniqueur latin n'en parle ; décrire leur protohistoire n'est donc possible que par les cultures archéologiques trouvées sur les terres où ils vécurent.

    Constituée après la mort d'Attila en 453, elle prend les terres d'origines de la confédération des Alamans lorsque cette dernière migre vers le sud. La disparition de l'empire hunnique sur cette zone restitue une autorité propre aux peuples des Warnes et des Angles, qui forment une aristocratie majoritaire parmi les autres (Chauques, Jutes, Frisons et Saxons). Les premiers, dont le nom a été rapproché de celui du Werenofeld entre la Saale et l'Elster et alliés aux seconds, lesquels auraient occupé l'Engilin au sud de l'Unstrut et de la Campagne Frisonne, constituent une forme d'état régi par une coutume propre, la Lex Angliorum et Werinorum hoc est Thuringorum («Loi des Angles et des Varins c'est-à-dire des Thuringes») qui servira de base à la chancellerie caroline pour rédiger en 802 et en 803 la Lex Ribuaria et la Lex Saxonum. Le territoire de cet éphémère royaume s'étendait de l'Elbe et la Mulde à l'est jusqu'à la Hesse incluse à l'ouest, de l'Altmark inclus au nord jusqu'au Danube au sud duquel les Ostrogoths ont étendu leur gouvernement. Tant que cet état a bénéficié de l'alliance scellée avec ces derniers sous le règne de Théodoric, il a perduré comme un état tampon face aux Francs.

    Inévitablement, leur terre portera leur nom de Thuringe par la suite. Compte tenu de la composition de la ligue, ces terres sont vraisemblablement celles du premier duché de Saxe.