Divinités nordiques

 

Hof, le panthéon nordique n'est pas aussi figé que celui de la mythologie grecque, les nombreuses différences de traditions locales ne permettent pas de définir un rôle très précis aux dieux (nombreuses hypostases). Ce panthéon a en outre la particularité d'être constitué de deux familles de dieux, les Ases et les Vanes, vraisemblablement apparues à deux époques différentes et amalgamées au tout début de l'Antiquité nordique, avant le IIe siècle av. J.-C.. Les dieux les plus anciens, les Vanes, sont des dieux de la nature, de la fécondité et de la prospérité. Les Ases, plus récents, sont des divinités plus typiquement indo-européennes, et en cela plus proches des dieux gréco-romains, tel Hermód, associé à Hermès/Mercure, et Odin, parfois associé à Zeus/Jupiter. Certains dieux, primitivement majeurs, ont peu à peu été délaissés au profit d'autres, tel Týr, dieu associé à la guerre et à la justice, supplanté par Odin.

 

Catégories

  • Baldr

     

    Balder the good by jacques reich

    Dans la mythologie nordique, Baldr (vieil islandais : Baldr, latin : Balderus) est le dieu Ase de la lumière, la beauté, la jeunesse et l'amour. Il est le fils d'Odin et de Frigg. Son épouse est Nanna, et leur fils Forseti. Son domaine est Breidablik, qui est dans les cieux (ou en Suède, selon la Ynglinga Saga), dans une contrée d'où le mal est banni. Par jalousie, le dieu Loki cause sa mort. Baldr est alors envoyé dans le monde des morts et Loki est puni pour ses méfaits, précipitant l'arrivée de la bataille prophétique du Ragnarök où la majorité des dieux périront. Néanmoins Baldr en sera épargné et avec quelques autres survivants il prendra part au renouveau.

    Le prologue évhémériste à l'Edda de Snorri l'assimile à Bældæg, un des fils de Woden (=Odin), qui régna sur la Westphalie et fut l'ancêtre, selon la Chronique anglo-saxonne, des maisons royales de Wessex et de Northumbrie.

    Le nom Baldr remonte, avec le vieux haut allemand Paltar et le vieil anglais bealdor « prince », à un germanique commun *ƀalđraz, substantivisé à partir de l'adjectif *ƀalþaz « brave, courageux », ce qui est continué dans le néerlandais boud et anglais bold.

    Le dieu Baldr est décrit au chapitre 22 de la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri. Il est le second Ase que le Très-Haut décrit à Gangleri, après Odin. Il n'y aurait que du bien à dire de Baldr et tous l'aiment ;

    « Il est si beau et si brillant qu'il émet de la lumière ; il y a une fleur des champs si blanche qu'on l'a comparée aux cils de Baldr [...] - et de cela tu peux conclure quelle est sa beauté, à la fois de cheveux et de corps. Il est le plus sage des Ases et le plus habile à parler et le plus clément. Mais il possède cette caractéristique essentielle qu'aucun de ses jugements ne peut se réaliser. »

    En effet, en Islande et selon les régions de Scandinavie, les fleurs Matricaria maritima ou Matricaria perforata sont communément appelées Baldrsbrá, « cil de Baldr ». Il est probable que le nom de ces fleurs vienne effectivement du dieu, mais dans le cas contraire il s'agirait d'un exemple où l'auteur de l'Edda, Snorri Sturluson, ait inventé une étymologie pour l'expliquer avec des mythes.

    Breidablik, qui se traduit par « Large Éclat », est la demeure céleste où Baldr réside, où « il ne peut rien y avoir d'impur ». Ensuite est citée un strophe en vers qui correspond à la strophe 12 du poème eddique Grímnismál :

    Breiðablik ero in siavndo,
    enn þar Baldr hefir
    ser vm gerva sali;
    a þvi landi
    er ec liggia veit
    fosta feícnstafi.

    La septième est Breidablik
    Et là, Baldr
    S'est fait une salle,
    Dans ce pays
    Où je sais que se trouvent
    Le moins de maléfices.

    Les descriptions des dieux continuent, et au chapitre 32 du Gylfaginning, on apprend que Baldr et la déesse Nanna ont un fils appelé Forseti, qui héritant de caractéristiques de son père, préside un tribunal où toutes les querelles sont résolues.

    Dans le chapitre 1 de la partie Skáldskaparmál de l'Edda de Snorri, on apprend comment les Ases tuèrent le géant Thjazi qui avait ravi la déesse Idunn. La fille de Thjazi, qui s'appelle Skadi, arriva armée à Ásgard pour le venger mais les dieux lui offrirent de se choisir un mari parmi eux en guise de réparation, toutefois elle ne pourra choisir qu'en voyant leurs pieds. En remarquant des pieds très beaux, elle dit « C'est celui-là que je choisis, il ne doit pas y avoir grand-chose de laid dans Baldr! ». En espérant tomber sur Baldr, c'est en fait Njörd qu'elle obtint.

    Le mythe essentiel associé à Baldr est le récit de sa mort, raconté dans le chapitre 49 de la Gylfaginning.

    Baldr se mit à faire des rêves sinistres sur sa propre mort, ce qui effraya les Ases. Odin se rendit dans le Niflheim, interroger l'âme d'une prophétesse défunte (ce que raconte le poème eddique Baldrs draumar), qui lui révéla le sort de son fils. Frigg fit alors jurer tous les éléments, les minéraux, les végétaux, les animaux de la création qu'ils ne feront jamais de mal à Baldr, qui devint de ce fait invulnérable. Les Ases s'amusèrent de jeter toutes sortes de projectiles vers Baldr et de le frapper avec toutes sortes d'objets, et de le voir toujours indemne.

    Cependant Loki en conçut du ressentiment, et, prenant l'apparence d'une femme, obtint de Frigg l'aveu qu'elle avait oublié de demander au gui de prêter serment, tant cette plante avait l'air frêle et jeune. Loki prit un bâton de gui, le donna à Höd, le dieu aveugle, et guida son bras pour qu'il le jette sur Baldr, qui fut transpercé et mourut aussitôt.

    Le désarroi parmi les Ases fut grand, et Hermod (frère de Baldr) se porta volontaire pour se rendre au royaume de Hel afin d'obtenir le retour de Baldr contre une rançon. Hermod monta Sleipnir et se mit en route.

    Entre temps, les Ases célébrèrent les funérailles de Baldr, qu'ils voulaient incinérer sur son navire Hringhorni, mais le navire refusait de quitter la terre ferme. Ils firent venir du Jötunheim une géante du nom de Hyrrokkin pour le déplacer, qui y parvint si bien que la terre trembla et des flammes naquirent du frottement des billots, ce qui mit Thor en colère. Il l'aurait tuée si les Ases ne l'avaient supplié de lui laisser la vie sauve. Le corps de Baldr fut placé sur le navire, et son épouse Nanna en mourut de chagrin. Elle fut placée sur le bûcher à ses côtés. Thor consacra le bûcher avec son marteau Mjöllnir, mais un nain du nom de Lit courut devant lui, et Thor l'envoya dans les flammes d'un coup de pied.

    Beaucoup furent présents à l'incinération de Baldr, comme le dit la Gylfaginning: «premièrement Odin, accompagné de Frigg, des Valkyries et de ses corbeaux; pendant que Freyr conduisait un char tiré par un sanglier appelé Gullinburstiou Slidrugtanni; Heimdall montait un cheval appelé Gulltopp, et Freyja ses chats. Furent également présents une grande troupe de géants du givre et de géants des montagnes. Odin plaça sur le bûcher un bracelet appelé Draupnirqui eut, de ce jour, la propriété de produire huit bracelets de même poids toutes les neuf nuits. Le cheval de Baldr fut mené au bûcher, avec tout son harnachement.» (Snorri Sturluson, Edda en prose 2:49.)

    De son côté, Hermod chevaucha neuf nuits et atteint la rivière Gjöll, dont le pont, tout en or, était gardé par la vierge Modgud. Celle-ci s'enquit de son identité et de son lignage, et lui demanda ce qu'il venait faire en Hel alors qu'il n'était pas mort. Hermod lui révéla qu'il était venu chercher Baldr, et Modgud confirma qu'il était bien passé par le pont.

    Hermod chevaucha vers Hel, en sauta les portes monté sur Sleipnir et trouva son Baldr assis à la place d'honneur. Le lendemain, il supplia Hel de permettre à Baldr de rentrer avec lui. Celle-ci déclara qu'elle accepterait si tout dans le monde, vivant ou non, pleurait Baldr. Cependant, si le moindre objet refusait de le faire, elle le garderait à jamais.

    Puis Baldr confia le bracelet Draupnir à Hermod, pour qu'il le rende à Odin, et Nanna (sa femme) lui donna une robe de lin et d'autres cadeaux pour Frigg, ainsi qu'un anneau pour Fulla. Hermod rentra alors à Ásgard.

    Puis les Ases envoyèrent des messages aux quatre coins de l'univers, demandant à chaque chose de pleurer Baldr, ce que toutes firent, sauf une géante appelée Thokk, que l'on présume avoir été Loki déguisé. De ce fait, Baldr demeura en Hel.

    À la strophe 11 du poème eddique Baldrs draumar, la voyante révèle à Odin que c'est son fils Vali qui vengera Baldr en tuant Höd :

    Rindr berr Vala
    i væstrsolvm,
    sa man Oðins sonr
    æinnættr væga:
    hond vm þvær
    næ hofvð kæmbir,
    aðr a bal vm berr
    Balldrs andskota;

    Rindr a conçu Váli
    Dans les salles de l'ouest,
    Celui-ci, âgé d'une nuit,
    Tuera le fils d'Ódinn,
    Ne se lavera pas les mains
    Ni ne peignera ses cheveux
    Que sur le bûcher n'ait porté
    L'ennemi de Baldr.

    Aux strophes 32 et 33 de la Völuspá, une voyante prédit les mêmes faits, que Vali âgé que d'une nuit vengera Baldr en tuant Höd. Il ne se lavera ni ne se peignera avant d'avoir accompli cet acte. Cette vengeance est également évoquée dans Hyndluljóð 29.

    Lorsque le monde renaîtra après le Ragnarök, Baldr reviendra de Hel pour y demeurer. La Völuspa nous apprend que Baldr reviendra avec son frère Höd. L'herbe renaîtra et tous les fils et les filles des dieux survivants se réfugieront autour de lui sur l'Yggdrasil.

    Deux textes évhéméristes d'origines danoises mettent en scène Höd (sous le nom de Hother ou Høtherus), qui est alors un roi guerrier, non aveugle, qui tue son rival Baldr au combat. Malgré leur intention, ces textes ont un intérêt mythologique puisqu'ils témoignent de versions christianisées de mythes qui n'apparaissent pas toujours dans d'autres sources préservées. Dans le cas de Höd, ces textes le présentent sous un aspect totalement différent que dans l'Edda de Snorri, il s'agit là d'un guerrier puissant, consciemment ennemi et meurtrier de Baldr. Il subit toujours la vengeance d'un autre fils d'Odin, Vali (nommé Both ou Bous dans les textes évhéméristes).

    La Chronicon Lethrense (Lejrekrøniken en danois) est un court texte en latin du XIIe siècle, écrit sans doute par un clerc danois, qui raconte les aventures des héros et rois danois de l'ère pré-chrétienne. Le texte est évhémériste puisque les dieux sont présentés comme des hommes qui auraient été pris à tort pour des divinités. En ce sens, la Chronicon Lethrense est similaire à la Gesta Danorum, mais demeure de moindre qualité.

    Dans un court paragraphe du texte, on apprend que Hother (qui correspond au dieu Höd) est un roi saxon, fils du défunt Hothbrodd. Lors d'une bataille il tue Balder, le fils d'Othen (Odin), et défait Othen et Thor. Il est ensuite tué en bataille par Both (qui correspond alors à Vali), un autre fils d'Othen.

    La Gesta Danorum (Geste des Danois) est une œuvre en latin rédigée à la fin du XIIe siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'État Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois. Il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont fait passer pour des divinités.

    Le Livre Troisième raconte l'histoire de Høtherus (qui correspond à Höd), fils du défunt roi de Suède Hothbrodus donc élevé par le roi Gevarus. Le jeune Høtherus est déjà des plus robustes, habile à la nage, à l'arc et à la lutte, mais également en musique. Ses qualités séduisent Nanna, la fille de Gevarus, qui en tombe amoureuse. Mais Balderus (qui correspond à Baldr), le fils d'Odin, aperçoit Nanna se baigner et sa beauté le remplit de désir. Il décide de se débarrasser de son concurrent Høtherus. Pendant ce temps, Høtherus rencontre dans la forêt trois nymphes qui ont le pouvoir de contrôler l'issue des batailles. Elles mettent en garde le jeune prince des intentions mauvaises de Balderus, et l'avertissent de ne pas le provoquer au combat puisqu'il est un demi-dieu. Høtherus demande à Gevarus la main de sa fille, mais le roi craint le colère de Balderus. Il conseille à Høtherus de se procurer dans le domaine d'un satyre appelé Mimingus une épée magique et un bracelet qui décuplerait sa force. Le héros parvient à obtenir son butin, mais le roi saxon Gelderus désirant s'en emparer lance son armée vers la Suède. Høtherus réussit à le soumettre et en fait un allié grâce à sa verbe et cette qualité lui permet de gagner un autre allié, Helgo le roi de Halogie. Pendant ce temps, Balderus demande la main de Nanna mais elle le refuse. S'ensuit une bataille entre Høtherus et Balderus. Les dieux, dont Odin et Thor, combattent aux côtés de Balderus. Høtherus parvient à couper le manche du gourdin de Thor, le rendant inopérant, alors les dieux s'enfuient. Høtherus épouse ensuite Nanna et devient souverain du Danemark. Mais Balderus revient au combat et défait cette fois son rival qui est contraint de s'enfuir chez Gevarus. Toutefois la victoire ne lui apporte que peu de réconfort puisque son désir pour Nanna n'est pas assouvi.

    Høtherus et Balderus se rencontrent une nouvelle fois en bataille, mais Høtherus est encore défait. Désespéré, il s'exile. Il rencontre les nymphes qui l'avaient aidé auparavant qui lui conseillent de se procurer la nourriture qui assure la force de Balderus. L'assurance retrouvée, Høtherus se remet en route pour combattre l'armée de Balderus. La bataille fait des ravages et aucune armée ne l'emporte. Høtherus se glisse une nuit dans le camp adverse et trouve l'habitation des nymphes qui préparent la nourriture de Balderus. Il leur joue la lyre mais elles refusent de lui donner la nourriture. Elles lui offrent néanmoins une ceinture magique qui lui garantirait la victoire. En rentrant, Høtherus tombe sur Balderus et lui perce le flanc. Balderus meurt de ses blessures et son armée lui offre des funérailles royales.

    Odin, le père de Balderus, engendre alors Bous (qui correspond à Vali) avec Rinda (Rind) pour venger son fils. Høtherus apprend auprès de devins qu'il mourra en affrontant son nouveau rival. Il transfère alors ses pouvoirs de chef à son fils, avant de combattre Bous et d'être tué. Toutefois Bous est gravement touché et il périt le lendemain de ses blessures.

    Les chrétiens s'appuyèrent beaucoup sur la ressemblance de Baldr avec Jésus Christ (deux martyrs, purs, qui renaîtront après l'apocalypse) afin de convertir les peuples nordiques.

    Le mythe du meurtre de Baldr a été comparé à un épisode de l'épopée anglo-saxonne Beowulf ; d'une flèche, Hæðcyn (Höd ?) tue son frère Herebeald (Baldr ?) lors d'un accident de chasse tragique. Toutefois la comparaison est contestée puisqu'elle se limite aux noms similaires et à un meurtre accidentel fratricide effectué au moyen d'un projectile.

    Georges Dumézil note une comparaison entre le récit de la mort de Baldr et un récit hindou (une autre religion indo-européenne) issu de la Mahābhārata. En effet, dans la mythologie hindoue, le roi aveugle Dhritarāshtra (aveugle comme le dieu scandinave Höd) autorise le démoniaque Duryodhana (qui n'est autre que la déesse destructrice Kâlî, comparable dans sa fonction au dieu scandinave Loki) de monter le scénario qui perdra Yudhisthira. Il s'agit d'un jeu de dés normalement sans danger pour ce dernier car c'est le meilleur joueur, mais par la ruse Duryodhana le défait le forçant ainsi à l'exil. L'exil de Yudhisthira est comparable dans la mythologie nordique à la mort du dieu Baldr, tué accidentellement par son frère aveugle Höd lors d'un jeu à cause d'une ruse de Loki. Le héros hindou Dhritarāshtra et le dieu scandinave Höd développent tous les deux un sentiment de culpabilité. Comme Baldr, Yudhisthira reviendra une fois ces ennemis vaincus lors de la guerre de Kurukshetra (comme le Ragnarök), et au renouveau il sera souverain.

    Dumézil compare également le meurtre de Baldr par une ruse de Loki avec le meurtre du héros de la mythologie ossète, Soslan, par une ruse du filou Syrdon (qui correspondrait à Loki).

    Baldr et le héros mythologique finnois Lemminkäinen ont des similarités, par exemple chacun est tué par un aveugle lors d'un festin de dieux ou de héros, ce qui a encouragé certains chercheurs à penser qu'ils possèdent une origine commune.

  • Bestla

     

    Bestla est une géante de la mythologie nordique. Elle est la mère d'Odin.

    Bestla est la fille de Bolthorn. Selon Snorri Sturluson (Gylfaginning), elle épousa Bur (ou Bor), fils du premier dieu Búri. Ensemble, ils eurent trois fils, les premiers dieux Ases Odin, Vili et Vé.

    La parenté de Bestla et d'Odin est confirmée par le fait qu'Odin est parfois désigné par la kenning « fils de Bestla » (son Bestlu) en poésie scaldique (par exemple dans la Vellekla d'Einar skálaglam).

    D'après les Hávamál (140), Bestla a un frère. Odin tiendrait de cet oncle maternel une partie de sa sagesse et de sa magie.

    La signification de son nom, incertaine, pourrait être « épouse » ou « écorce ».

  • Bragi

     

    Bragi est le dieu de la poésie dans la mythologie nordique.

    Bragi figure dans la présentation des Ases par Snorri Sturluson dans la Gylfaginning (26). « Il est renommé pour sa sagesse et surtout pour son éloquence et sa verve » écrit-il, ajoutant qu'il est « particulièrement doué pour la poésie ». En tant qu’« inventeur de la poésie » (Skáldskaparmál, 10), c'est lui qui est l'interlocuteur d'Ægir lors du banquet qui sert de cadre au Skáldskaparmál.

    Snorri indique aussi que c'est de Bragi qu'est dérivé le mot bragr, qui signifie en vieux norrois « poésie » et « chef » (Gylfaginning, 26) ; qu'il est l'époux d'Idun, la gardienne des pommes de jouvence (idem) et qu'il peut être désigné sous le nom d' « Ase à la longue barbe » (Skáldskaparmál, 10).

    L'existence de Bragi est toutefois peu attestée en dehors de Snorri. Il apparaît principalement dans la Lokasenna, où il fait partie des Ases présents au banquet donné par Ægir. Loki raille sa lâcheté (13, 15), qui n'est pas confirmée ailleurs. Bragi est présenté dans ce poème comme l'époux d'Idun, mais pas comme dieu de la poésie.

    Bragi apparaît également dans le Grímnismál (44), où il est qualifié de plus grand des scaldes. Il figure aussi dans l'Eiríksmál (3-4) et le Hákonarmál (14, 16) où il est présent lors de l'arrivée à la Valhöll de deux rois venant de mourir (respectivement Éric « à la hache sanglante » et Hákon le Bon). Dans ces trois textes, il est toutefois possible qu'il soit fait référence au scalde Bragi Boddason plutôt qu'au dieu.

    Dans la mesure où la divinité de Bragi n'est que tardivement attestée, il a été suggéré dès le XIXe siècle que Bragi était peut-être le scalde norvégien Bragi Boddason divinisé. Bragi, qui vécut au IXe siècle, est en effet le plus ancien scalde connu, et il a en conséquence été très tôt considéré comme le père de la poésie scaldique.

    Comme Odin est le dieu des scaldes et que Bragi est l'un des noms qu'il porte, Régis Boyer a avancé l'idée que « Bragi n'est autre qu'Odin ».

     

    (Ressources Wikipédia)

  • Bur, Bor

     

    BurBor (Börr) ou Mannus est, dans la mythologie nordique, le dieu des temps anciens (le deuxième dieu), fils de Búri et père d'Odin.

    Engendré par Búri, Bor rencontre Bestla. De leur union, naissent les dieux Odin, Vê et Vili.

  • Freyja

     

    Freyja est généralement considérée comme la déesse de la terre et de la fertilité dans la mythologie nordique. Freyja signifie dame ou « souveraine », en vieux nordique (cf. fru ou Frau en scandinave ou en allemand). Il n’y a pas de source indiquant qu’elle fut appelée pour apporter fertilité aux champs et aux femmes ; elle était la déesse de l’intimité. Elle était également la déesse de l’amour, du sexe, de la guerre, des prophéties et de l’attirance entre personnes ; elle devint donc une des déesses les plus populaires. Elle peut être considérée comme l’équivalent de Vénus et d’Aphrodite. Il est probable qu’elle soit le descendant mythologique le plus direct de Nerthus.

    Freyja est une Vane, déesse de l’amour dans la mythologie nordique, elle est belle, possède des yeux bleus et une chevelure dorée. Elle est la fille de Njörd, et la sœur jumelle de Freyr. Sa fille s’appelle Hnoss.

    Odr, le mari de Freyja, « un homme qui voyage loin », est probablement une hypostase d’Odin ou Odin lui-même, car celui-ci disparaît peu après leur mariage. Après la disparition de Odr, Freyja pleura des larmes d’or rouge qui se transformaient en ambre quand elles tombaient dans la mer. On la confond parfois avec Frigg, l’épouse d’Odin, déesse du mariage.

    A l’instar d’Odin, elle reçoit dans son manoir Sessrumne à Folkvang la moitié des guerriers morts au combat, qu’elle guidera au combat le jour du Ragnarök. Elle est considérée comme la première parmi les Valkyries.

    Pour expliquer ce partage des Einherjar entre Odin et Freyja, certaines transmissions orales (Propriété Óðal ) expliquent que les guerriers dévolus à Odin sont ceux d’entre eux qui vouent leur existence à la guerre et aux batailles que l’on nomme les offensifs. Les guerriers dévolus à Freyja sont ceux d’entre eux qui mènent des combats pour protéger leurs familles leurs clans et leurs biens que l’on nomme les défensifs. L’historienne Else Roesdahl a remarqué que dans les sépultures contenant des armes : dans celles de Norvège les guerriers avaient des boucliers (défensifs), et au Danemark ils avaient uniquement leurs armes d’attaques (offensifs). Cependant une autre théorie avance l’idée que les tertres de Norvège serait ornés de boucliers pour montré que le défunt est mort en défendant sa patrie, son royaume. Tandis que les tertres danois serait eux ornés d’armes pour montrer que le défunt était mort en agrandissant son royaume, mais ces théories spéculatives, comme tant d’autres, sont loin d’élucider totalement ce mystère.

    Son char est tiré par deux chats de la taille de lions. Son collier magique, le collier des Brísingar, la rend irrésistible. Elle aime le chant et a beaucoup d’amants.

    Contrairement à beaucoup d’autres dieux, elle est appréciée des géants et plusieurs d’entre eux la convoitent.

     

    Pour en savoir encore plus cliquez sur les liens ci-dessous :

    Freyjafreyfrig.pdf (151.34 Ko)

    Freyja van inc.freyja-van.pdf (14.58 Ko)

    Sidhsidh.pdf (409.03 Ko)

    Manteaudeplumesmantodeplumes.pdf (129.94 Ko)

    Inc german scandinaveinc.german.scandinave.pdf (37.36 Ko)

     

     

     

  • Freyr, Frey, Fricco

     

    Freyr (parfois francisé en Frey) est un des principaux dieux de la mythologie nordique. Il est associé à la prospérité, et selon plusieurs sources il commande la pluie et les rayons du Soleil, faisant de lui un dieu de la fertilité - d'autant plus qu'il est parfois représenté dans l'art ancien avec son pénis en érection.

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    Son mythe est connu grâce aux Eddas, textes de mythologie nordique rédigés au XIIIe siècle à partir de sources plus anciennes, qui font de Freyr un dieu Vane, frère de Freyja, la déesse de l'amour, et le fils de Njörd. Dans son mythe le plus célèbre, il observe les mondes depuis le trône d'Odin, et aperçoit la géante Gerd, dont il tombe désespérément amoureux. Il envoie alors son écuyer au pays des géants pour la convaincre de l'épouser. Freyr sera finalement tué par Surt lors de la bataille prophétique du Ragnarök.

    Freyr est également un protagoniste dans la Geste des Danois, où il porte le nom de Frø, et la Saga des Ynglingar, où il est également appelé Yngvi ou Ygnvi-Freyr, textes fortement évhéméristes écrits respectivement aux XIIe et XIIIe siècles. Sa plus ancienne mention date du XIe siècle, où Adam de Brême le nomme Fricco et décrit son culte. Son culte est également évoqué dans de nombreuses sagas islandaises, mais ces œuvres ayant été écrites quelques siècles après la Christianisation de l'Islande, elles sont à prendre avec précaution.

    Si peu de mythes sur Freyr nous sont parvenus, l'importance du dieu est attestée par les dires des sources primaires et sa récurrence dans la toponymie des pays nordiques. Plusieurs spécialistes estiment qu'avec Odin et Thor, Freyr faisait partie d'une triptyque divine principale. Dieu célèbre, Freyr est référencé dans nombreux domaines de la culture populaire. C'est notamment un personnage sous la graphie Froh dans l'opéra L'Or du Rhin de Richard Wagner.

    Le nom Freyr signifie « seigneur » en vieux norrois. Sa forme féminine correspond au nom de sa sœur, Freyja. Freyr provient du protogermanique *fraujaz signifiant également « seigneur ».

    Freyr porte également le nom de Yngvi, voir Yngvi-Freyr. L'étymologie de Yngvi est très disputée. Selon Snorri Sturluson, Freyr est l'ancêtre de la dynastie royale suédoise des Ynglingar, qui ont hérité de son nom. Certains spécialistes soutiennent que Yngvi trouve ses origines chez le dieu Ing (du protogermanique *Ingwaz), l'ancêtre du peuple germain des ingaevones. Yngvi-Freyr correspondrait alors à *Ingwia-fraujaz, soit « seigneur des ingaevones ».

    Fricco, le nom pour Freyr rapporté par Adam de Brême, est d'étymologie incertaine. Il est possible qu'il dérive de *friðkan qui signifie « amant » ou « aimant ».

    Au chapitre 24 du Gylfaginning, de l'Edda de Snorri, on apprend que le dieu Njörd a deux enfants « beaux et puissants », Freyr et Freyja. Freyr est alors décrit comme suit :

    « Freyr est le plus glorieux des Ases. Il a pouvoir sur la pluie et sur l'éclat du soleil et, par là, sur les fruits de la terre, et il est bon de l'invoquer pour la prospérité et pour la paix. Il a aussi pouvoir sur la fortune des hommes. »

    — Gylfaginning, chapitre 24

    Le chapitre 43 explique que Freyr possède un bateau magique appelé Skidbladnir qui a été fabriqué pour lui par les nains fils d'Ivaldi. Le bateau est si grand qu'il peut contenir tous les Ases, toutefois lorsqu'il n'est pas utilisé il peut être plié pour rentrer dans une bourse. Autrement, dès que son voile est hissé, le bateau obtient un vent favorable.

    Dans le poème eddique Skírnismál, Freyr observe les mondes depuis Hlidskjálf, le siège d'Odin, et voit dans Jötunheim une belle fille dont il tombe amoureux. Son père Njörd et sa belle-mère Skadi demandent à l'écuyer de Freyr, Skírnir, de parler à Freyr pour les renseigner sur son comportement étrange. Freyr lui explique sa tristesse amoureuse depuis qu'il a vu la filleGerd dans l'enclos du géant Gymir. Il demande alors que Skírnir aille de sa part exiger sa main en mariage, et lui donne un coursier et son épée qui combat toute seule.

    Skírnir chevauche jusqu'à l'entrée de l'enclos, barré par un berger et des chiens, mais le vacarme prévient Gerd qui permet à Skírnir de rentrer. Ce dernier lui offre onze pommes dorées (vraisemblablement des pommes de jouvence des Ases) si elle accepte d'épouser Freyr, mais elle refuse. Il lui offre alors l'anneau Draupnir mais elle refuse à nouveau. Lorsqu'il menace de la décapiter avec son épée, elle ne se montre pas intimidée non plus. Skírnir se lance alors dans une incantation où il menace Gerd des pires horreurs, qui finissent par la convaincre, et elle propose de rencontrer Freyr dans neuf jours à Barri. Skírnir revient à Freyr et l'informe du rendez-vous, et ce dernier se plaint de la longue attente.

    Le chapitre 37 du Gylfaginning de l'Edda de Snorri cite et résume en prose ce poème avec peu de variations au mythe. Il précise que puisqu'il avait donné son épée à Skírnir, Freyr a dû tuer Beli avec des bois de cerf, référence énigmatique à un mythe dont on n'a pas plus d'informations. Ce chapitre annonce également que son épée lui manquera durant la bataille prophétique du Ragnarök.

    Le dernier combat de Freyr à la fin du monde prophétique, le Ragnarök, est rapidement mentionné dans le poème eddique la Völuspá, à la strophe 53, où Freyr est mentionné par le kenning « brillant meurtrier de Beli » combattant le géant Surt.

    L'Edda de Snorri, qui cite également la Völuspá, raconte au chapitre 51 son destin fatal avec plus de détails, expliquant que Freyr succombera puisqu'il n'aura pas son épée magique :

    « Freyr affrontera Surt, et ce sera là une terrible rencontre jusqu'au moment où Freyr tombera. La cause de sa mort sera qu'il lui manquera l'excellente épée qu'il donna à Skirnir. »

    — Gylfaginning, chapitre 51

    L'une des plus anciennes sources écrites de l'époque pré-chrétienne sur les pratiques religieuses en Scandinavie est le Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum d'Adam de Brême. Écrit aux alentours de 1080, Adam clamait avoir eu accès à des chroniques de première main sur les pratiques païennes en Suède. Il y évoque Freyr sous le nom latin Fricco et mentionne qu'une idole à son effigie érigée à Skara fut détruite par un missionnaire chrétien. Sa description du Temple d'Uppsala nous donne certains détails sur ce dieu :

    - Dans ce temple, complètement revêtu et orné d'or, les gens y idolâtrent les statues de trois dieux, sagement disposés, le plus puissant d'entre-eux, Thor, occupant un trône au centre de la pièce; Wotan et Frikko prennent place de chaque côté. La signification de ces dieux va comme suit : Thor, disent-ils, préside sur l'air, gouvernant le tonnerre et la foudre, les vents et les pluies, le temps clément et les récoltes. Le second, Wotan - qui est le furieux - apporte la guerre et impute à l'homme la force contre ses ennemis. Le troisième est Frikko, qui accorde la paix et le plaisir aux mortels. Ils le présente avec son attrait, un immense phallus. (Gesta Hammaburgensis 26, Traduit par Friedrich Ulven).

    Plus tard, dans ses chroniques, Adam déclare que lorsqu'un mariage est célébré, une libation était offerte à l'image de Fricco. Cette association au mariage, à la paix et au plaisir, identifie clairement Fricco comme étant un dieu de la fertilité.

    Les historiens sont divisés sur la fiabilité des chroniques d'Adam. Tandis qu'il est très près dans le temps des événements qu'il décrit, il semble clairement avoir ses intérêts propres en mettant l'emphase sur le rôle de l'Archevêché de Hambourg-Brême dans la christianisation de la Scandinavie. Sa chronologie de la christianisation de la Suède entre en conflit avec d'autres sources, comme les inscriptions runiques, et les évidences archéologiques ne confirment en rien la présence d'un grand temple à Uppsala. Cependant, l'existence d'une idole phallique a été confirmé en 1904 grâce à une trouvaille à Rällinge dans le Södermanland.

    Comme pour la plupart des Vanes, dieux de la fertilité, Freyr se retrouve surtout dans la toponymie suédoise, notamment à l'est du pays, mais également en Norvège. Il est absent de la toponymie danoise et n'a été identifié que trois fois en Islande.

    Voir aussi : http://le-temple-de-freyja.e-monsite.com/medias/files/freyfrig.pdf

  • Frigg

     

    Frigg et Gna

    Dans la mythologie nordique, Frigg était l’épouse d’Odin et par conséquent la reine des Ases. Mère de Balder et Höd, elle était la seule femme autorisée à s’asseoir sur Hlidskjalf (« tour de guet ») d’où elle conseillait son mari sur les questions importantes. Dans sa demeure à Ásgard, nommée Fensalir (« salle des marécages »), elle occupait ses journées à filer les nuages. D’ailleurs, elle est souvent représentée avec un rouet. Elle était la patronne des sibylles, des devineresses et des fées.

    Également connue sous les noms de Friggja (en Suède), Fricka (dans les opéras de Wagner) ou Frea (au sud de l’Allemagne), elle était la déesse de l’amour, du mariage, de la maternité et pouvait prédire l’avenir.

    Frigg est issue du germanique « frijō » qui signifie « bien-aimée », mais l’origine de ce nom aurait une racine indo-européenne « prāi », d’où est issue le champ lexical de l’amour.

    Aujourd’hui encore, nous retrouvons dans notre langue courante des mots ou noms dérivés du prénom de cette déesse. Par exemple, de nombreux suédois ou norvégiens ont un nom qui se rapproche de celui de Frigg (Freia, Frigida, Freja, Frigga, Friggic, Freya, Friggjarakr, etc.). Le mot vendredi dans les pays du nord est issu de Frigg : en allemand - Freitag ; en anglais - Friday ; en suédois - Fredag.

    Un vieux conte anglais explique cette similitude :

    Le sixième jour,
    il est nommé
    à la déesse impudique
    appelée Vénus
    et Frigg en danois

     

    Dans la mythologie nordique, Frigg appartient à la plus haute hiérarchie des Ases (un des deux panthéons de la mythologie nordique, l’autre étant les Vanes). Devenue la reine du Ciel par son mariage avec Odin, elle préfère s’installer dans sa propre demeure, Fensalir, plutôt que dans le somptueux palais de son époux. Mère de Balder et Höd, elle est la seule femme autorisée à s’asseoir sur le trône Hlidskjálf, d’où elle pouvait admirer les Neuf Mondes.

    Déesse de la fertilité, l’amour, la gestion du ménage, le mariage et la maternité, Frigg était célèbre pour sa prescience. En effet, elle avait la réputation de connaître la destinée de chaque individu, mais ne la révélait jamais. Frigg était le patron des femmes et des agriculteurs. Elle était également associée à la guérison et était appelée auprès des agonisants, afin de faciliter leur transition entre la vie et la mort.

    Réputée pour être une mère et épouse dévouée, la déesse nourrissait une passion dévorante envers l’or. Un mythe raconte qu’elle était devenue jalouse d’une statue d’or à l’effigie de son époux, sculptée par ses adorateurs. Elle n’hésita pas à passer la nuit avec l’un de ses serviteurs, afin de le convaincre de détruire la statue et de récupérer l’or pour lui en faire des bijoux.

    L’idée d’une possible identification entre la déesse Freyja et Frigg est un sujet de débat scientifique. Certains spécialistes prétendent que Frigg et Freyja sont deux formes d’une même déesse. Certains arguments sont basés sur le fait que Freyja n’a pas été connue dans le sud de l’Allemagne, alors que dans le nord les deux déesses étaient considérées comme la même.

    Toutes deux sont déesses de l’amour et de la fertilité et sont appelées à l’aide lors des accouchements. Tandis que Freyja est une haute déesse des Vanes, Frigg est son équivalent dans les Ases. Elles aiment les bijoux et voyagent à l’aide d’un manteau en plume de faucon pour Freyja et en se transformant en faucon pour Frigg.

    Les noms des deux déesses et de leurs époux sont aussi particulièrement intéressants à cet égard. Freyja, apparenté au mot moderne allemand « frau », est un titre plutôt qu’un véritable nom. Dans l’ère viking, les femmes de l’aristocratie étaient parfois appelées « freyjur » (le pluriel de Freyja). Le nom de Frigg est lui associé à l’amour et au désir, précisément les domaines de compétences de Freyja. Le prénom Odr (mari de Freyja) signifie « extase, inspiration, fureur », comme le nom d’Odin (mari de Frigg). Odin est simplement le mot Odr avec l’article défini masculin « -in » ajouté à la fin. Dans la mythologie nordique, les seuls passages qui nous parlent d’Odr viennent de l’Edda poétique, qui stipule qu’il fait souvent de longs trajets et que Freyja le pleure énormément. Or, la plupart des contes impliquant Odin parlent de ses nombreux voyages à travers les Neuf Mondes.

    Frigg est aussi assimilée à la déesse sumérienne, Inanna, bien qu’ayant la même histoire, celle-ci put se rendre aux enfers récupérer son fils.

    La plupart des dieux germaniques étaient dessinés avec des animaux de compagnie. Ce n’est pas le cas de Frigg, qui était souvent représentée avec ses douze servantes. Ensemble, dans son palais de Fensalir à Asgard, elles filaient les nuages et les fils d’or du destin.

    Les servantes aidaient Frigg à accomplir ses attributions et avaient chacune un rôle bien défini. Gna transmettait les ordres de la déesse à travers les neuf royaumes sur le dos de son cheval, Hofvarpnir. Grefjon avait le don de clairvoyance mais n’influait jamais sur le cours des événements. Hlin était chargée de protéger tous ceux que Frigg jugeait digne de garder du danger. Vra ou Vár écoutait les serments et punissait les parjures. Snotra était chargée d’annoncer le beau temps et d’amener la brise. Sygna présidait les procès. Lofn favorisait l’union des amants. Fulla, favorite de la déesse, était chargée de porter la boîte à bijoux de sa maîtresse, remplie d’outils magiques utilisés lors de cérémonies.

    Parfois, les suivantes de Frigg sont considérées comme divers aspects de la déesse, plutôt que des êtres distincts.

    Déesse prophétique, Frigg connaissait l’avenir et la destinée de tous les hommes, mais ne dévoilait jamais ses secrets. La seule fois qu’elle intervint pour modifier le court de l’histoire, ce fut quand elle rêva de la mort de son fils. Elle demanda alors qu’aucune chose dans le cosmos ne puisse faire de mal à Balder. C’est alors que les éléments, animaux, pierres, maladies entre autres choses, promirent à la déesse de ne pas nuire à son fils. Heureux de cette nouvelle immunité de Balder, les dieux des Ases organisèrent une grande fête où ils s’amusèrent à lui lancer ce qu’ils avaient sous la main. À chaque fois, Balder restait indemne.

    Non satisfait de la tournure des événements, le dieu malin Loki se déguisa en femme et rendit visite à Frigg en Fensalir. Là, il expliqua à la déesse que tous les dieux frappaient son fils et que ce dernier restait indemne. La déesse lui raconta alors que toutes choses dans le cosmos lui avaient fait le serment de ne pas blesser Balder. Cependant, elle avoua qu’elle n’avait pas demandé au gui de lui prêter serment, le croyant inoffensif. Loki disparut immédiatement et s’arma de gui avant de se rendre à la fête. Il donna la fléchette de gui au frère aveugle de Balder, Höd, et lui offrit de l’aider à prendre part aux festivités.  Avec l’aide de Loki, le dieu aveugle jeta le projectile qui transperça le cœur de son frère, le tuant instantanément.

    À l’annonce de cette affreuse nouvelle, Frigg demanda aux dieux de prendre le chemin du royaume des morts. Hermod accepta de s’y rendre pour négocier le retour de son frère avec la gardienne, appelée Hel. Pendant son absence, la femme de Balder, Nanna, est placée dans le bûcher funéraire avec son défunt mari et meurt de chagrin. En arrivant, Hermod discute avec Hel des conditions de retour de Nanna et Balder dans le monde des vivants. La déesse accepte, mais demande que toutes choses vivantes et mortes pleurent leur mort. Avant que Hermod ne reparte, Balder lui remit l'anneau Draupnir à rendre à Odin (qui l'avait déposé sur son bûcher funéraire), et l'épouse de Balder, Nanna, remit au messager une étoffe de lin et autres cadeaux pour Frigg, et un anneau d'or pour Fulla. Retourné chez les dieux, Hermod leur raconta son expédition.

    Les dieux envoyèrent donc des messagers parcourir le monde pour prier à chacun de pleurer le fils de Frigg. Mais une géante appelée Thokk refuse. En réalité, il s'agit du dieu Loki déguisé. Balder fut alors condamné à souffrir dans le monde souterrain, jusqu’à la bataille finale de Ragnarök.

    Höd fut condamné à mort, mais plus tard, les dieux ont découvert le rôle de Loki dans l’assassinat de Balder et lui ont donné une punition cruelle qui amena la fin du monde.

    Selon certaines versions de l’histoire, le gui est devenu sacré pour Frigg. En effet, la plante était tellement malheureuse d’avoir causé la mort de Balder qu’elle eut pitié de la déesse. Dans une autre version du mythe, l’histoire se termine mieux. Balder est ramené à la vie et Frigg est tellement heureuse qu’elle retire sa malédiction sur le gui pour le changer en un symbole de paix et d’amour, promettant un baiser à tous ceux qui passeraient en dessous.

    Parfois, Frigg et Odin n’étaient pas toujours en accord sur les décisions à prendre. Un jour, les époux s’opposèrent sur le sort de deux tribus guerrières : les Winnilers et les Vandales. Les premiers étaient soutenus par Frigg et les seconds par Odin.

    Odin décréta que la première tribu qu’il verrait en se réveillant au matin suivant, sera victorieuse. Son lit étant placé face aux Vandales, il savait que sa tribu gagnerait. Astucieusement, Frigg fit pivoter le lit de son époux et ordonna aux femmes Winnilers de coiffer leurs longs cheveux autour de leur visage à la manière d’une barbe. Lorsqu’Odin se réveilla, il se demanda qui étaient ces longues barbes. Dès lors, les Winnilers étaient connus sous le nom de Lombards (« longues barbes »).

    Bien que Frigg soit la déesse du mariage, elle n’était pas toujours fidèle à son mari souvent parti en voyage.

    Odin avait deux frères nommés Vili et Vé. Lorsqu’il voyageait à travers les Neuf Mondes, ses frères gouvernaient le royaume d’Asgard en attendant son retour. Un jour, alors qu’Odin était parti depuis plus longtemps qu’à son habitude, les dieux des Ases supposèrent qu’il était mort. Vili et Ve se répartissent alors son héritage et épousèrent Frigg. Cependant, Odin est revenu peu de temps après reprendre possession de ce qui lui appartenait. Furieux de l’infidélité de sa femme, il l’aurait abandonnée un certain temps. Malgré cela, Frigg restera toujours la femme préférée d’Odin.

    « Frigg incarne la terre majestueuse, redoutable et nourricière, la terre où poussent les blés et où se choquent les épées, la terre où s’aiment les couples, la terre où naissent les enfants. Cette terre n’est pas une vallée en détresse mais un océan de fierté et un sommet d’honneur ».

    Frigg était souvent représentée comme une femme belle, majestueuse, imposante portant de longues robes qui pouvaient, à son gré, être de lumière ou d’obscurité. Sur la plupart des tableaux, la déesse est représentée en train de filer à l’aide d’un rouet. Elle avait la capacité de se transformer en faucon, corbeau ou épervier pour voyager.

    Les plantes qui lui sont associées sont le gui et le gaillet jaune (galium verum). Cette dernière, aussi connue sous le nom de « herbe de Frigg », était utilisée comme sédatif pour les mères au moment de l’accouchement. En effet, les peuples germaniques appelaient Frigg pour aider les femmes à moins souffrir lors de l’accouchement. Mais elle était également invoquée pour la prévoyance, la fertilité, le destin, la protection, le mariage, la santé, l’indépendance, la vitalité, la ruse, la sagesse, la passion physique, garder des secrets, protéger la famille, trouver le bon nom pour le nouveau-né, etc.

    Tout terrain marécageux était également consacré à Frigg. Régis Boyer, spécialiste des civilisations scandinaves, a suggéré que les sacrifices humains qui ont eu lieu dans les marécages danois et suédois étaient destinés à Frigg.

     

  • Gefjon

     

    Gefjon labourant la terre en Suède par Lorenz Frølich

    Gefjon labourant la terre en Suède par Lorenz Frølich

    Dans la mythologie nordique, Gefjon ou Gefion est une Ase. Elle est vierge et se fait servir par toutes celles qui meurent vierges. Un mythe veut que Gefjon ait arraché un morceau de terre du roi suédois Gylfipour en faire une île danoise, le Seeland. Il est écrit qu'elle parvient à ses fins grâce à quatre bœufs qui sont en fait les fils qu'elle a eus avec un géant. Son nom est également orthographié Gefjun, Gefn ou Gefion.

    Il y aurait deux versions de la légende :

    Version suivant la poésie d'Edda

    Dans la Gylfaginning (la mystification de Gylfi), le roi Gylfi régnait sur la région appelée actuellement Suède. L'histoire rapporte qu'il offrit une terre à une vagabonde en récompense de l'avoir amusé. La terre serait aussi grande que ce que quatre bœufs pourraient labourer en un jour et une nuit. Il ignorait que la vagabonde était une Asyne appelée Gefjon. Les bœufs qu'elle employa étaient en réalité les fils qu'elle avait eus avec un géant. Ils labourèrent si bien et si profondément le sol qu'une portion de territoire se détacha du royaume et se déplaça vers l'ouest. La terre s'immobilisa en mer, dans le sund. Gefjon y laissa la terre et l'appela le Selund (ou Seeland).

    La zone où la terre fut arrachée est devenue un lac intérieur, appelé actuellement le lac Mälaren (appelé également Lögrinn). Toutefois, depuis que les cartes modernes montrent une similitude entre Seeland et le lac suédois Vänern, il est parfois identifié comme le trou laissé par Gefjon.

    Extrait du Voyage de Gylfe

    ...Voici ce que dit à cette occasion le skald Brage l'ancien :

    ...Géfion, bien joyeuse, enleva au riche Gylfe le terrain qui devait agrandir le Danemark.

    Les bœufs avaient tant de hâte, qu’un nuage de poussière marquait leurs traces.

    Ils avaient entre eux quatre têtes et huit yeux....

    Version selon la Heimskringla

    La Heimskringla (Saga des rois de Norvège), rapporte que lorsqu'Odin considéra le futur, il sut que ses descendants vivraient et travailleraient dans le nord du monde. Il donna à ses frères Vé et Vili le pays d'Asagarth situé sur le territoire des turcs. Lui-même partit et emmena avec lui tous les prêtres et une grande partie de son peuple. Il se dirigea d'abord vers Gardarike (Russie et de là vers le sud, vers Saxenland (Allemagne). Il avait plusieurs de fils, il conquit plusieurs royaumes et laissa ses fils les gouverner.

    De Saxenland Odin se dirigea vers le nord, vers la mer, et se fixa sur une île qui prit son nom (Odensö). C'était l'actuelle île de Fionie. Odin envoya Gefjon à la recherche d'une terre vers le nord-est, de l'autre côté du sund. Gefjon y rencontra Gylfi qui lui promit autant de terre que quatre bœufs pourraient en labourer en un jour naturel (un jour et une nuit). Gefjon se rendit dans le nord aux Jötunheimar où elle conçut quatre fils. Elle les transforma en bœufs. Ils labourèrent tellement de terre qu'un morceau fut arraché et déplacé à l'ouest, dans un détroit (le sund) face à Odensö créant ainsi Selund, l'île de Seeland. Gefjon s'y installa.

    Skjöld, le fils d'Odin prit Gefjon comme épouse. Ils s'installèrent à Lejre. L'endroit où Gefjon avait labouré est actuellement un lac, Löginn, dont les contours correspondent aux formes de Seeland.

  • Heimdallr

     

    Heimdall 1

    Heimdall (de heimdall en vieux norrois qui signifie peut-être « pôle du monde ») est un dieu de la mythologie nordique. Il est le gardien du pont Bifröst (l'arc-en-ciel qui sépare Ásgard des mondes inférieurs) et a pour charge de souffler dans Gjallarhorn lorsque viendra le Ragnarök. Pendant le Ragnarök, Heimdall est destiné à tuer Loki et à être tué par lui. Il est également le dieu de la lumière et de la lune, fils des neuf mères appelées les vierges ou filles de Geirrendour ou d'Ægir. Le Heimdallargaldr, un poème attribué à Snorri Sturluson, a été perdu. Il est aussi appelé Hallinskidi, ou encore Rigg.

    Le nom d'Heimdall, issu du vieux norrois « Heimdallr », évoquerait originellement le bienfaisant feu domestique « qui prospère (-dall) dans sa maison (heim) ». Une autre étymologie évoquée serait « pilier du monde ».

    Un kenning est une figure de style propre à la poésie scandinave, qui consiste à remplacer un mot par une périphrase à valeur métaphorique. Un kenning pour Heimdall est « le dieu blanc ».

    L'Edda en prose de Snorri Sturluson relate qu'un kenning pour « épée » est « tête d'Heimdall », car Heimdall fut frappé par la tête d'un homme. De manière similaire, un kenning pour « tête » est « épée d'Heimdall ». L'origine de ce dernier kenning peut se trouver dans un autre surnom d'Heimdall, « le Bélier ». Georges Dumézil a suggéré en 1959 que c'est en raison de ce surnom de Bélier qu'Heimdall serait appelé « dieu blanc ». D'après les sources folkloriques galloises de Dumézil, les vagues de l'océan se brisent par séries de neuf ; la neuvième et dernière vague est appelée « le bélier ». L'ancien gallois, le français moderne et le basque moderne appellent par ailleurs les vagues couronnées d'écume « moutons ».

    Un autre surnom d'Heimdall, « Hallinskíði » (litt. « bâton courbé ») est un kenning pour « bélier », peut-être en référence aux cornes courbes de l'animal. « Gullintanni » (litt. « dents d'or ») serait en rapport avec la couleur jaune des dents des vieux béliers.

    Heimdall est décrit comme étant le fils de neuf mères différentes, peut-être les neuf filles d'Ægir (même si ce n'est pas certain car aucun des noms ne correspond avec ceux des filles d'Ægir), appelées les « demoiselles des vagues ». Les noms de ses neuf mères sont, par ordre alphabétique : Angeyja, Atla, Eistla, Eyrgjafa, Gjalp, Greip, Imd, Jarnsaxa et Ulfrun. Il est dit être un fils, probablement adoptif, d'Odin.

    Heimdall est probablement originellement un dieu du feu et « un dieu de la colonne du monde, c'est-à-dire le dieu du centre du monde et de l'ordre sacré ».

    De manière comparable au dieu latin Janus, il est un dieu des commencements. Il engendre la société avec ses trois classes différenciées. Il est le dieu de l'ordre primordial.

    L'opposition de nature qui existe entre Heimdall et Loki est révélatrice de leur profond antagonisme. Il n'est pas étonnant qu'ils se disputent le collier des Brisingar et qu'ils s'affrontent lors du Ragnarök. Heimdall est le dieu d'un âge d'or.

    « Face à lui, Loki incarne la subversion sous toutes ses formes, destructrice de cet ordre, et cause de la décadence qui conduit à la catastrophe cosmique ». C'est la raison pour laquelle les destins de Heimdall et de Loki sont étroitement liés et qu'ils sont appelés à se combattre durant le Ragnarök.

    Dans son livre Gods and Myths of Northern Europe, Hilda R. Ellis Davidson voit un lien entre Heimdall et les Vanes, notamment dans une strophe du poème Þrymskviða.

    Heimdall est le gardien de l'Ásgard. Sa demeure, Himinbjorg (litt. « le château du ciel »), est située en dehors des murailles d'Asgard, à proximité du pont de Bifröst, qui relie l'Asgard au Midgard. Capable d'entendre l'herbe pousser et une seule feuille tomber, ainsi que de voir jusqu'aux confins du monde, Heimdall n'a pas non plus besoin de dormir. Son cheval est nommé Gulltopp.

    Sous le nom de Ríg, Heimdall voyagea par trois fois dans le Midgard, profitant à chaque fois de l'hospitalité d'un couple de classe sociale différente. Dans une métaphore de l'organisation de la société scandinave médiévale, il donna ainsi naissance au premier esclave (Thrall), au premier homme libre (Karl) et au premier noble (Jarl).

    Lorsque le Ragnarök commencera et que les Jötun approcheront du pont de Bifröst, il sonnera de son cor, appelé Gjallarhorn, dont l'appel, entendu dans les neuf mondes, marquera le début des combats. Heimdall est destiné à être le dernier à périr lors du Ragnarök. Il affrontera Loki et chacun mourra des mains de l'autre.

  • Hœnir

    Dans la mythologie nordique, Hœnir est l'un des dieux Ases, connu pour son indécision et la longueur de ses jambes.

    Il est le frère d'Odin et dans le cadre des accords scellant la Guerre entre les Ases et les Vanes, il fut envoyé aux Vanes avec le sage Mímir et échange de Njord.

    Les Ases ayant valorisé Hœnir comme étant un dieu de grande classe, la Ynglinga saga rapporte que les Vanes en firent un de leurs chefs mais ils comprirent vite qu'Hœnir souffrait d'un manque de clairvoyance et qu'il devait se référer sans cesse au sage Mímir pour prendre une décision et qu'il grognait des réponses sans intérêt quand Mímir était absent.

    Dépités les Vanes tuèrent le sage Mímir, le décapitèrent et envoyèrent sa tête aux Ases.

    Dans Völuspá, lors de la création des premiers êtres humains Ask et Embla, Hœnir et Lóðurr aidèrent Odin.

    Dans Gylfaginning, Vili et Vé sont les noms mentionnés à la place. Étant donné que Snorri Sturluson a connu le poème Völuspá, il est possible que Hœnir ait été un autre nom pour Vé. Hœnir a également un rôle mineur dans Haustlöng et Reginsmál.

    Il serait également le dieu qui attribua les cinq sens à la race humaine.

  • Hermód (Hermóðr)

     

    Hermód (Hermóðr en vieux norrois) est un personnage de la mythologie nordique dont la nature divine ou héroïque est incertaine. Il s'apparente à un dieu dans l'Edda en Prose de Snorri Sturluson, rédigée au XIIIe siècle à partir de sources plus anciennes, où il est désigné comme fils d'Odin et frère de Baldr, et détient le rôle de messager. Il est mentionné suite au mythe du meurtre de Baldr, lorsqu'il se porte volontaire pour voyager jusqu'au monde des morts, Hel, afin de négocier la libération de son frère avec la gardienne, également appelée Hel. D'autres textes mythologiques mentionnent Hermód de manière bien plus brève où il s'apparente plutôt à un héros ou roi légendaire ; le poème scaldique Hákonarmál et le poème eddique Hyndluljóð composés respectivement aux Xe et XIe siècles. Le poème épique anglo-saxon du VIIe siècle Beowulf mentionne un roi danois Hēremōd qui pourrait lui être apparenté.

    Il est probable que le dieu Hermód décrit par Snorri Sturluson ait évolué à partir d'un héros légendaire comme ceux que l'on trouve mentionnés dans les sources antérieures, mais ce sujet demeure débattu chez les spécialistes.

    Son nom signifie « vaillant au combat ».

    Le poème scaldique Hákonarmál fut composé au Xe siècle en l'honneur du roi norvégien défunt Hakon le bon, et raconte son entrée dans le Valhöll où il est accueilli en ami par les dieux (bien qu'il fut un roi chrétien). À la strophe 14 du poème, le dieu Odin désigne Hermod et Bragi pour accueillir le roi, toutefois rien n'indique dans ce poème que ces personnages sont des dieux. Ils pourraient correspondre à des guerriers défunts. En effet, si Bragi est le nom du dieu de la poésie dans les textes mythologiques tardifs, il est probablement une divinisation du fameux scalde du IXe siècle Bragi Boddason. Le Bragi du poème désigne alors vraisemblablement le scalde, et Hermod est sans doute également un héros défunt, qui sera divinisé tardivement à son tour.

    Dans l'Edda poétique, Hermód est mentionné qu'une seule fois, et brièvement, à la strophe 2 du poème Hyndluljóð, daté du début du XIe siècle. Dans ce poème il s'agit d'un héros du cycle épique de l'Edda, au même titre que Sigmundr (héros du cycle de Sigurdr).

    À noter que dans Beowulf, Hermód et Sigmund sont également mentionnés ensembles.

    Au chapitre 49 du Gylfaginning, le dieu Baldr est tué à cause d'une ruse du dieu malin Loki. La déesse Frigg, mère de Baldr, offre sa faveur à celui qui voudra chevaucher au monde des morts Hel pour négocier la libération de Baldr avec la déesse gardienne des morts, également appelée Hel. « Hermod le hardi, le fils d'Odin », se porte alors volontaire et on lui donne le cheval d'Odin Sleipnir pour l'expédition.

    Hermod chevauche neuf nuits dans l'obscurité totale avant d'arriver au pont doré Gjallarbrú qui traverse le fleuve Gjöll. Une jeune fille appelée Modgud garde le pont et remarque que Hermod n'a pas le teint d'un mort. Ce dernier explique qu'il est venu chercher Baldr à Hel. Modgud répond qu'elle a vu Baldr franchir le pont et lui indique le chemin vers Hel. Alors Hermod arrive aux grilles de Hel et fait sauter son cheval au-dessus. Il atteint ensuite la halle, où il trouve son frère Baldr siégeant sur un trône. Après une nuit passée, il demande à la déesse Hel de libérer Baldr, ce qu'elle accepte à la seule condition que toutes choses, vivantes et mortes, le pleurent. Avant que Hermod reparte, Baldr lui remet l'anneau Draupnir à rendre à Odin (qui l'avait déposé sur son bûcher funéraire), et l'épouse de Baldr, Nanna, remet au messager une étoffe de lin et autres cadeaux pour Frigg, et un anneau d'or pour Fulla, la servante de Frigg. Retourné chez les dieux, Hermod leur raconte son expédition et ils envoient donc des messagers parcourir le monde prier à chacun de pleurer Baldr. Mais une géante appelée Thokk refuse de le pleurer ; il s'agit en fait du dieu malin Loki déguisé. Baldr est alors condamné à rester à Hel.

    Puisque le mythe de l'expédition de Hermod à Hel est raconté avec une précision remarquable dans l'Edda de Snorri, des spécialistes considèrent que l'auteur s'est probablement servi d'un chant mythologique perdu qui racontait cet épisode, et peut-être également celui de la mort de Baldr.

    Les mythes d'expéditions vers l'Au-delà ne sont pas rares dans la mythologie nordique. On en retrouve notamment dans les poèmes eddiques Baldrs draumar et Helreið Brynhildar, et fréquemment chez Saxo Grammaticus et dans les sagas légendaires. Toutefois, le dieu Hermod est probablement inspiré d'un personnage héroïque, ainsi sa qualité de divinité suggérée par Snorri devrait être considérée avec prudence. De plus, Snorri ne liste pas Hermod dans les Thulur des dieux Ases.

    Hermód peut être vu comme le pendant dans la mythologie nordique d'Hermès dans la mythologie grecque, ou de Mercure dans la mythologie romaine.

    Le dieu Hermod a inspiré le personnage Marvel Comics du même nom (première apparition en 1978 dans Thor, no 274).

    Le groupe de death metal mélodique suédois Amon Amarth raconte le mythe de Hermod dans leur chanson Hermod's ride to Hel (Lokes Treachery part 1) de l'album With Oden on Our Side (2006).

  • Höd, (Hodr, Hoder, Hodur)

     

    Loki and hod

    Dans la mythologie nordique, Höd, Hodr, Hoder ou Hodur (Hǫðr en vieux norrois) est un dieu aveugle fils d'Odin d'après les Eddas. Il est involontairement l'assassin de son frère Baldr, à cause d'une ruse du dieu malfaisant Loki.Vali est alors engendré par Odin et Rind pour tuer Höd afin de venger Baldr. Après la bataille eschatologique du Ragnarök, les frères reviennent du royaume des morts et deviennent alors souverains. Dans la Geste des Danois, œuvre évhémériste du XIIe siècle, il est présenté sous une toute autre forme en un héros guerrier qui porte le nom de Høtherus, rival de Balderus (Baldr) pour la main de la princesse Nanna.

    Le mythe du meurtre de Baldr par Höd est l'un des plus célèbres et incontournables de la mythologie nordique. Toutes les sources anciennes mentionnent Höd en assassin de Baldr, ensuite vengé par le frère de Baldr (Vali). Ce rôle de Höd n'est pas contesté, mais les sources diffèrent dans l'exécution du meurtre encourageant des débats entre spécialistes. De plus Höd a été comparé à d'autres divinités ou héros mythologiques indo-européens, ce qui suggère que sa légende est issue d'un mythe proto-indo-européen.

    Hǫðr a une signification simple, il ne s'agit pas directement de "Had" moderne signifiant Combat, mais il s'agit plutôt d'une signification pour chef/tête/commandement : huvud suédois, hode norvégien, hoofd néerlandais, höfuð Islandais, hoved danois, koft allemand, Head anglais, le sens "Head" se retrouve pour le mot "chef" en Islandais "æðstu" le æ est particulier des langues Scandinave, Germaine, et Francique, devenu Français, le mot "Headcin" provient exactement comme je l'affirme de "Head Tête/Chef/Commandement " + Cyn issu de Cyng ayant en anglais moderne le mot "King" ainsi "Headcyn" signifie "Chef/Tête/Commandement Royale (Roi) pour l'origine d'Hödr il s'agit de la même chose, "Hod" + "R" écrit historique se traduisant par "Err" "Arr" "Aar" ce mot simplement orthographier signifie des termes plus moderne "Har Her" "Hari" ayant pour signification "Armée" "Arme" mais aussi Har (Grand) Il faut en conclure qu'il s'agissait à l'initial d'une appellation signifiant "Chef/Tête/Commandement d'Armes, d'Armée" ayant évoluer en Chef Royale Anglo-Saxon, sont équivalent est Cedric qu'il faut rattacher a Caratak, Cardi(nal) Cerdi pour le Commandement (du systéme Cardiaque, soit le Coeur qui prend le sens d'aimer, aimable en gallois, Cervi, de Cervia, pour le cerveau ayant en finalité le Commandement

    (Head / Heart) de façon simple chef-Roi-Commandant Guerrier / d'arme, d'armée

    Odhar en Irlandais pour "Sombre Gris" a relier à couver, fermer, recouvrement, secret (Hud anglais, signifie "Peau" "Hul pour creux en scandinave" "la Huldra" des forêts, le peuple "Hulder" ect il faut en conclure que "Hödr Vs Baldr" "L'un Nocturne, Hivers, Sombre" contre "le Lumineux, clair, Baldr" (l’équinoxe Hivers-Été jours d' ensoleillement) est à relier à Artémis-Diana (Hludana Huldana et l'Huldra) et Apollon, ils sont a relier directement au "Jumeaux Divins, le Combat entre Seth et Osiris, reprit dépeint sur une barque Harponnant le vilain* Apophis, lui même mutiler par Bastet offrant la victoire à Râ (Soleil) chaque matin.

    A relier aux mythes Hongrois d'Hadúr,ou Hodúr en vieux hongrois terme raccourcie d' Hadak Ura, Signifiant "Seigneur de Guerre" ou "Seigneurs des Armées"

    Sont équivalant est Thor, formant le mot "Haldor" "Haldar" raccourcie de l'Indoux "Haladhara"-BalaRama. le Combattant "Portant une Charrue" dans le sens de "Porteur d'arme" Tout est Relier, malheureusement l'Occident refuse de faire face à sont passé de multicolonialiste et ainsi l'histoire occulté, l'Origine Indienne des Colons Scandinaves

    Hǫðr est composé du substantif hǫð, qui signifie « combat » en vieux norrois. Son nom pourrait alors se rattacher à « guerrier » ou « combattant ».

    le lien recomposé hǫð + R Devenu Höd Har prendrait également le sens de Grand Guerrier.

    Bien souvent les mythes sont des calques remanier les uns des autres, ramenant toute l'histoire au "Grand Déluge Lunaire et les 10 commandement de Moïse -* Les Annunakis"

    Comme tous les dieux principaux, Höd est décrit dans la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri, où il est fait référence au meurtre qu'il commet contre Baldr :

    « Il y a un Ase qui s'appelle Hodr et qui est aveugle. Il n'est que trop fort. Les dieux auraient voulu qu'on n'eût pas à mentionner cet Ase, car l'acte qu'il accomplira de ses mains sera longtemps gardé en mémoire parmi les dieux et les hommes »

    — Gylfaginning, chapitre 28

    Il est le fils d'Odin (Baldrs draumar 11, Skáldskaparmál 13), mais sa mère n'est pas mentionnée dans les textes mythologiques préservés. Selon l’Edda de Snorri, Höd est aveugle (Gylfaginning 28 et 49, Skáldskaparmál 13), pourtant cette infirmité n'est pas précisée dans les poèmes eddiques. De plus, il n'est certainement pas aveugle dans les textes évhéméristes (Chronicon Lethrense et Gesta Danorum) où il est un roi guerrier qui abat son rival Baldr au combat plutôt que par accident ou naïveté. Enfin d'après toutes les sources, il finit tué par vengeance par un fils d'Odin, le dieu Vali, engendré uniquement pour venger le meurtre de Baldr.

    Le kenning (au pluriel, kenningar) est une figure de style propre à la poésie scandinave qui consiste à remplacer un mot, ou le nom d'un personnage ou d'une créature par une périphrase. Au chapitre 13 de la partie Skáldskaparmál de l’Edda de Snorri, l'auteur mentionne les kennings qui peuvent désigner Höd (Haðarkenningar) ;

    « Dieu Aveugle, Meurtrier de Baldr, Lanceur du Gui, Fils d'Odin, Compagnon de Hel, Ennemi de Vali »

    — Skáldskaparmál, chapitre 13

    Le kenning « Meurtrier (ou Assassin) de Baldr » se retrouve également dans les poèmes eddiques Völuspá 33 et Baldrs draumar 10. « Ennemi de Baldr » est un autre kenning utilisé pour désigner Höd dans Baldrs draumar 11. Parallèlement, un kenning pour Baldr est « Adversaire de Höd » (Skáldskaparmál 5), et un autre pour Vali est « Ennemi et Meurtrier de Höd » (Skáldskaparmál 12).

    La strophe 31 du poème eddique Völuspá évoque la mort de Baldr causée par une branche de gui, et la strophe 32 annonce que Höd est celui qui la lance. A la strophe 8 du poème eddique Baldrs draumar, Odin demande à une voyante qui sera le meurtrier de Baldr, et celle-ci répond à la strophe 9 que ce sera Höd avec un « rameau renommé » (le gui).

    Le meurtre du dieu Baldr est essentiellement raconté dans le chapitre 49 du Gylfaginning de l’Edda de Snorri. En proie à des rêves de sa mort prochaine, Baldr en parle aux Ases qui s'en effraient. La déesse Frigg, mère de Baldr, fait donc jurer à tous les éléments de la nature de ne pas faire de mal au dieu, ce qu'ils font, rendant ainsi Baldr invulnérable. Alors les Ases s'amusent à lui lancer toutes sortes d'objets, qui par conséquent le laissent indemne. Le dieu malin Loki, jaloux de cette attention, obtient l'aveu de Frigg qu'elle a oublié de demander le serment au gui tant cette plante semble inoffensive. Loki créé donc un bâton de gui, et propose au frère de Baldr, Höd, de se joindre au jeu et de le jeter vers Baldr. Comme Höd est aveugle, Loki guide son jet et le gui transperce le corps de Baldr qui tombe mort. Les Ases stupéfaits ne peuvent pas se venger puisqu'ils sont alors en lieu sacré, de paix et sûreté.

    Les poèmes eddiques Völuspá 32-33, Baldrs draumar 11 et Hyndluljóð 29 expliquent que Vali, fils d'Odin et de Rind, venge le meurtre de Baldr. Il ne se lave pas ni ne se coiffe tant qu'il n'ait pas tué Höd, ce qu'il fait alors âgé que d'une seule nuit. On lit dans Baldrs draumar :

    11.

    Rindr berr Vala

    i væstrsolvm,

    sa man Oðins sonr

    æinnættr væga:

    hond vm þvær

    næ hofvð kæmbir,

    aðr a bal vm berr

    Balldrs andskota.

     

    Dans l'eschatologie nordique, il est prophétisé qu'une grande bataille aura lieu dans laquelle les géants, conduits par le dieu Loki, attaqueront les Ases sur la plaine de Vígríd, et le géant du feu Surt combattra aux côtés des forces du chaos et enflammera le monde. Cet événement s'appelle le Ragnarök. Toutes les chaînes se briseront et les morts résidant à Hel seront libérés, ainsi d'après le chapitre 53 de la Gylfaginning, Baldr et Höd reviendront du monde des morts. Toutefois aucun texte connu ne mentionne Baldr et Höd prenant part aux combats, ils seront par contre des survivants de la catastrophe avec Vidar, Vali, Modi et Magni. Les dieux survivants, désormais souverains, partagent leurs secrets et conversent sur les évènements passés. Ils trouvent également les « tablettes d'or » des Ases, qui pourraient correspondre à des trésors, ou plus vraisemblablement aux pièces du jeu en or joué par les Ases au commencement des temps qui est mentionné à la strophe 8 de la Völuspá.

    Deux textes évhéméristes d'origines danoises mettent en scène Höd (sous le nom de Hother ou Høtherus), qui est alors un roi guerrier, non aveugle, qui tue son rival Baldr au combat. Malgré leur intention, ces textes ont un intérêt mythologique puisqu'ils témoignent de versions christianisées de mythes qui n'apparaissent pas toujours dans d'autres sources préservées. Dans le cas de Höd, ces textes le présentent sous un aspect totalement différent que dans l'Edda de Snorri, il s'agit là d'un guerrier puissant, consciemment ennemi et meurtrier de Baldr. Il subit toujours la vengeance d'un autre fils d'Odin, Vali (nommé Both ou Bous dans les textes évhéméristes).

    La Chronicon Lethrense (Lejrekrøniken en danois) est un court texte en latin du XIIe siècle, écrit sans doute par un clerc danois, qui raconte les aventures des héros et rois danois de l'ère pré-chrétienne. Le texte est évhémériste puisque les dieux sont présentés comme des hommes qui auraient été pris à tort pour des divinités. En ce sens, la Chronicon Lethrense est similaire à la Gesta Danorum, mais demeure de moindre qualité.

    Dans un court paragraphe du texte, on apprend que Hother (qui correspond au dieu Höd) est un roi saxon, fils du défunt Hothbrodd. Lors d'une bataille il tue Balder, le fils d'Othen (Odin), et défait Othen et Thor. Il est ensuite tué en bataille par Both (qui correspond alors à Vali), un autre fils d'Othen.

    La Gesta Danorum (Geste des Danois) est une œuvre en latin rédigée à la fin du XIIe siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'État Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois. Il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont faits passer pour des divinités.

    Le Livre Troisième raconte l'histoire de Høtherus (qui correspond à Höd), fils du défunt roi de Suède Hothbrodus donc élevé par le roi Gevarus. Le jeune Høtherus est déjà des plus robustes, habile à la nage, à l'arc et à la lutte, mais également en musique. Ses qualités séduisent Nanna, la fille de Gevarus, qui en tombe amoureuse. Mais Balderus (qui correspond à Baldr), le fils d'Odin, aperçoit Nanna se baigner et sa beauté le remplit de désir. Il décide de se débarrasser de son concurrent Høtherus. Pendant ce temps, Høtherus rencontre dans la forêt trois nymphes qui ont le pouvoir de contrôler l'issue des batailles. Elles mettent en garde le jeune prince des intentions mauvaises de Balderus, et l'avertissent de ne pas le provoquer au combat puisqu'il est un demi-dieu. Høtherus demande à Gevarus la main de sa fille, mais le roi craint le colère de Balderus. Il conseille à Høtherus de se procurer dans le domaine d'un satyre appelé Mimingus une épée magique et un bracelet qui décuplerait sa force. Le héros parvient à obtenir son butin, mais le roi saxon Gelderus désirant s'en emparer lance son armée vers la Suède. Høtherus réussit à le soumettre et en fait un allié grâce à sa verbe et cette qualité lui permet de gagner un autre allié, Helgo le roi de Halogie. Pendant ce temps, Balderus demande la main de Nanna mais elle le refuse. S'ensuit une bataille entre Høtherus et Balderus. Les dieux, dont Odin et Thor, combattent aux côtés de Balderus. Høtherus parvient à couper le manche du gourdin de Thor, le rendant inopérant, alors les dieux s'enfuient. Høtherus épouse ensuite Nanna et devient souverain du Danemark. Mais Balderus revient au combat et défait cette fois son rival qui est contraint de s'enfuir chez Gevarus. Toutefois la victoire ne lui apporte que peu de réconfort puisque son désir pour Nanna n'est pas assouvi.

    Høtherus et Balderus se rencontrent une nouvelle fois en bataille, mais Høtherus est encore défait. Désespéré, il s'exile. Il rencontre les nymphes qui l'avaient aidé auparavant qui lui conseillent de se procurer la nourriture qui assure la force de Balderus. L'assurance retrouvée, Høtherus se remet en route pour combattre l'armée de Balderus. La bataille fait des ravages et aucune armée ne l'emporte. Høtherus se glisse une nuit dans le camp adverse et trouve l'habitation des nymphes qui préparent la nourriture de Balderus. Il leur joue la lyre mais elles refusent de lui donner la nourriture. Elles lui offrent néanmoins une ceinture magique qui lui garantirait la victoire. En rentrant, Høtherus tombe sur Balderus et lui perce le flanc. Balderus meurt de ses blessures et son armée lui offre des funérailles royales.

    Odin, le père de Balderus, engendre alors Bous (qui correspond à Vali) avec Rinda (Rind) pour venger son fils. Høtherus apprend auprès de devins qu'il mourra en affrontant son nouveau rival. Il transfère alors ses pouvoirs de chef à son fils, avant de combattre Bous et d'être tué. Toutefois Bous est gravement touché et il périt le lendemain de ses blessures.

    Des incohérences et une logique contestable dans le mythe du meurtre de Baldr ont poussé certains spécialistes à contester la version du Gylfaginning, en particulier le handicap supposé de Höd. Lors de la rédaction de l'Edda en prose, Snorri Sturluson a utilisé principalement les poèmes eddiques et scaldiques à sa disposition, et organisé les mythes qu'ils racontaient. Pour le mythe du meurtre de Baldr, Snorri a utilisé le poème scaldique Húsdrápa d'Ulf Uggason. L'auteur aurait composé ce poème d'après des fresques murales à Hjardarholt représentant des mythes. Selon Viktor Rydberg, Snorri aurait mal interprété la symbolique des représentations picturales, ce qui expliquerait l'incohérence globale de l'histoire. Si Loki était représenté guidant la main d'un Höd aux yeux fermés, c'était tout à fait symbolique du malfaisant Loki poussant Höd à tuer « aveuglement » son frère, mais Loki n'était pas physiquement responsable ni présent, et Höd pas physiquement aveugle13.

    L'histoire est à relier au mythe grec d'Artémis, Apollon et Orion aveugle qui recouvra la vue en marchant vers le Soleil après qu’Apollon ait dicté à Artémis de cocher une flèche sur Orion par erreur. L'histoire est semblable, mais "qui est qui" change un peu. On peut le[Quoi ?] relier au fait qu'Hödr soit le dieu "sombre-yeux fermés" par opposition au dieu "lumineux-voyant".

    Selon Viktor Rydberg, Höd ne serait autre que le personnage Loddfáfnir à qui Odin adresse ses conseils de vie et de conduite dans le poème eddique Hávamál. Ainsi le poème serait en partie une mise en garde pour Höd, et les méfaits qu'il commettra (il convoite Nanna, la femme de Baldr, il est trompé à le tuer, etc.).

    Le mythe du meurtre de Baldr a été comparé à un épisode de l'épopée anglo-saxonne Beowulf ; d'une flèche, Hæðcyn (Höd ?) tue son frère Herebeald (Baldr ?) lors d'un accident de chasse tragique. Toutefois la comparaison est contestée puisqu'elle se limite aux noms similaires et à un meurtre accidentel fratricide effectué au moyen d'un projectile.

    Viktor Rydberg soutient que Baldr et Höd sont dérivés d'un mythe proto-indo-européen de frères ou jumeaux divins. Il les retrouve chez les jumeaux divins iraniens Yima et Keresaspa, et aussi chez les Dioscures gréco-romains, également jumeaux, où Höd serait l'équivalent de Pollux. Déjà au Ier siècle, Tacite évoque dans La Germanie deux frères divins appelés Alcis révérés par les Germains, que l’interpretatio romana compare aux Dioscures.

    Georges Dumézil a comparé Höd au roi aveugle Dhritarāshtra de l'épopée hindoue Mahâbhârata. Ce dernier autorise le démoniaque Duryodhana (comparable dans sa fonction au dieu scandinave Loki) de monter le scénario qui perd Yudhisthira. Il s'agit d'un jeu de dés normalement sans danger pour ce dernier car c'est le meilleur joueur, mais par la ruse Duryodhana le défait le forçant ainsi à l'exil. L'exil de Yudhisthira est comparable dans la mythologie nordique à la mort du dieu Baldr, tué accidentellement par son frère aveugle Höd lors d'un jeu à cause d'une ruse de Loki. Le héros hindou Dhritarāshtra et le dieu scandinave Höd développent tous les deux un sentiment de culpabilité.

    Le rapprochement du mythe de Baldr avec l'histoire du meurtre de Yudhisthira par Dhritarāshtra plaide donc en faveur de l'authenticité de la Gylfaginning, et vient mettre un bémol aux doutes émis par certains auteurs contestés, tels que Régis Boyer, obsédé par la "contamination chrétienne" et l'Evhémérisme, là où Georges Dumézil, travaille sur la cohérence des mythèmes au sein du monde indo-européen.

    Le rôle néfaste et inconscient de Höd vis-à-vis de Baldr a également été comparé à celui du personnage de mythologie grecque Épiméthée vis-à-vis de son frère Prométhée.

    11.

    Rindr a conçu Váli

    Dans les salles de l'ouest,

    Celui-ci, âgé d'une nuit,

    Tuera le fils d'Ódinn [Höd],

    Ne se lavera pas les mains

    Ni ne se peignera ses cheveux

    Que sur le bûcher n'ait été porté

    L'ennemi de Balr.

  • Idunn

     

    Idunn est la déesse Asyne de l’éternelle jeunesse dans la mythologie nordique. Elle détient dans un coffre des pommes merveilleuses : quiconque en mange retrouve sa jeunesse. Les dieux quand ils se sentent vieillir en consomment une, cela leur permet de garder leur jeunesse jusqu'au jour du Ragnarök. Elle est l’épouse de Bragi, le dieu de la Poésie.

    Le thème de pommes magiques apportant fertilité ou immortalité, et les convoitises qui en résultent, apparait dans d'autres mythologies indo-européennes ce qui suggère selon certains spécialistes une origine commune de ces mythes.

    Iðunn signifie probablement en vieil islandais « celle qui rajeunit, qui renouvelle ». L'adverbe ið- serait lié au latin iterum et au grec έτι signifiant « encore ».

    La racine ið- a été rattachée à l'Éden biblique mais cette hypothèse n'est généralement pas retenue par les spécialistes.

    Dans l'Edda de Snorri, Idunn est introduite au chapitre 26 de la partie Gylfaginning comme femme de Bragi :

    « Sa femme s'appelle Idunn. Elle conserve dans son coffre les pommes auxquelles les dieux doivent goûter quand ils vieillissent : tous retrouvent alors la jeunesse, et il en ira ainsi jusqu'au Crépuscule des dieux. »

    — Gylfaginning, chapitre 26

    Le premier chapitre de la partie Skáldskaparmál de l’Edda de Snorri raconte l'enlèvement d'Idunn. Le dieu malin Loki, capturé par le géant Thjazi, propose de se racheter en lui livrant Idunn et ses pommes. Il attire celle-ci dans un bois hors d’Ásgard, sous le prétexte qu’il avait trouvé d’autres pommes remarquables. Il lui recommande d’emporter ses propres pommes pour les comparer.

    Sur place, le géant Thjazi, ayant revêtu son plumage d’aigle, s'empare d’Idunn et l’emporte chez lui à Thrymheim. Les Ases se rendent compte de la disparition d’Idunn, car privés de ses pommes ils vieillissent rapidement. Ils tiennent conseil et comprennent qu’elle était vue pour la dernière fois sortant d’Ásgard avec Loki. Ils le menacent alors des pires supplices s’il ne retrouve pas Idunn. Inquiet pour sa survie, Loki promet de la ramener et demande à Freyja son plumage de faucon. Loki peut ainsi s’envoler vers le Nord pour la maison de Thjazi où il la retrouve seule, Thjazi étant sorti. Loki la transforme en noix de façon à la prendre dans ses serres et il la ramène avec lui.

    Lorsque Thjazi rentre et constate la disparition d'Idunn, il met ses plumes d’aigle et se lance précipitamment à la poursuite de Loki. Les Ases voient alors Loki arriver vers eux avec la noix, poursuivi par un grand aigle, et comprennent ce qui se passe. Dès que Loki franchit les portes de la citadelle d’Ásgard, ils lancent sur l’aigle des traits enflammés qui brûlent ses plumes l'obligeant à se poser, leur permettant de le tuer. Idunn réintégre alors Ásgard et les dieux peuvent à nouveau manger ses pommes de jouvence.

    Dans le poème eddique Lokasenna, le dieu malin Loki profère des insultes à l'encontre des principaux Ases lors d'un banquet chez le géant Ægir. Il commence par insulter Bragi en le traitant de lâche, ce à quoi Bragi menace de lui couper la tête et Loki accepte ensuite le défit du combat. À ce moment, à la strophe 16, Idunn intervient pour demander à son mari Bragi de ne pas menacer Loki dans la halle d'Ægir. Ce à quoi Loki lui répond à la strophe 17 :

    Loci qvaþ:

    17.

    « Þegi þv, Iþvnn!

    þic qveþ ec allra qvenna

    vergiarnasta vera,

    sitztv arma þina

    lagdir itrþvegna

    vm þinn broþvrbana. »

    Loki dit :

    17.

    « Tais-toi, Ídunn,

    Je déclare que, de toutes les femmes,

    Tu es la plus libidineuse,

    Depuis que, dans tes bras

    Bien lavés, tu enlaças

    Le meurtrier de ton frère. »

    Loki accuse Idunn d'avoir enlacée le meurtrier de son frère, toutefois nous ne connaissons pas de frère pour Idunn dans les autres textes préservés, et encore moins son meurtrier. Il s'agit sans doute d'une référence à un mythe qui ne nous est pas parvenu. À la strophe 18, Idunn répond qu'elle n'insultait pas Loki, mais modérait Bragi « échauffé par la bière ».

    La fonction d'Idunn en gardienne des pommes de jouvence a été comparée aux pommes d'or d'Héra gardées par les Hespérides.

  • Loki

     

    Loki (aussi appelé Loptr et Hveðrungr) est le dieu de la discorde dans la mythologie nordique. Il est le fils du géant Farbauti et de Laufey. Loki est le père de plusieurs monstres ; le serpent Jörmungand, le loup Fenrir, et la déesse du monde des morts Hel. Il est également le parent du cheval d'Odin à huit jambes Sleipnir. Malgré ses origines, il est accueilli dans le panthéon divin des Ases par Odin.

    Loki est capable de métamorphose, et il est autant impulsif et irresponsable que malin et rusé. Les Ases ont souvent recours à lui pour régler des problèmes, alors que bien souvent c'est Loki lui-même qui en est la cause. De nature fondamentalement négative et traître, sa jalousie l'amène à causer la mort du dieu Baldr. Furieux, les Ases le punissent en l'attachant avec les entrailles d'un de ses fils sous un serpent dont le venin goutte sur son visage. Il en sera ainsi jusqu'à la fin prophétique du monde, le Ragnarök, où Loki se libèrera et mènera les géants à l'assaut contre les dieux et les hommes. Loki et son dieu opposé, Heimdall, s'entre tueront pendant la bataille.

    La nature changeante et ambiguë de Loki est sujette à débats chez les spécialistes quant à son rôle dans le panthéon divin, et il a été comparé à divers personnages d'autres mythologies. Loki est un dieu récurrent et célèbre qui a survécu dans le folklore moderne d'Europe du Nord, et son personnage est référencé et source d'inspiration dans de nombreuses œuvres de la culture moderne.

    L'étymologie du nom « Loki » est discutée. Elle pourrait être apparentée au vieux norrois lúka, signifiant « proche ». Une autre origine possible serait le verbe du germanique commun *lukijan, désignant l'action de fermer un anneau ou, par extension, de voyager par des chemins sinueux. Ce dernier sens pourrait être adapté pour le nom d'un dieu escroc. La Fibule de Nordendorf datée du viie siècle porte une inscription runique de dieux germaniques dont Logaþore, proche des termes du vieil anglais logþor ou logþer qui signifient « malicieux » ce qui correspond à la nature de Loki. S'appuyant sur ces éléments, le linguiste Jean Haudryavance que le nom Loki serait une hypocoristique de Logaþore, qu'il faudrait interpréter comme « celui qui dépasse la flamme », mais cette interprétation n'est pas entièrement acceptée.

    Plusieurs sources primaires désignent Loki sous le nom de Loptr. En vieux norrois loptr signifie « air » ou « vent ».

    Loki est également nommé Hveðrungr dont l'étymologie est incertaine. Il signifie peut être « hurleur » ou « écumant ». Ce nom est également rapproché à hvida qui signifie « coup de vent », associant Loki au vent immatériel.

    Loki est le fils du géant Fárbauti et de Laufey. Ses deux frères sont Býleist et Helblindi. Les sources primaires ne mentionnent ces personnages qu'en raison de leur parenté à Loki ; autrement nous ne disposons d'aucune information sur eux. D'après le poème eddique Lokasenna 9, le dieu Odin et Loki ont fait un pacte de sang ce qui a permis de l'intégrer dans le panthéon des Ases.

    Loki est le parent de plusieurs créatures spectaculaires. Métamorphosé en jument, il engendra avec l'étalon Svadilfari le cheval à huit jambes Sleipnir, qui devient le monture d'Odin. Le chapitre 34 de la Gylfaginning de l'Edda de Snorri raconte que Loki a procréé trois enfants monstrueux avec la géante Angrboda : le loup Fenrir, le serpent de Midgard Jörmungand et Hel, qui sont élevés à Jötunheim. Comme les prophéties racontent que ceux-ci causeront le malheur des dieux, ces derniers décident de s'en débarrasser. Odin jette alors Jörmungand dans la mer et envoie Hel dans Niflheim, le monde des morts, dont elle devient la gardienne. Le loup Fenrir est quant à lui enchaîné. Angrboda est également mentionnée comme mère de Fenrir dans le poème eddique Hyndluljóð 40.

    Hyndluljóð évoque à la strophe 41 un mythe énigmatique où Loki mange le cœur brûlé d'une femme sorcière ou géante, et en tombe enceinte d'un monstre. Le poème eddique Lokasenna évoque aux strophes 23 et 33 la métamorphose de Loki en femme féconde qui aurait enfanté ; nous ignorons les mythes auxquels ces strophes font référence mais la seconde pourrait être une référence à Sleipnir. Lokasenna 40 mentionne également que Loki aurait eu un fils de la femme du dieu Týr, toutefois aucun mythe préservé ne le confirme, et nous ne connaissons pas de femme pour Týr.

    Loki est cependant marié à la déesse Asyne Sigyn qui selon l'Edda de Snorri lui donna un fils « Nari ou Narfi ». Loki a également un autre fils, Vali, dont la mère n'est pas mentionnée. Ceci est contradictoire avec l'épilogue en prose de la Lokasenna où Nari et Narfi sont deux fils distincts de Loki.

    Dans la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri, Loki est décrit au chapitre 33 comme suit :

    « Loki est beau et splendide d'apparence, mauvais de caractère, très changeant dans son comportement. Plus que les autres êtres, il possédait cette sagesse qui est appelée rouerie, ainsi que les ruses permettant d'accomplir toutes choses. Il mettait constamment les dieux dans les plus grandes difficultés, mais il les tirait souvent d'affaire à l'aide de subterfuges. »

    — Gylfaginning, chapitre 33

    Loki est compté parmi les Ases bien qu'il n'ait aucun lien de parenté avec eux ; il a été accepté dans la famille par Odin. Il apparaît dans de nombreux mythes comme compagnon de route pour Odin et pour Thor. Il sert en quelque sorte de bouffon pour les dieux, qui l'utilisent comme messager et semblent le considérer comme un inférieur. Malgré son ingéniosité, sa nature impulsive conduit à ce qu'il soit la cause de problèmes et de malheurs, qu'il est contraint de réparer sous la menace des autres dieux, ce qu'il réussit grâce à sa ruse et ses tromperies. Loki est un observateur curieux et détient le don de métamorphose, changeant sa forme parfois en saumon, en cheval, en oiseau, en phoque ou encore en mouche. Il peut également changer de sexe, se métamorphosant en jument ou en femme. Loki est foncièrement amoral, traître, injurieux et menteur, des qualités qu'il utilise pour sauver sa peau ou simplement par plaisir. Il s'amuse de farces perverses qui le mettent souvent dans des situations délicates, et il se révèle mauvais joueur. Finalement, sa nature négative et haineuse culmine dans sa part dans le meurtre gratuit du dieu Baldr. Il ne se soucie pas des répercussions de ses actes, et finit traqué comme un bandit; il est finalement puni jusqu'à la fin du monde prophétique, le Ragnarök, où, libéré, il mènera les géants et forces du mal contre les dieux.

    Au chapitre 35 du Skáldskaparmál de l'Edda de Snorri le farceur Loki coupe la chevelure de la déesse Sif, épouse de Thor, pendant son sommeil. Lorsque Thor menace Loki de le broyer, ce dernier propose de récupérer chez les nains une chevelure d'or. Alors les nains fils d'Ivaldi fabriquent pour les dieux la chevelure de Sif ainsi que le bateau Skidbladnir pour Freyr et la lance d'Odin, Gungnir. Ensuite, Loki parie sa tête avec les nains Brokk et son frère Eitri qu'ils ne pourraient fabriquer des objets aussi précieux. À la forge, Eitri demande à Brokk d'actionner le soufflet sans s'arrêter avant qu'il n'ait retiré l'objet qu'il a fabriqué. Afin de gagner son pari, Loki métamorphosé en mouche vient piquer Brokk pour le distraire mais ce dernier continue à actionner le soufflet jusqu'au bout, et le forgeron retire du fourneau le verrat aux soies d'or Gullinbursti pour Freyr. Pour le second objet, Eitri place de l'or dans le fourneau et Brokk ne cède pas aux piqures de Loki avant qu'Eitri ne retire du fourneau un anneau d'or appelé Draupnir, pour Odin. Ensuite Eitri place du fer dans le fourneau en exigeant à Brokk de ne pas arrêter d'actionner le soufflet sinon tout serait gâché. Mais Loki en mouche le pique entre les paupières jusqu'au sang, alors Brokk s'arrête un court instant, et il en a fallu de peu pour que tout soit gâché. Ils sortent du fourneau le marteau Mjöllnir pour Thor, mais à cause de Loki le manche du marteau est trop court. Brokk et Loki présentent les objets aux Ases pour qu'ils décident lesquels sont les plus précieux. Les Ases décident que le marteau est la plus grande protection possible contre les géants du givre. Ainsi le nain a gagné le pari pour la tête de Loki. Ce dernier essaye alors de s'échapper grâce à ses chaussures qui lui permettent de courir à travers les airs et la mer, mais Thor le rattrape pour qu'il honore son engagement. Afin de sauver sa peau, Loki déclare qu'il avait mis sa tête en gage et non pas son cou. Finalement, le nain Brokk se contente de lui coudre les lèvres.

    Les chapitres 44 à 47 de la Gylfaginning racontent la légende de Thor, Loki et Thjálfi chez le roi géant Útgarða-Loki. Au chapitre 44, Thor et Loki sont reçus par un paysan pour la nuit. Les boucs de Thor servent de repas mais Thjálfi, le fils du paysan, casse un os pour récupérer la moelle. Le lendemain matin, Thor bénit les restes des boucs qui ressuscitent, mais l'un d'entre eux boite. Furieux il accuse les paysans d'avoir cassé un os. Terrifiés ils acceptent de lui donner en compensation leurs deux enfants comme servants, Thjálfi et Roskva. Au chapitre 45, les quatre protagonistes marchent vers Jötunheim, et se reposent une nuit dans une grande maison. Ils découvrent le lendemain matin que la maison était en fait le gant du géant Skrymir, qui propose de les accompagner. L'arrogance et les moqueries de Skrymir sur leur petite taille énervent Thor à plusieurs reprises, mais ses grands coups de marteau font tellement peu d'effet contre le géant que ce dernier semble à peine les remarquer, demandant par exemple si un gland lui est tombé sur la tête. Skrymir leur indique ensuite la route pour atteindre le fort d'Utgard où réside le géant Útgarða-Loki et il conseille les compagnons de bien s'y tenir car les géants sont très puissants. Au chapitre 46 les compagnons arrivent à l'immense fort d'Utgard et se présentent au roi Útgarða-Loki qui en se moquant de leur petite taille leur demande s'ils ont quelconque talent supérieur aux autres hommes. Loki répond qu'il mange plus vite qu'aucun autre. Il se mesure alors à un certain Logi qui le défait au jeu puisque Loki n'a mangé que la viande alors que Logi a mangé les os également. Thjálfi affirme qu'il est plus rapide que tous les hommes, mais il perd sa course contre un garçonnet nommé Hugi. Thor déclare qu'il est bon buveur, mais il peine à baisser le niveau d'une corne à boire après trois traits. Riant de sa faiblesse, Útgarða-Loki propose à Thor de tenter de soulever son chat, mais le dieu parvient difficilement à soulever une de ses pattes. Furieux des moqueries du roi, Thor demande que quelqu'un se mesure à lui en lutte. Le roi le fait alors combattre sa vieille nourrice Elli qui réussit à mettre Thor sur un genou. Au chapitre 47 on lit que le lendemain matin le roi les accompagne à la sortie du royaume et demande à Thor s'il avait déjà rencontré d'adversaire plus puissant, ce à quoi Thor répond qu'il a effectivement subit un grand déshonneur. Alors Útgarða-Loki lui explique les illusions visuelles qu'il leur ont fait subir. Il avoue qu'il était le géant Skrymir et que ses coups de marteau l'ont en fait raté et ont créé trois vallées profondes. Loki s'était battu contre le feu sauvage, et Thjálfi contre son esprit. La corne que Thor but était reliée à l'océan et le dieu but tellement qu'il a créé les marées, le chat était en fait le serpent de Midgard que Thor a quand même réussit à soulever, et enfin la vieille qu'il combattit était en fait une personnification de la vieillesse. Tous les témoins furent impressionnés et terrifiés par les prouesses des trois compagnons, qui excédaient largement leurs attentes. Furieux Thor brandit son marteau pour frapper le géant mais celui-ci disparait ainsi que son fort.

    Le poème eddique Hymiskviða, à la strophe 37, attribue à Loki la responsabilité de la boiterie du bouc, mais la strophe suivante mentionne la compensation des deux enfants d'un géant, ce qui est plus en accord avec le récit du Gylfaginning. Aux strophes 60 et 62 du poème eddique Lokasenna, Loki se moque de la rencontre de Thor avec Skrymir.

    Le chapitre 18 du Skáldskaparmál raconte qu'un jour, Loki s'amuse à voler sous la forme de faucon qui appartient à Frigg. Il vole par curiosité dans la demeure du géant Geirröd et se pose sur une lucarne pour observer la halle. Voyant l'oiseau, Geirröd ordonne qu'on lui amène. Loki reste posé s'amusant des difficultés du serviteur à grimper jusqu'à lui, mais lorsqu'il décide de s'envoler il réalise que ses pattes restent collées. Loki est capturé et Geirröd soupçonne sa véritable nature d'humain, mais le dieu ne l'avouant pas le géant l'enferme dans un coffre pendant trois mois jusqu'à ce que Loki lui révèle son identité et pour racheter sa vie il lui jure d'attirer Thor dans son domaine mais sans son marteau Mjöllnir ni ses autres attributs puissants. Lorsque Thor et Loki arrivent dans la halle de Geirröd en tant qu'invités, les géants tentent de tuer Thor mais ce dernier parvient malgré tout à en sortir victorieux, massacrant Geirröd et ses deux filles.

    L'expédition de Thor chez Geirröd est également raconté dans le poème scaldique Þórsdrápa qui est vraisemblablement la source de Snorri Sturluson qui en cite des strophes. Toutefois dans le poème, Thor visite Geirröd accompagné de son valet Thjálfi et non de Loki. Loki est tout de même indiqué comme l'instigateur de l'expédition et est qualifié de « grand menteur » dès la première strophe.

    Le mythe burlesque du vol du marteau de Thor est raconté dans le poème eddique Þrymskviða. Thor se réveille et constate la disparition de son marteau Mjöllnir. Loki s'envole alors le chercher dans le monde des géants, et rencontre le géant Þrymrqui déclare l'avoir pris, et ne le rendrait qu'en échange de la main de la déesse Freyja. Loki retourne en informer Thor, et Freyja furieuse refuse de se donner au géant. Le dieu Heimdall propose de travestir Thor en mariée pour tromper le géant, ce qu'il fait alors non sans réticences. Loki l'accompagne déguisé en servante. Les deux dieux sont accueillis à un banquet du géant qui est trompé par le subterfuge. Le géant remarque quelques éléments étranges dans la façon d'agir de son épouse ; elle mange et boit beaucoup plus que l'on s'attendrait. Loki déguisé explique que c'est parce qu'elle a voyagé huit nuits de suite sans manger dans son empressement de prendre sa main. Þrymr demande ensuite pourquoi elle a des yeux aussi enragés. Loki répond que c'est parce qu'elle n'a pas dormi pendant huit nuits dans son empressement pour prendre sa main. Þrymr ordonne qu'on lui apporte le marteau pour consacrer la fiancée, alors Thor s'en empare, jette son déguisement et tue Þrymr avant de massacrer toute sa famille.

    Si le thème du poème émane sans doute d'un mythe authentique, cette version rédigée au XIIIe siècle, sans doute par Snorri Sturluson, trahit son christianisme par son ton évidemment satirique, amusé de la goinfrerie et de la brutalité de Thor, sans toutefois être méprisant.

    Au chapitre 42 de la Gylfaginning, un maître-bâtisseur se présente aux dieux et propose de leur construire une forteresse pour Ásgard en seulement trois semestres, ce qui les protégera des géants. Il demande alors comme payement la déesse Freyja, le Soleil et la Lune à condition qu'il réussisse son exploit. Les dieux acceptent, pensant qu'il ne réussirait pas. Mais l'étranger, avec l'aide de son étalon Svadilfari, entame la construction à une vitesse impressionnante. Inquiets qu'il réussisse sa prouesse, les dieux tiennent conseil et forcent Loki à empêcher l'étranger de finir son travail à temps. Loki se transforme en jument en rut pour distraire le cheval de l'étranger l'empêchant par ce biais d'accomplir à temps son ouvrage. Pris de fureur, le maître-bâtisseur révèle sa véritable identité de géant. Les dieux invoquent Thor qui lui fracasse le crâne avec son marteau. Loki fut néanmoins fécondé par l'étalon, et engendre le cheval à huit pattes Sleipnir, qui devient la monture d'Odin.

    Le premier chapitre de la partie Skáldskaparmál de l'Edda de Snorri raconte l'enlèvement d'Idunn. Odin, Loki et Hœnir voyagent loin de chez eux et capturent un bœuf pour le manger, mais étrangement la viande ne cuit pas. Un aigle perché sur un chêne au-dessus d'eux leur explique qu'il en est la cause et propose de laisser se faire la cuisson si les dieux lui permettent d'en manger tout son soûl. Ils acceptent, et le bœuf cuit, l'aigle emporte une grande partie de la viande. Alors Loki en colère frappe l'aigle avec une perche mais la perche reste accrochée à ses mains et au dos de l'oiseau qui s'envole. Saisi par la douleur, Loki supplie l'aigle de le relâcher, et ce dernier accepte à la seule condition que Loki attire la déesse Idunn et ses pommes hors d'Ásgard. Libéré, Loki emmène alors Idunn dans un bois hors d’Ásgard, sous le prétexte qu'il a trouvé d'autres pommes remarquables. Il lui recommande d'emporter ses propres pommes pour les comparer. Le géant Thjazi sous la forme d'un aigle s'empare d'Idunn et l’emporte chez lui à Thrymheim. Privés de ses pommes de jouvence, les Ases vieillissent rapidement. Ils tiennent conseil et comprennent qu'elle a été vue pour la dernière fois sortant d'Ásgard avec Loki. Ils le menacent alors des pires supplices s'il ne retrouve pas Idunn. Apeuré, Loki promet de la ramener et réclame à Freyja son plumage de faucon. Loki s'envole alors vers le Nord à Jötunheim pour la demeure de Thjazi où il retrouve Idunn seule, Thjazi étant sorti. Loki la transforme en noix afin de la porter dans ses serres et il la ramène vers Ásgard. Lorsque Thjazi rentre et constate la disparition d'Idunn, il prend sa forme d'aigle et se lance à leur poursuite. Les Ases voient alors Loki arriver vers eux avec la noix, poursuivi par un aigle, et comprennent la situation. Dès que Loki franchit l'enceinte d'Ásgard, les Ases enflamment les copeaux qui brûlent les plumes de l'aigle. Il tuent ensuite le géant au sol. Alors, Skadi, la fille du géant, marche vers Ásgard pour venger son père. Les Ases lui proposent comme compensation de choisir n'importe quel mari d'entre eux mais en ne regardant que leurs pieds. Elle choisit alors le dieu Njörd bien qu'elle ait espéré tomber sur Baldr. L'autre clause était de parvenir à la faire rire. Loki attache une corde à la barbe d'une chèvre et l'autre bout à ses propres bourses, et chacun tire tour à tour, ce qui fait rire la géante.

    Les strophes 2 à 13 du poème scaldique Haustlǫng racontent le même mythe en s'arrêtant à la mort de Thjazi, mais ne précisent pas la métamorphose d'Idunn en noix. Snorri Sturluson a utilisé ce poème comme source pour son récit, et il le cite dans son œuvre. À la strophe 50 du poème eddique Lokasenna, Loki fait allusion à son rôle dans la mort du géant.

    Dans le poème eddique héroïque Reginsmál, on apprend que Regin élève Sigurd et lui raconte l'histoire de l'or d'Andvari. Ce mythe est également raconté dans la Völsunga saga et au chapitre 39 du Skáldskaparmál, avec peu de variations. Regin explique qu'Odin, Hoenir et Loki arrivent à une cascade et Loki tue avec une pierre une loutre qui mangeait un saumon. Loki se vante alors de sa double prise. Cette loutre n'est autre que Ótr métamorphosé, le frère de Reginn et de Fafnir, fils de Hreidmarr. Le soir même, les dieux se logent chez Hreidmarr avec leur butin. Hreidmarr et ses fils s'emparent des dieux et demandent en réparation assez d'or pour remplir et recouvrir la peau de la loutre. Loki est envoyé pour récupérer l'or, et il capture le nain Andvari métamorphosé en brochet. Loki exige l'or d'Andvari qui le lui donne. Le nain dissimule tout de même un anneau mais Loki le voit et lui prend, alors Andvari prononce la malédiction sur l'or. Les Ases remplissent ensuite la peau de la loutre et la recouvrent d'or. Hreidmarr voit qu'un poil de moustache dépasse, et donc Odin place l'anneau d'Andvari pour le recouvrir. Loki informe Hreidmarr de la malédiction sur l'or, et annonce la trame du cycle de Sigurd.

    Il existe plusieurs allusions au mythe du vol par Loki du collier des Brísingar qui appartient à la déesse Freyja. Dans le poème scaldique Haustlǫng 9, et dans Skáldskaparmál 16, un kenning pour désigner Loki est « voleur du collier des Brísingar ». Le poème scaldique Húsdrápa préservé en partie dans leSkáldskaparmál, mentionne que Loki a volé l'objet précieux à Freyja. Celle-ci demande à Heimdall de le retrouver et ils découvrent que Loki en est le voleur. S'ensuit un combat entre les deux dieux métamorphosés en phoques, où Heimdall triomphe.

    Dans le texte évhémériste Sörla þáttr rédigé au XIVe siècle, Freyja est la maîtresse favorite du roi Odin. Elle désire un collier fabriqué par des nains, qui lui donnent à condition qu'elle passe une nuit d'amour avec chacun d'entre eux, ce qu'elle fait. Un certain Loki est au courant du marché scandaleux et en informe Odin qui ordonne de ravir le collier à Freyja. Alors il lui vole métamorphosé en mouche pendant qu'elle dort. Lorsque Freyja réclame le collier à Odin, il lui rend à la seule condition qu'elle provoque une guerre éternelle entre deux rois, ce qu'elle réussit au troisième essai. Cette guerre se termine finalement avec l'avènement du christianisme.

    Le chapitre 49 de la Gylfaginning raconte que Baldr, l'un des fils d'Odin, rêve de sa mort prochaine ce qui inquiète les Ases. Sa mère Frigg fait alors jurer à chaque élément de ne jamais faire de mal à son fils. Ainsi les Ases s'amusent à honorer Baldr en lançant vers lui des objets qui conséquemment ne lui font aucun mal. Ceci déplaisant à Loki, il prend l'apparence d'une femme et obtient l'aveu de Frigg qu'elle n'a pas demandé de serment au gui, tant cette pousse lui paraissait inoffensive. Loki recueille alors le rameau de gui, et incite le dieu aveugle Höd, frère de Baldr, de le lancer contre lui pour se joindre à l'activité. Loki guide le jet de Höd, et le rameau transperce Baldr et le tue devant la stupéfaction des Ases. Le dieu Hermód se porte alors volontaire pour voyager au monde des morts pour demander à la gardienne Hel de leur rendre Baldr. Celle-ci accepte à condition que toutes choses au monde le pleurent. Les Ases envoient donc des messagers à travers les mondes pour leur demander de pleurer la mort de Baldr, mais ils confrontent une géante appelée Thokk, qui est en fait Loki déguisé, qui refuse de le pleurer, empêchant ainsi Baldr de revenir des morts.

    Le poème eddique Baldrs draumar raconte le meurtre de Baldr par Höd, mais le rôle de Loki n'y est pas mentionné. De même, le poème Völuspá aux strophes 31 à 34 évoque ce meurtre sans impliquer Loki, toutefois la strophe 35 mentionne la punition de Loki. Dans le poème eddique Lokasenna, Loki se vante d'avoir causé la mort de Baldr.

    Le poème runique norvégien offre un moyen mnémotechnique pour mémoriser les runes, Loki est associé à la rune Berkanan (bouleau) et on lit à la strophe 13 :« Ruse à Loki valut misère ». Il s'agit peut être d'une référence à son rôle dans le meurtre de Baldr.

    Dans le poème eddique Lokasenna, le dieu malin Loki profère des insultes à l'encontre des principaux Ases lors d'un banquet. Le prologue en prose raconte que le géant Ægir tient un banquet pour tous les Ases. Loki est énervé par la louange des domestiques du géant, Eldir et Fimafeng, ainsi il tue le second et se fait chasser du banquet par les Ases. En revenant, Loki croise Eldir et le poème commence à cet instant. Eldir lui informe que les dieux parlent de leurs prouesses et ne parlent pas de Loki en bien. Dès la strophe 3, Loki précise ses intentions pour la suite.

    Entré dans la halle qui est devenue silencieuse à son arrivé, Loki exige à boire et Odin lui permet de s'assoir pour le calmer. S'ensuit un échange verbal entre Loki et les principaux dieux, où Loki les insulte et les nargue tour à tour. Beaucoup de mythes sont rappelés dans le poème, et d'autres qui ne nous sont pas parvenus. À la strophe 57, Thor, qui était absent, arrive au banquet et menace Loki, « être abject », de le tuer avec son marteau. Après un bref échange, Loki se résigne à partir car il sait que Thor le frapperait, puis il maudit Ægir. L'épilogue en prose raconte alors la capture et la punition de Loki par les Ases.

    Au chapitre 50 de la Gylfaginning, les dieux, excédés par le meurtre de Baldr, décident de rechercher Loki, qui s'était caché sur une montagne. Il s'y construit une maison dotée de quatre portes, une sur chaque façade, afin de pouvoir surveiller toutes les directions. Le jour, il se transforme parfois en saumon dans les cascades de la rivière Fránangr. Réfléchissant à la manière dont les Ases pourraient l'attraper sous sa forme de poisson, il invente le premier filet de pêche avec des fibres de lin. Il voit alors les Ases s'approcher, il jette le filet au feu avant de bondir dans la rivière. Kvasir entre en premier dans la maison et en voyant les cendres laissés par le filet il comprend son utilité pour pêcher les poissons, ainsi les Ases en fabriquent un à leur tour. Les Ases se divisent en deux groupes et remontent la rivière, finissant ainsi par capturer Loki. Thor attrape Loki par la queue, et depuis les saumons sont minces à l'arrière. Les Ases emmènent Loki dans une caverne, ainsi que ses fils Narfi (ou Nari) et Vali. Ils métamorphosent Vali en loup qui déchire son frère Narfi, et avec les boyaux de ce dernier ils attachent Loki à trois pierres. Skaði place un serpent au-dessus de lui, de manière à ce que le venin coule sur son visage. Sigyn, la femme de Loki, recueille le venin dans une cuvette. Toutefois, lorsqu'elle vide la cuvette pleine, du venin coule sur le visage de Loki ce qui le fait se tordre de douleur et causer les tremblements de terre. Loki restera ainsi jusqu'au Ragnarök.

    L'épilogue du poème eddique Lokasenna raconte en moins de détails le supplice de Loki. Une différence notable avec la Gylfaginning est que dans ce poème les deux fils de Loki sont Nari et Narfi, et Vali n'y est pas mentionné. À la strophe 49 de ce poème, Skaði annonce à Loki qu'il sera entravé par les entrailles de son fils sur un rocher. Le supplice de Loki est également mentionné par la völva (prophétesse) à la strophe 35 du poème Völuspá, où Sigyn est décrite siégeant à ses côtés.

    Le chapitre 51 du Gylfaginning raconte en détail les évènements de la fin du monde prophétique du Ragnarök. Le monde sera ravagé par les guerres et un hiver de trois ans, le Fimbulvetr. Toutes les chaînes se briseront, ainsi le loup Fenrir et Loki seront libérés, et le serpent Jörmungand dévastera les terres. Les géants et Loki accompagné du cortège des morts de Hel combattront les dieux sur la plaine de Vigrid. Presque tous périront. Fenrir engloutira Odin avant d'être tué par Vidar, Jörmungand et Thor s'entre tueront, et Loki combattra le dieu Heimdall et ils s'entre tueront également. Le géant du feu Surt enflammera le monde, avant qu'il renaisse des flammes.

    Le poème eddique Völuspá raconte également les évènements du Ragnarök, et a servi de source pour Snorri Sturluson. Le poème précise à la strophe 51 que Loki arrivera de l'est sur un bateau, ce qui contraste avec la Gylfaginning qui mentionne également un bateau, Naglfar, mais c'est le géant Hrym qui le gouvernera.

    La fibule de Nordendorf I est une fibule d'argent de 13 cm découverte en 1843 vers Nordendorf, au sud de l'Allemagne et datée de la première moitié du VIIe siècle. Cette pièce figure une inscription runique qui semble mentionner des noms de dieux. On lit :

    - Logaþore

    - Wodan

    - Wigiþonar

    Si wodan et wigiþonar sont vraisemblablement les noms alémaniques des dieux Odin et Thor, logaþore pose problème. Certains spécialistes ont proposé Lódur et Loki, mais aucune conclusion satisfaisante n'a été trouvée.

    La croix de Gosforth, retrouvée en Cumbrie (Angleterre), et datée de la première moitié du xe siècle, présente un mélange d'iconographies chrétienne et païenne. Une image sur la face ouest représente certainement Loki enchaîné et protégé par Sigyn du venin d'un serpent. Cette scène fait écho à une autre représentation de la sculpture, celle du Christ sur sa croix assisté par Marie-Madeleine. Il s'agit là d'un exemple de syncrétisme entre la religion païenne nordique et le christianisme ; ici des mythes païens ont servi à établir des concepts chrétiens à une population christianisée et certainement versée en légendes nordiques.

    Une croix fragmentée de la fin du Xe siècle, retrouvée à Kirkby Stephen en Cumbrie, porte une figure entravée dotée de cornes et d'une barbe. Ce personnage est parfois pensé représenter Loki. La pierre, découverte en 1870, est en grès jaune pâle ; elle est aujourd'hui placée à l'entrée de l'église de Kirkby Stephen. Une pierre portant des gravures similaires, découverte à Gainford (en), dans le nord de l'Angleterre, est abritée à la cathédrale de Durham.

    La pierre de Snaptun est une pierre d'âtre ; le museau du soufflet se plaçait dans le trou situé à l'avant de la pierre, et l'air produit par le soufflet poussait la flamme à travers l'orifice supérieur. La pierre protégeait ainsi le soufflet de la chaleur du feu et d'une exposition directe aux flammes. D'après Hans Jørgen Madsen, la pierre de Snaptun est « la plus belle pierre d'âtre ouvragée connue ». La pierre, qui pourrait suggérer une connexion entre Loki et la forge ou les flammes, est aujourd'hui exposée au Moesgård Museum (en), près d'Århus au Danemark.Au printemps 1950, une pierre plate semi-circulaire portant, gravé un visage moustachu, fut retrouvée sur une plage proche de Snaptun, au Danemark. Les gravures de la pierre, une stéatite de Norvège ou de Suède, ont été datées aux environs de l'an Mil. Le personnage moustachu fut identifié grâce aux cicatrices figurant sur ses lèvres, en référence à un conte du Skáldskaparmál, une section de l'Edda poétique, où les fils d'Ivaldi, des nains, cousent ensemble les lèvres de Loki.

    Loki est une divinité complexe qui se laisse difficilement ramener à un seul élément explicatif. Si les philologues du XIXe siècle sont enclins à mettre en avant des explications naturalistes aux nombreuses indications notamment folkloriques d'une divinité du feu, Jan de Vries propose une théorie de « trickster » (de fourbe, d'escroc), puis Georges Dumézil, tout en rappelant les éléments naturalistes, préfère mettre en avant un type psychologique « mal né contestataire ». Pour Rudolf Simek, il s'agit de « la figure la plus complexe, mais aussi la plus négative du panthéon germanique ». Jean Haudry avance que la mythologie de Loki ne peut être comprise que par la duplicité fondamentale du feu, puis de l'image héritée de la « parole de feu » car la parole elle-même est ambiguë, ce qui explique son rôle de satiriste, puis finalement de messager, d'être en marge qui peut tromper et persifler.

    Des spécialistes ont longtemps cherché une fonction pour Loki, et Jacob Grimm en a fait un dieu du feu, ce qui a été repris par plusieurs spécialistes, le feu étant comme Loki ; ambivalent, bénéfique ou destructeur. Cette association est également issue de la proximité linguistique avec le mot logi (« feu »). Mais les mythes n'associent pas particulièrement Loki à un élément. Georges Dumézil note tout de même que le feu est parfois associé à Loki dans les proverbes et expressions qui ont survécu à l'époque moderne. Le vent est également parfois associé à Loki, et un de ses autres noms, Lopt, signifie « air » en vieux norrois.

    Sophus Bugge estime en 1888 que Loki est dérivé de Lucifer (« Luki-fer ») de la mythologie chrétienne, une théorie qui n'est plus acceptée aujourd'hui. En revanche, il n'est pas exclu que Loki ait été assimilé au diable par les populations nordiques christianisées. Le diable est, selon son nom grec, « celui qui divise », et la proximité de Loki avec le feu ne pouvait que favoriser ce rapprochement.

    Rudolf Simek estime que Loki n'a rien à voir avec le feu, ni avec aucun autre élément.

    Dans sa monographie de Loki (1933), Jan de Vries propose une nouvelle théorie qui présente le dieu nordique comme un trickster, un fripon fourbe et parfois dangereux. Georges Dumézil, dans son ouvrage Loki (1948, 1986), développe largement cette interprétation psychologique et sociale, présentant Loki comme un de ces « êtres "en marge", de naissance inférieure, traités en inférieurs, incomplètement adoptés par la société et se détachant eux-mêmes de la société ». Il avance également que cette figure est une figure héritée de la période commune proto-indo-européenne et trouve des équivalents en termes de personnalité dans le farceur semi-divin Syrdon de la mythologie ossète (et caucasienne en général) et le personnage irlandais Bricriu. En effet, comme Loki, Syrdon est indirectement responsable de la mort d'un personnage héroïque quasi-immortel en poussant un autre à l'acte, et s'est même métamorphosé en femme pour obtenir des informations sur le point faible de sa victime. Bricriu est, lui, un semeur de zizanie. Il établit ainsi un personnage divin de satiriste qui utilise une partie de ses dons « à ruser, à tromper, à intriguer, et aussi […] à persifler, à nuire, à haïr ».

    Dumézil reconnaît, néanmoins, l'importance des « vêtements naturalistes » de Loki, mais préfère les considérer comme symboliques.

    Dans son étude de Loki (1988), Jean Haudry affirme qu'il faut reconsidérer la présence du feu, « presque omniprésent dans sa mythologie » et amène une nouvelle comparaison avec le dieu du feu indien Agni, dont l'une des désignations est la « qualification des seigneurs ». Cette qualification est, dès le départ, ambiguë, aussi bien louange que calomnie. La parole, pareille au feu, est caractérisée par sa duplicité fondamentale. Le feu passant constamment du monde des ténèbres à la lumière, la parole peut être bienfaisante ou dangereuse. Loki, comme Agni, assume également un rôle de messager, d'éclaireur et de compagnon. Haudry reconstruit ainsi une notion héritée de « parole de feu » qui permet une réinterprétation de la mythologie du dieu nordique, tant dans ses aspects naturalistes, que dans le type de mal né contestataire, persifleur, dont l'apparition, dans les sociétés traditionnelles est particulièrement redoutée: la médisance et la satire pouvant avoir des effets destructeurs.

    C'est en tant que personnage subversif, qui pousse les dieux au parjure, que Loki joue un rôle décisif dans le Ragnarök, car l'énonciation de la vérité, l'ordre moral, l'ordre social et l'ordre du monde sont homologues. Il correspond alors au démon indien Kali, celui qui provoque le dernier âge du monde, le Kali Yuga.

    Les auteurs de synthèses comme Régis Boyer ou Rudolf Simek préfèrent mettre en avant la complexité de la divinité. Boyer souligne son aspect « intelligent, mais amoral, aimant à faire le mal pour s'amuser », un « tissu de traits contradictoires ».

    Le mythe de la punition de Loki a également été comparé à ceux du Titan grec Prométhée (un voleur du feu), du géant Typhon et du géant du Caucase Amiran.

    Axel Olrik a publié deux articles dans la revue Danske Studier, l'un en 1908 et l'autre en 1909, regroupés sous le même titre de Loki i nyere Folkeoverlevering (« Survivances de Loki dans le folklore moderne »), où il note de nombreux proverbes, expressions et gestes rituels qui se référent à Loki, ainsi que des contes et récits populaires qui le mettent en scène, dans plusieurs pays et régions d'Europe du Nord ; les pays scandinaves, l'Islande, les Îles Féroé, l'Angleterre et les Shetland. Une ballade des Îles Féroé recueillie au XIXe siècle implique également Odin et Hœnir, et son caractère païen était tel qu'il était interdit de la raconter au moment de sa rédaction. La plupart des récits modernes mettent en scène un Loki malin voir cruel, parfois étourdi. Au XVIIIe siècle en Telemarken (sud de la Norvège), Lokje était un mauvais esprit parfois associé au diable.

    Des expressions incluent au Danemark « porter des lettres de Lokke » (mentir), en Norvège « Lokje bat ses enfants » (lorsqu'un feu pétille fort). Un proverbe islandais est « Loki et Thor marchent longtemps, les orages n'en finissent pas » (Leingi geingr Loki ok Þór, léttir ei hríðum). Certains termes modernes tirent leur étymologie de Loki. En Islande, Lokabrenna désigne la canicule, et Lokasjóðr (« bourse de Loki ») les plantes qu'on appelle ailleurs « monnaie de Judas ».

    En 1898, le clergyman Robt M. Kennley raconte que pendant son enfance en Lincolnshire (Angleterre), il apporta de la quinine a un enfant malade et observa sa grand-mère frapper un à un avec son marteau trois fers de cheval cloués au pied du lit de l'enfant et récitant :

    "Feyther, Son and Holy Ghoast naale the divil to this poast; with this mall Oi throice dew knowk one for God an' one for Wod an' one for Lok !

    "Père, Fils et Saint-Esprit, clouez le diable à ce poteau ! Avec ce marteau je frappe trois fois : une pour Dieu, une pour Wod [Odin], une pour Lok !

    ...

     

  • Mímir

     

    Mímir est un personnage de la mythologie nordique connu pour sa sagesse. Il est décapité après la guerre entre les Ases et les Vanes, mais le dieu Odin ressuscite sa tête pour obtenir des conseils. Sa tête garde une source sous l'arbre-monde, Yggdrasil.

  • Njörd

     

    Njord dieu de la mer

     

    Dans la mythologie nordique, Njörd est le dieu de la Mer et des Vents. Il apporte la bonne fortune en mer ainsi qu’une bonne pêche.

    Il est marié à la géante Skadi, mais ses enfants ont été conçus avec sa propre sœur. Ils furent d’ailleurs des Vanes et furent échangés lors de la trêve avec les Ases. Ces derniers désignèrent Njörd et Freyr, son fils, comme hauts prêtres pour présider les sacrifices. Freyja, sa fille, fut consacrée comme prêtresse sacrificielle. Elle enseigna la sorcellerie vanirienne, un art commun pour les dieux vanes.

    Sa sœur et la mère de ses enfants aurait été Nerthus, qui ne les accompagna pas chez les Ases, ceux-ci réprouvant les unions entre frère et sœur.

    Skadi ne le choisit qu’en regardant ses pieds et regretta bientôt son choix, la résidence de Njörd, Noatun (à Ásgard), étant trop bruyante à cause des nombreux bateaux en construction autour. De toute façon, Njord n’appréciait pas non plus la demeure de Skadi à Jötunheim, et celle-ci y retourna sans lui.

    L’ambivalence du couple est flagrante, Njörd étant un symbole de fécondité, de bonne pêche et de chance tandis que Skadi venait d’une chaîne de montagnes glacées, rocailleuses et arides que des nuages bas masquaient en permanence du Soleil. Aucun homme n’aurait pu vivre dans ce pays sauvage et impitoyable, où rien ne pouvait espérer pousser.

  • Odin et ses 1001 alias

     

    Odin (du vieux norrois Óðinn) est le dieu principal de la mythologie nordique. Il existe dans la mythologie germanique en général, où il est appelé Wōden en vieil anglais, Wodan en vieux saxon des Pays-Bas ou Wotan en vieux haut-allemand ou Gaut. Son nom proto-germanique est *Wōdanaz. L'étymologie de son nom fait référence à Ód, et signifie « fureur », aux côtés d'« esprit » et de « poésie », d'où l'allemand Wut (fureur) et le néerlandais woede de même sens. C'est un dieu polymorphe.

    Son rôle, comme pour la plupart des dieux nordiques, est complexe, étant donné que ses fonctions sont multiples : il est le dieu des morts, de la victoire et du savoir. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse. Il est considéré comme étant le principal membre des Ases. Odin partage la fête de Yule, qui est célébrée le 21 décembre, avec le dieu Ull.

    Le lieu de résidence d'Odin est le palais de Valaskjálf, situé en Ásgard, où se trouve également son trône, appelé Hlidskjalf, d'où il peut observer les neuf mondes de la cosmologie nordique. Il possède plusieurs objets fabuleux, sa lance Gungnir et son anneau Draupnir, et monte son cheval à huit jambes nommé Sleipnir.

    Fils de Bor et de la géante Bestla, il a pour frères Vili et . Son épouse est Frigg ; il a de nombreux enfants, dont les dieux BaldrThor et Vidar.

    Odin est une évolution de la divinité proto-germanique Wōđinaz ou Wōđanaz, dont le nom a été transformé en « Óðinn » en vieux norrois, puis en « Wōden » en anglo-saxon.

    De même que les langues latines reprennent les noms des dieux romains pour les jours de la semaine, les langues germaniques utilisent les noms des dieux germaniques. Comme Odin était assimilé à Mercure (qui a donné son nom au mercredi) par les Romains, le nom du dieu se retrouve dans le nom de ce jour dans plusieurs langues germaniques : Wednesday en anglais, woensdag en néerlandais, onsdag en danois, norvégien et suédois (l'allemand et l'islandais employant en revanche des termes neutres, respectivement Mittwoch et miðvikudagur).

    Odin était réputé avoir mille surnoms. Parmi les plus courants, figurent :

    • Alfadir (le père de tout) ;
    • Farmatyr (dieu des cargaisons) ;
    • Bolverk (fauteur de malheur) ;
    • Har (très haut) ;
    • Harbard (barbe grise) ;
    • Jafnhar (également haut) ;
    • Thridi (le troisième) ;
    • Vegtam (familier des chemins) ;
    • Bruno, Brunon, (bouclier, cuirasse).

     

    Pour Kris Kershaw, Odin est le représentant nordique d'un dieu-loup indo-européen, extrêmement ancien, dont la caractéristique principale est originellement d'être le chef mythique et l'incarnation du compagnonnage guerrier dont la chasse sauvage est le parangon. Dans cette perspective, elle rapproche Odin au dieu indien Rudra.

    L'Odin scandinave (Óðinn) a émergé du proto-norrois Wōdin pendant les Grandes invasions. Le contexte dans lequel les nouvelles élites émergeaient durant cette période correspond avec la légende de Snorri Sturluson, où les Vanes indigènes sont remplacés par les Ases, qui sont des étrangers venus du Continent.

    Plusieurs parallèles ont été établis entre Odin et le dieu celtique Lug. En effet, les deux sont des dieux intellectuels qui commandent la magie et la poésie. Les deux ont des corbeaux et une lance en tant qu'attributs.

    Odin est représenté comme un homme âgé, barbu et borgne. Il est une divinité polymorphe. Il se déplace sur un cheval à huit jambes nommé Sleipnir et il est armé de sa lance Gungnir. Lorsqu'il est dans son palais, la Valhöll, les deux corbeaux Hugin (la pensée) et Munin (la mémoire) lui racontent à l'oreille ce qu'ils ont vu des neuf mondes. De plus, deux loups, Geri et Freki, restent à ses pieds. Son trône, Hlidskjalf, lui permet de voir tout ce qui existe dans les neuf mondes. Il possédait l'anneau Draupnir, un anneau qui se multipliait par neuf tous les neuf jours ; mais il le posa sur le bûcher funéraire de son fils Baldur qui le donnera à Hermodr plus tard.

    Les rôles d'Odin sont complexes. Il est entre autres le dieu des morts ayant fonctions de psychopompe et de nécromancien. D'ailleurs, il accueille la moitié des âmes des guerriers tombés au combat au Valhöll (ou Valhalla); Freyja accueillant la seconde moitié. Ceux-ci combattent entre eux le jour pour se préparer au Ragnarök et sont conviés la nuit au « Banquet d'Odin ». De plus, sous le nom de Handagud, Odin est particulièrement le dieu des pendus. Il est aussi le patron des scaldes, poètes scandinaves, auxquels il a apporté l'élixir de poésie. Il possède aussi des caractéristiques des shamans qui se reflètent dans le mythe de sa monture Sleipnir.

    Odin sur son trône, illustration tirée du manuel de mythologie d'Alexander Murray publié en 1865

    Sans être directement dieu de la guerre, Odin est néanmoins le dieu de la victoire. Il l'offre à ses protégés par quelque moyen que ce soit, qu'il s'agisse de valeur au combat, de chance ou, plus particulièrement, de ruse et de fourberie. Odin conférait la victoire en inspirant l'intelligence et la stratégie, bien plus qu'en activant l'ardeur des guerriers. C'est donc un dieu sage, courageux et généreux, mais craint, et qui possède des traits sombres et peut se montrer fourbe et sévère. Odin possède de nombreuses hypostases dont certaines n'ont peut-être pas encore été identifiées.

    Après avoir tué Ymir, le géant originel, et par le fait même mis fin à la guerre, Odin aidé de ses frères décidèrent de créer l'univers. Ils créèrent le monde avec le cadavre d'Ymir puisque c'est tout ce qu'ils avaient. Le sang d'Ymir avait déjà créé les océans. Avec la chair d'Ymir, ils créèrent Midgard entre Jotunheim et Ásgard qui deviendra plus tard le monde des hommes. Jotunheim est le monde des géants de glace au sud fondé par Bergelmir et son épouse lorsque ceux-ci se sauvèrent vivants en bateau de la marée de sang d'Ymir qui tua tous les autres géants. Les trois frères utilisèrent les os d'Ymir afin d'élever certaines parties de sa chair créant ainsi les montagnes et les collines. Les dents d'Ymir furent arrachées et utilisées pour former les falaises du monde. Ses cheveux devinrent la végétation et les restes de son cerveau devinrent les nuages. Finalement, son crâne devint le ciel ou le paradis au-dessus de tout. 

    Le monde est créé, mais il manque toujours la lumière. C'est pourquoi, les dieux se rendirent au Muspellheim, le monde de feu, afin de recueillir des étincelles lancées par l'épée de feu Surtr, le gardien du Muspellheim, qu'ils lancèrent dans le ciel pour créer les étoiles. Deux étincelles étaient plus brillantes que les autres et devinrent respectivement le Soleil et la Lune. Les trois dieux façonnèrent deux chariots spécialement conçus afin de tirer ces deux astres dans le ciel. En effet, le chariot du Soleil est équipé de poches de glace derrière les chevaux les empêchant de souffrir de la chaleur du Soleil. De plus, ils ont créé un bouclier, le Svalin, pour que le conducteur puisse se défendre et protéger ses chevaux contre les rayons éternels du Soleil. D'un autre côté, le chariot de la Lune n'avait pas besoin des mêmes précautions étant donné que ses rayons étaient beaucoup moins puissants. Les deux chevaux tirant le chariot du Soleil sont Árvak et Alsvid (« tôt levé » et « très rapide » en vieux norrois) où Árvak était responsable que le Soleil se lève tôt dans la journée et Alsvid qu'il ne reste pas trop longtemps au-dessus de Midgard, car il pourrait brûler le sol. Le cheval du chariot de la Lune est Alsvider (« toujours très rapide » en vieux norrois). Odin entendit parler de deux enfants issus d'une relation entre un géant et un Ases, Máni et Sól dont le nom signifie respectivement « lune » et « soleil », et il les choisit pour qu'ils deviennent les conducteurs des deux chariots. En conduisant à chaque jour le chariot du Soleil et celui de la Lune au travers du ciel, non seulement les journées furent créées, mais aussi le temps.

    Un jour, Odin et ses deux frères, Vili et Vé, marchaient le long de la mer et remarquèrent deux arbres qui étaient tombés sur le sol, un orme et un frêne. Odin donna aux deux arbres l'étincelle de vie, tandis que Vili leur donna l'esprit et un peu de connaissance, et Vé leur donna les cinq sens. Une fois cela terminé, les arbres n'avaient plus du tout l'allure d'arbres, mais plutôt de versions réduites des dieux eux-mêmes : ils sont le premier homme et la première femme, respectivement issu du frêne et de l'orme et nommés Ask et Embla. Odin leur donna le monde de Midgard. Les trois fils de Bor remarquèrent que, pendant qu'ils étaient occupés à créer l'Univers et les Hommes, plusieurs créatures ont émergé de la chair en décomposition d'Ymir. Bien que ces créatures aient été sombres, malodorantes et laides, Odin a senti qu'il fallait leur venir en aide, puisqu'elles avaient la vie. Odin et ses frères examinèrent les créatures et les changèrent en une forme qui était plus appropriée à leur nature. Les créatures qui avaient une nature plus mauvaise et cupide furent transformées en une forme plutôt recourbée et voûtée, mais elles étaient en bonne santé et pourraient survivre où les autres ne le pourraient pas. Ce sont les nains qui ont été bannis au Svartalfheim, le monde souterrain situé sous la surface de Midgard. En raison de leur nature avide, les nains pourront creuser le sol de la Terre afin de découvrir les métaux précieux qu'ils chérissent. Cependant, les nains ne peuvent pas se rendre à la surface de la Terre durant la journée puisque la lumière du Soleil les pétrifierait instantanément sur place.

    Le Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum écrit par Adam de Brême vers 1080 est la plus ancienne source écrite sur les pratiques religieuses pré-chrétiennes en Scandinavie. Adam de Brême déclare avoir accès à des sources de première main sur les pratiques du paganisme en Suède. Sa description du Temple d'Uppsala donne plusieurs détails sur Odin. Il décrit un temple entièrement plaqué d'or où les gens vénèrent trois dieux : Thor, le plus puissant, occupe un trône dans le milieu de la pièce et Wotan (Odin) ainsi que Frikko (Freyr) ont chacun leur place de chaque côté. Il est dit que Wotan, le Furieux, s'occupe de la guerre et donne la force aux hommes à se battre contre leurs ennemis.

    Dans le poème Völuspá de l'Edda poétique, une völva révèle à Odin plusieurs événements du passé et du futur incluant sa propre mort. La völva décrit la naissance d'Odin de son père Bur (ou Bor) et de sa mère Bestla et raconte comment, avec ses frères, il a créé Midgard à partir des océans. Plus loin, elle décrit la création des premiers êtres vivants, Ask et Embla, par Hœnir, Lódur et Odin. Entre autres évènements, la völva mentionne l'implication d'Odin dans la Guerre entre les Ases et les Vanes, l'énucléation d'un œil d'Odin à la Fontaine de Mímir et la mort de son fils Baldr. Elle décrit comment Odin est massacré par le loup Fenrir au Ragnarök ainsi que la vengeance subséquente d'Odin et la mort de Fenrir par son fils Vidar; comment le monde disparut dans les flammes et resurgit des océans à nouveau. Finalement, elle relate comment les survivants des Ases se souviennent des actes d'Odin.

    Dans le poème Lokasenna, la conversation entre Odin et Loki débute avec Odin qui essaie de défendre Gefjun et se termine par sa femme, Frigg, qui le défend. Dans ce poème, Loki tourne Odin en dérision parce qu'il pratique le Seydr qui est une forme de sorcellerie réservée aux femmes. Une autre occurrence de ce fait est rapportée dans la Saga des Ynglingar de l'Edda de Snorri où ce dernier insinue que les hommes qui pratiquent le Seydr sont des Ergi, des hommes efféminés et lâches. 

    Dans Rúnatal, une section du poème Hávamál, la découverte des runes est attribuée à Odin. Ce dernier a été suspendu à l'Arbre du Monde, l'Yggdrasil, pendant qu'il était percé par sa propre lance, Gungnir, durant neuf jours et neuf nuits afin qu'il puisse acquérir la sagesse nécessaire à avoir la puissance dans les neuf mondes ainsi que la connaissance des choses cachées dont les runes. Le nombre « neuf » a une signification importante dans la pratique de la magie dans la mythologie nordique. Un des noms d'Odin est Ygg et le nom de l'Arbre Monde est Yggdrasil qui pourrait se traduire du vieux norrois par le « cheval d'Ygg » (ou le cheval d'Odin). Un autre nom d'Odin est Hangatýr qui signifie le « dieu des pendus ».

    Dans le poème Hárbarðsljóð, Odin déguisé comme l'opérateur de traversier Hárbarðr engage son fils Thor qui n'est pas au fait du déguisement dans une longue argumentation. Thor tente de contourner un grand lac et Hárbarðr refuse de le faire traverser.

    Dans le prologue de l'Edda de Snorri en prose, Snorri Sturluson essaie de donner une explication rationnelle des Ases. Selon lui, Odin et ses pairs étaient originellement des réfugiés de la ville d'Anatolie deTroie et qu'Ases serait un dérivé folklorique du mot Asie.

    Dans le Gylfaginning, la première partie de l'Edda de Snorri, il est dit qu'Odin, le premier et le plus puissant des Ases, est le fils de Bestla et de Bur et qu'il a pour frères Vili et Vé. Avec ses frères, il a tué le géant de glace Ymir et a créé Midgard à partir de son corps. Avec sa chair, ils ont créé la terre; avec ses os et ses dents brisés, ils ont formé les rochers et les pierres; avec son sang, ils ont créé les lacs et les rivières; avec son cerveau, ils ont formé les nuages et ses sourcils sont devenus une barrière entre Jötunheim, le monde des géants, et Midgard. Son crâne fut envoyé à quatre endroits dans le ciel gardé par quatre nains nommés Est, Ouest, Nord et Sud. Avec les vers qui mangeaient les restes du géant, ils ont créé les nains.

    Toujours dans le Gylfaginning, on apprend que, après avoir créé Midgard, Odin et ses frères ont créé l'être humain. Les trois frères sont passés devant un frêne et orme auxquels Odin donna la vie et la respiration, Vili donna le cerveau et les sentiments, puis, Vé donna l'ouïe et la vue. Les deux premiers humains se nommaient Ask et Embla respectivement le premier homme et la première femme.

    Odin a enfanté de nombreux enfants. Avec sa femme, Frigg, il eut deux enfants : le condamné Baldr et l'aveugle Höd. Avec la personnification de la Terre, Fjörgyn, Odin eut son fils le plus célèbre, Thor. Avec la géante Gríðr, Odin devint le père de Vidar. Avec la géante Rind, il eut Vali (ou Áli). Il a aussi pour enfant le messager Hermód. De plus, plusieurs familles royales ont affirmé qu'ils sont les descendants d'Odin par d'autres fils. 

    Odin a appris le secret du Seydr par une déesse vane et la völva Freyja malgré le caractère non guerrier et efféminé du Seydr et de l'utilisation de la magie. Dans la seconde section du Skáldskaparmál, la quête du savoir d'Odin est vue dans le fait qu'il a travaillé pour un été en tant qu'ouvrier agricole pour Baugi et qu'il a séduit Gunnlöð afin d'obtenir l'Hydromel poétique.

    Dans la Saga des Ynglingar des Sagas des Islandais, il est dit qu'Odin a deux frères, Vili et Vé, qui gouvernent le royaume en son absence. Une fois, Odin était parti pour une très longue distance et période, Vili et Vé ont décidé de se diviser sa propriété, mais ils prirent tous deux sa femme, Frigg. Lorsque Odin est revenu, il reprit sa femme. Il est aussi dit qu'Odin est le second roi mythique de la Suède succédant à Gylfi et précédant Njörd. Plus loin dans la même saga, il est écrit qu'Odin s'aventura à la Fontaine de Mímir près de Jötunheim, le monde des géants, en tant que Vegtam le Vagabond habillé avec un manteau bleu foncé et transportant un bâton de voyageur. Pour pouvoir boire dans la fontaine du savoir, Odin a du sacrifier un de ses yeux pour démontrer sa volonté d'acquérir les connaissances du passé, du présent et du futur. Pendant qu'il s'abreuvait à la fontaine il vit les douleurs et les dérangements qui tomberont sur les hommes et sur les dieux ainsi que les raisons de ceux-ci. Mímir accepta l'œil d'Odin et celui-ci repose au fond de la fontaine en signe que le père des dieux a payé le prix pour recevoir le savoir.

    Dans la Saga de Njáll le Brûlé des mêmes sagas islandaises, Hjalti Skeggiason un islandais récemment converti au christianisme souhaitait exprimer son mépris pour les dieux natifs. C'est pourquoi il a écrit une chanson blasphématoire à l'endroit notamment d'Odin et de Freyja. Il a été trouvé coupable de blasphème et s'exila en Norvège avec son beau-père, Gizur the White. Plus tard, avec l'aide d'Olaf Tryggvason, Hjalti et Gizur revinrent en Islande pour convaincre les gens rassemblés à l'Althing de se convertir au christianisme; ce qui se produisit en 999.

    Par la suite, dans la Saga du roi Olaf Tryggvason écrite vers 1300, il est décrit que les nouveaux convertis au christianisme doivent insulter les divinités païennes tel qu'Odin afin de prouver leur foi et leur piété. D'ailleurs, Hallfreðr vandræðaskáld qui fut converti au christianisme à contrecœur par Olaf dut écrire un poème d'abandon des divinités païennes; ce poème traita d'Odin.

    L'importance du dieu Odin chez les germains se reflète dans ses représentations nombreuses en gravures, ou sur des pierres runiques, bractéates ou en statuette. Les représentations les plus célèbres proviennent des pierres runiques vikings, où l'on reconnaît parfois un homme chevauchant un cheval à huit jambes, sans doute Odin chevauchant Sleipnir, comme sur la pierre d'Ardre VIII et la pierre de Tjängvide. On connaît également deux représentations d'Odin se faisant engloutir par le loup Fenrir au Ragnarök ; la croix de Thorwald et la pierre runique de Ledberg, toutes deux découvertes dans les îles Britanniques qui furent fortement colonisées par les vikings. Les statuettes sont rares. Plusieurs bractéates différentes semblent représenter de manière similaire le visage d'Odin et son cheval Sleipnir.

    Le sacrifice d'Odin est ainsi raconté par la Gylfaginning (15) :

    Sous la racine dirigée vers les géants du givre se trouve Mimisbrunn, qui recèle la sagesse et l'intelligence. Celui qui possède cette source s'appelle Mimir : il est très savant, car il y boit à l'aide de la corne appelée Giallarhorn. Alfadr vint à la source et demanda à en boire une gorgée, mais il ne l'obtint pas avant d'avoir mis en gage l'un de ses yeux.

    Si ce motif ne connaît pas d'autres manifestations germaniques ou scandinaves, il apparaît à de nombreuses reprises dans les mythes irlandais, et ce la plupart du temps accompagné de l'apparition d'une source d'eau.

    Notamment, dans l'hagiographie de la sainte Brigitte d'Irlande, celle-ci refuse de se marier, ce qui irrite ses frères qui ne veulent pas renoncer à la dot qu'elle est susceptible de rapporter. Ils lui affirment donc que ses yeux, si beaux, ne sauraient rester célibataires. Elle se crève alors brusquement l'œil, afin que personne ne veuille l'épouser. Comme ses frères ne trouvent pas d'eau pour laver la blessure, elle fait jaillir une fontaine du sol. Dans le Talland Etair, texte irlandais datant probablement du xie siècle, le druide Aithirne Ailgesach exige du roi borgne Eochaid Mac Luchta, du Connaught, qu’il lui remette son seul œil valide, ce que celui-ci accepte. Alors que le roi lui demande ensuite de l'amener à une source, le druite fait couler trois flux d'eau sur son visage. Enfin, le motif apparaît également dans le dindshenchas, il a aussi été rajouté dans certains poèmes ayant Sid Nechtain pour héros ou encore dans le Leabhar Breac.

    Dans la plupart des occurrences, la mutilation de l'œil est suivie directement ou non du jaillissement du sol d'un flux d'eau. Cela s'explique peut-être parce que l'œil est associé à l'eau : en effet, des larmes peuvent en couler, et ses reflets rappellent l'élément aquatique. Pour ces raisons il est possible que dans une version plus ancienne du sacrifice d'Odin, ce soit le don de l'œil qui entraîne l'apparition des eaux de la connaissance.

    (Ressource Wikipédia)

    Il a ranimé la flamme de nos ancêtres

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  • Sàga

     

    Saga

    Dans la mythologie nordique, Sága est la déesse des contes et de légendes et elle est la femme de Vígríd. Elle est la fille d'Odin. Elle est citée juste après Frigg dans la liste des Asynes

    Elle habite Søkkvabekkr, une très belle demeure de l'Ásgard qui a une source d'hydromel au milieu. Chaque jour, elle apporte une coupe en or remplie de cette boisson à son père.

    On la trouve dans Snorri Sturluson, Edda en prose Gylfaginning, 35.

  • Sif

     

    Dans la mythologie nordique, Sif (vieil islandais Sif, à rapprocher de sifjar « affinité, apparenté par mariage » ; le mot sif est de plus un synonyme de jörð « terre ») est une des Asynes, et l'épouse de Thor. Avec lui, elle eut Thrud. Elle est également la mère d'Ull, par un père non spécifié. Elle est assimilée à la prophétesse Sibylle et pouvait se transformer en cygne.

    Elle était présente au festin qu'offrit Ægir aux Ases.

    L'or est appelé « chevelure de Sif », parce que Loki lui avait coupé les cheveux, et les remplaça par une chevelure faite d'or, forgée par les nains Brokk et Eitri. Cette chevelure avait le pouvoir de pousser comme de vrais cheveux.

    Pour Snorri Sturluson, Sif est identique à la géante Járnsaxa.

  • Skadi

     

    Skadi hunting in the mountains by h l m

     

    Skadi (Skaði en vieux norrois), dans la mythologie nordique est une géante et déesse associée à la montagne, la chasse à l'arc, l'hiver ainsi que le ski. Elle est la fille du géant Thjazi et femme du dieu Vane Njörd. Elle est aussi citée comme femme de Ull, dieu associé à la chasse et à l'hiver. Son nom en vieux norrois est Skaði et pourrait être à l'origine du nom de la Sca(n)dinavie (Skaðin-auja), qui signifierait "île de Skadi", ou encore "territoire protégé par Skadi".

    À l'inverse, Dumézil pense que le nom de Skadi serait issu du nom de la région Scandinavie, le premier élément, Skandin référant plutôt à l'obscurité. Il met de plus en parallèle la déesse Ériu, déesse souveraine et personnifiant l'Irlande, dont le nom selon les textes viendrait d'Irlande plutôt que l'inverse. On parle de Skadi dès le premier chapitre des Skáldskaparmál. Elle joue un rôle dans l'histoire de l'enlèvement d'Idunn par son père.

    Lors d'une expédition d'OdinLoki et Hoenir, le géant Thjazi sous sa forme d'aigle capture Loki et l'emmène dans les airs. Il lui fait jurer de faire sortir d'Ásgard la déesse Idunn et ses pommes, qui confèrent la jeunesse éternelle. Loki accepte et une fois rentré en Asgard, il attire Idunn dans une forêt, où il dit avoir trouvé des pommes semblables aux siennes et qu'il faudrait les comparer. Thjazi arrive alors sous forme d'aigle et enlève Idunn jusqu'à Thrymheim.

    Les dieux le découvrirent et surent que Loki avait fait capturer Idunn. Ils furent très en colère, car ils devenaient vieux sans les pommes de jouvence, et ils menacèrent Loki de mort. Il prit peur et jura de ramener Idunn. Freyja lui prête alors sa forme de faucon, sous laquelle il vole jusqu'à Thrymheim, et profite de l'absence de Thjazi pour enlever Idunn, qu'il a transformé en noix. Mais Thjazi s'en aperçoit en rentrant chez lui, et se transforme en aigle pour poursuivre Loki. Les Ases voyant alors revenir Loki poursuivi par Thjazi, forment des tas de bois aux portes d'Asgard, et une fois que Loki s'est posé, y mettent le feu, de sorte qu'il brûle les plumes de Thjazi et que celui-ci chute à l'intérieur des grilles d'Asgard. Il est alors mis à mort par les dieux.

    À la suite de la mort de son père, Skadi prend les armes et marche contre Asgard. En réconciliation, les Ases lui proposent de l'or, mais elle refuse. Elle obtient cependant d'autres choses en compensation : on lui proposa de se choisir un époux parmi les Ases, mais elle ne pouvait le choisir qu'en regardant ses pieds. Ils se cachent donc tous derrière un rideau en ne laissant apparaître que ceux-ci. Elle en voit alors une paire extrêmement beau, et déclara : «C'est celui-là que je choisis, il ne doit pas y avoir grand-chose de laid dans Baldr » (le dieu de la beauté, la jeunesse, la lumière et l'amour). Mais il s'agit en fait de Njörd de Nóatún.

    Elle demande de plus quelque chose qui lui semble impossible : la faire rire. Loki attache alors ses propres bourses à la barbe d'une chèvre et chacun tira alors tout à tour sur la corde en criant. Enfin, en guise de dernière compensation, Odin prend les yeux de Thjazi, les lance au ciel et en fait deux étoiles.

    Le chapitre 23 de la Gylfaginning parle du dieu Njörd de Nóatún ainsi que de sa femme Skadi. Njörd est maître du vent, de la mer ainsi que du feu. Sa demeure, Nóatún est au bord de la mer. Skadi quant à elle, aimerait vivre dans la demeure de son père, à Thrymheim, dans les montagnes d'où elle vient.

    Pour choisir s'ils vivront à la mer ou à la montagne, ils décidèrent de dormir neuf nuit à Thrymheim puis trois nuits à Nóatún. À leur retour, Njörd déclare :

    « Haïssables me sont les montagnes

    Je ne fus pas longtemps là-bas,

    Neuf nuits seulement.

    Le hurlement des loups

    Me faisait horreur,

    Comparé au chant des cygnes.»

    Alors Skadi répondit :

    « Dormir je ne pus

    Sur les rives de la mer

    À cause du cri des oiseaux.

    Elle m'éveille

    Venant du large

    Chaque matin, la mouette. »

    Ils décidèrent alors de passer six mois de l'année à la montagne et six mois à la mer.

    De plus, au chapitre 50 du même ouvrage, Skadi participe au châtiment qui est imposé à Loki en punition d'avoir tué Baldr et de ne pas avoir permis qu'il revienne de Hel. Les dieux prirent trois pierres plates et percèrent des trous dans chacune d'entre elle. Alors ils saisirent les fils de Loki, Vali et Narfi, transformèrent Vali en loup et celui-ci déchira son frère. Avec ses boyaux, ils attachèrent Loki aux pierres, l'une placée sous ses épaules, la deuxième sous ses reins et la dernière sous ses jarrets, et ses liens devinrent alors de fer. Alors Skadi prit un serpent venimeux et l'attacha au-dessus le Loki de sorte que le venin lui dégouttât sur le visage. Mais sa femme, Sigyn, porte une bassine au-dessus de son visage pour récolter le venin. Cependant, quand la bassine est pleine, elle doit aller la vider, et pendant ce temps, le venin goutte sur le visage de Loki. Il tressaille alors si violemment que la Terre tout entière en tremble, et c'est de cela que viennent les tremblements de terre. Il restera attaché jusqu'au Crépuscule des Dieux.

    La raison pour laquelle ce fût Skadi plutôt qu'un autre divinité qui accomplit cet acte réside peut-être dans sa volonté de venger son père et peut-être aussi dans son inclination pour Baldr.

    Loki se vante auprès de Skadi d'avoir été « le premier et le plus ardent » lors de l'attaque de son père par les Ases (strophe 50).

  • Thjazi

     

    He flapped away with her magic apples and all by elmer boyd smith

    Thjazi (Þjazi en vieux-norrois) est un géant de la mythologie nordique. Il est le père de Skadi et le ravisseur d'Idunn.

    Ce mythe est rapporté dans la Haustlöng de Thjódólf des Hvínir (citée par Snorri Sturluson dans le Skaldskaparmal, 22) et dans l'Edda de Snorri (Skaldskaparmal, 1).

    Alors qu'Odin, Loki et Hoenir sont en voyage, ils tentent de faire rôtir un bœuf, mais en vain. Ils entendent alors un aigle leur expliquer qu'il est la cause de cet échec. Il ne leur laissera cuire la viande que s'ils lui permettent d'en manger. Affamés, les dieux acceptent. L'aigle s'empare alors d'un morceau si considérable que Loki se met en colère et le frappe avec une perche. Mais la perche resta accrochée au dos de l'aigle et aux mains de Loki. Lorsque l'oiseau s'envole, il entraîne Loki à sa suite et n'accepte de le lâcher qu'à condition qu'il lui amène Idunn et ses pommes de jouvence. Le dieu accepte.

    De retour à Ásgard, Loki parvient sous un prétexte à faire venir Idunn dans une forêt. Thjazi surgit alors sous sa forme d'aigle et s'empare de la déesse, qu'il emmène dans son domaine de Thrymheim, dans les montagnes.

    Privés des pommes qui leur assuraient une éternelle jeunesse, les dieux commencent à vieillir. Ils enquêtent alors sur la disparition d'Idunn et interrogent Loki qui, sous la menace, leur avoue la vérité. Il s'engage toutefois à ramener la déesse, à condition que Freyja lui prête sa forme de faucon. L'ayant obtenue, il s'envole pour le monde des géants et, trouvant Idunn seule, il la changea en noix (détail mentionné seulement par Snorri) et l'emporte dans ses serres.

    Lorsque Thjazi s'aperçoit de l'absence d'Idunn, il se transforme en aigle et se lance à la poursuite de Loki. Lorsque les dieux voient arriver Loki et le géant, ils préparent un feu qu'ils allument au passage de Thjazi, enflammant ses plumes et le faisant tomber à l'intérieur d'Ásgard, où il est mis à mort. Dans le Harbardsljod(19), Thor se vante de l'avoir tué, mais dans la Lokasenna (50), Loki prétend avoir été le tout premier à participer au meurtre.

    Peu après, Skadi, la fille de Thjazi, vient à Ásgard venger la mort de son père. Mais elle se laisse convaincre d'y renoncer à deux conditions : qu'il lui soit permis d'épouser un dieu, et que les dieux parviennent à la faire rire. Ces deux conditions sont remplies et, en guise de compensation, Odin jette aussi au ciel les yeux de Thjazi, qui deviennent des étoiles. Toutefois, dans le Harbardsljod (20), c'est Thor qui dit avoir accompli ce geste.

    De nombreuses allusions à Thjazi figurent dans des textes anciens : outre les poèmes déjà cités, il en est aussi question dans plusieurs poèmes eddiques (Hyndluljod, 30, Grottasongr, 9, où il est présenté comme plus puissant que Hrungnir, Grimnismal, 11, qui évoque Thrymheim), ainsi que dans certains poèmes scaldiques.

    Thjazi apparaît dans un second récit qui figure à la suite du premier dans le Skaldskaparmal (1). Il est, avec Idi et Gangr, l'un des fils du très riche Ölvaldi. Lorsque ce dernier mourut, ses fils se partagèrent son or en en prenant chacun le même nombre de bouchées. C'est la raison pour laquelle « la bouchée de ces géants »(« munntal þessa jötna ») et « la parole ou les mots ou le discours des géants » (« mál eða orð eða tal þessa jötna ») sont des kenningar pour désigner l'or.

    Même s'il n'est connu par aucune autre source, l'ancienneté de ce mythe semble attestée. Ainsi que l’a souligné Rudolf Simek, plusieurs kenningar formées à partir des noms de Thjazi, Idi ou Gangr désignent l’or dans la poésie scaldique (ainsi « Idðja orða »« des mots d’Idi », citée dans le Troisième traité grammatical).

    Dans la bande dessinée Thorgal, et plus particulièrement l'épisode "l'enfant des étoiles", Tjahzi est plutôt défini comme un nain envoyé par son roi pour une quête désespérée à la suite d'un marché imprudent que celui-ci avait passé avec le serpent Niddhog. Par la suite, Tjahzi se lie d'amitié avec Thorgal et le sauve plusieurs fois de situations périlleuses. Il est à noter qu'il semble exister un paradoxe, puisque dans un album antérieur "Les 3 vieillards du pays d'Aran", Thjazi (avec une orthographe différente) est le nom d'une déesse.

  • Thor, Donar

     

    Thor ou Tor est le dieu du Tonnerre dans la mythologie nordique.il est l'un des dieux principaux du panthéon, et fut vénéré dans l'ensemble du monde germanique. On trouve ainsi différentes orthographes de son nom selon les régions : Þórr ou Þunarr en vieux norrois, Þunor en anglo-saxon, Þonar en frison occidental, Donar en vieux haut-allemand, du proto-germanique *þunraR qui signifie « tonnerre ».

    Son culte est d'abord rapporté dans le monde germanique par des chroniqueurs extérieurs, notamment par Tacite. Toutefois, les mythes qui lui sont associés se retrouvent principalement dans les Eddas, textes scandinaves rédigés et compilés aux alentours du XIIIe siècle, soit quelques siècles après la christianisation officielle des derniers royaumes Vikings.

    D'après ces textes scandinaves, Thor est un dieu guerrier, le plus fort de tous. Il possède un char tiré par deux boucs qui lui permet de traverser les mondes. Son attribut le plus célèbre est son marteau Mjöllnir, avec lequel il crée la foudre, et qui lui permet surtout d'être le protecteur des dieux et des hommes face aux forces du chaos, comme les géants, qu'il abat régulièrement et dont il est le pire ennemi. En tant que dieu de l'Orage, il apporte la pluie, ce qui fait également de lui une divinité liée à la fertilité. Il est le fils d'Odin et de Jörd, et a pour épouse la déesse aux cheveux d'or Sif.

    Le nom de Thor (en vieux norrois Þórr) procède, comme toutes ses autres variantes régionales, du germanique commun *þonaroz ou *þunraz qui veut dire « tonnerre ».

    D'après les Eddas, Thor est le fils du dieu souverain Odin et de la personnification de la Terre Jörd. Il est l'époux de Sif, avec laquelle il eut pour fille Thrúd. Avec sa maîtresse, la géante Járnsaxa, il eut Magni. Nous ignorons le nom de la mère de son deuxième fils Modi. Thor a aussi un beau-fils, le dieu Ull, qui est l'enfant de Sif mais son père n'est pas mentionné dans les textes préservés.

    Thor réside dans une résidence nommée Bilskirnir (« Éclat scintillant »), située dans le royaume de Þrúðheimr (« Séjour de la force ») ou Þrúðvangr (« champ(s) de force »), qui contient 540 pièces, et où il vit avec sa famille. Ce manoir est le bâtiment le plus grand qui existe.

    Thor est un très puissant guerrier, d'une force colossale et inégalée. Sa ceinture magique, appelée Megingjord, augmente encore sa force. Il possède un marteau de guerre à manche court appelé Mjöllnir qui revient toujours à la main de Thor lorsqu'il le lance. Ce marteau crée également les éclairs. Pour manipuler son manche il utilise des gants de fer appelésJ árngreipr. Le Mjöllnir est l'arme principale de Thor lorsqu'il combat les géants. Ce marteau de forme unique, est devenu un ornement très populaire durant l'Âge des Vikings, et fut porté en pendentif.

    Thor traverse le ciel à l'aide de son char, tiré par deux boucs nommés Tanngrisnir et Tanngnjóstr (« Dents grinçantes » et « Dents étincelantes »). Il voyage avec son servant et messager Thjálfi ainsi que la sœur de ce dernier, Roskva. L'Edda de Snorri relate que Thor peut faire rôtir ses boucs lorsqu'il a faim puis bénir les ossements et peaux avec le Mjöllnir afin de les ressusciter pour qu'ils reprennent leurs fonctions. Cependant, les os ne doivent pas avoir été cassés.

    Thor est l'ultime défenseur de Midgard et le gardien des dieux et des hommes contre les géants. C'est pourquoi il est un des dieux les plus vénérés. Thor est le dieu de l'orage (et donc par extension, de la fertilité) et de la force guerrière.

    Thor possède une multitude de noms qui sont mentionnés dans les Eddas et autres poèmes scandinaves. Il est plus régulièrement surnommé Asa-Thor, surtout dans la Gylfaginning de l'Edda en prose de Snorri Sturluson. Du vieil islandais Ása-Þórr, il signifie littéralement « Thor-des-Ases » soit « Thor, qui appartient à la race des dieux Ases ». Il est également surnommé Aka-Thor (vieil islandais Aka-Þórr). Le verbe aka signifie « conduire », « se déplacer » (en char, en chariot, etc.), ce qui est pertinent au dieu qui conduit un char tiré par deux boucs.

    Le kenning (au pluriel, kenningar) est une figure de style propre à la poésie scandinave qui consiste à remplacer un mot, ou le nom d'un personnage ou d'une créature par une périphrase. Au chapitre 11 de la partie Skáldskaparmál de l'Edda de Snorri, l'auteur révèle les kennings qui peuvent désigner Thor (Þórskenningar) ; « Fils d'Odin et de Jörd, Père de Magni et Módi et Thrúdr, Mari de Sif, Beau-Père d'Ullr, Manieur et Propriétaire de Mjöllnir et de la Ceinture de Force, et de Bilskirnir, Protecteur d'Ásgard et de Midgard, Adversaire et mort des Géants et Femmes-Trolls, Bourreau de Hrungnir, de Geirrödr et de Thrívaldi, Maître de Thjálfi et Röskva, Ennemi du Serpent de Midgard, Fils adoptif de Vingnir et Hlóra ».

    Les germains et leurs croyances sont mentionnés en premier lieu dans les récits romains. La Germanie de Tacite, texte ethnologique rédigé vers l'an 98, témoigne vraisemblablement de la plus ancienne mention préservée du dieu Thor chez les germains. Par interpretatio romana, Tacite substitue le nom germain de Thor à celui de Hercule. On lit au chapitre 1 de la partie 9 :

    « C'est Mercure qu'ils vénèrent le plus. Pour se le concilier, ils vont jusqu'à lui sacrifier certains jours des êtres humains et trouvent cela conforme aux lois divines. Quant à Hercule et Mars, ils les apaisent en leur offrant les animaux requis pour ce rite. »

    — La Germanie, IX, 16

    Mercure correspond alors au dieu Odin, Hercule à Thor et Mars à Týr.

    Le dieu Thor est mentionné par le chroniqueur chrétien allemand Adam de Brême dans sa Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum rédigé pendant la deuxième moitié du XIe siècle.

    « On dit qu'il gouverne l'air qui commande au tonnerre et à l'éclair, les vents et les averses, le beau temps et les fruits de la terre [...] Thórr, avec son sceptre, semble représenter Jupiter. »

    — Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum, IV, 267

    Ceci confirme la place de Thor au-delà de sa fonction guerrière ; c'est aussi un dieu de la fécondité7. Ce passage est également un exemple d'interpretatio germanica faisant de Thor l'équivalent du Jupiter romain.

    L'Alvíssmál est un poème didactique, similaire à un autre poème eddique, les Vafþrúðnismál, puisqu'il met en scène deux personnages mythiques jouant au jeux de questions et réponses sur les mondes. Ici on comprend que la fille de Thor est promise à Alvíss, un nain. Alors Thor, qui s'oppose au mariage, lui explique qu'il n'aura son consentement que s'il parvient à répondre à toutes ses questions sur les mondes. A priori, le nain répond correctement à chacune des questions mais Thor a réussi sa ruse pour se débarrasser du nain, le dieu révèle à la dernière strophe que le Soleil s'est levé. Le nain Alvíss finit donc pétrifié par la lumière du Soleil.

    Dans ce poème le rôle de Thor est surprenant. Ici il règle son problème par un subterfuge, une ruse, qui n'est pourtant pas à son habitude. En effet, dans les autres mythes le dieu tonnant se contente de se débarrasser de ses ennemis par la force ou la menace.

    Il est rapidement fait référence à Thor dans les Grímnismál lorsque le dieu Odin décrit les demeures célestes à son fils adoptif Agnarr. Il explique à la strophe 4 que Thor réside dans le royaume de Thrǘdheimr (« Séjour de la force », c'est là où se situe sa résidence Bilskirnir), et qu'il y restera jusqu'à la fin du monde ; le Ragnarök. 

    Le Hárbarðsljóð est introduit par un court texte en prose qui situe la scène. Thor arrive du monde des géants à un détroit et aperçoit un passeur avec son bateau sur l'autre rive.

    Les vers commencent lorsque Thor demande au passeur de se présenter et la réponse de ce dernier l'introduit dès le départ en personnage sarcastique, voire insultant. Thor demande de lui faire passer le détroit en échange d'un repas, mais le passeur lui répond par des insultes, et lui dit qu'il s'appelle Hárbardr (« Barbe Grise », qui est un des noms d'Odin, ainsi il s'agit sans doute du dieu Odin dissimulé sous une autre apparence et qui se moque de Thor). S'ensuit une série d'échanges, où Hárbardr vante ses prouesses sexuelles, et ses capacités magiques et tactiques, en demandant au fur et à mesure ce que Thor a fait en ce temps. Thor répond successivement en contant ses aventures où il tua des géants et protégea les mondes des dieux (Ásgard) et des hommes (Midgard). Après l'avoir insulté tout ce temps, Hárbardr dit à Thor de faire un détour s'il veut passer, puis il le maudit.

    L'humour parfois grossier est très présent dans certains textes mythologiques, le Hárbarðsljóð n'est donc pas une exception. S'y contraste Thor, franc, naïf et malhabile, et le rusé et raffiné Odin. Ce poème retranscrit fidèlement les personnalités de ces dieux et témoigne de la manière très humaine et familière dont les percevaient les Vikings. 

    Dans le Hymiskviða, Thor réclame un festin au géant Ægir, mais celui-ci demande alors un chaudron suffisamment grand permettant de brasser de la bière pour tous les Ases. Alors que les dieux n'en trouvent pas, le dieu Týr propose de récupérer par ruse un tel chaudron chez son père le géant Hymir. Alors Thor et Týr s'en vont chez Hymir et le géant les reçoit avec beaucoup de déplaisir. Le géant teste à plusieurs reprises la force et le courage de Thor. Ce dernier mange au diner à lui tout seul deux bœufs. Ensuite, Hymir lui propose d'aller pêcher avec comme appât une tête de bœuf. Ils rament alors en mer et le géant est réticent pour aller plus loin, et il tire à lui tout seul deux baleines. Quant à Thor il tire le serpent-monde Jörmungand et le frappe avec son marteau ce qui fait trembler la terre. Alors le serpent coule dans la mer. Hymir est mécontent et dirige le bateau vers le chemin de retour. Il doute ensuite que Thor ait la force de ramener le bateau au rivage mais le dieu le porte jusqu'à la ferme. Mais Hymir doute encore de la force de Thor et le met au défi de briser une de ses coupes. Thor jette la coupe sur le crâne de Hymir et elle se brise. Hymir accepte que Thor et Týr emportent le chaudron s'ils parviennent à le soulever. Týr tente de le soulever en vain. Alors Thor se met à l'œuvre et en traversant le plancher il réussit à soulever le chaudron puis s'en va avec. Les dieux sont rapidement poursuivis par des géants, et Thor les massacre tous avec son marteau. Il ramène le chaudron chez Ægir et depuis, chaque automne, les dieux peuvent bien boire de la bière au festin d'Ægir.

    Dans le Hyndluljóð, Thor est mentionné brièvement à la strophe 4 lorsque Freyja explique à la völva Hyndla que Thor lui sera toujours loyal même s'il n'aime pas les femmes de géants. 

    Dans la Lokasenna, l'introduction en prose explique que le géant Ægir a invité à son banquet les Ases, presque tous les dieux principaux sont présents sauf Thor car il est en expédition à l'est. Au festin, le dieu malin Loki irrité s'en prend aux dieux par une joute verbale, insultant et offensant presque chacun d'entre eux tour à tour. Ensuite à la strophe 57 survient Thor revenu de son expédition, et ce dernier menace Loki pour qu'il se taise.

    S'ensuit un échange entre les deux dieux jusqu'à la fin du poème où Thor se contente néanmoins de répondre par des menaces redondantes peu différentes de la strophe 57. Loki critique Thor parce qu'il n'aura pas le courage de combattre le loup Fenrir à la bataille prophétique du Ragnarök lorsque ce dernier engloutira Odin(Thor sera en fait occupé à combattre le serpent Jörmungand, et ils se donneront mutuellement la mort). Loki se moque également de l'expédition tournée au ridicule de Thor chez le géant Útgarða-Loki tel qu'il est raconté dans le Gylfaginning. Finalement, Loki impressionné par les menaces de Thor décide de sortir car il sait que Thor les mettra à exécution. Il maudit alors le banquet d'Ægir. Le poème est conclu par un texte en prose racontant l'histoire de Loki se cachant sous la forme d'un saumon dans une cascade alors que les dieux le pourchassent. Ils le capturent et lui infligent le supplice qu'il endurera jusqu'au Ragnarök, également détaillé dans le Gylfaginning.

    Longtemps les spécialistes ont estimé que ce poème était d'influence chrétienne, pour le mépris qu'il montre aux divinités par le biais des insultes de Loki. Toutefois aujourd'hui le paganisme authentique de ce texte probablement composé vers l'an 1000 n'est plus mis en doute. Les références mythiques de Loki sont confirmées dans d'autres écrits, et ce genre parodique est classique des textes mythologiques. De plus Thor est relativement épargné des insultes graves, l'auteur du poème ne voulait sans doute pas l'offenser. 

    Le mythe burlesque du vol du marteau de Thor est raconté dans le poème eddique Þrymskviða. Thor se réveille et constate la disparition de son marteau Mjöllnir. Loki s'envole alors le chercher dans le monde des géants, et rencontre le géant Þrymrqui déclare l'avoir pris, et ne le rendra qu'en échange de la main de la déesse Freyja. Loki retourne en informer Thor, et Freyja furieuse refuse de se donner au géant. Le dieu Heimdall propose de travestir Thor en mariée pour tromper le géant, ce qu'il fait alors non sans réticences. Loki l'accompagne déguisé en servante. Les deux dieux sont accueillis à un banquet du géant qui est trompé par le subterfuge. Le géant remarque quelques éléments étranges dans la façon d'agir de son épouse ; elle mange et boit beaucoup plus que l'on s'y attendrait. Loki déguisé explique que c'est parce qu'elle a voyagé huit nuits de suite sans manger dans son empressement de donner sa main. Þrymr demande ensuite pourquoi elle a des yeux aussi enragés. Loki répond que c'est parce qu'elle n'a pas dormi pendant huit nuits dans son empressement pour donner sa main. Þrymr ordonne qu'on lui apporte le marteau pour consacrer la fiancée, alors Thor s'en empare, jette son déguisement et tue Þrymr avant de massacrer toute sa famille.

    Si le thème du poème émane sans doute d'un mythe authentique, cette version rédigée au XIIIe siècle, sans doute par Snorri Sturluson, trahit son christianisme par son ton évidemment satirique, amusé de la goinfrerie et de la brutalité de Thor, sans toutefois être méprisant.

    Dans le fameux poème Völuspá qui décrit en détail les évènements de la bataille prophétique du Ragnarök pendant laquelle la majorité des dieux périssent, Thor est mentionné à la strophe 56 par le kenning « glorieux fils de Hlódyn ». La strophe mentionne son combat contre le serpent de Midgard Jörmungand, où épuisé après le combat il recule de neuf pas sans honte. Il est précisé dans l'Edda de Snorri qu'il abat le serpent avant de succomber après neuf pas au venin du monstre.

    L'Edda de Snorri est un récit en prose de la mythologique nordique rédigé au XIIIe siècle par le diplomate islandais et chrétien Snorri Sturluson. L'auteur s'est inspiré des mythes racontés dans les poèmes eddiques et scaldiques, dont il cite régulièrement des vers, ainsi que de la tradition orale toujours présente malgré la conversion officielle de l'Islande quelques siècles plus tôt en l'an 1000. Si certains mythes racontés dans l'Edda de Snorri sont connus ailleurs, d'autres ne le sont pas ainsi son œuvre est-elle le seul témoin de ces légendes. Se pose alors parmi les spécialistes la question de la véracité de ces récits, de leur influence chrétienne, d'inventions de l'auteur, ou de témoignages fidèles des croyances pré-chrétiennes. Quoi qu'il en soit, cette œuvre tardive demeure une source incontournable, et la plus complète que nous ayons, de la mythologie nordique.

    Le Prologue de l'Edda de Snorri est un compte rendu évhémériste de la mythologie nordique, où les dieux sont en fait des hommes venus de Troie. D'un point de vue mythologique, ce prologue n'est pas à prendre au sérieux puisqu'il s'agit d'une invention de l'auteur.

    Snorri Sturluson explique qu'à Troie il y avait douze royaumes gouvernés par des rois, dont l'un appelé Múnón épousa Tróán qui était la fille du haut-roi Priam. De leur union naquit Trór, que nous connaissons sous le nom de Thor. L'enfant fut élevé chez le duc Lóríkus à Thrace. L'enfant avait les cheveux blonds, et à 12 ans il avait toute sa force d'homme. Il tua ses parents adoptifs et prit pour lui le royaume de Thrace, que l'on appelle Thrǘdheimr. Il conquit de nombreuses terres et vainquit le plus grand des dragons. Il épousa la prophétesse Síbil que nous connaissons sous le nom de Sif, qui était la plus belle de toutes les femmes, et avait des cheveux d'or. Avec elle il eut pour fils Lóriði puis 17 générations de descendants jusqu'à Vóden, que l'on connait sous le nom d'Odin. Odin et ses fils migrèrent vers l'Europe, et sont les ancêtres des dynasties royales scandinaves.

    La première partie de l'Edda de Snorri, appelée la Gylfaginning, met en scène le roi de Suède Gylfi qui voyage au monde des dieux, dissimulé sous le nom de Gangleri. Il est accueilli par trois personnages assis sur un trône, Hár, Jafnhár et Þriði (Haut, Aussi Haut et Troisième) qui se soumettent volontiers à ses questions, lui expliquant la cosmogonie et les aventures des dieux. 

    La première mention de Thor dans la Gylfaginning se trouve au chapitre 9. Après la création de la Terre et du premier couple d'hommes par Odin, le texte explique qu'Odin épouse la Terre pour engendrer Thor :

    « La terre était sa fille, et aussi sa femme ; ce fut d'elle qu'il eut le premier de ses fils, à savoir Asa-Thor, chez qui la force et la vigueur étaient innées - c'est pourquoi il triomphait de tous les êtres vivants. »

    — Gylfaginning, chapitre 916

    Au chapitre 15, on comprend que les dieux empruntent le pont arc-en-ciel Bifröst pour se rendre au conseil des Ases à Ásgard. Thor doit faire le chemin à pied puisqu'il est trop lourd pour emprunter le pont.

    À partir du chapitre 20 sont présentés tous les dieux principaux du panthéon nordique. Thor est le deuxième dieu à être présenté après Odin, au chapitre 21, ce qui témoigne de son importance. Il y est décrit comme « le plus éminent » des Ases et « le plus fort de tous les dieux et de tous les hommes ». Il possède une halle de 640 travées, Bilskirnir, le plus grand bâtiment connu. Ce chapitre explique également que Thor possède un char tiré par deux boucs, Tanngrisnir et Tanngnjóstr. Il possède aussi trois objets précieux, le marteau Mjöllnir avec lequel il a tué maints géants, une ceinture de force qui double sa force lorsqu'il la porte, et des gants de fer sans lesquels il ne pourrait pas saisir le manche de son marteau. Thor a accompli tellement de hauts faits qu'il serait impossible de les énumérer tous.

    Au chapitre 29, on apprend que le dieu Vidar serait « presque aussi fort que Thor ». La Terre est personnifiée en la déesse Ase Jörd au chapitre 36, lorsqu'il est précisé qu'elle est la mère de Thor.

    Au chapitre 42 de la Gylfaginning, un maître-bâtisseur se présente aux dieux aux débuts des temps et propose de leur construire une forteresse en seulement trois semestres, ce qui les protégera des géants. Il demande alors comme payement la déesse Freyja, le Soleil et la Lune à condition qu'il réussisse son exploit. Les dieux acceptent, pensant qu'il ne réussira pas. Mais l'étranger, avec l'aide de son cheval Svadilfari, entame la construction à une vitesse impressionnante. Inquiets qu'il réussisse sa prouesse, les dieux tiennent conseil et forcent Loki à empêcher l'étranger de finir son travail à temps. Loki se transforme en jument en rut pour distraire le cheval de l'étranger l'empêchant par ce biais d'accomplir à temps son gage. Pris de fureur, le maître-bâtisseur révèle sa véritable identité de géant. Les dieux invoquent Thor qui lui fracasse le crâne avec son marteau. 

    Les chapitres 44 à 47 de la Gylfaginning racontent la légende de Thor chez le roi géant Útgarða-Loki. Gangleri demande à Hár, Jafnhár et Þriði qu'ils lui révèlent une histoire où Thor a été dominé par la force ou la magie. D'abord réticents, ils s'y résignent. Thor et Loki sont reçus par un paysan pour la nuit. Les boucs de Thor servent de repas mais Thjálfi, le fils du paysan, casse un os pour récupérer la moelle. Le lendemain matin, Thor bénit les restes des boucs qui ressuscitent, mais l'un d'entre eux boite. Furieux il accuse les paysans d'avoir cassé un os. Terrifiés ils acceptent de lui donner en compensation leurs deux enfants comme servants, Thjálfi et Roskva.

    Au chapitre 46 les compagnons arrivent à l'immense fort d'Utgard et se présentent au roi Útgarða-Loki qui en se moquant de leur petite taille leur demande s'ils ont quelconque talent supérieur aux autres hommes. Loki répond qu'il mange plus vite qu'aucun autre. Il se mesure alors à un certain Logi qui le défait au jeu. Thjálfi affirme qu'il est plus rapide que tous les hommes, mais il perd sa course contre un garçonnet nommé Hugi. Thor déclare qu'il est bon buveur, alors le roi lui donne une corne à boire mais Thor à bout de souffle arrive à peine à baisser le niveau de la boisson dans la corne au bout de trois traits. Riant de sa faiblesse, Útgarða-Loki propose à Thor de tenter de soulever son chat, mais le dieu parvient difficilement à soulever une de ses pattes. Furieux des moqueries du roi, Thor demande que quelqu'un se mesure à lui en lutte. Le roi lui fait alors combattre sa vieille nourrice Elli qui réussit à mettre Thor sur un genou.Au chapitre 45, la troupe part en expédition à Jötunheim, et ils s'installent dans une très grande maison pour la nuit. Ils découvrent le lendemain matin un géant juste dehors qui s'appelle Skrymir, et la maison dans laquelle ils ont dormi est en fait son gant. Ensuite les dieux et le géant marchent ensemble jusqu'à la prochaine tombée de la nuit. Skrymir se couche sous un chêne et propose aux autres de manger des provisions dans son sac, mais Thor ne parvient pas à dénouer les liens. Furieux il assène à trois reprises un grand coup de marteau sur la tête de Skrymir pendant son sommeil mais le géant se réveille à chaque fois en demandant respectivement si une feuille, un gland et une brindille lui sont tombés sur la tête. Puis Skrymir les laisse en précisant que s'étend plus loin le fort d'Utgard, où règne Útgarða-Loki, et où les géants sont bien plus grands. Il leur déconseille d'y aller, ou sinon de s'y comporter poliment.

    Au chapitre 47 on lit que le lendemain matin le roi les accompagne à la sortie du royaume et demande à Thor s'il avait déjà rencontré d'adversaire plus puissant, ce à quoi Thor répond qu'il a effectivement subit un grand déshonneur. Alors Útgarða-Loki lui explique les illusions visuelles qu'il leur a faites subir. Il avoue qu'il était le géant Skrymir et les liens de son sac étaient de fer ensorcelé. De plus, les trois coups de marteau l'ont en fait raté et ont créé trois vallées profondes. Loki s'était battu contre le feu sauvage, et Thjálfi contre son esprit. La corne que Thor but était reliée à l'océan et le dieu but tellement qu'il a créé les marées, le chat était en fait le serpent de Midgard que Thor a quand même réussit à soulever, et enfin la vieille qu'il combattit était en fait une personnification de la vieillesse. Tous les témoins furent impressionnés et terrifiés par les prouesses des trois compagnons, qui excédaient largement leurs attentes. Furieux Thor brandit son marteau pour frapper le géant mais celui-ci disparut ainsi que son fort. 

    Le chapitre 48 de la Gylfaginning raconte la partie de pêche de Thor avec le géant Hymir, similaire au poème eddique Hymiskviða mais avec des différences notables. Thor, sous l'apparence d'un jeune garçon va chez le géant Hymir qui l'accueille pour la nuit. Le lendemain, Thor accompagne le géant pêcher, bien que ce dernier doute des compétences d'un garçon pour la pêche en haute mer. Thor insiste et prend comme appât la tête d'un bœuf qu'il a arrachée de ses propres mains. Les deux protagonistes rament en haute mer à une vitesse prodigieuse. Alors Hymir s'inquiète que le bateau est emmené trop loin au large, ce qui est dangereux à cause du serpent de Midgard, Jörmungand. Mais Thor insiste malgré la crainte du géant. Thor jette l'hameçon en mer et attrape Jörmungand. En tirant furieusement la ligne, les deux pieds de Thor traversent le bateau. Terrifié, le géant Hymir coupe la ligne de pêche quand Thor s'apprête à frapper le monstre de son marteau. Alors Thor frappe le géant, le propulsant ainsi par dessus bord, puis il rentre à pied.

    Au chapitre 49 de la Gylfaginning on apprend les circonstances du meurtre du dieu Baldr par une ruse de Loki. Le cadavre du dieu est brûlé en mer sur son bateau. Avec son marteau, Thor consacre le bûcher. À ce moment, le nain Lit court à ses pieds, alors le dieu tonnant lui donne un coup de pied, le projetant ainsi dans les flammes. Loki empêche ensuite par ruse que Baldr revienne du monde des morts. Le chapitre 50 explique la capture du dieu Loki et le châtiment qui s'ensuit, dont les causes sont toutefois différentes de celles du poème eddique Lokasenna. Avec les dieux à sa poursuite, Loki se métamorphose en saumon et se dissimule dans une rivière. Les dieux utilisent un filet de pêche et remontent puis descendent le fleuve pour l'attraper, avec Thor tenant une extrémité et tous les autres dieux l'autre. Mais Loki leur échappe en sautant par dessus le filet. Les dieux recommencent mais avec Thor marchant au milieu de la rivière. Cette fois, lorsque Loki saute, Thor attrape fermement sa queue, et depuis tous les saumons ont un corps mince à l'arrière. Les Ases emportent ensuite Loki dans une caverne. Ils prennent aussi les fils de Loki, Vali et Narfi, et métamorphosent le premier en loup qui dévore alors le deuxième. Avec les boyaux de Narfi ils lient Loki à trois pierres et attachent un serpent venimeux au-dessus afin que son venin lui dégoutte sur le visage. La femme de Loki, Sigyn, reste à ses côtés avec une cuvette pour rassembler les gouttes mais dès qu'elle se retourne pour la vider le venin coule sur le visage de Loki lui causant tellement de douleur qu'il en résulte les tremblements de terre. Le dieu malin est ainsi condamné à ce supplice jusqu'au Ragnarök, quand toutes les chaînes se briseront.

    Le Ragnarök, raconté au chapitre 51 de la Gylfaginning, est une prophétique fin du monde où s'affrontent tous les dieux et les hommes face à Loki, les géants et toutes les forces du chaos. Presque tous les dieux périssent. Odin affronte le loup Fenrir et est englouti, et Thor ne peut pas lui venir en aide puisqu'il combat le serpent de Midgard Jörmungand. Le dieu tue le monstre et fait neuf pas avant de succomber à son tour à cause du venin du serpent. Ceci est également mentionné dans la Völuspá.

    Le chapitre 53 explique les étapes du renouveau après cette fin du monde, et on lit que les fils de Thor, Modi et Magni, survivent et sont en possession de son marteau Mjöllnir. Ceci est également précisé à la strophe 51 du poème eddique Vafþrúðnismál, toutefois Thor n'y est pas mentionné.

    Dans la deuxième partie de l'Edda de Snorri intitulée le Skáldskaparmál, le géant Ægir est accueilli à un festin des Ases. Le dieu Bragi lui raconte alors des aventures des dieux. Au chapitre 1 on apprend que Thor est parmi les douze Ases participant au banquet. 

    Le chapitre 3 raconte l'histoire d'Odin qui attire le géant Hrungnir jusqu'au royaume des dieux, Ásgard, alors que Thor est à l'est pour tuer des trolls. Les dieux invitent Hrungnir à leur banquet. Ivre, le géant insulte et menace les dieux qui invoquent Thor. Le géant et Thor conviennent d'un rendez-vous pour se battre car Hrungnir n'était pas armé. Inquiets de perdre le plus fort des leurs, les géants créent un énorme homme d'argile appelé Mokkurkalfi, avec qui Hrungnir accueille Thor, accompagné lui de son servant Thjálfi. Ce dernier avertit le géant que Thor l'attaquera par dessous terre. Alors Hrungnir place son bouclier de pierre sous ses pieds, mais Thor arrive en fait par devant et lui lance son marteau. En réponse le géant lui lance sa pierre à aiguiser et un morceau se fige dans la tête de Thor tandis que son marteau fracasse la tête du géant. Le géant tombe sur Thor, l'emprisonnant, pendant que Thjálfi abat l'homme d'argile. Ensuite tous les Ases essaient de dégager Thor, mais seul son fils Magni, âgé de trois nuits, y parvient. La sorcière Groa essaie en vain de retirer par magie le morceau de pierre à aiguiser figé dans le crâne de Thor. Depuis il ne faut pas jeter des pierres à aiguiser sur le sol sinon ça fait vibrer le morceau dans la tête du dieu tonnant.

    Au chapitre 4, Loki volant sous la forme d'un faucon est capturé par le géant Geirröd. Ce dernier haïssant Thor, exige que Loki le leurre chez lui. Loki accepte d'emmener Thor dans ce piège en échange de sa vie. Loki convainc Thor de venir au domaine de Geirröd sans son marteau, ni sa ceinture magique, ni ses gants. En voyage vers le royaume de Geirröd, Thor est accueilli chez la géante Gríðr qui lui révèle le réel dessein et lui remet ses gants de fer, Járngreipr, sa ceinture magique, Megingjord ainsi qu'une lance. Ensuite Thor traverse le fleuve Vimur pour aller au royaume de Geirröd, mais lorsqu'il est à mi-chemin l'eau monte jusqu'à ses épaules. Il comprend alors que Gjálp, la fille du géant, provoque la crue donc le dieu lui jette une pierre pour l'empêcher de causer plus de tort. Loki et Thor arrivent chez le géant qui installe Thor sur un siège. Soudain son siège s'élève vers le toit. Thor force alors contre la charpente et y met tout son poids ce qui achève de briser le dos des filles de Geirröd, Gjálp et Greip, qui soulevaient sa chaise. Le géant tente ensuite de tuer Thor en lui jetant un morceau de fer chauffé au rouge mais Thor l'attrape en plein vol et lui relance en travers.

    Au chapitre 5, le farceur Loki coupe les cheveux de la femme de Thor, Sif, pendant son sommeil. Avec Thor furieux, Loki promet de récupérer chez les elfes noirs une chevelure d'or pour Sif qui repousserait comme les autres cheveux. Loki trouve alors les nains qui font la chevelure d'or ainsi que le bateau Skidbladnir et la lance d'Odin, Gungnir. Ensuite Loki parie sa tête aux nains Brokk et son frère Eitri qu'ils ne pourraient fabriquer des objets aussi précieux. Ceux-ci créent le verrat aux soies d'or de Freyr nommé Gullinbursti, l'anneau d'or d'Odin Draupnir, et le marteau de Thor Mjöllnir qui possède un manche court parce que Loki a distrait les nains pendant sa fabrication pour qu'ils perdent le pari. Les Ases décident tout de même que les frères Brokk et Eitri ont créé les objets les plus précieux puisque le marteau protégera les dieux des géants. Loki s'échappe pour sauver sa tête mais Thor le rattrape pour qu'il paye son dû aux nains. Loki déclare alors que c'est sa tête qu'il a mis en gage, et non son cou, ainsi les nains se contentent de lui coudre les lèvres.

    L'auteur de l'Edda, Snorri Sturluson, s'est servi en partie des poèmes scaldiques pour la rédaction de son œuvre, textes de poètes vikings très élaborés et ésotériques. Les strophes de poèmes scaldiques mentionnant Thor sont préservées uniquement dans l'Edda de Snorri, qui les cite pour illustrer les mythes qu'il retranscrit en prose. Les poèmes mentionnant Thor sont Haustlöng 14-20, Húsdrápa, Ragnarsdrápa 14-20, et trois autres poèmes portant le nom de þórsdrápa.

    La Gesta Danorum (Geste des Danois) est une œuvre en latin rédigée à la fin du XIIe siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'État Absalon qui gouvernait alors le Danemark et désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois, il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste dans laquelle les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont faits passer pour des divinités. Au chapitre 2 du Livre Deuxième, on lit du héros guerrier Regnerus que « le dieu Thor excepté, aucune puissance surnaturelle ne l'effrayait ».

    Les premiers chapitres du Livre Troisième racontent la rivalité entre Høtherus (qui correspond au dieu Höd) et Balderus (qui correspond au dieu Baldr) pour la main de la princesse Nanna. S'ensuit un bataille au chapitre 2 qui semble opposer hommes (aux côtés de Høtherus) et dieux (aux côtés de Balderus). Odin, Thor et autres divinités combattent pour Baldr. Avec sa massue, Thor abat tout le monde sur son passage. On lit que « contre Thor, il ne servait à rien d'être d'une belle stature ou d'une grande robustesse ». Néanmoins Høtherus parvient à trancher le manche de la massue de Thor, rendant son arme inopérante, alors les dieux sont obligés de battre en retraite laissant ainsi la victoire aux hommes.

    Le chapitre 5 du Livre Sixième raconte l'histoire du héros Starcatherus. L'auteur explique qu'une légende populaire « insensée » rapporte que le héros descendait des géants, et était né avec des bras supplémentaires ce qui trahissait son ascendance. Alors le dieu Thor lui coupa les membres en trop lui donnant ainsi un aspect normal. L'auteur revient ainsi sur les temps anciens où les magiciens imposteurs qu'étaient Thor et Odin se faisaient passer pour des divinités, profitant de la crédulité et de la naïveté des hommes de Scandinavie au détriment de la « vraie religion ». En conséquence, les jours de la semaine portent les noms des fausses divinités. Saxo Grammaticus critique ensuite très justement l'interpretatio romana associant Thor à Jupiter.

    Au chapitre 2 du Livre Septième, le héros Haldanus est tellement glorifié pour ses exploits que les suédois pensent qu'il est le fils du dieu Thor.

    Thor est mentionné une dernière fois au chapitre 14 du Livre Huitième lorsque le héros Thorkillus explique à ses compagnons l'origine de la scène dont ils sont témoins ; une brèche sur une montagne et les cadavres d'un homme et de plusieurs femmes. Fâché de l'insolence des géants, le dieu Thor avait frappé avec un épieu le géant Gerethus et l'arme continuant sa course ouvrit le flanc de la montagne, puis le dieu foudroya les femmes du géant.

    La Eyrbyggja saga est une saga islandaise d'auteur inconnu préservée dans deux manuscrits des XIIIe et XIVe siècles. Elle retrace l'histoire de familles islandaises importantes depuis la colonisation jusqu'au début du XIe siècle, et se différencie des autres sagas islandaises par son intérêt accru pour le folklore, le culte païen et les superstitions.

    Au chapitre III on lit que Rolf est un puissant chef norvégien, le gardien du temple de Thor et un « grand ami » du dieu, ainsi il est surnommé Thorolf. Dans cette saga, la pratique de rajouter Thor- au nom, en l'honneur du dieu, réapparait à plusieurs reprises et de nombreux personnages sont nommés ainsi. Par exemple au chapitre VII, Thorolf a un fils qui s'appelle Stein, et le père le donne à Thor et le nomme Thorstein, qui lui-même a un fils, Grim, qu'il nomme Thorgrim. Le roi Harald bannit Thorolf de Norvège car il a aidé un hors-la-loi. Au chapitre IV, Thorolf fait un sacrifice au dieu Thor, et lui demande s'il devrait faire la paix avec Harald ou chercher une vie ailleurs. Il finit par s'en aller vers l'Islande, et il démonte le temple de Thor pour emporter le bois. Lorsqu'il arrive vers l'Islande, Thorolf jette les piliers de bois du haut-siège de Thor dans la mer et dit qu'il s'établirait sur les terres où ces piliers se seront échouées. Mais ceux-ci dérivent au loin et Thorolf aborde alors un bras de mer. Il retrouve ensuite les piliers échouées sur une terre qui depuis est nommée Þórsnes. Cette pratique de s'installer là où les piliers d'une divinité s'échouent était courante, elle est attestée dans d'autres textes scandinaves comme le Landnámabók et l'Egils saga. Thorolf découvre ensuite une rivière qu'il nomme la Rivière de Thor, et c'est là que logent ses compagnons. Lui s'établit ailleurs et construit son temple aux dieux. Le temple est décrit, ainsi que les pratiques et tabous religieux. Au chapitre X on lit qu'il existe un Thing à l'ouest et que s'y trouve une pierre de Thor sur laquelle des hommes sont sacrifiés. La Heimskringla, ou Saga des rois de Norvège, est une œuvre écrite par Snorri Sturluson vers l'an 1230 décrivant l'histoire des rois de Norvège, des périodes préhistoriques à son époque. La première partie, la Saga des Ynglingar, raconte les débuts préhistoriques de la dynastie royale suédoise dont sont issus les rois norvégiens. Pour ce faire, l'auteur Snorri Sturluson a utilisé les sources mythologiques à sa disposition, et raconte une version fortement évhémériste des mythes nordiques, ainsi les dieux sont présentés comme des hommes. D'après le chapitre 2, Odin est un grand chef guerrier et magicien venu d'Asie (« Asaland ») qui est vénéré par ses hommes. Au chapitre 5 il acquiert les terres du roi Gylfi et attribue à ses prêtres (qui correspondent aux dieux nordiques) des demeures. Thor est alors mentionné comme l'un des prêtres, il est à Thrudvang. Au chapitre 7 on apprend qu'Odin et ses douze prêtres sont vénérés pour leurs pouvoirs de sorte que les hommes les prennent pour des dieux et croiront longtemps en eux. Les hommes donnent à leurs fils des noms dérivés de Thor, comme Thorir, Thorarin, Steinthor et Hafthor.

    Thor est ensuite mentionné plus loin dans le livre, sans être un acteur. Au chapitre 17 de la saga de Haakon le bon, le roi Haakon est décrit consacrant sa coupe au dieu Thor et faisant « le signe du marteau avant de boire ». Au chapitre 69 de la saga de Olaf Tryggvason, le roi chrétien Olaf pénètre dans un temple païen et y voit une statue d'or et d'argent de Thor trônant, alors décrit comme « le plus vénéré des dieux ». Le roi frappe la statue avec sa hache et celle-ci tombe de l'autel, tandis que tous les hommes du roi renversent les autres statues divines.

    Thor était le plus populaire des dieux nordiques. Il était le dieu préféré des humbles et c'était également à lui que les jeunes mariés demandaient la bénédiction.

    Thor, avec son marteau, le Mjöllnir, est le protecteur des forgerons, des artisans et des paysans.

    Dès la fin des années 1930, Georges Dumézil, philologue et comparatiste français, a formalisé sa théorie controversée des trois fonctions indo-européennes. Il défend que les peuples indo-européens, et ceux de leur aire d'influence, organisent leurs sociétés ainsi que leurs mythologies autour de trois fonctions principales ; la fonction souveraine et magicienne, la fonction guerrière, et la fonction productrice (ou de fertilité). Cette répartition est perceptible chez certains peuples dans leur organisation sociale, mais aussi dans l'organisation de leur panthéon divin. La triade divine romaine Jupiter, Mars, Quirinus correspond alors aux trois fonctions. Dans le monde scandinave, Georges Dumézil a proposé que ce sont Odin, Thor, Freyr (et/ou Njörd) qui correspondent respectivement aux trois fonctions ; magicien souverain, guerrier, et dieu de la fertilité. Toutefois il admet qu'en ce qui concerne le panthéon germain, cette répartition n'est pas stricte puisque Odin est également un dieu guerrier, et Thor un dieu lié à la fertilité.

    Par interpretatio germanica, Thor a été identifié à Jupiter d'où la traduction du jour de la semaine romain Jeudi (« jour de Jupiter ») en un « jour de Thor » dans les langues germaniques. Toutefois cette interprétation est fausse puisque l'étymologie et la fonction de Jupiter semblent correspondre plus vraisemblablement au dieu germain Týr. Les fonctions de Thor sont plutôt comparables au demi-dieu Héraclès, qui possède une arme similaire à celle de Thor, et est l'ennemi des géants et le défenseur des dieux.

    Thor correspond au dieu tonnant gaulois Taranis (ou Taranus), d'étymologie commune. Taranis est lié au mot celtique taran qui signifie « tonnerre ». Ces divinités seraient issues d'un même dieu tonnant originel avant la dispersion des deux peuples indo-européens.

    Le dieu indien de la guerre et de la météo, Indra, possède également les mêmes fonctions que Thor. Il est un dieu guerrier (seconde fonction dumézilienne) fils des dieux primordiaux, et combat également un serpent démoniaque, Vṛtrá. Indra et Thor possèdent tous deux des armes puissantes fabriquées par un forgeron légendaire, ils partagent aussi un formidable appétit et une grande aptitude à boire, conduisent des chars et partent régulièrement en expédition pour combattre des démons. Ces similarités suggèrent qu'ils sont issus d'un même dieu proto-indo-européen.

    D'autres divinités comparables sont le dieu slave Péroun et le dieu mazdéen Ahura Mazda.

    Son influence était si forte que les chrétiens durent équiper Saint Olaf d'une hache pour rappeler le dieu Thor. Thor apparaît bien dégradé en Normandie, puisqu'il est réduit à une sorte de lutin domestique chez Wace, poète normand du XIIe siècle, qui raconte que l'archevêque de Rouen, Mauger, possédait un petit lutin privé Toret (« petit Thor ») qui venait uniquement à son appel et qu'on pouvait entendre, mais pas voir.

    Thor était un dieu très populaire, ainsi des exemples toponymiques sont nombreux dans les pays germaniques, et témoignent d'anciens lieux de culte spécifiques au « dieu tonnant ». Toutefois, la plupart des exemples doivent être pris avec précautions, car ils sont plutôt des noms de personnes dérivés de celui de Thor et donc très divers et très communs en Scandinavie, en Angleterre et en Normandie (comme Þórleif, Þórstein, Þórkel, etc.). Les endroits qui étaient de véritables lieux de culte se reconnaissent davantage lorsqu'ils contiennent l'élément -ve (« sanctuaire »), -hof (« temple ») ou encore -lundr (« bosquet »). Des noms basés sur -lundr, qui indiquent un bosquet sacré, sont plus communs au Danemark, alors que Thorshof est fréquent au sud de la Norvège. Certains noms sont incertains et on ne sait s'il s'agit de lieux de culte, comme Thorsåker en Suède (avec -akr « plaine ») ou Thunores hlæw (Thorslundr ?) en Angleterre. Toutefois en Angleterre, le nom Thurstable (« pilier de Thor ») indique un lieu de culte au dieu. En Allemagne, la toponymie liée à Thor-Donar est plus rare, le nom Donnersberg est cependant récurrent. Même chose en Islande, conquise par les Vikings, sur le territoire de laquelle se retrouve le nom du dieu dans la toponymie, d'après les sagas, comme Þórsnes (Saga Eyrbyggja) par exemple.Par interpretatio germanica Thor était assimilé au dieu romain Jupiter, alors le jour romain dies Iovi (« jour de Jupiter », qui a donné jeudi en français) est devenu le « jour de Thor » dans les langues germaniques. Ainsi on obtient en vieux haut allemand donarstag (ce qui a donné l'allemand Donnerstag), en vieil anglais þunresdæg (d'où l'anglais Thursday), en vieux norrois þórsdagr (torsdag en danois, norvégien et suédois). Si Thor et Jupiter sont bien des dieux du tonnerre dans leurs mythologies respectives, notons qu'ils ne sont pas exactement des équivalents. D'un point de vue étymologique, Jupiter, tout comme Zeus, se rattache plutôt au dieu germanique Týr. Ce dernier, un dieu de la guerre, a été toutefois rapproché à Mars, ainsi dans les langues germaniques, le jour de la semaine mardi(« jour de Mars »), est le « jour de Týr » (Tuesday en anglais).

    En Normandie, de nombreux noms de lieux sont également basés sur des anthroponymes qui contiennent le nom du dieu, ainsi par exemple les nombreux Tourville sont-ils des formations médiévales en -ville « domaine rural » précédé du nom d'un propriétaire qui emprunte le sien au dieu Þórr ou Thor. Seule l'île de la Seine, île d'Oissel ou île Sainte-Catherine aurait pu contenir le nom du dieu proprement dit : en effet, elle s'appelait jadis *Thorholm, qu'on retrouve par exemple dans un titre de Robert le Magnifique en 1030 sous la forme latinisée Torhulmus. Ce nom est issu du vieux scandinave Thorholmr « île de Thor ». Cette explication est contestée étant donné la présence du lieu Tourville-la-Rivière (Tor villam en 996-1026), juste en face, qui peut difficilement devoir le sien au dieu. Il ne faut pas confondre avec les Trouville qui contiennent les anthroponymes anglo-scandinave Torold, variante du norrois Þórvaldr (autre forme Þóraldr) « gouverné par Thor » ou Þórulfr (autre forme Þorólfr) « loup de Thor » selon les cas. Le premier anthroponyme se perpétue dans l'ancien prénom normand Turold à l'origine des patronymes : Touroude, Thouroude, Théroude, Throude et Troude. D'autre noms de personnes scandinaves basés sur le nom du dieu Thor- sont fréquents en Normandie : Þórfriðr (NL Touffreville, NP Touffray); Þórgautr (NL Turgauville, NP Turgot); Þórgisl (NL Tourgéville, NP Turgis et Tourgis); Þórketill (NL Teurthéville, NP Turquetil, Teurquetil, Turquety, Truptil); Þórkel (NL Torqueville, Turqueville); Þórlakr (NL Tourlaville, ANP Tourlaque, cf. Rue Tourlaque à Paris), Þórmodr (NL Trémauville, ANP Turmod) et le plus fréquent comme anthroponyme Þórsteinn « pierre de Thor » à l'origine des très nombreux patronymes Toutain, Toustain et Tostain. En revanche, rien ne permet de relier un toponyme normand à un culte du dieu Thor. On note cependant un curieux pléonasme près de Bacqueville(Eure) : le lieu-dit La pierre Toutain, c'est-à-dire « la pierre de la pierre de Thor » sans qu'il soit possible d'élucider son origine et sa signification réelle. Rien ne permet non plus de relier les noms en -lundr (ou -lunda) devenu -lon, -ron ou -londe en Normandie à un « bois ou une forêt sacrée », ni au dieu Thor. Le cas deBois-Tortuit (Grainville-la-Teinturière) est tout aussi douteux, bien que Thor y soit bien identifié suivi du vieux normand tuit « essart », d'origine norroise thveit. La seule référence directe au dieu dans cette province est la découverte de deux marteaux de Thor à Saint-Pierre-de-Varengeville et la citation de Wace (cf. ci-dessus).

    Thor est naturellement un dieu principal chez les néopaïens actuels, de la religion Ásatrú ou Odinisme. Son culte est officiel dans certains pays comme le Danemark, l'Islande et la Norvège.

    Thor étant un dieu incontournable de la mythologie nordique, il a inspiré de nombreux artistes et autres éléments de la culture moderne. Pour les références modernes au marteau de Thor, voir l'article Mjöllnir.

    Avec son opéra Der Ring des Nibelungen, Richard Wagner a beaucoup popularisé la mythologie nordique, et Thor, sous la graphie « Donner », est un personnage du prologue Das Rheingold.

    D'autres genres de musique plus récents s'inspirent parfois de la mythologie nordique, notamment les genres issus du Heavy Metal, et tout particulièrement le Viking Metal, et de fait ils font régulièrement référence au dieu Thor. On pense par exemple à Amon Amarth, Enslaved, Falkenbach, et Manowar avec la chanson Thor (the Powerhead), Equilibrium fait référence au mythe du vol de Mjöllnir par le géant Thrym dans la chanson Wingthors Hammer (wing, « l'aile » en anglais, fait peut-être référence au casque ailé de Thor dans certaines représentations modernes).

     

  • Ull, Ullr

     

    Ull

    Ull – Ullr en vieux norrois – (qui signifie « graduer dans le sens de la gloire ») est, dans la mythologie nordique, un dieu ase, fils de Sif, et adopté par Thor.

    Il est le Dieu de la chasse et de l'hiver. Son bouclier particulier servait aux guerriers à se protéger. Il pouvait également voguer sur l’eau grâce à son bouclier.

    Ull épousa Skadi, géante du froid et de la montagne. Skadi est l’ancienne femme de Njord. Le guerrier chasseur Ull vit à Ẏdalir (vallée des ifs). Le bois de l’if est en effet un bois d’arc.

    Selon Bernard Sergent, Ullr, Týr et Mithothyn pourraient être le même personnage.

    Dans le Gesta Danorum de Saxo Grammaticus, Ull (Ollerus) est élu pour remplacer Odin (Othinus), chassé par les Ases. Il occupe alors la place du dieu souverain pendant dix ans, mais lorsque Odin revient, il s'enfuit vers le nord. Or, il est également évoqué, dans une autre version, que c'est un magicien nommé Mithothyn qui prend le pouvoir et s'enfuit. Il désignerait alors le dieu archer.

    Par ailleurs, la possibilité que Týr et Ull soient en fait originellement le même dieu a été envisagée. En effet ils n'apparaissent jamais dans le même mythe et possèdent des caractéristiques similaires ; ils sont concurrents à la souveraineté d'Odin, dieux représentants le droit ou le serment, et l'un a une flèche pour rune tandis que l'autre porte un arc.

    Autres noms de Ull : Ullur, Ullr, Uller, Ullin, Wulthuz, Ollerus.

  • Váli

     

    Dans la mythologie nordique, Vali, aussi appelé Ali (en vieux norrois Váli et Áli), est un dieu Ase mentionné dans les Eddas. Il est le fils d'Odin et de Rind, et il est engendré pour venger la mort du dieu Baldr. Il ne se lave pas, ni ne se coiffe avant d'avoir accompli cette tâche. Vali fait partie du faible nombre de dieux qui survivent à la bataille prophétique du Ragnarök. Dans la Geste des Danois, œuvre évhémériste du XIIe siècle, il est présenté comme un homme guerrier qui porte le nom de Bous.

    Très discret dans les textes mythologiques, il n'a d'importance qu'en tant que vengeur du meurtre de Baldr, ce qui limite les possibilités d'études. Toutefois des spécialistes ont rapproché le fait qu'il ne se lave pas avant d'avoir vengé Baldr aux abstinences rituelles connues dans certaines sociétés, surtout les abstinences liées aux actes de vengeance, qui trouvent un écho également chez un autre dieu nordique, Vidar, auquel il est lié.

    Les noms Vali et Ali, du vieux norrois Váli et Áli, sont d'étymologies incertaines. Différentes propositions ont été discutées ; son nom pourrait dériver de *Wanilo et signifier « le petit Vane », ou de *waihalaR « celui qui se dispute ». Mais aucune n'est convaincante.

    Vali n'est mentionné que dans les Eddas, textes mythologiques scandinaves rédigés ou compilés aux alentours du XIIIe siècle, soit quelques siècles après la christianisation officielle des derniers royaumes vikings. Ainsi ces textes sont à prendre avec précautions selon certains spécialistes qui estiment qu'ils cachent des influences chrétiennes voulues ou non par leurs auteurs, voire des inventions, et ne reflèteraient donc pas toujours pleinement les croyances religieuses pré-chrétiennes de la Scandinavie.

    Comme tous les dieux principaux, Vali est décrit dans la partie Gylfaginning de l'Edda de Snorri, où il est présenté comme un bon archer, toutefois aucun mythe préservé ne fait valoir ce talent :

    « Il y en a un autre qui s'appelle Ali ou Vali et qui est fils d'Odin et de Rind. Il est hardi dans les batailles et les traits qu'il lance sont des plus heureux. »

    — Gylfaginning, chapitre 30

    La déesse Ase Rind est décrite encore comme la mère de Vali au chapitre 36 du Gylfaginning. Vali lui-même est un des 12 principaux dieux Ases, ainsi il participe au banquet pour la visite du géant Ægir au chapitre 1 de la partie Skáldskaparmál. Vali n'intervient toutefois pas dans le récit.

    Vali est avant tout un dieu de vengeance. Selon les textes mythologiques préservés qui le mentionnent, il n'est engendré que pour être le vengeur du dieu Baldr tué par Höd (cf. infra). Il a une grande importance en dehors de ce mythe, toutefois nous ignorons le reste. Il est nommé parmi les rares dieux qui survivent à la fin du monde prophétique, le Ragnarök, et il est alors souverain au renouveau de l'univers avec les autres dieux rescapés de la catastrophe (cf. infra).

    Le kenning (au pluriel, kenningar) est une figure de style propre à la poésie scandinave qui consiste à remplacer un mot, ou le nom d'un personnage ou d'une créature par une périphrase. Au chapitre 12 de la partie Skáldskaparmálde l'Edda de Snorri, l'auteur mentionne les kennings qui peuvent désigner Vali (Válakenningar) ; « Fils d'Odin et de Rindr, Beau-Fils de Frigg, Frère des Ases, Vengeur de Baldr, Ennemi et Tueur de Hödr, Habitant de la Propriété des Pères ».

    Le meurtre du dieu Baldr est essentiellement raconté dans le chapitre 49 du Gylfaginning. En proie à des rêves de sa mort prochaine, Baldr en parle aux Ases qui s'en effraient. La déesse Frigg, mère de Baldr, fait donc jurer tous les éléments de la nature de ne pas faire de mal au dieu, ce qu'ils font, rendant ainsi Baldr invulnérable. Alors les Ases s'amusent à lui lancer toutes sortes d'objets, qui par conséquent le laissent indemne. Le dieu malin Loki, jaloux de cette attention, obtient l'aveu de Frigg qu'elle a oublié de demander le serment au gui tant cette plante semble inoffensive. Loki créé donc un bâton de gui, et propose au frère de Baldr, Höd, de se joindre au jeu et de le jeter vers Baldr. Comme Höd est aveugle, Loki guide son jet et le gui transperce le corps de Baldr qui tombe mort.

    Alors Vali est engendré par Odin et Rind pour venger le meurtre de Baldr par Höd. Son statut de vengeur désigné est mentionné dans les poèmes eddiques Hyndluljóð 29, Baldrs draumar 11 et Völuspá 32-34. Dans ces deux derniers poèmes, il est précisé que Vali n'est âgé que d'un jour lorsqu'il venge Baldr, et qu'il est soumis à une abstinence de ne pas se laver ni se coiffer tant qu'il n'aura pas accompli cette tâche. On lit dans Baldrs draumar :

    11.
    «Rindr berr Vala
    i væstrsolvm,
    sa man Oðins sonr
    æinnættr væga:
    hond vm þvær
    næ hofvð kæmbir,
    aðr a bal vm berr
    Balldrs andskota;.
    11.
    Rindr a conçu Váli
    Dans les salles de l'ouest,
    Celui-ci, âgé d'une nuit,
    Tuera le fils d'Ódinn,
    Ne se lavera pas les mains
    Ni ne se peignera ses cheveux
    Que sur le bûcher n'ait été porté
    L'ennemi de Baldr.

     

    Dans l'eschatologie nordique, il est prophétisé qu'une grande bataille aura lieu dans laquelle les géants, conduits par le dieu Loki, attaqueront les Ases sur la plaine de Vígríd, et le géant du feu Surt combattra aux côtés des forces du chaos et enflammera le monde. Cet événement s'appelle le Ragnarök. Toutes les chaines se briseront et les morts résidant à Hel seront libérés, ainsi Baldr et Höd reviendront du monde des morts. Toutefois aucun texte connu ne mentionne Baldr, Höd ou Vali prenant part aux combats, ils seront par contre des survivants de la catastrophe.

    Le chapitre 53 du Gylfaginning de l'Edda de Snorri décrit les étapes du renouveau après la bataille prophétique. Vali est mentionné comme survivant et il est associé naturellement à Vidar, un autre dieu enfant d'Odin qui possède, comme Vali, le statut de fils vengeur :

    « Vidar et Vali survivront, car ni la mer ni le feu de Surt ne leur auront fait du mal. Ils habiteront à Idavoll, là où autrefois s'élevait Asgard. »

    — Gylfaginning, chapitre 53

    Avec les autres dieux survivants, Modi, Magni, Baldr et Höd, ils partagent leurs secrets et conversent sur les évènements passés. Ils trouvent également les « tablettes d'or » des Ases, qui pourraient correspondre à des trésors, ou plus vraisemblablement aux pièces du jeu en or joué par les Ases au commencement des temps qui est mentionné à la strophe 8 de la Völuspá. Ensuite est citée la strophe 51 du poème eddique Vafþrúðnismál où il est répété que Vidar et Vali habiteront les cieux après l'extinction des feux de Surt.

    L'évhémérisme est une théorie selon laquelle les dieux étaient des personnages historiques qui ont été divinisés après leur mort, ou pendant leur vivant par leurs suivants. Les textes évhéméristes nordiques étaient rédigés par des chrétiens, notamment Saxo Grammaticus et Snorri Sturluson sont les auteurs les plus célèbres. Ces auteurs se sont inspirés de sources mythologiques dont certaines sont aujourd'hui perdues, donc les récits christianisés qu'ils rapportent sont parfois connues que grâce à leurs textes, et présentent ainsi un intérêt mythologique non négligeable. Vali apparait dans deux textes évhéméristes sous le nom de Both et Bous, où il possède toujours le rôle de vengeur de Höd (mentionné dans les textes sous les noms de Hother et Høtherus).

    La Chronicon Lethrense (Lejrekrøniken en danois) est un court texte en latin du xiie siècle, écrit sans doute par un clerc danois, qui raconte les aventures des héros et rois danois de l'ère pré-chrétienne. Le texte est évhémériste puisque les dieux sont présentés comme des hommes qui auraient été pris à tort pour des divinités. En ce sens, la Chronicon Lethrense est similaire à la Gesta Danorum, mais demeure de moindre qualité.

    Dans un court paragraphe du texte, on apprend que Hother (qui correspond au dieu Höd) est le fils du roi saxon Hothbrodd. Lors d'une bataille il tue Balder, le fils d'Othen (Odin), et défait Othen et Thor. Il est ensuite tué en bataille par Both (qui correspond alors à Vali), un autre fils d'Othen.

    La Gesta Danorum (Geste des Danois) est une œuvre en latin rédigée à la fin du XIIe siècle par l'historien Saxo Grammaticus à la demande de l'homme d'état Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale. Saxo Grammaticus présente dans son œuvre l'histoire des premiers héros et rois danois. Il s'est inspiré des mythes pré-chrétiens et en a proposé une version fortement évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont fait passer pour des divinités.

    Les Eddas n'évoquent pas la façon dont Odin est parvenu à séduire Rind. Ces circonstances sont en revanche racontées dans la Gesta Danorum, où Vali porte le nom de Bous. On lit au chapitre 3 du Livre Troisième que Høtherus (qui correspond au dieu Höd) blesse à mort son ennemi et rival Balderus (Baldr). Au chapitre 4, Odin veut alors venger son fils Balderus. Odin apprend auprès d'un devin que Rinda (Rind), la fille du roi des Rutènes, lui donnerait un fils qui vengerait le meurtre. Donc Odin s'en va à trois différentes reprises pour offrir ses services au roi sous une apparence différente (il possède le don de métamorphose), et tente de séduire sa fille mais il est à chaque fois repoussé. Il revient une dernière fois transformé en guérisseuse. Lorsque Rinda tombe malade, Odin prétend posséder un remède pour la guérir, mais ajoute que ce remède provoquerait une violente réaction. Le père de Rinda la fait donc ligoter sur son lit, laissant alors à Odin la possibilité de la violer. Saxo Grammaticus évoque une variante de l'histoire, où le roi offre bénévolement sa fille à son médecin Odin pour assouvir sa passion amoureuse. De cette union nait alors Bous (Vali). Ce dernier « [aime] la guerre » alors Odin lui conseille de réserver ses représailles au meurtrier de son frère. Høtherus apprend auprès de devins qu'il mourra en affrontant Bous. Il transfère alors ses pouvoirs de chef à son fils, avant de combattre Bous et d'être tué. Toutefois Bous est gravement blessé et ses fantassins le transportent chez lui sur son bouclier. Le lendemain Bous périt de ses blessures, et on lui offre des « funérailles fastueuses ». Il est ensuite enterré par les Rutènes sous un tumulus servant à honorer sa mémoire.

    Vali est créé pour venger la mort de Baldr, et il ne peut ni se laver ni se coiffer avant qu'il n'ait accompli sa tâche. Cette abstinence rappelle un rite attribué au peuple germain des Chattes par Tacite au chapitre 31 de La Germanie (Ier siècle), où ceux-ci se laissent pousser cheveux et barbe dès la puberté jusqu'à ce qu'ils aient tué un ennemi, et alors seulement sont-ils dignes de leur famille. Un autre dieu nordique soumis à une abstinence rituelle est Vidar qui est d'ailleurs également un fils d'Odin, donc le demi-frère de Vali. Vidar est le « Dieu Silencieux », qui ne parle pas et est destiné à venger la mort de son père Odin au Ragnarök. Vidar et Vali sont donc très liés, ce qui se retrouve dans les textes mythologiques des Eddas où ceux-ci sont parfois associés, ou du moins mentionnés ensemble comme une paire.

    Il est possible que le nom de Vali se retrouve en Norvège dans le lieu-dit Valaskioll (de Valaskíalf, « gorge de Vali ») qui pourrait correspondre à un ancien lieu de culte au dieu, toutefois ceci reste très contesté.


  • Dans la mythologie nordique,  (VéiIngwarHoenirFreyr : « sacré », « sanctuaire », en vieux norrois) et son frère Vili (volonté) sont des dieux, fils de Bor et de la géante Bestla, et frères d’Odin. L'ancienneté de la triade des trois Ases (Odin, Vili et Vé) est attestée par l'allitération des trois noms Wodan (autre nom d'Odin) / Vili / Vé. Ces divinités succédèrent à Tuisto et Jord et sont l'une des premières évolutions dans l'élaboration du panthéon nordique.

    Vili et Vé apparaissent dans trois mythes.

    C'est en tuant le géant Ymir qu'Odin, Vili et Vé sont à l'origine de la création du monde ( Edda de Snorri, Gylfaginning), faisant de sa chair la terre, de son sang la mer et les lacs, de son crâne le ciel, de ses os les montagnes...

    Selon Snorri Sturluson, Odin, Vili et Vé sont aussi à l'origine de la création de l'homme (Gylfaginning). Ayant trouvé deux troncs d'arbre le long du rivage de la mer, ils les façonnèrent pour former deux êtres humains. Odin leur donna le souffle et la vie, Vili l'intelligence et le mouvement, Vé l'apparence, la parole, l'ouïe et la vue. Ils leur donnèrent aussi des vêtements, et les nommèrent Ask et Embla.

    Toutefois, dans la Völuspa, poème de l'Edda poétique, c'est une triade de dieux différente qui crée les premiers êtres humains : si Odin en fait toujours partie, Vili et Vé sont remplacés par Hœnir et Lóðurr.

    En dehors de ce mythe des origines, Vili et Vé n'apparaissent ensuite que dans celui connu sous le nom de "bannissement d'Odin", et encore uniquement dans la version racontée par Snorri dans son Ynglingasaga. Il y est dit qu'Odin étant parti pour un très long voyage, les Ases crurent qu'il ne reviendrait pas. Vili et Vé se partagèrent alors son héritage, ainsi que sa femme Frigg.

    Il est fait allusion à cet épisode dans la Lokasenna, poème de l'Edda poétique, lorsque Loki reproche à Frigg d'avoir trompé Odin avec les frères de celui-ci.

     

  • Vili

     

    Dans la mythologie nordique, Vili (volonté en vieux-norrois) et son frère Vé sont des dieux, fils de Bor et de la géante Bestla, et frères d'Odin. L'ancienneté de la triade Odin, Vili et Vé est attestée par l'allitération des trois nom Wodan (autre nom d'Odin) / Vili / Vé.

    Vili et Vé apparaissent dans trois mythes.

    C'est en tuant le géant Ymir qu'Odin, Vili et Vé sont à l'origine de la création du monde ( Edda de SnorriGylfaginning), faisant de sa chair la terre, de son sang la mer et les lacs, de son crâne le ciel, de ses os les montagnes...

    Selon Snorri Sturluson, Odin, Vili et Vé sont aussi à l'origine de la création de l'homme (Gylfaginning). Ayant trouvé deux troncs d'arbre le long du rivage de la mer, ils les façonnèrent pour former deux êtres humains. Odin leur donna le souffle et la vie, Vili l'intelligence et le mouvement, Vé l'apparence, la parole, l'ouïe et la vue. Ils leur donnèrent aussi des vêtements, et les nommèrent Ask et Embla.

    Toutefois, dans la Völuspa, poème de l'Edda poétique, c'est une triade de dieux différente qui crée les premiers êtres humains : si Odin en fait toujours partie, Vili et Vé sont remplacés par Hoenir et Lodur.

    En dehors de ce mythe des origines, Vili et Vé n'apparaissent ensuite que dans celui connu sous le nom de "bannissement d'Odin", et encore uniquement dans la version racontée par Snorri dans son Ynglingasaga. Il y est dit qu'Odin étant parti pour un très long voyage, les Ases crurent qu'il ne reviendrait pas. Vili et Vé se partagèrent alors son héritage, ainsi que sa femme Frigg.

    Il est fait allusion à cet épisode dans la Lokasenna, poème de l'Edda poétique, lorsque Loki reproche à Frigg d'avoir trompé Odin avec les frères de celui-ci.

     

  • Ymir

     

    Dans la mythologie nordique, Ymir aussi nommé AurgelmirBrímir ainsi que Bláinn, est un géant et la première créature vivante.

    Le nom Ymir provient de l'indo-européen *ymmó- (« jumeau »), germanique *umijaz. Ce théonyme est à rapprocher des noms de Remus et de Romulus de l'histoire romaine ou encore du dieu indo-iranien Yama. Différentes légendes indo-européennes mettent en scène le sacrifice du jumeau par son frère pour créer l'humanité.

    Audhumla nourrissant Ymir et créant Búri.

    Ymir, le fondateur de la race des jötnar, ainsi qu'une figure importante dans la cosmogonie nordique, se forma de la glace de Niflheim, où celui-ci touchait à la chaleur de Muspellheim et fondait. Des géants sortirent du corps d'Ymir pendant qu'il dormait, de ses aisselles surgirent un homme et une femme, tandis que de ses jambes naissait un fils.

    Ymir vivait du lait de la vache Audhumla qui avait quatre pis. Celle-ci léchait le givre et le sel dont Ymir était couvert, formant ainsi Búri, le père de Bur, père lui-même d'Odin, de Vili et de Vé.

    Dans le mythe de la création, Odin, exaspéré par la brutalité d'Ymir, le tua et le jeta dans le Ginnungagap (« le gouffre béant »). Le déluge causé par son sang fut si grand qu'il tua tous les géants, à part le petit-fils de Ymir (Bergelmir, fils de Þrúðgelmir) et sa femme. Odin et ses frères utilisèrent le corps d'Ymir pour créer la Terre ; sa chair remplit Ginnungagap, ses cheveux devinrent des arbres, son sourcil devint Midgard, et ses os se changèrent en montagnes. De même, ses dents et les fragments de ses os devinrent les rochers, et son sang donna naissance aux rivières, aux lacs, aux étangs et à la mer. Son crâne forma le ciel, qui reposait sur quatre nains, son cerveau devenant les nuages, et les asticots de la chair engendrèrent la race des nains.

    (Ymir est apparenté à Yama dans l'Hindouisme. Comme souvent en mythologie, des connexions existent entre mythes. En l'occurrence, l'histoire de la Création scandinave a de fortes similarités avec son équivalent grec (voir Cronos). (?)