Archéologie

 

 

  • Une épée et une hache de l'Âge de bronze

     

    Dans le nord-est de la République tchèque, un promeneur a découvert une hache et une épée vieilles de plus de 3 000 ans, raconte Radio Prague International.

    Cliquez sur les photos pour lire les articles de presse.

     

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  • 2 000 objets plurimillénaires

     

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    Close-up of a walking stick with a runic inscription, radiocarbon-dated to the 11th century AD. Found in a glaciated mountain pass. Photo: Vegard Vike, Museum of Cultural History.

    Deux spécialistes de l’archéologie glaciaire mènent depuis 2011 des recherches dans les montagnes enneigées de Norvège. Ils ont découvert de nombreux objets historiques, dont certains sont vieux de 6 000 ans

    Chaque année depuis 2011, Lars Pilø et James H. Barrett montent deux équipes d’archéologues et de scientifiques. De la mi-août à la mi-septembre, ils emmènent leurs troupes au cœur des plus hautes montagnes du centre de la Norvège, dans le comté d’Oppland et le parc national de Johunheimen, à la recherche d’objets anciens enfouis dans les glaces.

    Ces deux hommes pratiquent l’archéologie glaciaire. Ils dénichent des objets millénaires conservés par les glaces et libérés par le réchauffement climatique. En Norvège comme dans les Alpes ou en Amérique du Nord, les artefacts découverts par les chercheurs, nombreux témoignages de cultures éteintes, risquent l’oxydation et la dégénération dès qu’ils sont relâchés à l’air libre.

    Le rôle de Lars Pilø et James H. Barett est de récupérer ces objets et de les mettre en lieu sûr rapidement. Ils ont récupéré plus de 2 000 artefacts jusqu’à aujourd’hui et certains d’entre eux datent de près de 4 000 ans av. J.-C. Parmi ceux-ci, on trouve des flèches, des habits, des restes de skis ou même des chaussures vieilles de 1 300 ans av. J.-C...

    ... James H. Barrett et Lars Pilø, qui est au demeurant codirecteur du Glacier Archaeological Program à l’Oppland County Council, s’interrogent ainsi sur une forme de schéma culturel des pratiques humaines en fonction des changements climatiques. Leur étude n’est pas disponible en ligne mais Lars Pilø a publié sur le site de la mission, Secret of the Iceun résumé détaillé de leurs résultats.

    http://recherchespolaires.inist.fr/?Le-rechauffement-climatique-a

  • Les femmes ont participé à l'expansion viking

    Sciences et Avenir, l'actualité de la science et la vie de la recherche dans le monde

    Une étude sur l'ADN mitochondrial d'ossements anciens exhumés en Norvège montre que les Vikings ne laissaient pas leurs épouses à la maison pendant leurs campagnes guerrières.

    PARITÉ. Et si l'expansion en Europe des Vikings avait tenu de l'escapade romantique entre amoureux plutôt que de la virée virile entre mâles ? C'est ce que suggère une étude du patrimoine génétique des anciens Scandinaves, qui révèle l'importance des femmes dans la colonisation des îles britanniques au Moyen-Âge.

    L'ADN mitochondrial parle

    Publiée le 8 décembre 2014 dans la revue Philosophical Transactions of the Royal Society B, l'étude porte sur le matériel génétique extrait de 45 spécimens exploitables d'ossements anciens exhumés dans le centre et le nord de la Norvège et datés entre l'an 793 et l'an 1066. C'est sur l'ADN mitochondrial, qui renseigne directement sur la généalogie maternelle, que les chercheurs se sont penchés. Il a été comparé à celui d'habitants de l'Islande médiévale ainsi qu'à celui de populations modernes d'Europe. Verdict : les femmes vikings ont joué un rôle central dans l'expansion et l'établissement en Atlantique nord. Les femmes des Orcades et des Hébrides extérieures ont en particulier contribué à la colonisation de l'Islande — un résultat qui contredit une étude de 2001, qui indiquait que les colons islandais avaient fait venir avec eux des femmes gaéliques.

    Des stéréotypes à revoir

    De quoi nuancer fortement l'image d'hommes vikings prenant de force des épouses locales au fur et à mesure de leurs raids meurtriers. Pour l'une des auteurs de l'étude, Erika Hagelberg, du département de Biosciences d'Oslo, la preuve est faite que "les femmes Nordiques ont participé au processus de colonisation. Un nombre significatif d'entre elles a été impliqué dans l'établissement sur les petites îles." Et Jan Bill, professeur d'archéologie viking et conservateur au Musée d'Oslo, qui a également participé à ce travail, va même plus loin : "On sait qu'ils transportaient du bétail, donc pourquoi ne pas emmener les enfants avec eux aussi ? Je pense que nous avons affaire à des groupes familiaux, pas seulement des femmes et des hommes adultes." La colonisation viking aurait donc été une véritable entreprise familiale. Par Laurent Brasier.

     

  • L’ADN révèle le sexe du guerrier viking

    Radio-Canada.ca

    Les restes du combattant d'élite viking du 10e siècle, découverts dans les années 1880 en Suède, étaient bel et bien ceux d'une femme, tranchent de récents tests ADN réalisés par des scientifiques suédois.

    Un texte d'Alain Labelle

    Depuis plus de 130 ans, les archéologues débattaient du sexe d’appartenance de ce personnage militaire viking enterré avec son épée, une hache, une lance, des flèches, un couteau, deux boucliers et deux chevaux de guerre.

    De l'ADN à la guerrière viking

    Son corps prêt pour la bataille avait été mis au jour dans un cimetière viking parmi des milliers d’autres. Sa tombe portait la simple inscription Bj 581. Dans les années 1970, un premier examen du squelette avait montré qu'il s'agissait d'une femme, mais ces résultats avaient été très contestés. L’examen d’échantillons ADN prélevés dans son humérus et ses dents prouve définitivement qu’il s’agit d’une femme en raison de l’absence de chromosome Y lié au sexe masculin. En outre, l’analyse montre qu’elle présente une affinité génétique avec les habitants actuels de la Scandinavie et du nord de l’Europe. L'identification de cette femme de guerre fournit un aperçu unique de la société viking, des relations sociales et des exceptions à la norme au temps des Vikings. L’archéologue Charlotte Hedenstierna-Jonson de l’Université d'Uppsala explique toutefois qu’il n’était pas commun pour les femmes d’occuper des rôles élevés dans l'armée viking. Celle-ci devait avoir une grande expérience du champ de bataille pour y arriver. Il existe bien quelques histoires de guerrières vikings, mais c'est la première fois que des restes sont formellement identifiés. Cette nouvelle connaissance doit être interprétée avec prudence face aux généralisations habituelles concernant l’organisation sociale des sociétés disparues.

     


     

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    Il y a plus d'un millénaire, dans le sud-est de l'actuel Royaume de Suède, un riche guerrier viking a eu pour dernière demeure une tombe resplendissante, remplie d'épées, de flèches et de deux chevaux sacrifiés. Le site funéraire reflétait en tous points l'idéal d'une vie de guerrier viking. Du moins c'est ce que pensaient les archéologues jusqu'à présent.

    De nouvelles analyses ADN des os retrouvés ont révélé que la tombe était en fait occupée par une femme.

    L'étude publiée récemment dans l'American Journal of Physical Anthropology a surpris les historiens spécialisés dans la période et la culture vikings. La vision que nous avons des Vikings, fiers marins sans peur ayant parcouru l'Europe pendant des siècles, pourrait bien en être changée. 

    « Cette sépulture était mise en exergue pour montrer à quoi pouvait prétendre un guerrier viking exemplaire, » explique Davide Zori, archéologue à l'Université Baylor, qui n'a pas pris part aux recherches. « [Cette nouvelle étude] remet en question l'interprétation archéologique que nous nous faisions de cette période : nous avons toujours pensé que c'était là des attributs masculins. »

    Des fouilles antérieures ont montré depuis longtemps que tous les guerriers vikings n'étaient pas des hommes. Un texte irlandais du 10e siècle conte l'histoire d'Inghen Ruaidh (« La fille rouge »), une femme guerrière qui a mené une flotte viking jusqu'en Irlande. Davide Zori note par ailleurs que de nombreuses sagas vikings comme la légendaire Volsunga saga dépeint des jeunes filles armées se battant aux côtés des soldats. 

    Mais certains archéologues considéraient ces guerrières comme des embellissements mythologiques créés pour satisfaire une description des genres plus moderne.

    Depuis la fin des années 1880, les archéologues ne pouvaient envisager que cette sépulture viking découverte à Birka ne soit autre chose que la dernière demeure d'un grand guerrier. Non parce que les restes de l'inhumée le laissaient penser, mais parce que les artefacts découverts à ses côtés étaient, dans leur imaginaire, forcément des attributs masculins.

    Comme National Geographic le reportait dans son magazine de mars 2017 consacré aux Vikings, cette perception change quelque peu depuis que la bio-archéologue Anna Kjellström de l'Université de Stockholm a procédé à un premier examen minutieux des os pelviens et mandibulaires du supposé guerrier. Leur dimension correspondait sans équivoque à l'ossature d'une femme.

    Jouant de l'épée et des lances, les reconstituteurs historiques recréent les violent combats opposant les Vikings aux Slaves durant le festival de Wolin, en Pologne.

    L'analyse d'Anna Kjellström, présentée lors d'une conférence en 2014 et publiée en 2016, n'a eu que peu d'écho auprès du grand public et certains archéologues ont remis en cause cette interprétation. Depuis l'excavation du tombeau il y a plus de deux siècles, peut-être les os avaient-ils été déplacés et confondus avec ceux d'une autre tombe ? Peut-être le squelette avait-il été enterré avec d'autres personnes ?

    En réponse de quoi une équipe de scientifiques menée par Charlotte Hedenstierna-Jonson, archéologue à l'Université d'Uppsala, a analysé à nouveau les ossements et a extrait deux types d'ADN. L'ADN mitochondrial du défunt, transmis de la mère à l'enfant, déterminerait si les os appartenaient à une ou plusieurs personnes. L'ADN nucléaire permettrait quant à lui de déterminer le genre biologique.

    Les résultats étaient on ne peut plus clairs : aucun chromosome Y n'a été détecté dans les os, et l'ADN mitochondrial était le même pour tous les ossements découverts dans le tombeau. Les restes étaient ceux d'une seule et même personne, et cette personne était une femme.

    Charlotte Hedenstierna-Jonson et ses collègues estiment que cette femme était sans doute une guerrière et une stratège respectée. « Sur ses cuisses se trouvaient des pions, ce qui suggère qu'elle était une tacticienne et une meneuse. »

    Davide Zori est fasciné par ces nouvelles découvertes sur la guerrière de Birka, un des plus vastes et plus connus sites funéraires vikings. Le site était également un lieu privilégié d'échanges et de ventes d'esclaves.

    La circulation des biens et des personnes sur ce site a transformé Birka en un cimetière international où de nombreux rites funéraires étaient observés. Certains corps étaient brûlés et d'autres assis sur des chaises imposantes.

    « Birka a en quelque sorte unit le monde viking. Il était davantage question d'échanger et de marchander que de s'entre-tuer, » ajoute Zori. 

    Il note également qu'il est possible, bien que peu probable, que les proches de cette femme l'aient vêtue d'une tenue guerrière sans pour autant que cela ne reflète sa vie passée. Mais selon les preuves disponibles, Zori se dit confiant dans les résultats de l'étude.

    « Cette tombe a généré un intérêt croissant au fil du temps, notamment à cause des textes narrant l'existence de femmes guerrières... Aujourd'hui les nouvelles technologies peuvent réinventer notre vision des Vikings. »

     


     

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    Des guerrières Vikings ont existé ! La preuve par la génétique

     

    L'identification d'une prestigieuse guerrière Viking par des analyses génétiques offre un nouvel aperçu de cette société. Des conclusions qui devraient amener à plus de prudence dans les généralisations effectuées concernant l’organisation sociale des sociétés du passé.

    SkajlmöC'est ainsi que les femmes armées de bouclier étaient désignées dans les mythes nordiques, à l'instar des Valkyries accompagnant l'âme des guerriers au Valhalla, le royaume des morts… Or voici que l'existence de ces femmes guerrières de haut-rang, longtemps rangées au rayon des légendes, vient d'être prouvée par des analyses ADN réalisées par des chercheurs de l'Université d'Uppsala et de l'Université de Stockholm (Suède) dans la revue American Journal of Physical Anthropology ! Ce sont des restes humains provenant de la tombe de Birka, l'une des plus célèbres sépultures Viking du Xe siècle découverte à la fin du XIXe siècle sur l'île de Björkö, près du lac Mälar, à l'ouest de Stockholm, qui ont permis cette découverte.

    Un prestigieux guerrier âgé d'une trentaine d'années y avait en effet été exhumé en 1880, entouré de son riche armement : épée, couteau, lance, flèches, boucliers et chevaux (une jument et un étalon). Un valeureux combattant qui s'avère donc aujourd'hui être une femme. " Il s'agit de la première confirmation formelle par la génétique de l'existence des guerrières vikings, s'enthousiasme Matthias Jakobsson, responsable du Département de biologie de l'Université d'Uppsala dans la revue en ligne Phys.Org"Certes, certaines femmes inhumées avec des armes avaient déjà été retrouvées mais jamais avec un équipement de ce rang, explique dans ce même article Charlotte Hedenstiema-Jonson de l'Université de Stockholm, responsable de l'étude. Les spécialistes de cette société ont toujours été assez réticents à reconnaître leur existence".  

    C'est d'ailleurs cette réticence qui est à l'origine de ces analyses ADN. Un premier examen ostéologique du squelette, réalisé dans les années 1970, avait en effet déjà conclu qu'il s'agissait bien d'une femme… mais les résultats avaient alors été très controversés. Pour répondre à ces critiques, un prélèvement d'ADN a été fait sur un l'humérus (os du bras) " mince et gracile ", et sur des dents. Résultats : l'obtention de deux chromosomes X et aucun chromosome Y ! Et les analyses ont livré d'autres détails précieux. " Les valeurs d'isotopes de strontium retrouvées suggèrent que cette jeune-femme s'est déplacée au cours de son enfance : les modifications retrouvées entre le moment où la première molaire a fini de se former vers l'âge de 4 ans et celui au cours duquel a pointé la deuxième molaire vers l'âge de 9 ans, elle a migré vers Birka en provenance d'une région inconnue, précise l'étude. Elle présente une affinité génétique avec les habitants actuels des îles britanniques (Angleterre et Écosse), des îles de l'Atlantique Nord (Islande et les Orkneys), de la Scandinavie (Danemark et la Norvège) et, dans une moindre mesure, de l'Europe de l'Est (Lituanie et Lettonie). "

    La découverte de Charlotte Hedenstiema-Jonson et ses collègues ouvre la voie à une meilleure compréhension des Vikings, toujours présentés comme une société patriarcale. "Ces données suggèrent que les femmes ont pu être membres à part entière des sphères dominées par les hommes", poursuivent les auteurs. Birka, classé au patrimoine mondial de l'humanité, était un important établissement commercial du VIIIème au Xème siècle, où s'échangeaient de l'ambre, de la cire, des fourrures, des esclaves et du fer, en particulier grâce à un réseau économique et des liens avec le Califat et l'Empire byzantinOrient où les Vikings s'étaient aventurés, attirés par l'argent, précieux métal dont ils étaient friands. Sur les 3000 tombes dégagées à Birka depuis le XIXe siècle, seules un millier ont été explorées. Régis Boyer, spécialiste français des Vikings et des civilisations scandinaves à l'Université de Paris-Sorbonne, décédé en juin 2017, évoquait une hypothèse pour expliquer le déclin économique de Birka :  la forte décrue de l'argent arabe, que les Vikings avaient jusque-là importé par centaines de milliers de pièces.

     

  • Jeu d'échecs Viking

     

    Article issu du site : http://cervieres.com/2015/09/10/livoire-des-vikings/

    L’ivoire des Vikings :

    Lewis Chessmen – a collection of chess pieces, handcrafted in the 12th century

    Lors du référérendum sur l’indépendance de l’Ecosse qui s’est tenu le 18 septembre 2014, l’une des revendications du parti nationaliste écossais était la restitution par l’Angleterre des figurines  en ivoire de morse du jeu d’échecs découvert en 1831  sur l’île de Lewis située dans les Hébrides, un archipel au Nord-Ouest de l’Ecosse.

    Les amateurs du jeu d’échecs connaissent bien ces miniatures dont leur notoriété auprès du grand public a bénéficié en 2001 de leur apparition à Poudlard dans une scène de la saga Harry Potter. Même si ce n’est pas le jeu d’échecs le plus anciennement conservé, ces pièces sont parmi les plus célèbres avec celles dit de Charlemagne : les deux jeux remontent à la période médiévale, vraisemblablement dans la deuxième moitié du 12ème siècle pour les figurines de Lewis, tandis que celles de Charlemagne remonteraient à la fin du XIème.

       Échiquier dit de Charlemagne  Pion du jeu d'échecs dit de Charlemagne. Ivoire, Italie méridionale, fin XIème siècle. Trésor de Saint Denis [BNF, Monnaies, médailles et antiques]

    Le jeu d’échecs dit de Charlemagne date du XIème siècle et appartient au Trésor de Saint-Denis depuis le XIIIème. Il aurait été fabriqué à Salerne en Campanie, alors capitale normande de l’Italie du Sud, ce qui expliquerait que les figurines comportent la représentation d’équipements militaires vikings.

    Alors que le jeu d’échecs dit de Charlemagne est aujourd’hui visible à la Bibliothèque nationale de France, la très grande majorité des figurines de Lewis constituées de 79 pièces d’échecs et de 14 pions de backgammon,  est accessible au British Museum de Londres qui en détient 82, le musée national d’Ecosse à Edinbourgh n’en possédant que 11 sur un total de 93.

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    Pourquoi évoquer les figurines de l’île de Lewis ? Depuis leur découverte en 1831, le mystère sur leur origine persiste.  Depuis deux siècles, les symposiums sur les origines de ces pièces médiévales en ivoire de morse n’ont pourtant pas manqué d’autant qu’il s’agit de sculptures expressives qui témoignent d’un art remarquable, et qui marquent une rupture dans la continuité du jeu : les figurines confirment ainsi que la représentation de la reine comme pièce principale s’affirme dans le jeu occidental en remplacement de celle traditionnelle d’un vizir ou d’un comte ; et pour la première fois, apparaît à la place de l’éléphant , »the Bishop » (l’évèque en anglais, qui prendra la dénomination de « fou » sur l’échiquier français).

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    Jusqu’alors, il existait un consensus des spécialistes pour considérer que ces pièces admirables étaient originaires de Norvège, vraisemblablement de la ville de Trondheim réputée alors pour ses habiles sculpteurs de défenses d’ivoire de morse. A celà, trois raisons principales : l’ivoire de morse fut longtemps « l’or de l’Arctique » que les marchands nordiques utilisaient comme étalon de référence dans le troc et qui servait aussi à l’artisanat d’art, pour les bijoux et les objets échangés comme cadeaux ; l’île de Lewis appartient à l’archipel des Hébrides jusqu’en 1266 sous domination norvégienne, de plus sur le parcours des marchands et guerriers vikings, entre la Scandinavie et et les colonies norvégiennes situées en Irlande ;  enfin, des fragments de pièces d’échecs en ivoire de morse datant de ce même douzième siècle ont été retrouvés à Trondheim.

    Trondheim, peuplée de 150.000 habitants est la troisième ville de Norvège après Oslo et Bergen. Harald 1er y fut élu premier roi de norvège et c’est de là que serait parti Leif Ericsson, fils d’Erik le Rouge, premier européen à explorer l’Amérique du Nord vers l’an 1000.

    Voici que ce qui semblait acquis est aujourd’hui remis en cause. Les figurines de Lewis n’auraient peut-être pas été sculptées à Trondheim en Norvège mais à Skalhot en Islande, par une femme dénommée Margret, sur commande de l’évèque de la ville, Pall Jonsson, ce qui change tout, enfin n’exagérons rien, cela reste entre Vikings.

    Skalhot est un village du sud de l’Islande peuplé de 160 habitants ; c’est l’un des lieux les plus importants de l’histoire islandaise ; le sacorphage de l’évèque Jonsson y fut découvert dans les années 50 lors de fouilles consacrées à l’ancienne église médiévale

    Un joueur d’échecs islandais, Gudmundur Thorarinsson, fut le premier en 2010, à défendre cette thèse de l’origine islandaise qui souleva le scepticisme poli des tous les spécialistes. L’affaire est entendue, retournez à vos volcans, telle fut la conclusion unanime portée sur son intervention à un colloque international.

    The Warder, Lewis Chessmen, British Museum:

    Mais voici qu’une historienne américaine réputée  dans le domaine de l’histoire des Vikings, Nancy Marie Brown, vient de consacrer un livre entier à cette affaire, « Ivory Vikings : The mystery of the most famous chessmen in the world« , pour conclure que le plus probable effectivement est que ces figurines en ivoire ont été sculptées en Islande par une femme, à la demande d’un évèque du lieu.

    Pourquoi s’intéresser ainsi, aujourd’hui, à ce changement de perspective concernant des figurines d’échecs en ivoire de morse, ce qui ne fera guère de bruit dans le Landerneau, on en conviendra volontiers. Tout simplement parce que notre vision de l’histoire de France est terriblement étroite, obscurantiste et franchouillarde, ignorant souvent les influences étrangères primordiales qui ont radicalement transformé la France au cours du temps.

    Ainsi la civilisation nordique a durablement marqué l’histoire de la France, ce qui est largement passé sous silence hors la Normandie. Les invasions Vikings qui remontent  en France au dixième siècle sont à l’origine de quatre siècles de conflits intenses avec l’Angleterre qui se poursuivront par cinq autres siècles d’antagonismes belliqueux jusqu’à ce que l’entente cordiale mette fin aux rivalités guerrières entre les deux puissances sur le continent européen. On ne comprend rien à l’histoire de France si on oublie ces intrusions vikings à partir desquelles le royaume capétien va se constituer et s’agrandir en opposition radicale aux Normands  et longuement batailler.

    C’est pourquoi l’histoire de ces figurines d’échecs taillées dans des défenses d’ivoire de morse nous intéresse. Les Vikings ne furent pas que de redoutables guerriers, ils furent aussi d’habiles commerçants dont la sphère d’influence s’est étendue non seulement en Baltique, mer du Nord ou dans l’Atlantique-Nord, mais jusqu’en mer Caspienne et Méditerranée, au temps où ils prirent possession de la Sicile puis du sud de l’Italie entre le XIème et XIIIème siècles, faisant trembler Rome et Byzance, sans oublier leur installation en mer Noire ou en péninsule ibérique. Les figurines de Lewis, taillées en Islande ou en Norvège, démontrent qu’au douzième siècle les routes commerciales menant de l’Asie à l’Europe se poursuivaient jusqu’à l’extrême nord du continent européen pour constituer une civilisation commune fondée sur les échanges et la pratique de jeux de divertissement tels que celui des échecs.

    Au-delà du jeu lui-même, la taille minutieuse de l’ivoire a permis à la sculptrice islandaise ou au sculpteur norvégien, d’obtenir des expressions  de visage ou des attitudes qui donnent à ces miniatures une valeur inestimable.

    Les 79 pièces sont constituées de huit rois, huit reines, 16 évèques (fous), 15 cavaliers, 12 fantassins (tours) et 19 pions, de 7 à 10 cm de haut pour les pièces majeures et de 3 à 5 cm pour les pions. Ces pièces doivent leur exceptionnelle conservation à ce qu’elles avaient été enterrées sous le sable d’une dune, dans une cavité en pierre sèche.

    Les pions sont représentés par des pierres tombales ciselées de dessins géométriques, de même que les boucliers des fantassins à la place desquels sera plus tard substituée la représentation de tours.

    Pawn and Rook, ca. 1150–1200. Scandinavian, probably Norway, found on the Isle of Lewis, Outer Hebrides, Scotland, 1831. Walrus ivory. The British Museum, London (1831,1101.127, .121) © The Trustees of the British Museum. All rights reserved. The fine detail of the incised geometric pattern on the pawn and on the shield of the rook is characteristic of the V-shaped graver.

    La reine affligée à la perspective d’une mise en échec constitue l’une des pièces les plus célèbres du jeu.

    Queen Lewis Chess Piece

    Quant aux rois du jeu, leurs trônes sont finement décorés de dragons, d’animaux ou de feuillages, le monarque portant toujours une belle barbe accompagnée de tresses tout aussi sculptées.

            kingfrontback384x304.jpg (384×304) King, Chessmen from Isle of Lewis; dragon is bottom panel of back of throne. 12th century.         Lewis chess piece

    La représentation d’un viking « berseker », c’est à dire un fantassin furieusement agressif, constitue aussi l’une des pièces les plus connues, le soldat croquant des dents son bouclier.

    Echec Berserker

    Enfin, évèques et cavaliers sont aussi des pièces sculptées tout aussi expressives qui donnent à ce jeu une réputation sans égale dans le monde des échecs mais encore dans les pays du Nord de l’Europe tant chaque figurine semble la représentation exacte d’un Viking.

              Bishop Lewis Chess Piece    Isle of Lewis (Scotland) chessmen. This is a pair of knights.        Medieval 12th Century English chess piece. Not from the Lewis set. 

    Enfin, pour en revenir à la revendication écossaise sur les pièces du jeu de l’île Lewis, sans vouloir froisser nos amis dont l’emblème est une licorne, ils n’ont pas de solides arguments pour justifier le transfert de propriété de ces figurines exécutées en Norvège ou en Islande et enterrées dans le sable dans les Hébrides alors possession des Vikings. Dans l’histoire de ces miniatures en ivoire de morse, tout relève de l’universel, ce qui est assez logique pour des pièces du jeu des Rois retrouvées par hasard au milieu des sables d’une dune. Elles pourraient y être encore. Elles n’y sont plus. Chacun d’entre nous sommes dépositaires de ces figurines qui sont à l’image des hommes, sans prise sur le temps.

  • Bateau d'Oseberg

     

    Le bateau d'Oseberg est un bateau viking ayant été découvert dans un large monticule funéraire près de la ferme Oseberg, dans la région de Tønsberg dans le Vestfold, Norvège. Il a été dégagé par l'archéologue suédois Gabriel Gustafson, et l'archéologue norvégien Haakon Shetelig en 1904-1905.

    Le bateau et son contenu sont visibles au Musée des navires vikings d'Oslo. Il est constitué de planches clouées, presque toutes en chêne. Il fait 22 mètres de long et 5 mètres de large, avec un mât d'approximativement 9 à 10 mètres. Avec une voile d'à peu près 90 m2, ce bateau pouvait atteindre une vitesse de 10 nœuds. Il pouvait accueillir jusqu'à 30 rameurs (chaque côté du navire révèle 15 trous pour les rames). Comme autres équipements on trouve notamment un large gouvernail et une ancre en fer. La proue et la poupe du navire sont sculptées de manière élaborée, dans un style qui est maintenant d'ailleurs appelé « d'Oseberg ». Le bateau a été construit en l'an 820, et a été utilisé dans sa fonction première pendant plusieurs années avant de servir comme sépulture. Même s'il peut naviguer, le bateau reste assez frêle, ce qui laisse à penser qu'il ne devait être utilisé que pour des trajets côtiers.

    Les squelettes de deux femmes ont été trouvés dans la tombe. L'une, âgée de 60-70 ans, avait souffert d'une arthrite sévère ainsi que d'autres maladies. Il a d'abord été cru que la seconde était âgée de 25-30 ans, mais les analyses de ses racines dentaires ont suggéré qu'elle aurait en fait été âgée de 50-55 ans. Il n'est pas certain quant au fait de savoir qui était des deux la plus importante hiérarchiquement ou, si l'une a servi de sacrifice pour accompagner l'autre dans la mort. L'opulence et le contenu de la tombe laissent à penser qu'il s'agit d'une personne de grande importance. L'analyse dendrochronologique des troncs dans la sépulture date l'enterrement à l'automne 834. Bien que l'identité de la femme de haut rang soit inconnue, il a été suggéré que ce soit la reine Åsa du clan Ynglingar (voir Liste des rois de Vestfold et Liste des rois de Norvège), mère de Halfdan III de Vestfold dit le noir, et grand-mère de Harald Ier de Norvège dit belle chevelure. Cette théorie est maintenant généralement rejetée et il est dit qu'elle pourrait être une prêtresse (völva). Bien que ce fait n'ait pas été prouvé, les artefacts récemment trouvés ont donné une nouvelle perspective à la découverte.

    La sépulture a été violée et donc les métaux précieux manquaient. Néanmoins, un grand nombre d'objets usuels et d'artefacts ont été trouvés durant les fouilles de 1904-1905. Ceci inclut quatre traîneaux à la décoration élaborée, une voiture à cheval en bois à quatre roues richement sculptée, des pieds de lit et des coffres en bois. Quelques outils de maison et d'agriculture ont été également trouvés ainsi qu'une certaine quantité de textiles incluant des vêtements de laine, de la soie importée et des tapisseries de petite taille. La sépulture d'Oseberg est l'un des rares témoignages du textile à l'époque viking et la voiture en bois est la seule retrouvée complète jusqu'à présent.

     

  • Pierre runique de Kensington

     

    Kensington runestone flom 1910

     

    Documentaire en fin d'article

    La pierre runique de Kensington est une pierre plate rectangulaire en grauwacke couverte de runes sur sa face et son côté. Son origine et sa signification ont été contestées depuis sa « découverte » en 1898 à Solem Township (Comté de Douglas) près de Kensington, Minnesota. Elle suggère que des explorateurs scandinaves auraient atteint le milieu de l'Amérique du Nord au XIVe siècle.

    Les savants et historiens considèrent majoritairement que c'est un canular, mais la question est toujours débattue.

    Olof Öhman, un fermier d'origine américano-suédoise, déclare en 1898 avoir trouvé la pierre alors qu'il débarrassait sa terre d'arbres et de troncs afin de pouvoir la labourer. Elle a été trouvée sur un monticule ou un côté de colline, couchée face contre terre et enchevêtrée dans les racines d'un arbre supposé être âgé d'au moins une dizaine d'années. Aux dires de plusieurs témoins, quelques-unes de ces racines étaient aplaties et épousaient la forme de la pierre. Le fils d'Öhman, âgé d'une dizaine d'années, a alors remarqué des inscriptions et le fermier déclara qu'ils pensaient avoir trouvé un almanach indien. L'artefact a des dimensions de 76 × 41 × 15 cm et pèse environ 90 kg.

    Au moment de cette découverte, le séjour de Leif Erikson au Vinland (Terre-Neuve actuellement) était largement abordé et il en est résulté un regain d'intérêt pour la civilisation viking dans toute la Scandinavie. Cinq ans plus tard, un archéologue danois prouve qu'il était possible de naviguer jusqu'en Amérique du Nord à bord de bateaux de l'époque. Il y eut aussi des tensions entre la Suède et la Norvège, dues à leurs indépendances récentes : quelques Norvégiens prétendirent que la pierre était un canular suédois et des accusations du même type vinrent de Suède, s'appuyant sur le fait qu'il était fait référence sur la pierre à une expédition conjointe de Norvégiens et Suédois lorsqu'ils appartenaient au même royaume.

    La pierre est exposée peu après dans une banque locale. Aucune preuve de la tentative d'Öhman de monnayer sa découverte n'a été étayée. Une copie mal faite de l'inscription fait son chemin jusqu'au département de langue grecque de l'université du Minnesota, puis à Olaus J. Breda, un professeur de littérature et de langues scandinaves de cette même université de 1884 à 1899, qui avait quelque intérêt dans la trouvaille et dont les connaissances runiques seront remises en question plus tard par quelques chercheurs. Il fait une traduction, déclara la pierre comme contrefaçon et en envoie des copies à des linguistes en Scandinavie. L'archéologue norvégien Oluf Rygh déclare aussi qu'il s'agit d'une contrefaçon, en se fondant sur une lettre de Breda (qui n'a jamais vu la pierre) ainsi que sur les dires d'autres linguistes. Les preuves archéologiques d'établissements vikings au Canada ne devant apparaître que 50 ans plus tard, l'idée de vikings errant à travers le Minnesota à cette époque semble alors impossible aux yeux de la plupart des universitaires.

    La pierre est ensuite envoyée à l'Université Northwestern de Chicago. Personne n'étant capable d'identifier le moindre contexte historique valable, la pierre est renvoyée à Öhman, qui l'aurait déposée face contre terre près de la porte de son grenier comme pierre pour nettoyer ses chaussures et enlever les clous (des années plus tard, son fils rapporta qu'il n'en était rien et qu'ils l'avaient en fait déposée dans un hangar adjacent). En 1907, la pierre est achetée, apparemment pour 10 dollars par Hjalmar Holand, un étudiant diplômé de l'université du Wisconsin. Holand ravive alors l'intérêt du public et d'autres études sont menées par le géologue Newton Horace Winchell (Minnesota Historical Society) et le linguiste George Flom (Philological Society de l'université de l'Illinois), qui publient tous deux leurs conclusions en 1910.

    Si on se réfère à Winchell, le peuplier sous lequel la pierre fut trouvée avait été détruit mais plusieurs peupliers proches et de même taille ont été coupés et, en comptant leurs anneaux, il a été déterminé qu'ils étaient âgés de 40 ans. Comme la région en question n'a été colonisée qu'après 1858, il est apparu que la pierre ne pouvait être une contrefaçon. Winchell conclut aussi que l'aspect désagrégé de la pierre indiquait que l'inscription avait bien 500 ans.

    Pendant ce temps-là, Flom trouve une nette divergence entre les runes utilisées dans l'inscription de Kensington et celles en usage au XIVe siècle. De même, les formes linguistiques ne correspondent pas aux exemples de cette époque.

    La plupart des controverses sur l'authenticité de la pierre de Kensington sont fondées sur un conflit entre les évidences linguistiques et physiques. Le fait que la pierre runique ait été découverte par un fermier suédois dans le Minnesota à une période où l'histoire viking et la culture scandinave étaient très populaires et la publication de plusieurs articles sujets à caution, font qu'un voile tenace de scepticisme en résultera pendant plus de 100 ans.

     

    En 1354, le roi Magnus IV de Suède accorda une lettre de protection à Paul Knutson pour un voyage au Groenland. Les établissements à l'ouest du Groenland avaient été retrouvés abandonnés — seul du bétail y subsistait — quelques années plus tôt et il était supposé que la population avait rejeté l'Église (et sa mainmise sur les fermes locales, acquises progressivement comme paiements de taxes diverses), était retournée au paganisme et partie vers ce qui sera connu plus tard comme l'Amérique du Nord.

    En 1887, l'historien Gustav Storm mentionne ce voyage, suggérant son retour vers 1363 ou 1364. Il semble qu'il s'agisse des premiers travaux publiés qui se réfèrent à un voyage vers l'Amérique du Nord, concordant avec la date inscrite sur la pierre. Cela a depuis été confirmé par une lettre écrite en 1577 par Gérard Mercator à John Dee. Cette lettre donne un extrait des travaux plus anciens de Jacobus Cnoyen (maintenant perdus) décrivant un voyage au delà du Groenland dont le retour avec 8 hommes à bord date de 1364. Cnoyen mentionne également qu'un prêtre était du voyage et que celui-ci le décrivit dans un livre appelé Inventio Fortunate, livre qui est d'ailleurs cité dans nombre de documents du Moyen Âge ainsi que de la Renaissance, mais dont aucune copie ne subsiste.

    L'Inventio est cité sur certaines cartes datant du XVIe siècle comme étant leur source à propos de la description de l'Arctique. On ne sait pas si le voyage alla jusqu'à la baie d'Hudson mais quelques cartes montrent cette baie au moins 100 ans avant sa première exploration connue. Cela influence apparemment Christophe Colomb pour la planification de son voyage à travers l'Atlantique. Donc, même si un faussaire talentueux avait pu déduire la date à mettre sur la pierre en fonction des informations disponibles à cette époque, il semble qu'une expédition ait bien eu lieu à l'époque mentionnée sur la pierre.

     

    Kensington est situé près d'une route de communication terrestre entre la baie d'Hudson et les bassins de drainage du Mississippi. Une route naturelle de navigation dans le sens nord-sud s'étend de la baie d'Hudson vers la rivière Nelson, en passant par le lac Winnipeg, puis vers la Rivière Rouge du Nord par un canyon formé par le retrait du glacier du lac Agassiz. Cela s'arrête brutalement au bas de ce qui semble être le lit d'une ancienne rivière (un type de site caractérisé par une élévation du sol due au rebond isostatique), à l'ouest du lac Cormorant. On suppose ainsi que des explorateurs entrant en Amérique du Nord par le nord, cherchant une route vers le sud (potentiellement aidés par des Amérindiens, ceux-ci connaissant les voies navigables), seraient naturellement arrivés dans la zone de Kensington.

     

     

    La voie navigable peut également contenir des signes de la présence viking. Au lac Cormorant, dans le comté de Becker au Minnesota, il y a trois rochers avec des trous triangulaires similaires à ceux utilisés pour amarrer les bateaux le long de la côte norvégienne au XIVe siècle. Holand a trouvé d'autres trous triangulaires dans des roches près du lieu où la pierre fut trouvée. Un morceau d'acier scandinave du XIVe siècle servant à allumer des feux est également trouvé entre le lac Cormorant et Kensington, lieu où la pierre runique a été découverte.

    D'autres artefacts vikings datés du XIVe siècle ont été trouvés au Minnesota mais apparemment aucun d'entre eux n'a été découvert sous contrôle archéologique, par conséquent il est impossible d'éliminer la possibilité qu'ils n'aient été apportés par des Européens que plusieurs siècles plus tard. De manière similaire, la datation de quelques trous d'amarrage à ressemblance viking reste évasive.

     

    Holand apporte la pierre en Europe et, pendant que les journaux du Minnesota débattent de son authenticité, la pierre est rapidement écartée par des linguistes suédois.

    Durant les 40 années qui suivent, Holand lutte pour intéresser les opinions publique et savante à la pierre, rédigeant des articles et plusieurs ouvrages. Il rencontra un bref succès en 1949 lorsque la pierre est exposée à la Smithsonian Institution, des savants tels que William Thalbitzer et S. R. Hagen publiant des articles supportant son authenticité.
    Cependant, et à peu près au même moment, les publications des linguistes scandinaves Sven Jansson, Erik Moltke, Harry Anderson et K. M. Nielsen (parallèlement à un livre à succès d'Erik Wahlgren), jettent de nouveau le doute sur la provenance de la pierre runique.

    Avec Wahlgren, l'historien Theodore Blegen affirme platement qu'Öhman fabriqua l'artefact tel un faussaire, probablement avec l'aide d'autres personnes de la région de Kensington. Une autre opinion semble apparaître en 1976 avec la traduction d'une cassette audio réalisée par Walter Gran plusieurs années auparavant. Gran dit que son père John confessa en 1927 qu'Öhman a fait lui-même l'inscription. Cependant, l'histoire de John Gran était fondée sur des anecdotes d'autres personnes qu'il avait entendues à propos d'Öhman. De plus, même si cela était présenté comme une confession sur son lit de mort, Gran vécut plusieurs années après en ne faisant aucune autre déclaration à propos de la pierre. Néanmoins, la pierre runique de Kensington est alors largement perçue comme un canular.

    La possibilité que la pierre runique ait une provenance scandinave est réactivée en 1982 quand le linguiste Robert Hall de l'université Cornell publie un livre (et une suite en 1994) s'interrogeant sur la méthodologie de ces critiques. Il démontre que les problèmes d'impairs philologiques sur la pierre runique pouvaient être le résultat normal de variantes dialectales par rapport au vieux suédois standard de l'époque. De plus, il affirme que les critiques avaient eu tort de ne pas prendre en compte l'aspect physique, qu'il trouva comme étant un argument de poids en faveur de l'authenticité.

    En 1983, inspiré par Hall, Richard Nielsen (un ingénieur et chercheur en linguistique de Houston au Texas) étudie la runologie et la linguistique de la pierre runique de Kensington, et écarte plusieurs controverses appuyant la thèse de la contrefaçon. Par exemple, la rune qui avait été interprétée comme étant un "J" (et selon les critiques, inventée par le fraudeur) pouvait être interprétée comme étant une forme rare de la rune "L" trouvée seulement dans quelques rares manuscrits du XIVe siècle.

    Nielsen remarque aussi que le dialecte trouvé sur la pierre runique était un dialecte "a" très différent du dialecte "e" parlé par la plupart des suédois tels que Öhman. Ce dialecte était utilisé en premier lieu près de la région de Bohuslän dans le sud-ouest de la Suède, près de la frontière norvégienne et proche d'une zone danoise. En référence à Nielsen, le langage sur la pierre semble apparaître comme une combinaison de formes dialectales venant de langages croisés.

     

    En décembre 1998, exactement un siècle après la découverte de la pierre de Kensington et pour la première fois depuis le rapport de Winchell de 1910, une analyse physique détaillée est menée ; elle inclut une photographie par un microscope à lumière réfractable, un prélèvement de roche et un examen au microscope électronique à balayage. En novembre 2000, le géologue Scott F. Wolter présente les résultats préliminaires suggérant que la pierre avait suivi un processus de changement relatif à un séjour dans le sol d'un minimum de 50 à 200 ans.

    Par exemple, Wolter note la perte totale de mica sur la surface inscrite de la pierre. Des échantillons de pierres tombales dans le Maine âgés de 200 ans montrent une très grande dégradation en pyrite mais pas sa disparition complète comme cela a pu être remarqué sur la pierre. Étant donné que les échantillons de pierre tombale n'ont pas été sujets aux mêmes contraintes que la pierre, la comparaison suggère cependant que la pierre runique ait été enterrée bien avant le premier établissement européen moderne dans cette zone en 1858.

    Quelques critiques avaient noté que les traces de burin avaient très bien survécu, se demandant comment cela avait pu être possible sachant qu'elles avaient dû endurer des siècles de gel-dégel et d'infiltrations. Cependant, l'arrière de la pierre a conservé des craquelures glaciaires qui sont elles âgées de plusieurs milliers d'années. D'autres observateurs disent que les runes avaient subi les mêmes conditions climatiques que le reste de la pierre.

    Dans The Vikings and America (1986), l'ancien professeur de l'UCLA Erik Wahlgren écrit que les anomalies linguistiques et syntaxiques du texte suggèrent que la pierre est une contrefaçon mais en 2001, Nielsen publie un article sur le site Internet Scandinavian Studies, qui écarte cette affirmation en même temps que d'autres arguments, comme celui qui présente les runes comme provenant de la forme plus moderne des runes de la province de Dalécarlie en Suède. Il montre que même si certaines runes sur la pierre runique de Kensington sont similaires à ces runes plus modernes, plus de la moitié n'avaient aucune connexion possible avec les runes de Dalécarlie et pouvaient être donc expliquées par le style du XIVe siècle.

     

    Le texte :

    Comme exemple de la discussion linguistique relative à ce texte, le terme suédois opthagelse farth (voyage d'exploration), ou updagelsfard comme il apparaît souvent, n'est pas connu que ce soit dans l'ancien suédois, l'ancien danois, le néerlandais moyen ou l'allemand moyen, durant les XIVe et XVe (?) siècles. Le mot contemporain et correct devrait être upptäcktsfärd. Cependant, dans une conversation avec Holand en 1911, le lexicographe du dictionnaire de l'ancien suédois (Soderwall) note que le travail de Holand s'était limité principalement à des documents légaux, écrits en langage formel et évolué et que la racine du mot opdage pouvait avoir été un terme allemand ancien emprunté. Les linguistes qui critiquaient l'authenticité de la pierre considèrent ce mot comme un néologisme et notent que l'auteur suédois Gustav Storm, à la fin du XIXe siècle, utilise souvent ce mot dans une série d'articles sur l'exploration viking, ces articles ayant été publiés dans un journal norvégien dont on sait qu'il circula dans le Minnesota.

    Nielsen suggère que le Þ transcrit en caractères différents ci-dessus comme th ou d pourrait avoir également un son en t. Donc pour lui, le mot se traduirait par uptagelsfart (expédition d'acquisition), ceci étant une expression acceptable au XIVe siècle. Le problème avec cette suggestion est que, dans le reste du texte, la rune Thorn correspond régulièrement à des sons scandinaves modernes en d, seulement occasionnellement à des sons th anciens, et que la rune T est utilisée pour les sons en t.

    Un autre exemple pointé du doigt par les sceptiques est le manque de cas grammaticaux dans le texte. Le vieux norrois a les quatre cas grammaticaux de l'allemand moderne. Ils ont disparu du langage courant au XVIe siècle, mais étaient toujours prédominants au XIVe siècle. Aussi, le texte n'utilise pas de formes plurielles pour les verbes, qui étaient aussi prédominantes au XIVe siècle, mais qui ont disparu des langages courants. Les exemples sont (forme plurielle en parenthèses) wi war (warum), hathe (hafðum), [wi] fiske (fiskum), kom (komum), fann (funnum) and wi hathe (havum). Les partisans de l'authenticité de la pierre montrent en revanche des contre-exemples dans des textes du XIVe siècle.

    Aussi, l'inscription contient des nombres runiques qui n'ont jamais été trouvés sur d'autres pierres runiques certifiées. Usuellement, les nombres sont écrits comme des mots en utilisant des runes individuelles. Par exemple, pour écrire EINN (un), les runes E-I-N-N sont utilisées (donc pas des nombres), et le mot EN (un) est dans l'inscription de Kensington.
    Écrire tous les nombres (comme treize cent soixante deux) aurait sérieusement empiété sur la surface libre de la pierre, donc l'auteur (que ce soit un fraudeur ou un explorateur du XIVe siècle) a simplifié les choses en utilisant les nombres runiques comme les nombres dans le système numérique arabe, qui est apparu en Scandinavie au XIVe siècle.

    Edward larsson 1885 i

    Notes d'Edward Larsson

    Beaucoup de runes dans l'inscription dévient de l'alphabet runique normal du XIVe siècle fuþark, mais en 2004, il a été découvert des runes similaires dans des notes rédigées en 1885 par un tailleur de 18 ans, passionné de musique folk, Edward Larsson. Une copie a été publiée par l'institut pour la dialectique d'Umeå, en Suède et bien qu'un article accompagnant cette publication suggérait que les runes étaient un code secret utilisé par la guilde des tailleurs, aucun usage d'alphabet runique par aucune guilde du XIXe siècle n'a été rapporté.

    Sans une source pour confirmer les lignes de runes de Larsson (comme par exemple un livre ancien ou un dérivé moderne d'une guilde), il est difficile de leur donner une crédibilité particulière. Ces runes auraient certes pu être disponibles pour un imposteur du XIXe siècle, mais les notes de Larsson éliminent toute possibilité qui tenterait de dire que ces mêmes runes aient été inventées par l'auteur de la pierre.

     

    La pierre de Kensington est donc soit une contrefaçon laissée là par quelqu'un ayant des connaissances profondes dans les runes médiévales et les formes d'entrecroisement de mots (apparemment inconnues de la plupart des linguistes professionnels à la fin du XIXe siècle), soit un message laissé par des explorateurs scandinaves du XIVe siècleau cœur de l'Amérique du Nord. Beaucoup moins probable, cela pourrait être une pierre médiévale créée par des Scandinaves et déplacée ultérieurement pour quelque raison que ce soit, ou par un imposteur qui apparemment échoua à gagner de l'argent ou provoquer un impact politique. N'importe quelle discussion à propos de cette pierre (comme suggérer que les runes de cette pierre runique furent utilisées par des guildes du XIXe siècle, ou que le monticule sur laquelle elle a été trouvée avait pu être une petite île 600 ans plus tôt) est une porte ouverte pour toute mauvaise interprétation ou spéculation.

    En 2002, une autre analyse de Nielsen suggère que les formes linguistiques présentes sur la pierre étaient plausibles au XIVe siècle. De plus, les preuves d'existence pour tous les mots et runes inhabituels ont été trouvées dans d'autres sources médiévales.

    Dans un rapport commun au cours d'une exposition de la pierre en 2004 au muséum des antiquités nationales à Stockholm, Suède, Nielsen et Henrik Williams, un professeur en langues scandinaves de l'université d'Uppsala et partisan de la théorie de la contrefaçon, notèrent qu'il y avait des anomalies linguistiques pour les deux origines possibles de l'inscription (XIVe et XIXe siècles) et que par conséquent la pierre runique nécessitait d'autres analyses avant qu'une conclusion solide ne soit apportée.

     

     

     

     

  • Un deuxième site viking en Amérique du Nord ?

     

    Un nouveau site viking aurait été découvert sur le continent américain, 500 ans avant l’arrivée de Christophe Colomb.

    TERRE-NEUVE

    Par Odin, des archéologues auraient-ils mis au jour un nouveau site viking, au sud-ouest de l’île de Terre Neuve, au Canada ? Cet établissement scandinave, s’il était confirmé, serait le second trouvé sur le continent, prouvant – s’il en était encore besoin – que les Européens ont foulé le sol du Nouveau Monde au moins 500 ans avant que Christophe Colomb n’y parvienne en 1492. Sur ce gisement de Pointe Rosée, à l’extrémité de Terre-Neuve là où les eaux du Saint-Laurent rencontrent celles de l’Atlantique nord, les fouilles ont révélé des traces de charbons de bois et surtout 9 kilos de scories, des résidus de fer, les Vikings recourant à la tourbe pour produire du fer. Les datations radiocarbones obtenues par les chercheurs font remonter la fréquentation de ces lieux entre 800 et 1300 ans, période au cours de laquelle, comme le racontent les sagas* scandinaves, les navigateurs vikings sillonnaient l’Atlantique Nord. Des voyages sporadiques sur la côte orientale canadienne auraient même eu lieu pendant trois siècles au moins après la première visite du chef viking Leif  Eriksson.  

    Ce gisement avait été repéré en juin 2015. En se servant de relevés satellites, l’Américaine Sarah Parcak, chercheuse de l’université de l’Alabama et récente lauréate du prix Ted -pour son travail de détection des sites antiques grâce à un traitement particulier des images satellite-, avait localisé ce qui lui semblait être des restes de murs en terre d’un bâtiment viking.

    Le premier site du genre connu jusque-là en Amérique est celui de l’Anse-aux-Meadows, toujours à Terre-Neuve, à 500 km au nord de l’actuel Pointe Rosée et classé sur la liste du patrimoine mondial. Sur ce site étudié pendant plusieurs années par Helge Instad, un explorateur norvégien aujourd’hui décédé, un petit groupe de bâtiments en tous points identiques à ceux occupés par les Vikings en Islande et au Groenland avait été mis au jour en 1960 : les fondations de six habitations et les restes d’une forge, ainsi que de nombreuses scories, prouvant là aussi que du fer avait été fabriqué sur place. Plus de 130 objets avaient été collectés (rivets en fer, lampes, ustensiles en pierre à savon…) sur ce site occupé pendant au moins une trentaine d’années.

    Les spécialistes ont établi que les Vikings du Groenland sont allés encore plus au nord encore que la colonie occidentale qu’ils avaient implantés. Des cairns (sortes de tumulus) ont en effet été découverts dans l’île d’Irving au-dessus du 79° degrés de latitude nord. D’autres traces ont également été localisées dans l’Arctique canadien, comme l’a établi l’archéologue canadien Peter Schledermann sur l’île d’Ellesmere, non loin du détroit de Davis. « Des barils, du bois, du fer, du cuivre et des rivets de bateau ont été découverts. Il s’agit probablement des restes d’un bateau naufragé ». Une pièce de monnaie viking du 11e siècle, à l’effigie du roi Olaf Kyrre de Norvège, a même été trouvée sur la côte du Maine.

    De multiples preuves de contact

    Pourquoi les colonies vikings ne sont-elles pas restées sur place? La question de l’éclipse assez brutale des Vikings est l’une des grandes énigmes que tentent de résoudre les archéologues aujourd’hui. Car de nombreuses preuves de contact existent bel et bien avec les populations locales, tant au Groenland - avec les implantations d’Erik le Rouge au 10e siècle - qu’en Amérique. Les Vikings du Groenland ont par exemple établi des trocs avec les cultures du Dorset et de Thulé ( les « Skraelings » des Sagas, les Petites Personnes). Des contacts qui auraient bien pu dégénérer en conflits tant avec les Inuits, au Groenland, qu’avec les amérindiens, en Amérique.

    Néanmoins, de toutes les raisons invoquées pour expliquer l’abandon de ces implantations par les Vikings, celle évoquant leur disparition par une trop importante modification des conditions climatiques est la plus largement acceptée, en particulier concernant le Groenland. Des carottages effectués en 1998 dans les glaces par la North Atlantic Biocultural Organization (NABO) ont ainsi révélé qu’entre 1343 et 1362, la température moyenne y a terriblement chuté. La vie serait alors devenue impossible pour les colons. Avec le froid, les glaciers ont commencé à envahir les terres, drainant des tonnes de sable et de gravier et réduisant les surfaces de pâturages. Plusieurs années sans récolte et sans fourrage pour les animaux pourraient avoir eu eu raison d’eux. L’abandon de la colonie occidentale du Groenland aurait d’ailleurs été tragique. « Désespérés, les derniers habitants ont mangé tout leur bétail, jusqu’aux sabots. Ils ont même dévoré leurs chiens. Ce qui prouve à quel point ils étaient affamés… », expliquait Thomas McGovern, du Collège Hunter, à New York s’appuyant sur les fouilles de la ferme de Nipaatsoq.

    Les Sagas sont des récits mythologiques de la littérature médiévale scandinave. Les plus célèbres concernant l’Amérique et le Vinland (Amérique) sont celles évoquées dans une description d’Adam de Breme « Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum », en 1075, ainsi que dans la saga de l’ « Islendingabok », d’Ari Thorgilsson.

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  • Pierre du soleil

     

    Un cristal islandais doté de propriétés uniques aurait permis aux navigateurs nordiques de s'orienter sans boussole.

    La fabuleuse "pierre de soleil", qui aurait permis, selon les sagas scandinaves, aux navigateurs vikings de s'orienter même par temps couvert, n'est pas une simple légende, assurent des chercheurs qui démontrent son efficacité dans une étude publiée mercredi. On sait que les Vikings ont parcouru des milliers de kilomètres en direction de l'Islande et du Groenland, découvrant sans doute l'Amérique du Nordvers l'an 1000, bien avant Christophe Colomb. Mais leur capacité à naviguer sans boussole sur d'aussi longues distances, et dans des conditions très défavorables (nuit polaire, neige, etc.), reste encore un mystère. Outre leurs excellentes connaissances astronomiques et maritimes, ils auraient utilisé des "pierres de soleil", regardant au travers pour détecter la position exacte de l'astre invisible à l'oeil nu et en déduire ainsi le cap de leur navire. Les légendes qui les mentionnent ne donnent toutefois aucune indication quant à la nature de ces pierres fabuleuses, dont aucune n'a jamais été formellement identifiée dans les vestiges archéologiques.

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    Selon Guy Ropars, chercheur au Laboratoire de physique des lasers de l'université de Rennes-1, cette "pierre de soleil" ne serait autre qu'un "spath d'Islande", un cristal de calcite transparent relativement courant en Scandinavie et qui est encore actuellement utilisé dans certains instruments optiques. Ce cristal a en effet la propriété de "dépolariser" la lumière du Soleil, c'est-à-dire de la filtrer différemment selon la façon dont on oriente la pierre. Concrètement, si on regarde la lumière au travers du cristal, il produit deux "faisceaux" différents, l'un "ordinaire" et l'autre "dépolarisé". "Lorsque l'on tourne le cristal sur lui-même pour obtenir une position, si les intensités des deux images sont strictement égales, alors le cristal donne directement la direction du soleil", assurent Guy Ropars et son collègue Albert Le Floch.

    Précision

    Les rayons du Soleil qui nous parviennent sont en effet partiellement "polarisés", c'est-à-dire orientés dans un sens précis. "Lorsqu'on regarde le ciel au zénith, la lumière du soleil, qui au départ est non polarisée, tombe sur les molécules de l'atmosphère. Ces molécules se comportent comme de petits réémetteurs qui ne ramènent dans notre oeil que la vibration horizontale, perpendiculaire à la direction du soleil", expliquent les physiciens bretons. À l'aide de calculs théoriques très poussés confortés par une longue batterie de tests effectués avec leurs collègues canadiens et américains, ils en concluent que "la direction du Soleil peut être facilement déterminée, grâce à une simple observation fondée sur la différenciation entre les deux images" produites par le spath d'Islande.

    "Une précision de quelques degrés peut être atteinte, même dans des conditions de luminosité crépusculaires", souligne l'étude, publiée dans la revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society A. Même sans avoir aucune connaissance scientifique sur la polarisation, les Vikings ont donc facilement pu observer les propriétés de ce cristal et s'en servir pour trouver le Soleil à coup sûr. Un cristal de calcite a été récemment trouvé à bord d'une épave britannique du XVIe siècle découverte au large de l'île anglo-normande d'Aurigny (Alderney en anglais). Une bizarrerie inutile étant donné que la boussole était connue des navigateurs européens depuis le XIIIe siècle ?

    "Nous avons vérifié à Aurigny qu'un seul des canons remontés de l'épave peut, à cause de sa masse métallique, perturber l'orientation du compas magnétique de 90 degrés. Ainsi, pour éviter toute erreur de navigation lorsque le Soleil est caché, le recours à un compas optique pouvait être crucial même à cette époque", relève l'étude.

    Sources : Le Point

    Voir : http://www.sciencesetavenir.fr/decryptage/20130312.OBS1589/le-mystere-de-la-pierre-du-soleil.html

  • Les secrets de l'épée Viking

     

    Les Vikings comptaient parmi les guerriers les plus féroces de leur temps. Parmi eux, seuls quelques individus triés sur le volet étaient autorisés à porter l'arme ultime : la redoutable épée Ulfberht. Fabriquée avec un matériau secret qui, des siècles durant, allait rester inconnu des autres peuples, cette épée, révolutionnaire par sa technologie, était aussi une oeuvre d'art.

    Considérée comme l'une des meilleures épées jamais forgées, elle demeure une arme dangereuse, plus d'un millénaire après son élaboration originelle. Pourtant, les secrets de sa conception, de sa composition et de son usage n'ont pas tous été dévoilés. En associant les techniques scientifiques les plus modernes à une rigoureuse enquête menée par des historiens et des archéologues, ce film propose une reconstitution de la fabrication de l'Ulfberht, qui révèle enfin tous ses mystères.

    Sources : Arte + Youtube

  • Un temple druide découvert en Ecosse

     

    Ce serait une découverte archéologique majeure. Un éminent historien assure que le mystérieux réseau de tunnels souterrains de Gilmerton, dans la banlieue d’Edimbourg, est un ancien temple druidique.

    Gilmerton3

    Une affirmation qui mettrait fin aux nombreuses spéculations qui entourent les origines de cet étonnant dédale de couloirs et de chambres sculptées dans du grès. Repère de sorcières au moyen-âge ? Cachette pour des Templiers ? Refuge de contrebandiers d'alcool ? Toutes les hypothèses ont été évoquées au sujet de ces caves sans qu’aucune ne soit vraiment prise au sérieux.

    Le site, dont la première mention remonte à 1724, déroute tous les experts. Sauf Julian Spalding, l'ancien chef des musées et des galeries de Glasgow. Lui assure cette semaine que le souterrain est certainement un ancien temple druidique vieux de plus de 2 000 ans.

    Selon lui, le temple a été délibérément enterré par les anciens prêtres pour protéger son caractère sacré. Ce qui expliquerait pourquoi deux passages sont toujours bloqués par des décombres, alors que beaucoup imaginent qu'il s'agit de pierre d'excavation. «L’ensemble est magnifiquement cohérent et tout indique que c’est une équipe d'artisans hautement qualifiés, aidés par de nombreux assistants et guidés par un architecte, qui ont été à l’œuvre», s’enthousiasme ce spécialiste des arts premiers.

    «La disposition des chambres et des passages est très élaborée, poursuit-il, et les murs de séparation sont souvent remarquablement mince. Toutes les formes au sein de la cave sont courbes, une particularité de la culture celtique,» note également l'historien.

    Selon lui, le site cumule les indices qui plaident pour son hypothèse antique : «Les druides étaient connus pour se rencontrer en secret, dans les bois et les grottes, loin des habitations. Or Gilmerton est sur une haute crête, marquée par la présence de mégalithes, qui donne sur Cramond, le site du premier peuplement humain connu en Ecosse ». Ce qui fait dire à l’historien que ces tunnels remontent probablement à l'âge du fer.

    Druide

    Si ces affirmations se vérifient, Gilmerton revêtirait une importance patrimoniale capitale. Non seulement parce que le site est dans un très bon état, mais aussi parce qu’il serait la première preuve archéologique suceptible de décrire le sacerdoce sophistiqué des druides dont le secret s’est perdu avec les conquêtes romaines. Rien que pour cela, Julian Spalding estime que Gilmerton Cove, qui a été ouverte à la visite il y a treize ans, pourrait être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

    http://www.directmatin.fr/patrimoine/2016-03-08/un-temple-druide-decouvert-en-ecosse-724496

     

  • Un ancien grog scandinave

     

    Patrick McGovern, un archéologue et chercheur en biologie moléculaire est parvenu à retrouver la recette d’un Grog bu par des civilisations scandinaves antérieures aux Vikings. Grâce à ces résultats, le breuvage est désormais fabriqué et commercialisé par la brasserie américaine Dogfish Head Brewery. Grâce à Patrick McGovern il est désormais possible de se sentir l’âme d’un ancien guerrier nordique. Avec l’aide de la brasserie Dogfish Head Brewery, l’archéologue et chercheur en biologie moléculaire à l'Université de Pennsylvanie, est parvenu à recréer un "grog" bu par des civilisations scandinaves antérieures aux Vikings.

    Le breuvage, retrouvé à la base dans des sépultures de personnes de hauts rangs, est désormais disponible auprès de certains magasins d’alcool aux Etats-Unis. Pour réaliser une telle performance, Patrick McGovern a analysé chimiquement les traces de boissons déposées sur d’anciens récipents provenant de quatre sites différents, en Suède et au Danemark. Les résultats de l’étude indiquent que le grog s’apparente à une sorte de bière particulièrement complexe. Le breuvage est un mélange à base d’alcool d’orge, de blé ou de seigle. Dans certain cas, les chercheurs ont même identifié des résidus de vins importés d’Europe du Sud. A cela, sont ajoutés du miel, des canneberges et des herbes comme du myrte, du genévrier ou encore de la résine de bouleau. Un breuvage étonnamment bon "Avec tous ces ingrédients, vous pouvez pensez que la boisson retourne l’estomac. En réalité si vous les mettez avec le juste équilibre et la juste quantité le goût est vraiment très bon" indique à Live Science Patrick McGovern. En s’associant à la brasserie Dogfish Head Brewery, le chercheur est parvenu à recréer le grog pour en faire un produit commercialisé depuis octobre 2013. Baptisée Kvasir, le mélange est très fidèle à sa recette originale. La seule différence réside dans l’utilisation d’agents d’amertume, largement répandue dans la fabrication des bières modernes.


    Publié par Maxime Lambert, le 16 janvier 2014