
Le 03/08/2016

Documentaire en fin d'article
La pierre runique de Kensington est une pierre plate rectangulaire en grauwacke couverte de runes sur sa face et son côté. Son origine et sa signification ont été contestées depuis sa « découverte » en 1898 à Solem Township (Comté de Douglas) près de Kensington, Minnesota. Elle suggère que des explorateurs scandinaves auraient atteint le milieu de l'Amérique du Nord au XIVe siècle.
Les savants et historiens considèrent majoritairement que c'est un canular, mais la question est toujours débattue.
Olof Öhman, un fermier d'origine américano-suédoise, déclare en 1898 avoir trouvé la pierre alors qu'il débarrassait sa terre d'arbres et de troncs afin de pouvoir la labourer. Elle a été trouvée sur un monticule ou un côté de colline, couchée face contre terre et enchevêtrée dans les racines d'un arbre supposé être âgé d'au moins une dizaine d'années. Aux dires de plusieurs témoins, quelques-unes de ces racines étaient aplaties et épousaient la forme de la pierre. Le fils d'Öhman, âgé d'une dizaine d'années, a alors remarqué des inscriptions et le fermier déclara qu'ils pensaient avoir trouvé un almanach indien. L'artefact a des dimensions de 76 × 41 × 15 cm et pèse environ 90 kg.
Au moment de cette découverte, le séjour de Leif Erikson au Vinland (Terre-Neuve actuellement) était largement abordé et il en est résulté un regain d'intérêt pour la civilisation viking dans toute la Scandinavie. Cinq ans plus tard, un archéologue danois prouve qu'il était possible de naviguer jusqu'en Amérique du Nord à bord de bateaux de l'époque. Il y eut aussi des tensions entre la Suède et la Norvège, dues à leurs indépendances récentes : quelques Norvégiens prétendirent que la pierre était un canular suédois et des accusations du même type vinrent de Suède, s'appuyant sur le fait qu'il était fait référence sur la pierre à une expédition conjointe de Norvégiens et Suédois lorsqu'ils appartenaient au même royaume.
La pierre est exposée peu après dans une banque locale. Aucune preuve de la tentative d'Öhman de monnayer sa découverte n'a été étayée. Une copie mal faite de l'inscription fait son chemin jusqu'au département de langue grecque de l'université du Minnesota, puis à Olaus J. Breda, un professeur de littérature et de langues scandinaves de cette même université de 1884 à 1899, qui avait quelque intérêt dans la trouvaille et dont les connaissances runiques seront remises en question plus tard par quelques chercheurs. Il fait une traduction, déclara la pierre comme contrefaçon et en envoie des copies à des linguistes en Scandinavie. L'archéologue norvégien Oluf Rygh déclare aussi qu'il s'agit d'une contrefaçon, en se fondant sur une lettre de Breda (qui n'a jamais vu la pierre) ainsi que sur les dires d'autres linguistes. Les preuves archéologiques d'établissements vikings au Canada ne devant apparaître que 50 ans plus tard, l'idée de vikings errant à travers le Minnesota à cette époque semble alors impossible aux yeux de la plupart des universitaires.
La pierre est ensuite envoyée à l'Université Northwestern de Chicago. Personne n'étant capable d'identifier le moindre contexte historique valable, la pierre est renvoyée à Öhman, qui l'aurait déposée face contre terre près de la porte de son grenier comme pierre pour nettoyer ses chaussures et enlever les clous (des années plus tard, son fils rapporta qu'il n'en était rien et qu'ils l'avaient en fait déposée dans un hangar adjacent). En 1907, la pierre est achetée, apparemment pour 10 dollars par Hjalmar Holand, un étudiant diplômé de l'université du Wisconsin. Holand ravive alors l'intérêt du public et d'autres études sont menées par le géologue Newton Horace Winchell (Minnesota Historical Society) et le linguiste George Flom (Philological Society de l'université de l'Illinois), qui publient tous deux leurs conclusions en 1910.
Si on se réfère à Winchell, le peuplier sous lequel la pierre fut trouvée avait été détruit mais plusieurs peupliers proches et de même taille ont été coupés et, en comptant leurs anneaux, il a été déterminé qu'ils étaient âgés de 40 ans. Comme la région en question n'a été colonisée qu'après 1858, il est apparu que la pierre ne pouvait être une contrefaçon. Winchell conclut aussi que l'aspect désagrégé de la pierre indiquait que l'inscription avait bien 500 ans.
Pendant ce temps-là, Flom trouve une nette divergence entre les runes utilisées dans l'inscription de Kensington et celles en usage au XIVe siècle. De même, les formes linguistiques ne correspondent pas aux exemples de cette époque.
La plupart des controverses sur l'authenticité de la pierre de Kensington sont fondées sur un conflit entre les évidences linguistiques et physiques. Le fait que la pierre runique ait été découverte par un fermier suédois dans le Minnesota à une période où l'histoire viking et la culture scandinave étaient très populaires et la publication de plusieurs articles sujets à caution, font qu'un voile tenace de scepticisme en résultera pendant plus de 100 ans.
En 1354, le roi Magnus IV de Suède accorda une lettre de protection à Paul Knutson pour un voyage au Groenland. Les établissements à l'ouest du Groenland avaient été retrouvés abandonnés — seul du bétail y subsistait — quelques années plus tôt et il était supposé que la population avait rejeté l'Église (et sa mainmise sur les fermes locales, acquises progressivement comme paiements de taxes diverses), était retournée au paganisme et partie vers ce qui sera connu plus tard comme l'Amérique du Nord.
En 1887, l'historien Gustav Storm mentionne ce voyage, suggérant son retour vers 1363 ou 1364. Il semble qu'il s'agisse des premiers travaux publiés qui se réfèrent à un voyage vers l'Amérique du Nord, concordant avec la date inscrite sur la pierre. Cela a depuis été confirmé par une lettre écrite en 1577 par Gérard Mercator à John Dee. Cette lettre donne un extrait des travaux plus anciens de Jacobus Cnoyen (maintenant perdus) décrivant un voyage au delà du Groenland dont le retour avec 8 hommes à bord date de 1364. Cnoyen mentionne également qu'un prêtre était du voyage et que celui-ci le décrivit dans un livre appelé Inventio Fortunate, livre qui est d'ailleurs cité dans nombre de documents du Moyen Âge ainsi que de la Renaissance, mais dont aucune copie ne subsiste.
L'Inventio est cité sur certaines cartes datant du XVIe siècle comme étant leur source à propos de la description de l'Arctique. On ne sait pas si le voyage alla jusqu'à la baie d'Hudson mais quelques cartes montrent cette baie au moins 100 ans avant sa première exploration connue. Cela influence apparemment Christophe Colomb pour la planification de son voyage à travers l'Atlantique. Donc, même si un faussaire talentueux avait pu déduire la date à mettre sur la pierre en fonction des informations disponibles à cette époque, il semble qu'une expédition ait bien eu lieu à l'époque mentionnée sur la pierre.
Kensington est situé près d'une route de communication terrestre entre la baie d'Hudson et les bassins de drainage du Mississippi. Une route naturelle de navigation dans le sens nord-sud s'étend de la baie d'Hudson vers la rivière Nelson, en passant par le lac Winnipeg, puis vers la Rivière Rouge du Nord par un canyon formé par le retrait du glacier du lac Agassiz. Cela s'arrête brutalement au bas de ce qui semble être le lit d'une ancienne rivière (un type de site caractérisé par une élévation du sol due au rebond isostatique), à l'ouest du lac Cormorant. On suppose ainsi que des explorateurs entrant en Amérique du Nord par le nord, cherchant une route vers le sud (potentiellement aidés par des Amérindiens, ceux-ci connaissant les voies navigables), seraient naturellement arrivés dans la zone de Kensington.
La voie navigable peut également contenir des signes de la présence viking. Au lac Cormorant, dans le comté de Becker au Minnesota, il y a trois rochers avec des trous triangulaires similaires à ceux utilisés pour amarrer les bateaux le long de la côte norvégienne au XIVe siècle. Holand a trouvé d'autres trous triangulaires dans des roches près du lieu où la pierre fut trouvée. Un morceau d'acier scandinave du XIVe siècle servant à allumer des feux est également trouvé entre le lac Cormorant et Kensington, lieu où la pierre runique a été découverte.
D'autres artefacts vikings datés du XIVe siècle ont été trouvés au Minnesota mais apparemment aucun d'entre eux n'a été découvert sous contrôle archéologique, par conséquent il est impossible d'éliminer la possibilité qu'ils n'aient été apportés par des Européens que plusieurs siècles plus tard. De manière similaire, la datation de quelques trous d'amarrage à ressemblance viking reste évasive.
Holand apporte la pierre en Europe et, pendant que les journaux du Minnesota débattent de son authenticité, la pierre est rapidement écartée par des linguistes suédois.
Durant les 40 années qui suivent, Holand lutte pour intéresser les opinions publique et savante à la pierre, rédigeant des articles et plusieurs ouvrages. Il rencontra un bref succès en 1949 lorsque la pierre est exposée à la Smithsonian Institution, des savants tels que William Thalbitzer et S. R. Hagen publiant des articles supportant son authenticité.
Cependant, et à peu près au même moment, les publications des linguistes scandinaves Sven Jansson, Erik Moltke, Harry Anderson et K. M. Nielsen (parallèlement à un livre à succès d'Erik Wahlgren), jettent de nouveau le doute sur la provenance de la pierre runique.
Avec Wahlgren, l'historien Theodore Blegen affirme platement qu'Öhman fabriqua l'artefact tel un faussaire, probablement avec l'aide d'autres personnes de la région de Kensington. Une autre opinion semble apparaître en 1976 avec la traduction d'une cassette audio réalisée par Walter Gran plusieurs années auparavant. Gran dit que son père John confessa en 1927 qu'Öhman a fait lui-même l'inscription. Cependant, l'histoire de John Gran était fondée sur des anecdotes d'autres personnes qu'il avait entendues à propos d'Öhman. De plus, même si cela était présenté comme une confession sur son lit de mort, Gran vécut plusieurs années après en ne faisant aucune autre déclaration à propos de la pierre. Néanmoins, la pierre runique de Kensington est alors largement perçue comme un canular.
La possibilité que la pierre runique ait une provenance scandinave est réactivée en 1982 quand le linguiste Robert Hall de l'université Cornell publie un livre (et une suite en 1994) s'interrogeant sur la méthodologie de ces critiques. Il démontre que les problèmes d'impairs philologiques sur la pierre runique pouvaient être le résultat normal de variantes dialectales par rapport au vieux suédois standard de l'époque. De plus, il affirme que les critiques avaient eu tort de ne pas prendre en compte l'aspect physique, qu'il trouva comme étant un argument de poids en faveur de l'authenticité.
En 1983, inspiré par Hall, Richard Nielsen (un ingénieur et chercheur en linguistique de Houston au Texas) étudie la runologie et la linguistique de la pierre runique de Kensington, et écarte plusieurs controverses appuyant la thèse de la contrefaçon. Par exemple, la rune qui avait été interprétée comme étant un "J" (et selon les critiques, inventée par le fraudeur) pouvait être interprétée comme étant une forme rare de la rune "L" trouvée seulement dans quelques rares manuscrits du XIVe siècle.
Nielsen remarque aussi que le dialecte trouvé sur la pierre runique était un dialecte "a" très différent du dialecte "e" parlé par la plupart des suédois tels que Öhman. Ce dialecte était utilisé en premier lieu près de la région de Bohuslän dans le sud-ouest de la Suède, près de la frontière norvégienne et proche d'une zone danoise. En référence à Nielsen, le langage sur la pierre semble apparaître comme une combinaison de formes dialectales venant de langages croisés.
En décembre 1998, exactement un siècle après la découverte de la pierre de Kensington et pour la première fois depuis le rapport de Winchell de 1910, une analyse physique détaillée est menée ; elle inclut une photographie par un microscope à lumière réfractable, un prélèvement de roche et un examen au microscope électronique à balayage. En novembre 2000, le géologue Scott F. Wolter présente les résultats préliminaires suggérant que la pierre avait suivi un processus de changement relatif à un séjour dans le sol d'un minimum de 50 à 200 ans.
Par exemple, Wolter note la perte totale de mica sur la surface inscrite de la pierre. Des échantillons de pierres tombales dans le Maine âgés de 200 ans montrent une très grande dégradation en pyrite mais pas sa disparition complète comme cela a pu être remarqué sur la pierre. Étant donné que les échantillons de pierre tombale n'ont pas été sujets aux mêmes contraintes que la pierre, la comparaison suggère cependant que la pierre runique ait été enterrée bien avant le premier établissement européen moderne dans cette zone en 1858.
Quelques critiques avaient noté que les traces de burin avaient très bien survécu, se demandant comment cela avait pu être possible sachant qu'elles avaient dû endurer des siècles de gel-dégel et d'infiltrations. Cependant, l'arrière de la pierre a conservé des craquelures glaciaires qui sont elles âgées de plusieurs milliers d'années. D'autres observateurs disent que les runes avaient subi les mêmes conditions climatiques que le reste de la pierre.
Dans The Vikings and America (1986), l'ancien professeur de l'UCLA Erik Wahlgren écrit que les anomalies linguistiques et syntaxiques du texte suggèrent que la pierre est une contrefaçon mais en 2001, Nielsen publie un article sur le site Internet Scandinavian Studies, qui écarte cette affirmation en même temps que d'autres arguments, comme celui qui présente les runes comme provenant de la forme plus moderne des runes de la province de Dalécarlie en Suède. Il montre que même si certaines runes sur la pierre runique de Kensington sont similaires à ces runes plus modernes, plus de la moitié n'avaient aucune connexion possible avec les runes de Dalécarlie et pouvaient être donc expliquées par le style du XIVe siècle.
Le texte :
Comme exemple de la discussion linguistique relative à ce texte, le terme suédois opthagelse farth (voyage d'exploration), ou updagelsfard comme il apparaît souvent, n'est pas connu que ce soit dans l'ancien suédois, l'ancien danois, le néerlandais moyen ou l'allemand moyen, durant les XIVe et XVe (?) siècles. Le mot contemporain et correct devrait être upptäcktsfärd. Cependant, dans une conversation avec Holand en 1911, le lexicographe du dictionnaire de l'ancien suédois (Soderwall) note que le travail de Holand s'était limité principalement à des documents légaux, écrits en langage formel et évolué et que la racine du mot opdage pouvait avoir été un terme allemand ancien emprunté. Les linguistes qui critiquaient l'authenticité de la pierre considèrent ce mot comme un néologisme et notent que l'auteur suédois Gustav Storm, à la fin du XIXe siècle, utilise souvent ce mot dans une série d'articles sur l'exploration viking, ces articles ayant été publiés dans un journal norvégien dont on sait qu'il circula dans le Minnesota.
Nielsen suggère que le Þ transcrit en caractères différents ci-dessus comme th ou d pourrait avoir également un son en t. Donc pour lui, le mot se traduirait par uptagelsfart (expédition d'acquisition), ceci étant une expression acceptable au XIVe siècle. Le problème avec cette suggestion est que, dans le reste du texte, la rune Thorn correspond régulièrement à des sons scandinaves modernes en d, seulement occasionnellement à des sons th anciens, et que la rune T est utilisée pour les sons en t.
Un autre exemple pointé du doigt par les sceptiques est le manque de cas grammaticaux dans le texte. Le vieux norrois a les quatre cas grammaticaux de l'allemand moderne. Ils ont disparu du langage courant au XVIe siècle, mais étaient toujours prédominants au XIVe siècle. Aussi, le texte n'utilise pas de formes plurielles pour les verbes, qui étaient aussi prédominantes au XIVe siècle, mais qui ont disparu des langages courants. Les exemples sont (forme plurielle en parenthèses) wi war (warum), hathe (hafðum), [wi] fiske (fiskum), kom (komum), fann (funnum) and wi hathe (havum). Les partisans de l'authenticité de la pierre montrent en revanche des contre-exemples dans des textes du XIVe siècle.
Aussi, l'inscription contient des nombres runiques qui n'ont jamais été trouvés sur d'autres pierres runiques certifiées. Usuellement, les nombres sont écrits comme des mots en utilisant des runes individuelles. Par exemple, pour écrire EINN (un), les runes E-I-N-N sont utilisées (donc pas des nombres), et le mot EN (un) est dans l'inscription de Kensington.
Écrire tous les nombres (comme treize cent soixante deux) aurait sérieusement empiété sur la surface libre de la pierre, donc l'auteur (que ce soit un fraudeur ou un explorateur du XIVe siècle) a simplifié les choses en utilisant les nombres runiques comme les nombres dans le système numérique arabe, qui est apparu en Scandinavie au XIVe siècle.

Notes d'Edward Larsson
Beaucoup de runes dans l'inscription dévient de l'alphabet runique normal du XIVe siècle fuþark, mais en 2004, il a été découvert des runes similaires dans des notes rédigées en 1885 par un tailleur de 18 ans, passionné de musique folk, Edward Larsson. Une copie a été publiée par l'institut pour la dialectique d'Umeå, en Suède et bien qu'un article accompagnant cette publication suggérait que les runes étaient un code secret utilisé par la guilde des tailleurs, aucun usage d'alphabet runique par aucune guilde du XIXe siècle n'a été rapporté.
Sans une source pour confirmer les lignes de runes de Larsson (comme par exemple un livre ancien ou un dérivé moderne d'une guilde), il est difficile de leur donner une crédibilité particulière. Ces runes auraient certes pu être disponibles pour un imposteur du XIXe siècle, mais les notes de Larsson éliminent toute possibilité qui tenterait de dire que ces mêmes runes aient été inventées par l'auteur de la pierre.
La pierre de Kensington est donc soit une contrefaçon laissée là par quelqu'un ayant des connaissances profondes dans les runes médiévales et les formes d'entrecroisement de mots (apparemment inconnues de la plupart des linguistes professionnels à la fin du XIXe siècle), soit un message laissé par des explorateurs scandinaves du XIVe siècleau cœur de l'Amérique du Nord. Beaucoup moins probable, cela pourrait être une pierre médiévale créée par des Scandinaves et déplacée ultérieurement pour quelque raison que ce soit, ou par un imposteur qui apparemment échoua à gagner de l'argent ou provoquer un impact politique. N'importe quelle discussion à propos de cette pierre (comme suggérer que les runes de cette pierre runique furent utilisées par des guildes du XIXe siècle, ou que le monticule sur laquelle elle a été trouvée avait pu être une petite île 600 ans plus tôt) est une porte ouverte pour toute mauvaise interprétation ou spéculation.
En 2002, une autre analyse de Nielsen suggère que les formes linguistiques présentes sur la pierre étaient plausibles au XIVe siècle. De plus, les preuves d'existence pour tous les mots et runes inhabituels ont été trouvées dans d'autres sources médiévales.
Dans un rapport commun au cours d'une exposition de la pierre en 2004 au muséum des antiquités nationales à Stockholm, Suède, Nielsen et Henrik Williams, un professeur en langues scandinaves de l'université d'Uppsala et partisan de la théorie de la contrefaçon, notèrent qu'il y avait des anomalies linguistiques pour les deux origines possibles de l'inscription (XIVe et XIXe siècles) et que par conséquent la pierre runique nécessitait d'autres analyses avant qu'une conclusion solide ne soit apportée.
Un deuxième site viking en Amérique du Nord ?
Le 27/07/2016
Un nouveau site viking aurait été découvert sur le continent américain, 500 ans avant l’arrivée de Christophe Colomb.
TERRE-NEUVE.
Par Odin, des archéologues auraient-ils mis au jour un nouveau site viking, au sud-ouest de l’île de Terre Neuve, au Canada ? Cet établissement scandinave, s’il était confirmé, serait le second trouvé sur le continent, prouvant – s’il en était encore besoin – que les Européens ont foulé le sol du Nouveau Monde au moins 500 ans avant que Christophe Colomb n’y parvienne en 1492. Sur ce gisement de Pointe Rosée, à l’extrémité de Terre-Neuve là où les eaux du Saint-Laurent rencontrent celles de l’Atlantique nord, les fouilles ont révélé des traces de charbons de bois et surtout 9 kilos de scories, des résidus de fer, les Vikings recourant à la tourbe pour produire du fer. Les datations radiocarbones obtenues par les chercheurs font remonter la fréquentation de ces lieux entre 800 et 1300 ans, période au cours de laquelle, comme le racontent les sagas* scandinaves, les navigateurs vikings sillonnaient l’Atlantique Nord. Des voyages sporadiques sur la côte orientale canadienne auraient même eu lieu pendant trois siècles au moins après la première visite du chef viking Leif Eriksson.
Ce gisement avait été repéré en juin 2015. En se servant de relevés satellites, l’Américaine Sarah Parcak, chercheuse de l’université de l’Alabama et récente lauréate du prix Ted -pour son travail de détection des sites antiques grâce à un traitement particulier des images satellite-, avait localisé ce qui lui semblait être des restes de murs en terre d’un bâtiment viking.
Le premier site du genre connu jusque-là en Amérique est celui de l’Anse-aux-Meadows, toujours à Terre-Neuve, à 500 km au nord de l’actuel Pointe Rosée et classé sur la liste du patrimoine mondial. Sur ce site étudié pendant plusieurs années par Helge Instad, un explorateur norvégien aujourd’hui décédé, un petit groupe de bâtiments en tous points identiques à ceux occupés par les Vikings en Islande et au Groenland avait été mis au jour en 1960 : les fondations de six habitations et les restes d’une forge, ainsi que de nombreuses scories, prouvant là aussi que du fer avait été fabriqué sur place. Plus de 130 objets avaient été collectés (rivets en fer, lampes, ustensiles en pierre à savon…) sur ce site occupé pendant au moins une trentaine d’années.
Les spécialistes ont établi que les Vikings du Groenland sont allés encore plus au nord encore que la colonie occidentale qu’ils avaient implantés. Des cairns (sortes de tumulus) ont en effet été découverts dans l’île d’Irving au-dessus du 79° degrés de latitude nord. D’autres traces ont également été localisées dans l’Arctique canadien, comme l’a établi l’archéologue canadien Peter Schledermann sur l’île d’Ellesmere, non loin du détroit de Davis. « Des barils, du bois, du fer, du cuivre et des rivets de bateau ont été découverts. Il s’agit probablement des restes d’un bateau naufragé ». Une pièce de monnaie viking du 11e siècle, à l’effigie du roi Olaf Kyrre de Norvège, a même été trouvée sur la côte du Maine.
De multiples preuves de contact
Pourquoi les colonies vikings ne sont-elles pas restées sur place? La question de l’éclipse assez brutale des Vikings est l’une des grandes énigmes que tentent de résoudre les archéologues aujourd’hui. Car de nombreuses preuves de contact existent bel et bien avec les populations locales, tant au Groenland - avec les implantations d’Erik le Rouge au 10e siècle - qu’en Amérique. Les Vikings du Groenland ont par exemple établi des trocs avec les cultures du Dorset et de Thulé ( les « Skraelings » des Sagas, les Petites Personnes). Des contacts qui auraient bien pu dégénérer en conflits tant avec les Inuits, au Groenland, qu’avec les amérindiens, en Amérique.
Néanmoins, de toutes les raisons invoquées pour expliquer l’abandon de ces implantations par les Vikings, celle évoquant leur disparition par une trop importante modification des conditions climatiques est la plus largement acceptée, en particulier concernant le Groenland. Des carottages effectués en 1998 dans les glaces par la North Atlantic Biocultural Organization (NABO) ont ainsi révélé qu’entre 1343 et 1362, la température moyenne y a terriblement chuté. La vie serait alors devenue impossible pour les colons. Avec le froid, les glaciers ont commencé à envahir les terres, drainant des tonnes de sable et de gravier et réduisant les surfaces de pâturages. Plusieurs années sans récolte et sans fourrage pour les animaux pourraient avoir eu eu raison d’eux. L’abandon de la colonie occidentale du Groenland aurait d’ailleurs été tragique. « Désespérés, les derniers habitants ont mangé tout leur bétail, jusqu’aux sabots. Ils ont même dévoré leurs chiens. Ce qui prouve à quel point ils étaient affamés… », expliquait Thomas McGovern, du Collège Hunter, à New York s’appuyant sur les fouilles de la ferme de Nipaatsoq.
Les Sagas sont des récits mythologiques de la littérature médiévale scandinave. Les plus célèbres concernant l’Amérique et le Vinland (Amérique) sont celles évoquées dans une description d’Adam de Breme « Gesta Hammaburgensis Ecclesiae Pontificum », en 1075, ainsi que dans la saga de l’ « Islendingabok », d’Ari Thorgilsson.
La plupart des Européens partagent des ancêtres récents
Le 23/06/2016
La proximité génétique entre les européens est plus forte que ce qui était supposé jusqu'ici, révèle une vaste étude menée sur le génome de 2257 individus d'origine européenne.
Prenez deux Européens au hasard, qu'ils soient Français, Serbes, Finlandais ou Italiens : si l'on remonte dans l'arbre généalogique de ces deux individus sur les 1500 dernières années, il est probable que ces deux individus aient de 2 à 12 ancêtres en commun. Et si l'on remonte sur 2500 ans, alors le nombre d'ancêtres en commun grimpe à... 100 environ !
Ce résultat, issue d'une vaste étude menée sur 2257 personnes d'origine européenne, révèle que les populations vivant en Europe sont génétiquement reliées d'une façon plus étroite que ce qui était supposé jusqu'ici. L'étude, intitulée "The Geography of Recent Genetic Ancestry across Europe" et publiée le 7 mai 2013 dans la revue en libre accès PLoS Biology, a été menée par Peter Ralph et Graham Coop (Université de Californie, États-Unis), deux experts en génétique des populations.
La principale force de cette étude réside dans la méthodologie utilisée par Peter Ralph et Graham Coop : elle consiste à mesurer la longueur des segments d'ADN partagés entre plusieurs individus, pour en déduire leur degré de parenté. Résultat : il est alors possible de révéler, pour un individu donné, les lignées paternelle et maternelle dont il est issu, ce qui permet alors de dresser un panorama précis de son ascendance sur des périodes récentes, de 500 ans à 3000 ans.
Jusqu'ici, les grandes études génétiques menées sur l'ascendance humaine permettaient seulement, pour un individu donné, de mettre au jour l'une ou l'autre de ses deux lignées : sa lignée maternelle, via l'analyse des séquences d'ADN mitochondrial (uniquement hérité de la mère), ou bien sa lignée paternelle avec l'analyse du chromosome Y, que les hommes héritent de leurs pères. Des méthodologies certes capables de capturer efficacement les grands traits de l'histoire humaine, comme la migration d'Homo sapiens hors d'Afrique (personnellement, hypothèse très discutable) et son arrivée en Europe et en Asie, mais incapable en revanche d'informer finement sur l'ascendance récente des individus.
Parmi les données issues de l'étude menée par Peter Ralph et Graham Coop, on peut citer quelques résultats surprenants. Comme par exemple le fait qu'un habitant de Grande-Bretagne a une probabilité plus importante de partager des ancêtres proches avec un Irlandais qu'avec un autre habitant de Grande-Bretagne. Un paradoxe qui, selon les auteurs de l'étude, est le signe typique d'un mouvement migratoire de nature asymétrique, c'est-à-dire au cours duquel un petit groupe d'individus (ici, les Irlandais) décident de migrer, à un moment de leur histoire, au sein d'une population plus large (les habitants de Grande-Bretagne).
Et c'est un paradoxe similaire que Peter Ralph et Graham Coop ont découvert en analysant le génome des Allemands. En effet, les deux généticiens ont constaté qu'un Allemand a plus de chance de partager des ancêtres génétiquement proches avec un Polonais qu'avec un autre Allemand. Là encore en raison d'un mouvement migratoire récent de nature asymétrique, comme pour l'exemple des Irlandais et des Britanniques.
Les travaux de Peter Ralph et Graham Coop ont également mis en évidence des signatures génétiques d'événements clés de l'histoire européenne, comme la migration des Huns en Europe de l'Est au IVe siècle après JC. En effet, les deux généticiens américains ont découvert que les habitants d'Europe de l'Est partagent de nombreux ancêtres ayant vécu il y a 1500 ans environ, soit précisément à l'époque de la migration des Huns.
Quant aux Italiens, ils se révèlent surtout reliés aux autres populations européennes au travers d'ancêtres qui vivaient il y a plus de 2.000 ans. Une proximité génétique moins forte donc, dont l'une des explications pourrait être le relatif isolement géographique du pays, lequel partage peu de frontières communes avec ses voisins. Un phénomène équivalent a été observé chez les habitants de la péninsule Ibérique, qui comme les Italiens, semblent partager avec les autres populations européennes des ancêtres communs plus distants.
Notons enfin que les Français, s'ils partagent certes un peu plus d'ancêtres récents avec les autres populations européennes que les Italiens, les Espagnols et les Portugais, ont toutefois une proximité génétique avec les autres habitants européens moins élevée que ce qui est constaté pour la plupart des autres pays d'Europe.

Le 24/04/2016
Un cristal islandais doté de propriétés uniques aurait permis aux navigateurs nordiques de s'orienter sans boussole.
La fabuleuse "pierre de soleil", qui aurait permis, selon les sagas scandinaves, aux navigateurs vikings de s'orienter même par temps couvert, n'est pas une simple légende, assurent des chercheurs qui démontrent son efficacité dans une étude publiée mercredi. On sait que les Vikings ont parcouru des milliers de kilomètres en direction de l'Islande et du Groenland, découvrant sans doute l'Amérique du Nordvers l'an 1000, bien avant Christophe Colomb. Mais leur capacité à naviguer sans boussole sur d'aussi longues distances, et dans des conditions très défavorables (nuit polaire, neige, etc.), reste encore un mystère. Outre leurs excellentes connaissances astronomiques et maritimes, ils auraient utilisé des "pierres de soleil", regardant au travers pour détecter la position exacte de l'astre invisible à l'oeil nu et en déduire ainsi le cap de leur navire. Les légendes qui les mentionnent ne donnent toutefois aucune indication quant à la nature de ces pierres fabuleuses, dont aucune n'a jamais été formellement identifiée dans les vestiges archéologiques.

Selon Guy Ropars, chercheur au Laboratoire de physique des lasers de l'université de Rennes-1, cette "pierre de soleil" ne serait autre qu'un "spath d'Islande", un cristal de calcite transparent relativement courant en Scandinavie et qui est encore actuellement utilisé dans certains instruments optiques. Ce cristal a en effet la propriété de "dépolariser" la lumière du Soleil, c'est-à-dire de la filtrer différemment selon la façon dont on oriente la pierre. Concrètement, si on regarde la lumière au travers du cristal, il produit deux "faisceaux" différents, l'un "ordinaire" et l'autre "dépolarisé". "Lorsque l'on tourne le cristal sur lui-même pour obtenir une position, si les intensités des deux images sont strictement égales, alors le cristal donne directement la direction du soleil", assurent Guy Ropars et son collègue Albert Le Floch.
Précision
Les rayons du Soleil qui nous parviennent sont en effet partiellement "polarisés", c'est-à-dire orientés dans un sens précis. "Lorsqu'on regarde le ciel au zénith, la lumière du soleil, qui au départ est non polarisée, tombe sur les molécules de l'atmosphère. Ces molécules se comportent comme de petits réémetteurs qui ne ramènent dans notre oeil que la vibration horizontale, perpendiculaire à la direction du soleil", expliquent les physiciens bretons. À l'aide de calculs théoriques très poussés confortés par une longue batterie de tests effectués avec leurs collègues canadiens et américains, ils en concluent que "la direction du Soleil peut être facilement déterminée, grâce à une simple observation fondée sur la différenciation entre les deux images" produites par le spath d'Islande.
"Une précision de quelques degrés peut être atteinte, même dans des conditions de luminosité crépusculaires", souligne l'étude, publiée dans la revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society A. Même sans avoir aucune connaissance scientifique sur la polarisation, les Vikings ont donc facilement pu observer les propriétés de ce cristal et s'en servir pour trouver le Soleil à coup sûr. Un cristal de calcite a été récemment trouvé à bord d'une épave britannique du XVIe siècle découverte au large de l'île anglo-normande d'Aurigny (Alderney en anglais). Une bizarrerie inutile étant donné que la boussole était connue des navigateurs européens depuis le XIIIe siècle ?
"Nous avons vérifié à Aurigny qu'un seul des canons remontés de l'épave peut, à cause de sa masse métallique, perturber l'orientation du compas magnétique de 90 degrés. Ainsi, pour éviter toute erreur de navigation lorsque le Soleil est caché, le recours à un compas optique pouvait être crucial même à cette époque", relève l'étude.
Sources : Le Point
Voir : http://www.sciencesetavenir.fr/decryptage/20130312.OBS1589/le-mystere-de-la-pierre-du-soleil.html
Le 24/04/2016
Les Vikings comptaient parmi les guerriers les plus féroces de leur temps. Parmi eux, seuls quelques individus triés sur le volet étaient autorisés à porter l'arme ultime : la redoutable épée Ulfberht. Fabriquée avec un matériau secret qui, des siècles durant, allait rester inconnu des autres peuples, cette épée, révolutionnaire par sa technologie, était aussi une oeuvre d'art.
Considérée comme l'une des meilleures épées jamais forgées, elle demeure une arme dangereuse, plus d'un millénaire après son élaboration originelle. Pourtant, les secrets de sa conception, de sa composition et de son usage n'ont pas tous été dévoilés. En associant les techniques scientifiques les plus modernes à une rigoureuse enquête menée par des historiens et des archéologues, ce film propose une reconstitution de la fabrication de l'Ulfberht, qui révèle enfin tous ses mystères.
Sources : Arte + Youtube
Le 23/04/2016
Le Snæfellsjökull est l'un des volcans les plus renommés d'Islande, cela grâce à un auteur français, Jules Verne, qui situa l'entrée vers le centre de la Terre au sommet de cette montagne dans son roman Voyage au centre de la Terre. De plus, les ésotériques pensent que le volcan est le centre de pouvoirs spéciaux.

Image satellite du Snæfellsjökull
Article wikipédia
Un temple druide découvert en Ecosse
Le 23/04/2016
Ce serait une découverte archéologique majeure. Un éminent historien assure que le mystérieux réseau de tunnels souterrains de Gilmerton, dans la banlieue d’Edimbourg, est un ancien temple druidique.

Une affirmation qui mettrait fin aux nombreuses spéculations qui entourent les origines de cet étonnant dédale de couloirs et de chambres sculptées dans du grès. Repère de sorcières au moyen-âge ? Cachette pour des Templiers ? Refuge de contrebandiers d'alcool ? Toutes les hypothèses ont été évoquées au sujet de ces caves sans qu’aucune ne soit vraiment prise au sérieux.
Le site, dont la première mention remonte à 1724, déroute tous les experts. Sauf Julian Spalding, l'ancien chef des musées et des galeries de Glasgow. Lui assure cette semaine que le souterrain est certainement un ancien temple druidique vieux de plus de 2 000 ans.
Selon lui, le temple a été délibérément enterré par les anciens prêtres pour protéger son caractère sacré. Ce qui expliquerait pourquoi deux passages sont toujours bloqués par des décombres, alors que beaucoup imaginent qu'il s'agit de pierre d'excavation. «L’ensemble est magnifiquement cohérent et tout indique que c’est une équipe d'artisans hautement qualifiés, aidés par de nombreux assistants et guidés par un architecte, qui ont été à l’œuvre», s’enthousiasme ce spécialiste des arts premiers.
«La disposition des chambres et des passages est très élaborée, poursuit-il, et les murs de séparation sont souvent remarquablement mince. Toutes les formes au sein de la cave sont courbes, une particularité de la culture celtique,» note également l'historien.
Selon lui, le site cumule les indices qui plaident pour son hypothèse antique : «Les druides étaient connus pour se rencontrer en secret, dans les bois et les grottes, loin des habitations. Or Gilmerton est sur une haute crête, marquée par la présence de mégalithes, qui donne sur Cramond, le site du premier peuplement humain connu en Ecosse ». Ce qui fait dire à l’historien que ces tunnels remontent probablement à l'âge du fer.

Si ces affirmations se vérifient, Gilmerton revêtirait une importance patrimoniale capitale. Non seulement parce que le site est dans un très bon état, mais aussi parce qu’il serait la première preuve archéologique suceptible de décrire le sacerdoce sophistiqué des druides dont le secret s’est perdu avec les conquêtes romaines. Rien que pour cela, Julian Spalding estime que Gilmerton Cove, qui a été ouverte à la visite il y a treize ans, pourrait être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
http://www.directmatin.fr/patrimoine/2016-03-08/un-temple-druide-decouvert-en-ecosse-724496
